I. OXT«ËNE
Symbole, 0. — Poids atomique, 16. — Densité, 16. — Volume de l'atome Q.
104. L'oxygène est l'élément le plus répandu dans la nature, il forme les huit neuvièmes de l'eau, le cinquième environ de l'air et à peu près la moitié de la silice, de la chaux et de l'alumine qui constituent en grande partie l'ècorce terrestre. A part quelques exceptions, comme le sel gemme, le spath fluor, la blende, la pyrite, la galène, toutes les roches et tous les minéraux le contiennent au nombre de leurs éléments.
Indépendamment de celui qui est contenu dans l'eau qui baigne les tissus de l'organisme animal et végétal, il constitue un des principes essentiels de ces tissus et des produits qui les accompagnent. Les animaux se l'assimilent par la respiration, tandis que les plantes, sous l'influence de la lumière, le restituent à l'atmosphère qui, sans cela, en serait rapidement aj^pauvrie. L'oxygène contenu dans l'atmosphère y est à l'état de mélange avec l'azote et quelques autres principes, mais chimiquement, il y existe à l'état de liberté. L'oxygène a été découvert en 1774 par Priestley et par Lavoisier et, un an plus tard, par Scheele.
105. A. On obtient l'oxygène par l'action d'une température plus ou
i06 MANUEL DE CHIMIE.
moins élevée siirccrtains corps oxygénés, par exemple surles oxydes de mercure, d'argent, d'or et de platine ; sur les peroxydes d'hydrogène, de baryum, de plomb et de manganèse ; surles chlorates, azotates, chromâtes, etc., de potassium ou d'autres métaux.
a. L'oxyde mercurique, comme source d'oxygène est intéressant à considérer puisqu'il a donné lieu à la découverte de ce corps important. Lorsqu'on le chauffe .dans un ballon, il se décompose en vapeur de mercure qui se condense dans les parties froides de l'appareil et en oxygène qu'on peut recueillir sur l'eau :
HaO = Hg-HO.
p. Le peroxyde de manganèse est une source économique d'oxygène. Lorsqu'on le porte au rouge dans des vases en fer, il se décompose en oxygène et en un oxyde inférieur :
3Mn0«=:Mn5O*-4-O'.
7. Le peroxyde de baryum abandonne également, sous l'influence d'une température élevée, la moitié de l'oxygène qu'il renferme :
Ba02 = BaO-4-0.
Lorsque Ton dirige un courant d'oxygène humide ou d'air sur de la baryte, celle-ci absorbe de l'oxygène pour produire du peroxyde de baryum qui, à une température plus élevée, se décompose de nouveau. En répétant, successivement les mêmes opérations on peut, comme l'a montré M. Boussingault, avec une quantité assez restreinte de baryte préparer des quantités presque indéfinies d'oxygène.
$. Le moyen le plus commode et le plus fréquemment employé pour préparer l'oxygène, consiste à décomposer le chlorate de pojtassium par la chaleur. Lorsqu'on chauffe ce sel dans un vase de verre peu fusible, ou encore mieux de grès, il fond, perd finalement tout son oxygène, pour se transformer en chlorure de potassium ;
KClOs = KCl-+-0'.
Pour que cette décomposition soit complète, on est obligé de tellement élever k température que le vase de verre que l'on emploie se ramollit assez pour que la pression qui existe dans l'appareil suffise pour y provoquer des soufflures. La température nécessaire à cette décomposition se trouve considérablement abaissée lorsque l'on mélange au chlorate un huitième environ de son poids d'un oxyde métallique; on fait usage généralement pour cela d'oxyde de cuivre, d'oxyde de fer ou de peroxyde de manganèse. Dans ces circonstances, le sel ne fond pas,