MANCEL DE CHIMIE
Le trichlontre d'azote, à cause de sa grande instabilité, a été peu étudié. Les quatre autres trichlorures sont volatils et occupent 2 volumes à Tétatde vapeur. Les points d'ébullition des trichlorures de phosphore, d'arsenic et d'antimoine, c'est-à-dire 74'», 132** et 223° forment une série croissante assez régulière, mais le point d'ébullition du chlorure de bismuth est considérablement plus élevé. Ces quatre trichlorures sont tous décomposés par un excès d'eau, en échangeant leur chlore contre de rhydroxyle HO.
Les trioxydes présentent également une gradationréguliére dans leurs propriétés physiques et chimiques. Le trioxy de d'azote est un liquide extrêmement volatil ; le trioxyde de phosphore est un corps solide relativement trés-volatil, celui d'arsenic l'est moins ; celui d'antimoine ne se volatilise qu'à une forte chaleur rouge, tandis que le trioxyde de bismuth peut être considéré comme fixe, au moins exige-t-il pour se volatiliser une température extrêmement élevée. Les trioxydes d'azote et de phosphore, c'est-à-dire les anhydrides azoteux et phosphoreux, sont d'une nature nettement électro-négative, ils donnent avec Teau des liqueurs très-acides ; l'anhydride arsénieux n'est que faiblement électro-négatif ; l'oxyde d'antimoine l'est encore moins et celui de bismuth est ou neutre ou basique. Ces trois derniers trioxydes sont tous susceptibles de jouer le rôle de bases et, dans ce cas, ils remplacent 3 molécules d'un oxyde à métal monoatomique ; ou, pour mieux dire, 1 atome de chacun de ces trois métaux est susceptible de remplacer 3 atomes d'hydrogène pour former des sels.
Les solutions acides, arsénieuses, antimonieuses ou bismutheuses, même très-étendues, sont décomposées à l'ébullition par le cuivre métallique qui se recouvre alors d'une couche d'alliage, arséniure, antimoniure oubismuthure de cuivre.
Les hydrures primaires des éléments de ce groupe, ainsi que leurs dérivés haloïdes, métalliques ou alcooliques, se combinent comme nous l'avons vu, avec l'oxygène ou le soufre, en différentes proportions, pour former des combinaisons analogues :
IPAz
HSP
EPAs
HSSb
ClsBi
IPAzO
Cl'PO
HMe'AsO
Et'SbO
Et'BiO
HMe»AsO»
HPbAzO»
Ag»AsOs
Ag'SbS*
BPBiO
Hg5(AzO*)«
H'PO
H»AsO*
Na^SbS*
Tous ces composés, qui sont des combinaisons normales ou des ortho-combinaisons, sont trihydriques, trimétalliques, trichlorés, etc., mais il existe également des séries correspondantes, plus ou moins
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complètes, de méta-combinaisons, renfermant seulement 1 atome d'hydrogène, de métal ou de chlore, etc. , et résultant des ortho-combinaisons par l'élimination d'une molécule d'eau ou d'hydrogène sulfuré ou de i molécule d'oxybase ou de sulfobase, ainsi :
Argent rouge Ag'SbS* — Ag*S = AgSbS* Myargyrite.
Orthophosphate. . . . KH«PO* — IPO = K PO» Métaphosphate.
Les combinaisons suivantes sont des exemples de méta-combinaisons qui sont plus stables et mieux connues que les ortho-combinaisons correspondantes :
ClAzO ClAsO aBiO
KAzO» KSbO« HBiO»
KAzQS HP03 HBiO»
On connaît, en outre, des composés intermédiaires, les para-combinaisons, qui peuvent être envisagés comme résultant de l'union des ortho- et des méta-combinaisons ; c'est ainsi qu'il existe un parasulfantimonite de fer Fe'Sb'S* et mi paraphosphate de sodium Na*PO'', etc.
4i 0. La classe des méta-combinaisons, dont nous venons de nous occuper, forme le trait d'union entre le troisième groupe, celui de l'azote, et le premier groupe, celui du chlore. Il n'existe pas, à la vérité, de combinaisons telles que HÂz cuMAz, analogues àHGl ou MCI; mais l'on connaît beaucoup de composés définis, comme nous l'avons déjà vu, qui peuvent être envisagés comme des produits d'oxydation de HAz ou deMAz et qui, par leur formule et leurs propriétés, se rapprochent beaucoup des combinaisons oxygénées se rapportant à HCl et à MCI. Ainsi, nous avons :
Chlorite de potassium. KCIG* 1 KAzC Azotite de potassium.
Chlorate de potassium. KCIO* | KAzC Azotate de potassium.
En outre, le composé Az*0* correspond exactement au peroxyde de chlore C1*0* etle composé ClAzOpeut être regardé comme représentant l'anhydride hypochloreux CICIO.
[On connaît en outre certaines combinaisons dans lesquelles l'azote ne remplace quel atome d'hydrogène, tels sont par exemple l'azobenzol C*H*Az, l'acide azobenzoïque (7H'*AzO*, etc.
Il existe encore un autre lien entre les éléments du groupe chlore et ceux du groupe de l'azote. L'iode, notamment, dans certaines combinaisons, joue le rôle d'élément triatomique ; dans le Irichlorure d'iode CPI, par exemple, et dans l'acétate d'iode do M. Schùtzenberger. Dans ce dernier composé, i atome d'iode remplace l'hydrogène métallique de
5 molécules d'acide acétique, pour former i molécule de triacétate d'iode
r'(CW0«)'^=((?H'0)M^3.
Les éléments constituant le troisième groupe se rattachent également à ceux du deuxième groupe par cette circonstance que, malgré leur tendance caractéristique à fixer 5 atomes monoéquivalents, ils peuvent aussi s'unir à 2 de ces atomes ou à 1 atome biéquivalent, pour former des combinaisons analogues à celles que forme le deuxième groupe. C'est ainsi qu'on connaît un iodure de phosphore PP correspondant à l'iodurede soufre PS; unarséniure de nickel NiÂs et un antimoniure de zinc ZnSb, correspondants au séléniure de nickel NiSe et au tellurure de zinc Znïe. Quelques-unes de ces combinaisons, comme Tai^sèniure de nickel NiAs et le sulfure de nickel NiS, sont isomorphes. En outre, on connaît des arséniureset les sulfarséniures correspondants aux bisulfures. Le mispickel FeÂsS, par exemple, est isomorphe avec la marcassite FeS*, tandis que l'arséniure de cobalt CoAs' et le sulfarséniure CoAsS sont isomorphes avec la pyrite ordinaire FeS*. En outre, les métaux antimoine et arsenic sont isomorphes avec le tellure. Néanmoins, les combinaisons H*Az ou amidogène et Me*As ou cacodyle, ne présentent aucune analogie avec l'eau et avec le séléniure de méthyle Me*Se, mais l'on remarque entre eux la même relation qu'entre le résidu hydroxyle HO et l'acide chlorhydrique HCl. Nous avons 4 types de molécules occupant 2 volumes de vapeur, HCl, H*0, H'Az et H*C ; si nous enlevons 1 atome d'hydrogène à chacune de ces molécules, nous aurons les radicaux Cl, HO, H*Az et H'C, correspondant à i volume, niais qui, à l'état de liberté doivent être rapportés à des molécules occupant 2 volumes de vapeur, c'est-à-dire CP, H*0*, H*Az* et H'C*,
Il est intéressant de comparer les combinaisons oxygénées parallèles que forment le chlore, le soufre et le phosphore :
Monoatomiques.
Diatomiques.
Triatomiques.
HCl
HSP
HCIO
Cl«SO
CPPO