‹ Manuel de chimie théorique et pratiqueChapitre 49 sur 178 · Bromates. — Ces sels s'obtiennent · texte numérisé non relu

Bromates. — Ces sels s'obtiennent

a. En saturant de l'acide bromique par tme base ;

|3. En ajoutant du brome à une solution concentrée d'un alcali caustique ûxe et séparant, par cristallisatiott, les bromates peu solubleSj des bromures formés en même temps, et (Jui restent en solution :

6KH0 H- 6Br = 3H«0 H- 5KBr H- ÈrKO^.

s i MANUEL DE CHIMIE.

y. En ajoulaiildii peiilachlorure de brome à une solution d'un alcali caustique et séparant le bromate du chlorure, par cristallisation : -

6KH0 -f- BrCl^ = otPO + 5KGI + KBrO^

Les broniates sont presque tous solubles et cristallisables ; ceux de mercurosum, d'argent et de plomb sont insolubles. Les bromates forment, comme les chlorates, des mélanges détonants avec les substances (combustibles. Leurs solutions sont Recomposées parles agents de réduction. Un grand nombre d'entre eux, ceux de potassium, de sodium, de mercure, d'argent, donnent, lorsqu'on les calcine, de l'oxygène et un bromure : KB^O'^=KBr-|-0^ d'autres perdent du brome et de l'oxygène et laissent un résidu d'oxyde ; tels sont les bromates d'aluminium, de magnésium et de zinc :

Mg (Br05)*= MgO -+- Br' -+- 0*

Aeide perbromique et perbromate*

[80 a. Aeide perbromlque. — On l'obtient en faisant agir le brome sur l'acide perchlorique. 11 forme, après concentration, une liqueur huileuse incolore. Il n'est pas décomposé par les acides chlorhydrique, sulfhydrique et sulfureux. Le perbromate de potassium est un précipité cristallin, plus soluble que le perchlorate. Le sel de baryum est fort peu soluble dans l'eau bouillante; le sel d'argent, beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid, cristallise par le refroidissement de sa solution bouillante. (Kaemmerer.)]

81. Chlorure de brome. — C'est un liquide jaune rougeâtre, volatil, qui se forme lorsque l'on dirige un courant de chlore dans du brome et qu'on condense les vapeurs. On lui assigne la composition BrCl*. Il se dissout dans l'eau en la colorant en jaune ; on obtient également cette solution en faisant passer du chlore dans de l'eau de brome. Les alcalis décomposent le chlorure de bromCf comme on l'a vu, en produisant du chlorure et du bromate. A une basse température, le chlorure de brome forme avec une petite quantité d'eau une combinaison cristallisée.

m. IODE.

Symbole, I. — Nombre pkoportiohnel, 127. — Densité de vapeuk, 127. — Volume de l'atome QJ,

82. L'iode se rencontre généralement dans la nature en combinaison avec le sodium, le calcium et le magnésium. Ces iodures existent en trèspetite quantité dans les eaux de la mer et de certaines sources minérales ; la principale source où l'on puise l'iode sont les cendres des va-

IODE. sr»

rechs, plantes qui croissent sur les bords de la mer. Les cendres de certains animaux maritimes inférieurs, éponges, zoophy tes, mollusques renferment de l'iode; on en rencontre môme chez quelques animaux supérieurs, ainsi on reconnaît facilement sa présence dans l'huile do foie de morue. On rencontre en outre dans la nature des iodures de zinc, de plomb, de mercure et^'argent ; on a trouvé de Tiode dans certains échantillons de houille. Le salpêtre du Chili en renferme souvent des quantités notables, à l'état d'iodure et d'iodate de sodium. L'iode, découvert en 1812 par Courtois, a surtout été étudié par Gay-Lussac.

[La diffusion de l'iode dans la nature est trés-coiisidérable; indépendamment des sources d'iode que nous venons d'indiquer, on rencontre encore ce corps simple dans un grand nombre d'eaux potables et, môme, normalement dans l'air (Chatin), seulement ce dernier fait a été fortement contesté. Ce n'est pas seulement à l'état de combinaison qu'on rencontre l'iode dans la nature, sa présence, à l'état de liberté, a été constatée dans une eau minérale et dans une roche dolomitique d'où jaillissent ces eaux, à Saxon dans le Valais, ainsi que dans les vapeurs des fumerolles de Vulcano. La roche de Saxon répand une odeur trésprononcée d'iode et ses émanations bleuissent rapidement un papier amidonné humide, indice sûr de la présence de l'iode libre.]

83. — a. Pour retirer l'iode des cendres de varechs, on lessive ces cendres, on concentre les solutions, de manière à faire cristalliser la majeure partie des sels étrangers et on opère ensuite de différentes manières sur les eaux mères qui renferment tout l'iode. La méthode la plus usitée c nsiste à traiter ces eaux mères par du sulfate cuivreux, ou, ce qui revient au même, par un mélange de sulfate cuivrique et de sulfate ferreux ; de cette manière, il se précipite de l'iodure cuivreux insoluble et à peu près incolore, tandis que la solution retient un alun ferrique :

2FeS0* 4- 2CuS0* -h 2Nal = FfeNa«(SO*)* -4- Cu'P.

On traite ensuite cet iodure cuivreux par un mélange de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique, qui met l'iode en liberté, comme il met le chlore et le brome en liberté des chlorures et bromures :

Cun* + 2Mnœ 4- 4H«S0* = P 4- iWO 4- 2CuS0* -f- 2MnS0*.

Souvent on se dispense de précipiter l'iode à l'état d'iodure cuivreux, et on se contente de traiter les eaux mères renfermant l'iodure de potassium ou de sodium, par Je peroxyde de manganèse et Facide sulfurique.

2Na! -f- MnO« 4- 2IPS0* = P 4- 2HH) 4- Na*SO* 4- MnSO*.

m MANUEL DE CHIMIE.

On commence par ajouter l'acide sulfurique aux eaux mères, oh abandonne le mélange à lui-même pendant quelque temps, et il s'en dépose bientôt du sulfate de sodium qui cristallise, en môme temps qu'il se dégage de Thydrogéne sulfuré, de l'acide carbonique et d'autres acides volatils. On introduit alors lemélange acide dans une cornue de plomb, avec duperoxyde de manganèse, et l'on chauffe de manière à ne pas dépasser 100" ; l'iode se sublime alors et va se condenser dans une série de récipients sphériques ; on le purifie par de nouvelles sublimations.

|S. L'iode est aussi mis en liberté par la calcination de certains iodures métalliques, ou par la décomposition de ses composés oxygénés.

84. L'iode est solide, cassant, très-brillant, noir, d'une densité égale à 4,94. 11 est presque opaque; néanmoins en lame mince, il laisse passer une lumière violette. Ses cristaux appartiennent au système rhomboïdal, et la forme fondamentale de ces cristaux est un octaèdre très-aigu. L'iode fond à 107° en un liquide brun foncé ; il bouta 1 75<» en émettant de belles vapeurs violettes ; c'est à la couleur de ces vapeurs que l'iode doit son nom (de îw^ï?;, violet). Il est déjà sensiblement volatil à la température ordinaire. Sa saveur est amère : son odeur, qui a de l'analogie avec celle du chlore, rappelle l'odeur de la mer; il colore la peau et d'autres tissus en jaune. 11 ne forme pas, comme le chlore et le brome, un hydrate défini ; il est pourtant assez soluble dans Teau

/qui en prend environ r^j pour la colorer en brun clair. 11 se dissout par contre très-bien dans un grand nombre d'autres liquides, par exemple l'èther. La solution aqueuse des iodures ou de l'acide iodhydrique dissout aussi l'iode ; il en est de même du chloroforme, du sulfure de carbone, de la benzine, qui donnent des solutions violettes trèsbelles. L'iode se combine directement à presque tous les corps simples ou composés qui s'unissent au chlore et au brome, mais généralement avec une intensité moindre. Son union avec le phosphore et avec l'antimoine est pourtant accompagnée de lumière.

L'iode jouit de la propriété caractéristique de colorer Tamidon en bleu foncé, en formant probablement une combinaison particulière. Cette coloration disparaît lorsque l'on élève la température vers 100**. Mais elle reparaît de nouveau après le refroidissement, quoique d'une manière moins intense ; si la température a atteint 100° et s'y est maintenue pendant quelque temps, la coloration peut ne pas réapparaître par le refroidissement.

L'iode et sa solution aqueuse ne possèdent pas de pouvoir décolorant, ou seulement à un degré très-faible. Comme le dilore et le brome, l'iode

ACIDE lODHYDBIQUE. 87

peut se substituer à l'hydrogène, atome pour atome, dans beaucoup de combinaisons, par exemple dans Taniline :

r/ffAz4-P=C»H«IAz4H,

Acide lodhydrique.

Symbole, Hl. — Poids moléculaire, 128, -^Dehsité, 64. — Volume molis«- CUUIRE [ I "] ,

85. Cet acide se produit dans les circonstances analogues à celles qui donnent naissance aux acides chlorhydrique et bromhydrique :

<K. Par l'action de l'acide phosphorique ou de l'acide sulfurique étendu sur un iodure, de préférence sur l'iodure de baryum ;

BaP ^^H*SO* = 2HH-BaS0*.

On sépare par flltration la liqueur qui renferme l'acide iodhydrique, du précipité barytique. Un excès d'acide sulfurique occasionnerait la décomposition de l'acide iodhydrique formé ; il faut par conséquent employer ces deux corps dans le rapport de leurs poids moléculaires.

|3. L'acide iodhydrique peut prendre naissance lorsqu'on dirige un mélange d'hydrogène et de vapeur d'iode à travers un tube chauffé au rouge, ou sur du noir de platine légèrement chauffé.

y. Il se forme également par l'action de l'eau sur certains iodures. notamment sur le triiodure de phosphore ; on peut produire cette décomposition en faisant agir l'iode sur le phosphore en présence de Teau ; l'iodure de phosphore se détruit à mesure qu'il se forme, en donnant de l'acide iodhydrique et de l'acide phosphoreux :

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