SOLUBILITÉ DES SELS DANS L'EAU
degré, à partir duquel elle diminue de nouveau à mesure que la température s'élève. Ainsi, la proportion de sulfate de sodium soluble dans une quantité d'eau donnée, augmente rapidement avec la température, jusqu'à 33**, puis diminue de nouveau progressivement à mesure que la température s'élève. Mais on est autorisé à croire que le sel éprouve une modification chimique à 33**, et que jusqu'à cette température on a affaire au sel hydraté, tandis qu'à partir de 33*», c'est le sulfate anhydre dont la solubilité est en jeu. On peut représenter la solubilité des sels dans l'eau par des courbes, comme on le voit ci-dessous : la ligne horizontale porte des chiffres indiquant les températures, tandis que la ligne verticale indique les proportions centésimales de sels dissous.
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Lorsque deux ou plusieurs sels entrent en dissolution, ils éprouvent plus ou moins une double décomposition : c'est pourquoi les lois de solubihté d'un mélange de sels dans l'eau sont complexes. Une solution saturée d'un sel peut toujours encore dissoudre une certaine quantité d'un autre sel ; et l'eau peut toujours dissoudre une plus grande quantité de plusieurs sels mélangés qu'elle n'en peut dissoudre isolément de chacun d'eux, à cause de la décomposition mutuelle qui se fait entre eux : ainsi de l'eau saturée d'azotate de potassium pourra, après avoir dissous du chlorure de sodium, dissoudre une nouvelle quantité dupre-
mier sel, puisque, par l'échange qui se sera fait entre les deux, pour former du chlorure de potassium et de Tazotate de sodium, la solution ne sera plus saturée d'azotate de potassium et pourra en conséquence en prendre une nouvelle portion. L'influence de la pression sur la solubilité des sels n'a été jusqu'à présent qu'incomplètement étudiée.
La solubilité des corps solides ou liquides dans l'eau s'explique par une attraction mutuelle ou par une force de difhision exercée réciproquement; le fait de la dissolution résultant de cette force se distingue des actions chimiques par certaines particularités. Les combinaisons chimiques n'ont lieu que suivant des rapports constants, tandis que la dissolution s'effectue dans des rapports indéterminés. Ainsi l'eau peut dissoudre des quantités quelconques de sel marin, en restant eh deçà de son point de saturation ; la dissolution de l'alcool dans l'eau n'a pas de limite. En outre les actions chimiques s'exercent particulièrement entre des corps ayant des caractères chimiques opposés, tandis que la dissolution se fait surtout entre des corps qui présentent certaines analogies : ainsi, les métaux se dissolvent dans le mercure, les oxydes et les sels dans l'eau, les graisses et les résines dans l'huile, etc. De plus, les actions chimiques donnent naissance à des composés dont les propriétés s'écartent beaucoup de celles des corps réagissants ; au contraire, lorsqu'il y a simplement dissolution, les caractères des corps en présence subsistent ; le sirop possède la saveur caractéristique du sucre ; l'eau camphrée, l'odeur aromatique du camphre; la décoction de tournesol, la couleur pourpre du tournesol, etc. Enfin, comme l'a fait remarquer Gay- Lussac, la dissolution d'un sel est accompagnée d'un abaissement de température, tandis que la formation chimique d'un hydrate a Heu avec élévation de température ; cette circonstance établit, d'après Graham, une distinction essentielle entre la dissolution et l'action chimique. Cçtte production de froid, qui n'est due qu'en partie à l'absorption de chaleur latente de fusion, se manifeste aussi bien dans la -dissolution des hydrates que des sels anhydres, en tant que l'action est purement dissolvante. Ainsi, le sulfate de sodium hydraté Na'SO*.10H*0 etl'azo» tate de potassium KAzO*, qui est toujours anhydre, provoquent l'un et l'autre un abaissement de température par leur dissolution dans l'eati. Le sulfate de sodium anhydre, au contraire, se dissout avec élévation de température, due à sa transformation en hydrate, avant de se dissoudre.
Tous ces faits montrent qu'il est aisé de séparer les unes des autres les actions chimiques bien caractérisées des simples dissolutions; mais il est des circonstances où cette distinction est beaucoup plus difficile à établir, si bien que quelques chimistes sont portés à considérer le phénomène de la dissolution et ceux qui l'accompagnent, comme une forme
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particulière de l'action chimique, ou au moins comme un passage des actions chimiques aux actions purement mécaniques.
d26. Tous les gaz sont plus ou moins solubles dans Teau; cette solubilité varie avec la nature du gaz, la température et la pression. Chaque gaz a, dans des conditions déterminées, son coefficient propre de solubilité ou d'absorption, non-seulement pour l'eau, mais aussi pour d'autres liquides. Ainsi, à la température ordinaire, et sous la pression normale, 1 00 volumes d'eau absorbent 1 00 volumes d'anhydride carbonique, tandis qu'ils n'absorbent que 2 volumes d'hydrogène. 100 volumes d'alcool peuvent dissoudre 288 volumes de gazéthylène, tandis qu'une même quantité d'eau n'en dissoudra que 16 volumes. En général, la quantité d'un gaz qui se dissout dans l'eau, ou dans un autre liquide, diminue avec la température ; mais cette diminution de solubilité est indépendante de toute loi connue : elle est différente^ur chaque gaz est différente aussi pour chaque abaissement de température. Pour les gaz peu solubles dans l'eau, l'influence de la température sur la solubilité est très-peu sensible; pour l'hydrogène même, elle paraît être à peu près nulle. Le tableau suivant indique la solubilité des différents gaz dans l'eau, aux températures de 0^ et de -f- 15*» et sous la pression normale de 760"^™.
VOLUMES DE DIFFÉRENTS GAZ ABSORBÉS PAR 100 VOLUMES d'eAU.