‹ Manuel de chimie théorique et pratiqueChapitre 50 sur 178 · PP + 3H«0^5HI-+-H'PO · texte numérisé non relu

PP + 3H«0^5HI-+-H'PO

Un des meilleurs moyens pour obtenir l'acide iodhydrique consiste à chauffer dans une cornue de l'iodure de potassium avec de l'iode, du phosphore et de l'eau :

2K1 -h P 4- 51 4- 4H»0 = 7HI -+- K*HPO*.

5. On l'obtient en outre par l'action de l'iode sur certains composés hydrogénés. Ainsi on l'obtient très-facilement en solution lorsque l'on dirige un courant d'hydrogène sulfuré sur de l'iode placé dans l'eau.

P4-IPS=:2Hl-hS.

Lorsqu'au lîêu dé gaz hydrogène sulfuré on emploie îe persulfure

d'hydrogène liquide ; on obtient un liquide brun jaunâtre, décomposable par l'eau. Si Ton opère cette décomposition par l'eau dans un tube scellé et coudé, on peut très-bien condenser en un liquide mobile, dans une des branches, le gaz acide iodhydrique qui se dégage dans l'autre:

P-+.ffS» = 2HH-S*.

86. La meilleure manière de recueillir le gaz acide iodhydrique est de le recueillir comme le chlore sec, par déplacement d'air. On ne peut pas le recueillir sur l'eau à cause de sa grande solubilité, ni sur le mercure, car il lattaque très-rapidement. C'est un gaz incolore, d'une odeur et d'une saveur très-amères, il rougit très-fortement le tournesol, fume à l'air humide et est extrêmement soluble dans l'eau. L'acide iodhydrique liquéfié a une couleur jaunâtre ; il se solidifie à — 55°. L'acide iodhydrique gazeux ou en solution dans l'eau est décomposé par le potassium, le zinc, le fer, l'argent et par d'autres métaux ; il se dégage de l'hydrogène et il se forme uniodure métallique. Le chlore, lebrome, l'acide azotique, l'acide hypochloreux et tous les agents oxydants, en général, décomposent l'acide iodhydrique en mettant de l'iode en liberté. L'acide sulfurique et même l'anhydride sulfureux agissent également comme oxydants:

ffSO*-4-2HI = H*SO'+ IPO + P. S0*-^4HI = S -+-2H*0-}-I*.

Les substances organiques peuvent opérer la même oxydation, par exemple :

C'HW-}-2HI = C'HW 4- P -+-H«0 ( Lautemann )

aussi l'acide iodhydrique en solution concentrée est-il fréquemment utilisé pour produire des réductions.

Il peut en outre se fixer sur certains radicaux diatomiques, tels que l'amylène, et produire ainsi des corps très-intéressants au point de vue de l'isomérie; ces corps en effet qui peuvent être considérés comme des iodhydrales de radicaux diatomiques sont isomères avec lesiodures de radicaux monoatomiques ou éthers iodhydriques :

C»mo^Hi -- c»H"Hl (Wurtz)

Amylène. lodbydrate

d'amylène.

La solution d'acide iodhydrique se décompose spontanément, eniode

lODURES. 89

et hydrogène : l'iode qui se sépare reste dissous dans Tacide iodhydrique formé en le colorant en brun foncé. Au contact de Tair cette décomposition est encore plus rapide parce que l'hydrogène de l'acide peut former de Teau avec l'oxygène de l'air. La solution d*acide iodhydrique, au maximum de concentration, est incolore et flime fortement à l'air. Sa densité est égale à 1 ,7 ; elle Bout vers 125*» et peut être distillée sans décomposition.

lodures.

87. Ces sels appartiennent à la même classe que les chlorures et les bromures, auxquels ils res^mblent par leurs propriétés et par leur mode de production. Ils sont, en général, moins volatils, moins solubles et plus décomposables. Les iodures des métaux pesants, surtout ceux de thallium, de plomb et de mercure, se distinguent par des couleurs très-vives. Les iodures d'étain, d'antimoine et d'arsenic sont décomposables par l'eau, à la température ordinaire, comme les chlorures et bromures correspondants. Les iodures hydratés de magnésium, de zinc et d'aluminium se décomposent par la chaleur, comme les chlorures et les bromures, en donnant de l'oxyde et l'hydracide correspondant. Les iodures de palladium, de platine et d'or, se décomposent au rouge ; il en est de même de l'iodure d'argent qui se distingue en cela du chlorure et du bromure d'argent. Tous les iodures, sauf les iodures alcalins et alcalino-terreux sont décomposés au rouge par l'hydrogène, lis sont également décomposés par l'oxygène, au rouge, sauf l'iodure de plomb, l'iodure de bismuth et le proto-iodure de thallium. Tous les iodures sont décomposé par la plupart des acides minéraux, en donnant soit de l'acide iodhydrique, comme par l'emploi de l'acide phosphorique ou de l'acide sulfurique étendu, soit, le plus souvent, de l'iode libre. Dans ce dernier cas, il y a fréquemment oxydation, comme par l'emploi de lacide sulfurique concentré, de l'acide azotique, de l'acide chlorique ou iodique. L'acide chlorhydrique en dissolution attaquée peine les iodures. Le chlore et le brome en séparent l'iode que l'on peut très-facilement reconnaître par la coloration bleue qu'il communique à l'empois d'amidon (amidon traité par l'eau bouillante) où à la coloration violette qu'il communique au sulfure de carbone en s'y dissolvant. Un excès de chlore détruit de nouveau la couleur bleue de l'iodure d'amidon. Les solutions aqueuses d'iodure peuvent dissoudre de grandes quantités d'iode qui leur communique alors une couleur l>nin foncé.

88. On obtient les iodures comme les chlorures et les bromures :

«. Par l'action directe de l'iode sur un métal ; c'est ainsi que l'on

prépare généralement les iodures de mercure, de fer et de zinc ; p. Par l'action de Tiode sur certains oxydes, hydrates ou carbonates métalliques. L'iode déplace l'oxygène des oxydes de potassium, de sodium, de baryum, de calcium, au rouge ; il décompose de même l'oxyde d'argent à froid. Lorsqu'on traite des solutions d'alcalis caustiques ou carbonates par de l'iode, on obtient un mélange d'iodures et d'iodates ; ces derniers se transforment en iodures par la calcination. Lorsqu'on traite le peroxyde de baryum par de l'iode et de l'eau, il se décompose en donnant de l'iodure de baryum et un abondant dégagement d'oxygène :

BaO'4-I' = BaP■^-0^

y. Les iodures se forment encore par l'action de certains métaux, potassium, zinc, fer, sur l'acide iodhydrique, en prenant la place de l'hydrogène.

9. E9 saturant l'acide iodhydrique par les oxydes , hydrates ou carbonates. Les peroxydes agissent sur l'acide iodhydrique en mettant de l'iode en liberté: on a vu qu'ils agissent d'une manière analogue sur les acides chlorhydrique et bromhydrique. Tous les iodures, traités par un peroxyde en présence d'acide sulfurique, donnent de l'iode.

s. Les iodures insolubles se forment par double décomposition entre un iodure alcalin et un sel métallique en solution. On ohtient ainsi les iodures de plomb, d'argent, de thallium, d*or, de mercurosum (précipité jaune verdàtre), de mercuricum (précipité rouge écarlate), de cuprosum (précipité blanc verdàtre), de bismuth, de platine (précipité brun), de palladium (précipité noir). Les iodures des métaux électropositifs se combinent avec les iodures électronégatifs pour donner des sels doubles cristallisables.

Combinaisons oxjf énées de l'iode.

89. D'après les analogies» l'iode devrait former les séries suivantes d'acides et d'oxydes ou d'anhydrides :

Hl A^ide iodhydrique l Iode.

HIO Acide hypo-iodeux 1*0 Anhydride hypo-iodeux.

PO' Oxyde d'iode.

HIO' Acide iodeux VO^ Anhydrida iodeux.

I«0* Peroxyde d'iode.

HIO^ Acide iodique PO* Anhydride iodique.

P0« Superoxyde d'iode.

HIO* Acide périodique . . • . • PO^ Anhydride périodique.

ACIDE lODlQUE. 91

L'acîde hypo-iodeux est imparfaitement connu, maïs son existence parait démontrée. On ci3nnait beaucoup mieux les aoldes iodique et périodique et leurs anhydrides. Les expériences de H. Hlllon ont rendu très-probable Texistence du peroxyde d'iode. Il existe aussi quel* ques données concernant Toxyde d'iode et l'acide iodeux.

Ael4« h7po-i4MleiuL et ses «els.

[89a. Quand on dissout l'iode dans un alcali étendu, la solution con« serve en partie l'odeur de riode;elle est jaune et colore l'amidon en bleu. On observe un fait analogue en dissolvant le chlorure d'iode ICI' dans l'eau, la solution brune qui paraît renfermer de l'iode libre, ne colore pas l'amidon, tandis que la coloration apparaît, quand on neutralise la solution par un alcali, et pourtant la solution aqueuse brune cède de l'iode quand on l'agite avec de la benzine, et il reste alors en solution de l'acide iodique; c'est lui qui empêche la réaction de l'amidon sur l'iode.

On admet que la solution primitive, comme celle de l'iode dans un alcali renferme un oxyde particulier 1*0, qui représente de l'anhydride hypo-iodeux PO plus de l'iode I* ; or, cet anhydride hypo-iodeux, où l'acide IHO empêche la réaction de l'iode ; lorsqu'on enlève I*, l'acide hypo-iodeux ne peut plus exister et se transforme en acide iodique et et acide iodhydrique. En outre, la solution d'un hypo-iodite est décomposée par l'iodure de potassium : KI-f-lK0=K*04-l*, c'est pourquoi l iode ne se dissout pas entièrement dans un alcali étendu. (Lenssen et Lœwenthal.)]

Anhydride et aeide lodlqnee, iodatee.

90, Anhydride iodique. — Symbole, I^*. — Poids moléculaire, 334. ^ On obtient cette combinaison en chauffant l'acide iodique à 170** :

2HI0» = H*0-f-P0».

Cest une masse cristalline blanche, se décomposant à la température de l'huile bouillante en iode et oxygène.

91. Aeide iodique. — SymBOLE, IHO^. -- PoiDS MOLÉCULAIRE, 176. —

On peut obtenir cet acide :

a. Par l'action de l'eau sur son anhydride :

P0'*H-H*0=2IHœ;

p. Par l'action de certains acides sur les iodates : par exemple, de Taclde sulftirique sur son équivalent d'iodate de baryum ;

7. En traitant Tiode par l'acide azotique concentré et bouillant, évaporant à sec, redissolvant dans l'eau et faisant cristalliser; rj. Par l'action du chlore sur l'iode en présence de l'eau :

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