OZONE
par exemple, que trois volumes d'oxygène, en se combinant, se contractent de manière à occuper deux volumes, il en résultera que si le tiers de cet oxygène est absorbé par le mercure, les deux autres tiers redevenant libres, reprendront leur volume normal, c'est-à-dire deux volumes, précisément le volume occupé par la condensation de trois volumes d'oxygène :
ÔÔC)-t-ï5g==&gÔ-H<^Ô.
2 vol. 2 vol.
D'après cette hypothèse, le maximum de contraction observé par M. Andrews, ^ du volume, indique que le quart de l'oxygène s*est
transformé en ozone.
M. Andrews a également remarqué qu'un courant d'air ozonisé sec, dirigé sur de l'anhydride phosphorique, après avoir été décomposé par la chaleur, n'abandonne pas trace d'humidité. Lorsqu'on fait passer de Toxygène ozone dans une solution d'iodure de potassium, puis dans de l'acide sulfurique, l'augmentation de poids de ces deux liquides, produite par l'absorption d'oxygène actif, équivaut à la quantité d'iode mise en liberté, quantité que l'on peut déterminer aisément par la méthode volumétrique de M. Bunsen. D'après MM. Baumert et Williamson, au contraire, l'ozone sec donne de l'eau lorsqu'on le décompose par la chaleur, et M. Baumert dit que l'iode, mis en liberté par l'absorption de l'ozone, n'équivaut qu'aux 32/50 de l'ozone absorbé, ce qui correspondrait à la formule H'O' que M. Williamson assigne à l'ozone, car :
H'O'^ = ffO -H 0» = 48 -H 52 ou 50, nombre dans lequel 0« =|^.
[M. Soret, en faisant passer dans de l'acide sulfurique de l'oxygène ozone parfaitement sec, obtenu par électrolyse, et ayant traversé un tube chauffé au rouge, n'a observé aucune augmentation de poids. Il serait possible que la quantité d'hydrogène trouvée par M. Baumert et considérée comme combinée dans l'oxygène ozonisé n'y ait été contenue qu'à l'état de mélange et qu'il provenait de l'hydrogène amené, par diffusion, de l'acide sulfurique renfermé dans le vase poreux. M. Soret a évité cette cause d'erreur en plongeant le pôle négatif non dans le liquide qui entoure le vase poreux dans lequel plonge le pôle positif, mais dans un autre vase poreux placé à côté du premier, dans le même bain d'acide étendu, et renfermant une solution de sulfate de cuivre ; le dégagement du gaz hydrogène est ainsi complètement empêché, attendu qu'il est remplacé par un dépôt de cuivre métallique, en quantité équivalente.]
11 X mANUEL DE CHIMIE.
M. Andrews a aussi déterminé l'expansion qu'éprouve, quand on le chauffe, l'oxygène ozone obtenu par électrolyse ; cette expansion varie suivant la quantité d'ozone formé ; il ne l'a jamais trouvée plus forte
que 2^ du volume d'oxygène électrolytique.
1 1 6, Les propriétés et caractères essentiels de l'ozone sont ceux d'un agent oxydant. Il détruit les matières organiques, l'action qu'il exerce sur le caoutchouc en est une preuve ; cette substance ne peut pas entrer dans la construction des appareils servant à produire l'ozone. 11 décolore les matières végétales, par exemple l'indigo, qu'il transforme en isatine. Il oxyde le sulfure de plomb noir, en le transformant en sulfate blanc. 11 transforme le ferrocyanure jaune en ferricyanure rouge et le sulfate manganeux en hydrate de peroxyde de manganèse. Le fer, le cuivre, le mercure, l'argent humide l'absorbent et de^iennent oxydes ; l'argent se transforme même en peroxyde. L'ozone sec est absorbé par le mercure sec et par l'iode sec.
Dans certains cas, pourtant, l'ozone produit des réductions ; ainsi, il décompose les peroxydes d'hydrogène et de baryum, en produisant de l'oxygène inactif, dû, tant à l'ozone lui-même qu'au peroxyde, comme le montre l'équation hypothétique suivante (voy. § 129).
ÔÔÔ 4- â*ÔÔ = 2ÔÔ 4- Ô'Ô.
Le cuivre, les peroxydes de manganèse et de plomb peuvent décom* poser des quantités indéfinies d'ozone, sans que ces substances éprouvent le moindre changement de poids. Les feuilles ou la limaille d'argent exercent la même action. On s'expUque cette continuité de réaction avec une quantité limitée d'argent, en admettant une série d'oxydations et de désoxydations successives. Les feuilles d'argent sont d'abord oxydées par l'ozone, mais l'oxyde d'argent formé se trouve immédiatement réduit. L'ozone est insoluble, oti à peu près, dans l'eau et dans les acides. Lorsqu'on fait passer de l'ozone dans une solution de potasse on de soude, il est d'abord absorbé, peut-être grâce à la présence de traces de matières organiques, mais après peu de temps, il passe inaltéré.
M. Schœnbein envisage l'ozone comme de l'oxygène négatif d'une manière permanente; mais il admet, en outre, l'existence d'un autre oxygène actif, l'oxygène positif ou antozone, inconnu à l'état de liberté, mais existant dans certaines combinaisons ; et il regarde l'oxygène inactif comme le résultat de la combinaison de l'ozone négatif et de i'antozone fosM (voy. g 129).