Fonctions ehlmlqnes des éléments. — On a remarqué, comme
t2 MANUEL DE CIIIMIE.
règle générale, que les éléments qui ont le plus de tendance à s'unir sont ceux qui ont les propriétés les plus opposées. Les métaux, potassium, sodium et autres, sont doués au plus haut degré de certaines propriétés qui les caractérisent, tandis que d'autres éléments, tels que le chlore et ses analogues sont caractérisés par des propriétés contraires; les premiers sont les éléments basiques (basilous éléments), les seconds les éléments acidifiants (chlorous or acidxdous). Beaucoup de combinaisons chimiques, soumises, dans certaines conditions, à l'action d'un courant électrique, sont décomposées, et dans cette décomposition (électrolyse) les éléments basiques se séparent au pôle négatif, ce qui les a fait nommer éléments électro-positifs, en vertu du principe d'attraction des électricités de nom contraire, tandis que les éléments acides se portent au pôle positif et sont désignés pour cela sous le nom d'électro-négatifs.. Mais il n'existe pas de séparation absolue entre les éléments basiques ou électro-positifs et les éléments acides ou électro-négatifs. Un corps est électro-négatif ou électropositif selon la nature d'un autre corps auquel on l'oppose. C'est ainsi que le soufre qui est essentiellement électro-négatif, est électro-positif lorsqu'on le compare à l'oxygène ; ses combinaisons oxygénées l'abandonnent au pôle négatif. Au point de vue de ces propriétés, on peut donc comparer la série des éléments à une chaîne continue dans laquelle un des anneaux extrêmes représmte le corps le plus électronégatif et l'autre extrémité le corps le plus électro-positif; chaque terme est électro-positif ou électro-négatif suivant qu'on le compare aux corps qui occupent Fune ou l'autre extrémité.
4. «roupemeiit des éléments. — On peut classer les éléments en certains groupes naturels ou familles, en partant surtout de l'analogie de constitution et de la similitude de caractères de leurs combinaisons, ainsi que du volume qu'occupe leur atome à l'état gazeux et des relations numériques qui existent entre les poids proportionnels suivant lesquels les corps se combinent, questions qui seront traitées en détail plus loin. Certains groupes sont caractérisés par des propriétés analogues, d'autres par des gradations dans les propriétés des corps qui les composent ; ainsi. Ton rencontre dans l'un de ces groupes le phosphore qui se trouve parmi les éléments électro-négatifs ; l'arsenic, qui est dans une position intermédiaire; l'antimoine, qui est surtout un élément électro-positif. Ces trois corps présentent entre eux des analogies qu'on ne saurait méconnaître, mais les afrmités,qui sont de même ordre, sont décroissantes en intensité. D'un autre côté, le calcium, le baryum et le strontium, qui se ressemblent beaucoup, présentent des tendances basiques presque égales. On désigne quelques-uns de ces groupes naturels par des noms
.AOMBRES^ PROPORTrONNELS. 5*
particuiiers : ainsi, le fluor, le chlore, le brome et l'iode sont dits des corps halogènes : le lithium, le sodium, le potassium, le césium, le rubidium et le thallium sont connus sous le nom générique de métaux alcalines; leurs sels sont les sels alcalins : le calcium, le strontium et le baryum sont les métaux alcalino-terreux : le magnésium, Talurainium, qui cependant n'appartiennent pas au même groupe, sont désignés sous le nom de métaux terreux^ en même temps que quelques autres métaux rares-possédant des caractères analogues.
5. Nombres proportionnels. (PoiDs ATOMIQUES.) — Chaque élément se trouve représenté par un nombre particulier, son nombre proportionnel, c'est-à-dire celui qui exprime la plus petite quantité relative de ce corps qui puisse entrer en combinaison. Comme le plus petit de tous ces nombres est celui de l'hydrogène, on l'a choisi comme l'unité à laquelle on peut rapporter tous les autres. Les lois des proportions définies et des proportions multiples nous montrent que les éléments ne peuvent s'unir que suivant ces nombres proportionnels ou suivant des multiples entiers de ces nombres. Ainsi, Ton connaît deux combinaisons de chlore et de mercure, le calomel et le sublimé corrosif : le premier renferme le chlore et le mercure dans le rapport de 35,5 à 200; le second, dans le rapport de 2 X 35,5 à 200. Les nombres 55,5 et 200 sont les nombres proportionnels du chlore et du mercure. 11 faut tenir compte de beaucoup de circonstances pour la détermination de ces nombres, qui expriment les rapports de combinaison d'un corps, ou le poids de son atome chimique; il en sera question en détail plus loin. Le tableau suivant contient les noms des éléments, le nombre proportionnel qui leur correspond, ou leur poids atomique, ainsi que leur symbole, ou la manière abrégée de les désigner.
[Dans ce tableau se trouvent omis quelques corps dont l'existence n'est pas mise hors de doute : ce sont Tilménium II ; le pélopium, Pp ; l'erbium, Er; le terbium. Te; ainsi que le niobium, Nb= 94; et un métal nouvellement découvert, l'indium. In =. 72.]