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HYDROGÈNE PHOSPHORE LIQUIDE

la partie supérieure du tube de beaux cristaux d'iodure de phosphonium. L*acide bromhydrique se comporte d'une manière analogue. (Voy. § 299, S.)]

L'iodure de phosphonium cristallise en cubes incolores, brillants et très-réfringents, qui, convenablement chauffés à Tabride l'air, peuvent être sublimés sans altération, ils sont déliquescents et se décomposent sous rinfluence de Teau en acide iodhydrique et phosphamine.

Les dérivés organiques de Thydrogène phosphore ont égaleiœiA des propriétés très-analogues aux combinaisons ammoniacales correspondantes. La triéthylphosphine PEt^ de HM. Ilofmann et Cahours, par exemple, est un liquide volatil qui se combine à différents acides pour former des sels cristallisables. Le chlorhydrate de triéthylphosphine PEt'.HCl, qui correspond au' chlorhydrate de triéthylamine AzEt'.HCl, forme avec le chlorure platinique un sel double (PEt'.HCl)'.PtCl* correspondant au chloroplatinafe de triéthylamine (AzEt*.HCl)*.PtCl*. L'iodure d'éthyle se combine directement à la triéthylphosphine pour former riodure de tétréthylphosphonium PEt*I, analogue à l'iodure de tétréthylammonium AzEt*.f. A Faide de ce sel on peut préparer Thychrate de tétréthylphosphonium PEt*.HO correspondant à Thydrate de tétréthylammonium AzEt*.HO. Ces deux hydrates sont des corps sdides, non volatils, très^stables, solubles dans l'eau en produisant des solutions très-alcalines, ressemblant beaucoup aux solutions des hydrates de potassium et de sodium.

302. Hydrofpdne phosphore liquide. — L'inflammabilité spontanée de l'hydrogène phosphore préparé par certains procédés parait due, comme Ta d'abord remarqué M. P. Thenard, à une petite quantité de vapeur d'un hydrogène phosphore liquide qui s'enflamme spontanément au contact de l'oxygène, et qui communique cette propriété non-seulement à la phosphamine, mais àtou? les gaz combustibles auxquels il se trouve mélangé, même en très-petite quantité. On obtient cette combinaison liquide en faisant passer Fhydrogène phosphore qui se dégage par l'action de l'eau sur le phosphure de calcium, à travers un tube en U entouré d'un mélange de glace et de sel. U se condense ainsi un Uquide incolore, trèsréfringent, qui s'enflamme immédiatement à l'air et brûle avec la flamme blanche du phosphore. Exposé à la lumière ou mis en contact avec de l'acide chlorhydrique, ce liquide se décompose. U ne se concrète pas à — 20»; il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans l'éther. On admet communément que sa composition est représentée par la formule PH* ; mais quelques chimistes pensent qu'il renferme les éléments de l'eau et qu'il représente le composé hydrogéné correspondant à l'oxychlorure de phosphore, c'est-à-dire H'PO;

505. ■ydroi^èae phosphore solide. — M. Leverrier, pour la première fois, a remarqué que lorsqu'on expose à Faction de la lumière de l'hydrogène phosphore spontanément inflammable, il perd cette propriété, et que les parois du vase qui le renferme se recouvrent d*un dépôt solide jaune. On obtient ce corps jaune en plus grande abondance lorsqu'on traite l'hydrogène phosphore liquide par l'acide chlorhydrique, ou qu'on fait passer de l'hydrogène phosphore inflammable à travers de l'acide chlorliydrique, ou encore qu'on décompose le phosphure de calcium par cet acide concentré ; dans toutes ces circonstances, le gaz perd la propriété de s'enflammer spontanément et laisse déposer le corps jaune ; cela tient sans doute à ce que l'acide chlorhydrique décompose l'hydrogène phosphore liquide en hydrogène phosphore gazeux et solide. Ce dernier est insoluble 'dans Teau et dans l'alcool. Une solution chaude de potasse le dissout, en produisant un dégagement de gaz hydrogène phosphore non spontanément inflammable. L'hydrogène phosphore solide s'enflamme à 1 5** environ. Sa composition n'est pas bien établie; on admet généralement qu'elle est représentée par la formule PH.

Phosphnres.

504. Les dérivés métalliques de la phosphamine dont la formule gé* néraleest M*P forment une classe de composés relativement peu importante et dont on ne rencontre pas de représentants dans la nature. La plupart d'entre eux s'obtiennent en chauffant les métaux ou leurs oxydes dans un courant de gaz hydrogène phosphore ou en faisant passer ce gaz à travers les solutions de leurs sels :

5CuCl-hPH' = 5HC1 -hPCu=^ SCuCl* -\- 2PH' = 6HC1 -+- P*Cu\

D'autres s'obtiennent par l'action directe du phosphore sur les métaux. Les phosphures des métaux pesants sont, pour la plupart, des corps cassants et brillants qui, à une température élevée, perdent tout ou partie de leur phosphore. Les phosphures alcalins ou alcalino-terreux, de calcium par exemple, s'obtiennent lorsqu'on fait passer du phosphore en vapeur sur les oxydes chauffés au rouge ; dans ce cas il se forme en même temps du phosphure et du phosphate. Le produit de la réaction forme une masse pulvérulente brune, opaque, d'un aspect terreux. Traités par l'eau ou par les acides étendus, ils donnent de l'hydrogène phosphore spontanément inflammable, en même temps que des hypophosphites ou de l'acide hypophosphoreux.

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