Trioxjde de bismuth. — SyMBOLE, Bi'0'\ — PoiDS MOLECU
LA5RE, 468. — Cet oxyde constitue le minéral rare connu sous le nom d'ocre de bismuth.
a. Onlobtient facilement en calcinant le bismuth à Tair et en Tagitant constamment. Lorsqu'on chauffe fortement le métal à Tair ou dans Toxygène, il prend feu et émet d'épaisses fumées jaunes d'oxyde de bismuth.
p. Cet oxyde se forme par la^ calcination au rouge de l'azotate, du carbonate ou de l'hydrate de bismuth, ou bien par une ébuUition prolongée de l'hydrate de bismuth avec la potasse ou la soude concentrées.
Le trioxyde de bismuth est un corps solide, jaune pâle, d'une densité égale à 8,2. Chauffé fortement, il fonce en couleur et fond enunliquide brun qui se concrète, par le refroidissement, en une masse cristalline jaune. L'oxyde obtenu par l'action delà potasse bouillante sur l'hydrate est égale^ment cristallin ; il forme de petites aiguilles jaunes et brillantes. Calciné avec du charbon, avec certains métaux, ou dans un courant d'hydrogène, il est réduit à l'état métallique. Il se dissout facilement dans les acides chlorhydrique, azotique et autres en formant des sels de bismuth.
396. Hydrate de bismuth. — SYMBOLE, HBiO'. — PoiDS MOLÉCU- LAIRE, 243. — Lorsque l'on ajoute un excès d'une solution faible d'ammoniaque ou de potasse caustique à une solution d'azotate de bismuth dans de l'adde azotique, il se forme un précipité floconneux blanc qui est probablement l'hydrate normal H^BiO»; par la dessiccation, il devient plus compacte et fournit le monohydrate HBiO*, combinaison parfaitement définie qui se présente sous forme d'une poudre amorphe blanche. Si l'on fond dutrioxyde de bismuth avec un carbonate alcalin, il déplace l'anhydride carbonique, molécule pour molécule, et donne un bismuthite alcaUn instable, correspondant au monohydrate :
Na^CO^-f-Bi^O» = 2NaBiO*-4-CO«.
434 MNUËL DE CHIMIE.
Lorsqu'on fait bouillir l'hydrate de bismuth précipité avec une solution concentrée de potasse caustique, il se déshydrate et se transforme en oxyde cristallin :
2HBiO«=BiW4-H»0.
397. Le trioxyde de bismuth réagit sur les acides pour former des sels de bismuth. Les sels normaux de bismuth renferment i atome de bismuth substitué à 3 atomes d'hydrogène :
Bi»054-6HC1 =3H'0-f-2Bi'"CP Bi»0'4-6HAzO-^=:3H»0-f-2Bi"'(AzO^')5.
On connaît aussi des sels basiques de bismuth, dont quelques-uns peuvent être considérés comme renfermant le radical bismuthyle(BiO)'; par exemple le sous-oxalate cristallin C'H{BiO)'0*.
Les sels de bismuth sont des combinaisons trés-denses, le plus souvent incolores. ChaufTés au chalumeau, sur le charbon, ils donnent une auréole jaune et un globule métallique cassant. Les sels normaux de bismuth qni ne sont pas insolubles sont décomposés par l'eau, avec production de sels basiques. Les solutions acides des sels de bismuth, pourvu qu'elles ne soient pas trop acides, sont décomposées par un excès d'eau, avec formation d'un précipité blanc, insoluble dansTacide tartrique et se colorant en noir parThydrogéne sulfuré. Toutes les solutions de bismuth sont décomposées par l'hydrogène sulfuré; le précipité noir detrisulfure de bismuth qui se forme ainsi est insoluble dans l'acide chlorhydrique étendu etdans le sulfure d'ammonium. Les alcalis caustiques ou carbonates produisent dans les solutions de bismuth un précipité blanc, insoluble dans un excès de précipitant. Les carbonates alcalino-terreux décomposent également les solutions de bismuth d'une manière complète. Les métaux plus électro-positifs, zinc, cadmium, fer, cuivre, étain, etc., déplacent le bismuth de ses combinaisons. Lorsqu'on fait bouillir une solution même très-étendue, d'un sel de bismuth acidulée d'acide chlorhydrique, avec du cuivre métaUique, celui-ci se recouvre d'une couche gris d'acier qui est du bismuth métallique ou un bismuthure de cuivre. Nous avons déjà décrit les sels binaires ou haloîdesdu bismuth ; nous examinerons plus loin ses principaux sels ternaires oxygénés.
398. Peiitoxyde de bismuth. — Syubole, Bi^O'^. — PoiDS MOLÉCU- LAIRE, 500. — L'anhydride bismuthique est une poudre brune qui se forme par l'action d'une température de 130<» sur l'acide pu hydrate bismuthique :
2HBiO»=Bi«0»4-H«0.
ACIDE BISMUTHIQUE. 435
Lorsqu'on te chauffe dans un bain de mercure, il abandonne de Toxygène et se transfbrme entrioxyde de bismuth ; à une température plus basse, Thydrogène opère la même réduction. L'acide sulfureux aqueux transforme Tanhydride bismuthique en sulfate bismutheux. Il décompose Tacide chlorhydrique en dégageant du chlore ; traité par l'acide sulfurique, il abandonne de Toxygène. L'acide azotique étendu ne l'attaque pas, mais l'acide concentré le dissout en produisant de l'azotate de bismuth et un dégagement d'oxygène. D'après M. Arppe, l'acide azotique bouillant le transforme en un oxyde vei^ particulier, insoluble, Bi*0®. Il n'est pas attaqué par les alcalis bouillanip.
599. Aeido bismuthique. — SYMBOLE, HBiO'. — npIDSMOLÉCULÂlRE,259.
— Lorsqu'on chauffe à l'ébullitionrhydratebismutl^ eux précipité, HBiO*, avec une solution concentrée de potasse caustique, à travers laquelle on fait passer un courant rapide de chlore, il se colore bientôt en beau rouge ainsi que la liqueur surnageante. Après avoir lavé ce dépôt rouge à Teau, on le fait digérer avec de l'acide azotique étendu pour enlever la potasse et l'oxyde de bismuth qui l'accompagnent, on le lave encore une fois à l'eau, puis on le fait sécher à 100<». On obtient une substance ressemblant beaucoup à ce dépôt rouge non purifié, en ajoutant de l'oxyde bismutheux à de la potasse maintenue pendant quelque temps en fusion à l'air libre. Traité par l'acide azotique étendu, le produit abandonne également de l'acide bismuthique.
L'acide bismuthique est assez soluble à chaud ^dans la potasse caustique; lorsqu'on neutralise peu à peu cette solution, on obtient un précipité rougeâlre debismuthate de potassium, auquel on attribue la formule KHO.Bi«0«.
400. On a encore décrit d'autres oxydesde bismuth. Lorsqu^on ajoute, par exemple, de la potasse caustique à la solution d'un sel de bismuth renfermant du chlore libre, on obtient un précipité hydraté jaune qu'un lavage à l'eau ne suffit pas pour débarrasser du chlore qu'il retient. Si on le chauffe avec un hypochlorite alcalin, renfermant un excès d'alcali, il devient brun ; on regarde ce corps brun comme le tétroxyde de bismuth Bi*0*. L'acide azotique chaud le dissout en totalité, ce qui, d'après M. Arppe, permet de le distinguer facilement du pentoxyde.
Quelques chimistes admettent aussi l'existence d'un sous-oxyde défini de bismuth. C'est lui qui constitue la pellicule solide qui recouvre le bismuth chauffé un peu au-dessus de son point de fusion. C'est une poudre brune ou violacée qui se décompose par l'acide chlorhydrique en trioxyde de bismuth qui se dissout et en bismuth métallique qui se dépose.