‹ Manuel de chimie théorique et pratiqueChapitre 76 sur 178 · EAUX MÉTÉORIQUES · texte numérisé non relu

EAUX MÉTÉORIQUES

sa fusion une eau qui, sauf de faibles traces d'anunoniaque et d'acide carbonique, ne renferme pas d'impuretés. On se procure de l'eau pure .par la distillation. Il est bon de rejeter les portions qui distillent en premier, parce qu'elles peuvent renfermer des principes volatils étrangers ; on devrait également ne pas pousser la distillation jusqu'au bout, pour ne prendre que les parties moyennes. Pour certaines expériences qui nécessitent un degré de pureté absolue de l'eau, il faut la distiller deux fois, d'abord avec de l'acide phosphorique pour retenir les alcalis volatils, puis avec de la potasse caustique ou de la chaux pour fixer les acides volatils.

Veau de pluie recueillie dans le voisinage des grandes villes renferme d'habitude, outre de l'azotate et du carbonate d'ammonium, du sulfate d'ammonium et des substances organiques et même des chlorures alcalins fixes, ces principes ont, en partie, pour origine la combustion des grandes quantités de bois et de charbon qui s'opère journellement dans les villes. Dans les campagnes même, la première pluie qui tombe, après un temps de sécheresse, est souillée de carbonate et d'azotate d'ammonium et de matières organiques, tandis que l'eau qui tombe ensuite est presque exempte d'impuretés. Veau des civières est formée principalement d'eau de pluie tombée dans dés régions plus élevées d'où elle descend en traversant peu â peu le sol de part en part, pour se rendre finalement dans la mer. Les caractères des eaux fluviales sont très-variables ; il dépendent surtout de la nature du sol que ces eaux traversent. Les eaux de la Tamise qui traversent principalement des terrains d'alluvions, renferment environ 0«%256par htre (18 grains par gallon de 4*"'^«*,545) de matières dissoutes ; les deux tiers de ces substances sont du carbonate de calcium, les autres sels les plus importants sont le sulfate de calcium et le chlorure de sodium. Les eaux de la Dee à Aberdeen, qui coulent en partie sur un terrain granitique, ne renferment guère que 08'*,043 par litre (3 grains par gallon) de principes salins, formés principalement de carbonate calcaire et de sels de potassium provenant de la désagrégation des feldspaths. La Swansea, qui traverse des couches carbonifères riches en pyrites, renferme 0«^05 et plus, par litre, de substances fixes formées principalement de sulfate de calcium. Parmi les fleuves allemands, le Rhin, l'Elbe et le Danube sont surtout riches en carbonate calcaire. La richesse de ces mêmes fleuves en matières salines varie beaucoup avec les époques et suivant la distance des sources et de l'embouchure ; elle varie, pour ces trois fleuves, entre 11 et 23 pour 100.000 (Bischof) (*).

(*) L'eau de Seine, prise ^u pont d'Ivry, en amont de Paris, renferme 0»',240 pai* litre dont 0»'il52 dfe carbonate acide de calcium, 0»',060 de bicarbonate de magnésie;

lU MANUEL DE CHIMIE

Dans le voisinage des villes, l'eau des rivières est en général plus ou moins souillée par le débit des égouts.

Les eatix de sources doivent également leur origine aux eaui pluviales; seulement celles-ci, après avoir traversé des couches considérables de terrain, reviennent à la surface du sol, soit naturellement, soit par des travaux de forage. En général, les eaux de sources, exerçant leur action dissolvante sur une masse de terrain beaucoup plus considérable, sont plus riches en principes salins que les eaux de rivières. Néanmoins les rivières ont fréquemment les sources pour origine, ou tout au moins celles-ci leur fournissent-elles un contingent considérable.

La composition des eaux de sources et des eaux de puits varie beaucoup, suivant la nature des couches que traversent ces eaux. Les eaux de puits de Londres reposent sur trois terrains différents, elles jaillissent soit des sables siliceux qui recouvrent le lehm londonien, soit de ce lehm lui-môme, soit enfin de puits artésiens forés au-dessous du lehm, dans de Fargile plastique, du sable ou du calcaire. Les puits artésiens sont propreniCTit ceux dans lesquels Teau s'élève par la seule pression hydrostatique, lorsque, par des forages convenables, on a traversé des terrains plus ou moins poreux emprisonnant des couches d'eau considérables ; c'esl à tort que l'on étend quelquefois cette dénomination à des puits très-profonds d'où Teau ne sort même souvent que par rintermédiaire d'une pompe. L'eau des puit§ de Londres, provenant des couches les moins profondes, a une composition très-variable, suivant la localité et suivant certaines circonstances; elle renferme 08%028 à 0«%170 de résidu solide par Utre (20 à 120 grains par gallon) et est, comme les eaux de toutes les grandes villes, souillée d'une quantité plus ou moins grande de produits d'égouts. L'eau provenant des couches argileuses du terrain londonien se distingue par sa grande teneur en sulfate de calcium ; les eaux de cette nature sont dites séléniteuseSy à cause du nom de sélénite, donné au sulfate de calcium par les minéralogistes. L'eau des puits artésiens de Londres aune composition très-constante, elle est tout à fait exempte de principes organiques; elle a une réaction alcaline tiès-marquée, qui persiste par une ébullitioii prolongée et qui est due à la présence d'une proportion notable de carbonate de sodium, provenant sans doute de l'action des eaux de pluie riches en acide carbonique sur des siHcates sodiques qui se rencon-

0»',OiO de sulfale de sodium et 0«',010 de chlorure de magnésium. I/eau prise au pont Noire-Dame renferme 0«',331 de substances solides par litre, réparties à peu près dans les mêmes proportions; à Cliaitlot, en aval de Paris, elle renferme 0»',432 de substances salines par litre. (Boutron et Henry.)

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