PEROXYDE D'AZOTE
l'ammoniaque. La mousse de platine transforme rapidement à l'air l'ammoniaque en azotite d'ammonium. Le même sel se forme instantanément, à Fétat d'épaisses fumées blanche*, lorsqu'on plonge une spirale de platine rougie dans un flacon d'air dans lequel on a versé quelques gouttes d'ammoniaque concentrée. De même, lorsque l'on agite de la tournure de cuivre avec de l'air ammoniacal humide, il se produit une oxydation rapide du cuivre et de l'ammoniaque, oxydation qui donne naissance à de l'azotite de cuivre.
Les azotites sont incolores ou légèrement jaunâtres, cristallisables et, en général, anhydres. Ils sont fusibles et se concrètent de nouveau sans s'être décomposés. Hais chauffés au delà de leur point de fusion, ils se décomposent en dégageant de l'oxygène et de l'azote. Ils détonent vivement lorsqu'on les chauffe avec des corps combustibles. Les azotites normaux sont tous solubles dans l'eau ; mais ceux de plomb et d'argent le sont peu à froid, et on peut facilement les purifier en les faisant cristalliser par le refroidissement de leur solution bouillante. Les azotites de potassium, de calcium, de magnésium et de manganèse sont déliquescents, ceux de potassium et de sodium manifestent une réaction alcaline. (Rose.)
Les solutions des azotites, en agissant sur le sulfate de cuivre, le transforment en azotite de cuivre, dont la solution possède une couleur vert pomme très-caractéristique. Les azotites, en solutions chaudes, étant exposés à l'air, en absorbent l'oxygène pour se transformer en azotates. Maintenues pendant longtemps en ébullition dans un ballon ou dans une cornue, ces solutions se décomposent peu à peu en donnant des azotates, du bioxyde d'azote et de l'alcali libre :
3KAzO« -H H«0 =:KAzO» -+- 2KII0 4- 2AzO/
Les azotites, comme l'acide azoteux lui-même, peuvent agir tantôt comme oxydants, tantôt comme réducteurs.
Peroxyde d'azote (anhydride hypoiizotique).
Symbole, AzO*. — Poids moléculaire, 46. — Densité de vapeur, 23. — Volume MOLÉcuLAihE | | | (*).
278 a. C'est ce composé, aussi connu sous le nom à' hypoawtide ou
(') La formule AzO* et la densité 23 appartiennent au peroxyde d'azote à l'état gazeux. M. R. Mûller, en observant cette densité à 4- 70', l'a trouvée égale à 28,5i&, au lieu de 23, tandis que les déterminations de MM. Wanklin et PJayfair, faites à une basse température, se rapprochent davantage du double de 23 et correspondent par
d'acide htjpoa%otique, qui constitue les vapeurs rouges qui se forment par le mélange de Toxyde azotique avec l'oxygène de Tair. Lorsque l'oxyde azotique rencontre un excès d'oxygène, 2 volumes du premier de ces gaz se combinent à 1 volume du second, pour former 2 volumes de peroxyde d'azote. Lorsqu'on fait passer 2 volumes d'oxyde azotique et 1 volume d'oxygène à travers un tube rempli de fragments de porcelaine pour mieux mélanger les gaz, après les avoir préalablement desséchés par leur passage à travers un tube rempli de ponce sulfurique, puis sur des fragments de potasse caustique récemment calcinée, on obtient, en condensant le produit de la réaction dans un mélange réfrigérant, des cristaux incolores de peroxyde d'azote, ou, si la dessiccation n'a pas été complète, un liquide à peu près incolore.
p. Lorsque l'on calcine dans une cornue de l'azotate de plomb parfaitement sec , il s'en dégage un mélange gazeux d'oxygène et de peroxyde d'azote dont on peut effectuer la séparation à l'aide d'un mélange réfrigérant.
Pb(Azœ)«= PbO -+- -H 2AzO*.
Les premières portions que l'on obtient ainsi ne se solidifient pas, très-certainement parce qu'elles renferment des traces d'humidité. Mais si l'on a soin de changer de récipient vers le milieu de l'opération, on peut, en se garantissant parfaitement de l'humidité, faire solidifier les dernières portions.
279. Le peroxyde d'azote cristallisé forme des prismes incolores, transparents, fusibles à — 9°(à— i0*»,5 ou — 12% d'après M. R. Mùller) et qui une foi^fondus ne se concrètent qu'à — 30*». Au-dessous de — 9*», le peroxyde d'azote forme un liquide mobile , d'une densité égale à 1 ,45i , dont l'aspect se modifie beaucoup avec la température. Au-dessous de — 9", il est complètement incolore ; à — 9° il prend une légère teinte jaune verdâtre qui devient plus prononcée à 0°. A la température de -h 10°, il est franchement jaune, pour devenir orange à 15<»* et cette couleur se fonce de plus en plus à mesure qu'on approche du point
conséquent à la formule Az*0*. On peut donc admettre que telle est la formule du
peroxyde d'azote solide ou liquide. Cette formule, qui est égale à (AzO*)*, peut s'é-
AzO* ) crire ^^^ | ; elle rend parfaitement compte du dédoublement qu'éprouve ce corps
housTinfluence de l'eau ou des oxydes, dédoublement qui donne naissance à de l'acide azoteux et à de l'acide azotique, ou à de l'acide azotique et à de l'oxyde azotique. Cette formule représente un oxyde de nitryle et de nitrosyle, tous deux monoatomiques. Récemment M. MiiUer a fait connaître plusieurs réactions qui, comme on le verra plus loin, tendent à confirmer cette formule. Berzelius déjà regardait ce corps comme de l'acide nitrosonitrique.