‹ Manuel de chimie théorique et pratiqueChapitre 28 sur 178 · H MANUEL DE CHIMIE · texte numérisé non relu

H MANUEL DE CHIMIE

|3. Beaucoup de métaux remplacent l'hydrogène en échangeant un atome de métal contre deux atomes d*hydrogène pour former des bisels, comme lorsque â molécules d'acide chlorhydrique, par exemple, se transforment en chlorure platineux, PtCl*. Cette tendance est surtout caractéristique du baryum, strontium, calcium, magnésium, zinc, cadmium, palladium, platine, cuivre, mercure et étain. Le mercure et le cuivre peuvent, en outre, former aussi des protosels ; le platine, le palladium et Tétain, des tétrasels. Quand ces métaux remplacent deux atomes d'hydrogène, autrement dit, lorsqu'ils sont diatomiques, on place au-dessus de leur symbole, ou à droite, le signe '\ par exemple

prci«(§n).

7. Quelques métaux se substituent, pour chaque atome, à 5 atomes d'hydrogène, pour former des combinaisons triatomiques, des trisels, comme lorsque, dans une molécule triple d'acide chlorhydrique, H^Gl*, H* est remplacée par Bi pour former le trichlorure de bismuth, BiCl*. Ces métaux, ou demi-métaux, sont l'arsenic, l'antimoine, le bismuth et l'or; ce dernier peut, en outre, former des protosels. Il est souvent utile d'indiquer cette équivalence par trois virgules, comme dans Bi^'CP.

§. Quelques métaux, enfin, remplacent l'hydrogène dans le rapport de 2 atomes de métal à 6 atomes d'hydrogène, pour former des combinaisons hexatomiques, ou des hexasels. Ainsi, 6 molécules d'acide chlorhydrique donnent une molécule de chlorure ferrique, Fe*Cl'. Les métaux de cet ordre les plus importants sont l'aluminium, l'urane, le fer, le chrome, le manganèse, le nickel et le cobalt; ces deux derniers ne manifestent, du reste, cette tendance qu'à un faible degré. Les atomes simples de ces métaux, valant 2 atomes d'hydrogène, peuvent produire des bisels ; l'aluminium seul fait exception ; en effet, on ne connaît aucune combinaison dans laquelle ce métal remplace 2 atomes d'hydrogène.

On peut figurer la combinaison de 2 atomes réunis pour former 1 atome double d'une atomicité différente, par un symbole particulier, et l'hexatomicité de cet atome double par l'incide'^' placé en haut ou à droite du symbole ; ainsi Ffe^*, AU^', etc.

[Il existe différentes raisons pour maintenir à l'aluminium le poids

atomique 27,4, correspondant à A1*0', et non à AlO^, quoique ce

' corps n'entre jamais dans une combinaison que par atome double :

ces raisons sont sa chaleur atomique et ses analogies, telles qu'elles

(*) Les chimistes français représentent cet atome double et son atomicité par le symbole (Fe*)vi, (Al«)vi, (Cr«)vi, etc.

résultent de risomorphisme, etc., avec les métaux du groupe du fer. La densité de vapeur du chlorure d'aluminium, du chlorure ferrique, Al'Cl", F^GP, etc., conduit à admettre la présence de Tatome double Ail ou (AP), Ffe ou (Fe*) formant des combinaisons hexatomiques et non un atome simple formant des combinaisons triatomiques. Tandis que Tatome simple Fe" peut remplacer 2 atomes d'hydrogène, ou est diatomique, comme dans le chlorure ferreux, FeCP, l'atome double n'est pas tétratomique, mais hexatomique. On a cherché à expliquer ce fait en admettant que le fer possède deux poids atomiques, mais il est difficile d'admettre une semblable interprétation qui, du reste, n'exphque pas suffisamment le fait ci-dessus. 11 est plus naturel d'envisager l'atome double de fer, d'aluminium, etc., de la manière suivante. Plusieurs atomes polyatomiques d'un même corps peuvent se combiner en saturant une partie de leur atomicité propre. L'exemple le plus frappant est celui du carbone qui se combine avec lui-même jusqu'à l'infini, mais, tandis que C est tétratomique, l'atome double G* ne vaut pas, 8 mais seulement 6 atomes d'hydrogène; l'atome triple n'en vaut pas 42, mais seulement 8. En général, un atome condensé G* n'aura que l'équivalence 2/H-2. Ainsi, lorsque deux atomes de carbone se combinent, ils échangent au moins une unité d'affinité ou une atomicité, en sorte que pour chaque atome combiné, il reste 3 affinités libres. En appliquant ce raisonnement au fer, et en admettant que ce métal diatomique peut aussi être tétratomique, on comprendra qu'en se doublant l'atome tétratomique puisse devenir hexatomique, soit (Fe«)v»Cl«.]

e. Il a déjà été question de l'échange de 1 atome de métal contre 4 atomes d'hydrogène. L'échange contre 5 ou contre 6 atomes est plus rare. Le zinc, le platine et quelques autres métaux forment des combinaisons di- et tétratomiques, l'arsenic et l'antimoine peuvent donner, non-seulement des combinaisons triatomiques, mais aussi des combinaisons pentatomiques, par exemple Sb^GP.

Il ressort donc de ces considérations que certains métaux possèdent deux valeurs de substitution ; on est obligé de distinguer l'équivalence de ces métaux dans leurs combinaisons; ceci se fait symboliquement, par des accents placés en exposants, et en langage parlé en donnant des lerrainaisons particulières au nom du mêlai ; la terminaison osum se rapporte à lavaleur desubstilutionla plus faible, et la terminaison tcum à la plus forte. Ainsi on dira chlorure de cuprosum, chlorure de cupricum, ou, pour abréger, chlorure cuivreux et chlorure cuivrique; sels de mercurosum, sels de mercuricum ou sels mercureux et sels mercuriques. Voici du reste les métaux qui sont de ce cas.

MANUEL DE CÎIBIIE.

Cu' Giiprosum . .

Hg' Mercurosuin .

Au' Aurosum. . .

Tl' Thallosum . .

Sn" Stannosuin. .

Pt" Platinosum. .

Ti" Tilanosuin. .

Cr'' Chromosura .

Fe" Ferrosum. . .

Co" Cobaltosum. .

Ni'' Nickelosum. .

Mn" Manganosum .

U" Uranosum . .

Sb'" Antimoniosum

Cu"

Hg"

Au'"

Tr"ou(TI*)vi

Sn»v

Pt'v

Tiiv

Ccrvi ou (Cr')vi

Ffevi ou (Fe')vi

Ccovi ou (Co*)vi

Nni'» ou (Ni*)vi

Mmn" ou (Mn*)^»

Uuvi ou (0*)"

Sbv

Cupricum.

Mercuricum.

Auricum.

Thallicum.

Stannicum.

Platinicum.

Titanicum.

Ghromicum.

Ferricum.

Cobalticum.

Nickelicum .

Manganicum.

Uranicura.

Antimonicum.

45. S'appuyant sur les nombreuses analogies que présente l'hydrogène avec les métaux, sur la facilité avec laquelle ceux-ci peuvent prendre sa place, enfin sur le peu de différences fondamentales qui existent entre les propriétés physiques de la vapeur de mercure et du gaz hydrogène, M. Dumas pense que s'il était possible de liquéfier rhydrogène, comme on liquéfie la vapeur de mercure, il aurait, comme ce métal Uquide, Tapparence métallique. Mais il ne faut pas oublier que l'hydrogène peut présenter un caractère éleclronégatif, qu'il peut être remplacé par du chlore, que ses analogies avec ce dernier corps sont tout aussi importantes et aussi nombreuses que ses relations basiques. L'hydrogène est en réalité un élément neutre ou intermédiaire, et si nous considérons les analogies qu'il présente avec ses homologues hydrocarbonés condensables, il ne nous est plus permis de supposer que l'hydrogène condensé a un aspect métallique.

44. De même que l'hydrogène peut être remplacé par des métaux et par des corps halogènes, il peut l'être, par double décomposition, par certains groupes moléculaires, les radicaux composés. Par exemple :

(C^H»0)C1 -+- AzH- = HCl ■+- AzH^(C'll»0)

Benzamide.

bans le chlorure d'éthylène (G'H*)"C1* nous avons un groupe biéqui- Valent ; dans le chlorure de phosphoryle (PO)'"Cl', un groupe triéquivalent, susceptibles de prendre la place, l'un de deux, l'autre de trois atomes d'hydrogène, comme nous avons des métaux biéquivalents et triéquivalents (voy. §§ 23, 24 et 25).

45. Résainé. — En Combinaison dans l'eau, l'hydrogène est trèsabondamment répandu dans la nature. On prépare l'hydrogène libre de différentes manières, la plus usuelle consiste à faire agir un métal

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oxydable sur un acide ou sur un corps jouant le rôle d'acide. C'est un gaz permanent, très-léger, inflammable, et formant avec l'oxygène et avec le chlore des mélanges détonants. 11 se combine au chlore pour former l'acide chlorhydrique ; à l'oxygène, pour former l'eau ; à l'azote, pour produire l'ammoniaque, et il fait partie constituante d'une foule de combinaisons les plus variées. A la température rouge, ou à l'état naissant, il est un puissant agent de désoxydation et de déchloruration. 11 forme le point de départ d'une série homologue d'hydrocarbures. Il est l'élément essentiel de tous les acides. Il peut être remplacé par du chlore ou par ses analogues, ainsi que par les métaux ou par certains groupes moléculaires. Un atome de métal peut remplacer un ou plusieurs atomes d'hydrogène.

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