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LA MOLÉCULE

141. a. Ce composé, connu généralement sous le nom d'hydrogène sulfuré, peut se produire en petite quantité par la combustion de la vapeur de soufre dans le gaz hydrogène, ou de l'hydrogène dans la vapeur de soufre, tout comme son analogue, l'eau, est produit, dans les circonstances analogues, par l'hydrogène et l'oxygène.

j3. On prépare communément ce gaz par l'action d'un acide, sulfurique ou chlorhydrique, par exemple, sur un sulfure métallique, généralement le sulfure de fer ou celui d'antimoine. L'acide sulfurique étendu réagit vivement sur le sulfure de fer en produisant, même à froid, un dégagement rapide d'acide sulfhydrique :

FeS -I- ff SO* .= H*S -h FeSO*.

Comme le sulfure de fer que l'on emploie est un produit artificiel qui renferme toujours, à l'état de mélange, un excès de fer métallique, l'acide sulfhydrique qui en provient est toujours mélangé de gaz hydrogène. Mais le trisulfure d'antimoine natif et cristallisé est un composé parfaitement défini qui, traité par l'acide chlorhydrique bouillant, donne le gaz sulfliydrique dans un grand état 'de pureté :

Sb«S' 4- 6HC1 = 3H*S -h 2SbCP.

On fait passer le gaz obtenu par ces deux moyens dans une petite

iU MANUEL DE CHIMIE.

quantité d'eau pour le laver, puis sur du chlorure de calcium pour le dessécher. On peut le recueillir à l'état gazeux sur le mercure, ou le faire absorber par l'eau, dans laquelle il est assez soluble.

7. L'acide sulfhydrique, ou plus souvent le sulfure d'ammonium, se forme par la décompositioa spontanée des matières organiques sulfurées, ainsi que par l'action du soufre sur les matières orgaïAques non sulfurées. M. Reinsch recommande pour préparer l'hydrogène sulfuré pur, dans les laboratoires, de chauffer dans un ballon un mélange de soufre et de suif.

$. On rencontre l'acide sulfhydrique dans la nature; it se dégage fréquemment des fumaroles et des évents volcaniques. Il existe dans certaines eaux minérales, connues sous le nom d'eaux sulfureuses (m hépatiques; telles sont les eaux d'Harrogate, de Baréges (voy. g 127). Il se rencontre aussi accidentellement, provenant de la décomposition de beaucoup d'eaux renfermant des matières organiques en même temps que du sulfate de calcium ou gypse.

[s. D*après M. de Girard, le soufre pur dégage de l'hydrogène sulfuré par son ébuUition prolongée avec de l'eau; M. Geitner a observé le même fait avec la fleur de soufre. Ce composé se forme également avec abondance lorsque l'on fait passer de la vapeur de soufre dans de Teau. L^ébullition des polysulfures alcalins avec de l'eau donne aussi de Tacide sulfhydrique.]

142. A la température et sous la pression ordinaires» l'acide sulfhydrique est gazeux. On peut l'obtenir à Télat liquide, en le produisant dans un tube scellé et coudé, dans l'une des branches duquel on fait agir de l'acide sulfurique sur du sulfure de fer exempt de fer métallique, tandis que l'autre branche plonge dans un mélange réfrigérant de glace et de sel. On peut aussi, dans l'une d'os branches d'un tube coudé, enfermer du persulfure d'hydrogène liquide que l'on chauffe légèrement en refroidissant la seconde branche; le persulfure se décompose alors en soufre qui reste et en acide sulfhydrique qui se condense dans la branche refroidie. On peut solidifier l'acide sulfhydrique liquide en employant le froid si intense produit par un mélange d'anhydride carbonique solide et d'éther placé dans le vide. L'acide sulfhydrique solide forme une masse transparente blanche, fusible à — 85**,5. L'acide liquide est transparent, incolot*e et remarquable par sa grande mobilité; sa densité est égale à 0,9, celle de l'eau étant 1 . Le gaz acide sulfliydrique est incolore et transparent, un peu plus dense que Tàir atmosphérique. Il se distingue par son odeur fétide rappelant celle des œufs pourris; et, dans le fait^ cette dernière provient précisément d'une production d'acide sulfhjrdriqué ou de sulfure d'ammonium.

ÂCIDË SULFHYDIIQUË. 175

Concentré, il ne peut pas être respiré sans danger; et même quand il est étendu d'air, il produit souvent du malais^ accompagné de nausées et de vertige. Une atmosphère qui en contient 10 pour 100 est mortelle pour les animaux d'ordre inférieur. L'acide sulfhydrique est très-inflammable ; il brûle avec une flamme bleue, en donnant souvent un dépôt de soufre lorjsque l'accès de l'air est insuffisant. La pluparl des métaux, chauffés dans ce gaz, absorbent le soufre et mettent l'hydrogène en liberté. C'est généralement le cadmium ou l'étain qu'on emploie pour constater ce fait : Cd-|-H*S = CdS-hH*; le volume de l'hydrogène ainsi mis en liberté est égal au volume de gaz sulfhydri^ que employé : en d'autres termes, 2 volumes de gaz acide sulfhydrique, traités par un métal, donnent 2 volumes d'hydrogène.; tandis que, dans les mêmes circonstances, 2 volumes d'acide chlorhydrique ne laissent que 1 seul volume d'hydrogène, ainsi que nous l'avons vu. L'acide sulfhydrique gazeux, ou en dissolution dans l'eau, est dé* composé par le chlore, le brome et l'iode, avec mise en liberté du soufre et production d'acides chlorhydrique, bromhydrique ou iodhydrique. La plupart des agents oxydants agissent sur lui de la même manière, en mettant du soufre en liberté; même l'acide sulfureux, qui, en général, se comporte comme un agent réducteur, joue le rôle d'oxydant dans cette circonstance : 2H*S-|-SO* = 2H'Oh-S\ Dans quelques cas cependant, il se forme en outre un acide oxygéné particulier du soufre, l'acide pentathionique :

[L*acide sulfurique décompose également l'hydrogène sulfuré, aussi ne peut-il pas servir à dessécher ce gaz.]

La solution saturée d'acide sulfhydrique dans l'eau renferme trois fois son volume de ce gaz; c'est un liquide incolore, clair, à réaction faiblement acide et possédant l'odeur et la saveur du gaz lui-même. Exposée à l'air, elle se décompose peu à peu en absorbant l'oxygène de l'air et en donnant un dépôt de soufre. L'acide sulfhydrique donne par sa combustion, comme on l'a vu, de l'eau et du gaz sulfureux; mais lorsqu'il est mélangé avec de l'air ou de l'oxygène humide, à la température de 40 à 90^*, U se convertit en acide sulfurique. On reconnaît la présence de ce gaz par la propriété qu'il possède de noircir un pdpier imprégné d'un sel (de plomb ou de bismuth, ou par la couche noire qu'il produit sur des feuilles d'argent.

143. Au point de vue analytique^ les métaux se partagent en trois groupes, suivant la manière dont leurs solutions se comportent vis-àvis de l'acide sulfhydrique ou des sulthydrates alcalins. Le premier

groupe renferme l'or, le platine, l'élain, Tantimoine, l'arsenic, le bismuth, l'argent, le plomb, le mercure, le cuivrç et le cadmium, qui, en solutions acides, sont tous précipités par l'acide suirhydrique ; les sulfures de ces cinq premiers métaux sont solubles dans les sulfures alcalins; ceux des six derniers, au contraire, y sont insolubles . C'est pourquoi on partage ces métaux en deux groupes, suivant que les précipités qu'ils donnent avec l'acide sulfhydrique sont solubles ou insolubles dans les sulfhydrat es alcalins. Le second groupe comprend le thallium, le cobalt, le nickel, le fer, le manganèse et le zinc, dont les sulfures ne sont pas précipités dans des solutions acides, mais dont les solutions neutres, ou à peu prés neutres, sont précipitées par les sulfures alcalins ; le sulfure alcalin généralement employé est celui d'ammonium> Le chrome et l'aluminium rentrent également dans ce groupe, quoiqu'ils ne soient pas dans ce cas précipités à l'état de sulfure; en présence du sulfliydrate d'ammonium, ils donnent un précipité d'hydrate et mettent de l'acide sulfhydrique en liberté :

A11C1« H- 6A2H*HS -f- 6ffS = A11H«0« 4- 6AzH*Cl 4- 6H*S.

Le troisième groupe, enfin, renferme les métaux baryum, strontium, calcium, potassium, sodium, lithium, césium et rubidium, dont les composés sulfurés sont solubles dans l'eau et, par conséquent, ne sont précipités ni en solution acide ni en solution alcalinp. Le magnésium rentre aussi dans ce groupe, parce que son sulfure, quoique insoluble ou à peu près insoluble dans l'eau, s'y dissout à la faveur des srels ammoniacaux, par exemple du sulfure d'ammonium.

[Les sulfures de calcium, baryum et strontium, paraissent également être insolubles dans l'eau ; seulement en présence de ce liquide ils se décomposent en donnant de l'hydrate et du sulfhydrate;

2BaS + 2H*0 = BaH*0* -h BaH*S«.]

Persuirure d^hydrogène.

144. Symbole, H»S» (?). — Poids koléculaire, 66 (?). — Cette combinaison parait être le composé sulfuré correspondant au peroxyde d'hydrogène, avec lequel il partage un grand nombre de propriétés. On la prépare en ajoutant peu à peu la solution aqueuse d'un persulfure alcalin ou alcalino-terreux à un excès d'acide chlorhydrique étendu de deux fuis son volume d'eau :

CaS^ -+- 2HCI = Cad* + WS'- -h S- ;

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