V. ËliÉHENTS APPiUlTfiNAIVT AU GROUPE DE L'OXYGÈNE
199. Oxygène, soufre, séléninm, tellure. — La propriété Caracté-' ristique de ces quatre corps simples est de former avec 2 atomes d'hydrogène des combinaisons analogues, gazeuses ou volatiles, neutres ou légèrement acides. 1 volume de l'élément gazeux se combine à 2 volumes d'hydrogène pour former 2 volumes de combinaison à l'état gazeux, de manière qu'il se produit une contraction d'un tiers. Lorsque, par exemple, 2 volumes d'hydrogène sulfuré H*S sont décomposés par un fil de fer porté au rouge par un courant galvanique, il reste 2 volumes d'hydrogène, tandis que le soufre se combine au fer, c'est-à-dire que, après l'absorption du soufre, le volume du gaz ne change pas. Lorsque, au contraire, on décompose de la même manière 2 volumes de gaz acide chlorhydrique , le chlore se trouve absorbé par le fer et le volume de l'hydrogène qui reste n'est que la moitié du volume gazeux primitif, c'est-à-dire que le volume gazeux, après l'absorption du chlore, est réduit de moitié. Par l'électrolyse de l'eau, celle-ci se décompose en donnant 1 volume d'oxygène et 2 volumes d'hydrogène, tandis que l'acide chlorhydrique ne fournit que 1 volume, d'hydrogène pour 1 volume de chlore. Les
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raisons chimiques aussi bien que les raisons physiques, conduisent à ce fait que 1 molécule d'eau, ou des corps constitués d'une manière analogue, c'est-à-dire la plus petite quantité de ces corps qui puisse exister à l'état de liberté, renferme 2 fois autant d'hydrogène que 1 molécule d'acide clilorhydrique ou de ses congénères. Les analogies chimiques de l'eau et de Thydrogène sulfuré sont trèsconcluantes, et les propriétés physiques et chimiques des hydrogènes sulfuré, sélénié et tellure présentent entre elles les analogies les plus frappantes. Ces trois gaz sont vénéneux, félidés et inflammables, peu solubles dans l'eau avec laquelle ils forment des solutions ayant toutes une réaction acide faible et que l'air décompose en mettant leurs éléments respectifs en liberté. Ils sont tous produitspar des procédés analogues et leurs réactions sont très-semblables.
Le soufre, le sélénium et le tellure offrent une similitude de propriétés très-remarquable, se distinguant par leurs gradations. L'oxygène leur ressemble d'une manière générale et est à peu près pour eux ce qu'est le fluor pour le chlore, le brome et l'iode. Leurs poids atomiques et leurs densités à l'état gazeux forment une série régulière.
Se 80 movenne = — ;; — = 80,35
Te 129 différence moyenne — 48 (?)
Somme 241
Le poids atomique de l'oxygène, 16, est exactement la n}oitié de celui du soufre; sa densité est également la moitié de la densité de vapeur du soufre prise à une température élevée. La chaleur atomique de ces trois derniers éléments, prise dans leurs combinaisons, est à peu près égale à 6, et la chaleur atomique de ces mêmes éléments à l'état de liberté est égale à 6,48, 6,62 et 6,06. Les volumes atomiques du soufre et du sélénium à l'état solide, 101 et 105 sont sensiblement les mêmes. Le volume atomique du tellure, 128, diffère de celui des deux autres, peut-être par des circonstances allotropiques. Les combinaisons correspondantes du soufre, du sélénium et du tellure sont, pour la plupart, isomorphes.
L'isomorphisme entre les sulfates et les séléniates est très-fréquent ; il existe entre les deux séries suivantes :
GaSO* . 2H«0 > CaSeO* . 2HS0
Na«SO*.10H«0 j Na«SeO* .10H«0
K*Ni(SO*}«. 6H«0 1 K«iNi(SeO*)«. 6H«0
AIIv»K*(SO*)*.24H«0 1 .Vliv.iK*(SeO*)*.24H«0
lil.OUPb; DE L'OXYGENt:. 2Ô7
Le sulfate et séléniate de sodium présentent, outre l'analogie de composition et ridenlité de forme, la particularité d'avoir un maximum de solubilité situé bien au-dessous du point d'ébullition de leurs solutions. Les éléments soufre et sélénium sont isomorphes, au moins dans un système, si même ils ne sont pas isodimorphes : mais ils sont béléromorphes avec le tellure qui appartient au système rhomboédrique. L*isomorphisme du soufre et de l oxygène dans leurs combinaisons nest pas nettement étabh. La plupart des sulfures métalliques, cependant, cristallisent dans le système régulier et sont par conséquent isomorphes avec les oxydes correspondants. En outre, le sulfate etlethiosulfate de sodium x\aSOM0H*O et Na2SSO',10H*0 paraissent aussi être isomorphes. Les pesanteurs spécifiques du soufre, du sélénium et du tellure sont 2,0, 4,5, 6,2 c'est-à-dire qu'elles forment une série croissante régulière. On remarque des gradations analogues dans les points de fusion de ces trois éléments 120<>,2H<>,5 et 500", ainsi que dansleurs points d'ébullition. Le tellure, qui est le terme extrême, représente le métal de la série. Jl faut remarquer en outre que le sélénium n'est pas tout à fait dépourvu de propriétés métalliques et qu'il forme la liaison entre le soufre et le tellure.
L'oxygène et le soufre, et probablement aussi le sélénium et le tellure, se combinent encore à l'hydrogène, ou à ses analogues, dans un ou plusieurs autres rapports que celui de l'eau et de l'hydrogène sulfuré.
BaO
HH) Cl'O
Cl*S'
BaO«
H'0»(?) Cl«0'