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LIGATURE DES PRINCIPALES ARTÈRES

Artères du cou et du tronc. — Artère linguale.

Dans les cas de plaies de la langue et de la région mylo-hyoïdienne, l'artère linguale peut être liée d'après le procédé Pirogoff. Incision oblique audessus de la grande corne de l'os hyoïde, dans l'aire du triangle digastrique, intéressant la gaine de la glande sous-maxillaire ; la glande est réclinée et le feuillet postérieur de l'aponévrose mylo-hyoïdienne est mis à nu. Ce feuillet est incisé, le nerf grand hypoglosse est récliné en haut ; par là on met à nu les fibres du muscle hyo-glosse, qu'on divise avec la sonde ou la pince, et on tombe sur l'artère linguale. Pirogoff fit l'opération deux . fois, dont une avec tuccès.

Artère carotide primitive.

e™ La carotide primitive peut être liée :

1° Dans sa partie supérieure, au-dessus du bord i interne du muscle sterno-mastoïdien, au point où il tell i se croise avec le muscle omo-hyoïdien;

2° Dans sa partie inférieure, entre les deux chefs àse sternaux du sterno-mastoïdien.

Dans les deux cas, le malade sera couché sur le dos, la tête renversée en arrière, un coussin sous la nuque.

1° Partie supérieure. Inciser la peau dans la direc-

fei

tion d'une ligne allant de l'apophyse mastoïde vers l'articulation sterno-claviculaire, sur toute la longueur de l'intervalle entre le bord supérieur du cartilage thyroïde et le bord inférieur du cartilage cricoïde.

Le bord interne du sterno-mastoïdien sert de guide. Il faut éviter, à l'angle supérieur de la plaie, la veine jugulaire interne et particulièrement le rameau qui la relie à la veine sous-cutanée de la région antérieure du cou; à l'angle inférieur, la branche descendante du nerf grand hypoglosse et la veine thyroïdienne ; lors de l'introduction du stylet aiguillé, le nerf vague et la veine jugulaire. (A. Cooper.)

2° Partie inférieure. Inciser la peau dans la direction d'une ligne partant de la hauteur du cartilage cricoïde et convergeant très-obliquement vers la ligne médiane jusqu'à un quart de pouce de la clavicule, de manière à diviser le triangle compris entre le chef sternal et le chefclaviculaire du sterno-mastoïdien. L'artère est liée au point où elle est croisée par le muscle omo-hyoïdien (Zang). Exécution facile, succès très-problématique surtout dans les blessures de guerre et particulièrement celles par coup de feu. Aussi Le Fort (Gaz. hebd. de Paris, 1867) et Barnes (passim, vol. I, page 409) se prononcent décidément contre l'opération. Dans la guerre d'Amérique (loco citato, page 315), 84 ligatures de la carotide primitive donnent une mortalité de 76 pour 100.

Artère sous-clavière.

1° Au-dessus de la clavicule :

Position couchée ou assise, épaule inclinée en bas,

de manière à faire saillir l'artère au-dessus de la clavicule où elle est facilement sentie chez les sujets maigres.

Incision parallèle à la clavicule, un demi-pouce au-dessus du bord supérieur de cet os, à partir de l'extrémité sternale, et sur une longueur de 3 pouces; le chef claviculaire du sterno-mastoïdien est divisé sur la sonde cannelée ; les points de repère sont le bord interne du muscle scalène antérieur, le bord supérieur de la première côte et le plexus cervical ; l'artère se trouve placée entre ces trois points de repère. (Hodgeson.)

Cette ligature fut pratiquée vingt et une fois, pendant la guerre d'Amérique, avec une mortalité de 76 pour 100 (Loc. cit., pages 538-546.)

2° Au-dessous de la clavicule :

Position comme ci-dessus, mais l'épaule relevée. Incision 'parallèle à la clavicule, un demi-pouce au-dessous de son bord inférieur, commençant à 2 pouces de l'articulation sterno-claviculaire, longue de 2 pouces et demi. On coupe le muscle grand pectoral. Au fond du triangle circonscrit par la clavicule et le bord interne du muscle petit pectoral, on trouve successivement, en commençant par le haut et en dedans, la veine sous-clavière, le plexus cervical et l'artère sous-clavière.

Eviter l'artère et la veine acromio-thoraciques.

Opération difficile, rarement pratiquée. Succès possible. Dans la guerre d'Amérique, quatre ligatures de la sous-clavière au-dessous de la clavicule ont fourni quatre décès. (Loc. cit., page. 547).

Artère mammaire interne.

Il n'est pas rare de voir cette branche importante de la sous-clavière être lésée par des instruments tranchants, exceptionnellement même par des coups de feu de la poitrine. La ligature en est facile dans les trois premiers espaces intercostaux, plus difficile dans le quatrième, presque impraticable dans le sixième. D'après Goyrand et Pirogoff, on la pratique de la manière suivante : incision de 3 pouces de longueur, se dirigeant de haut en bas et de dehors en dedans, de manière que le centre de l'incision se trouve à 3 ou 4 lignes du bord du sternum. On divise les fibres des muscles grand pectoral et intercostal, au besoin aussi le cartilage costal, et on trouve l'artère mammaire flanquée de deux veines sur le muscle triangulaire du sternum. Pirogoff conseille la résection du cartilage costal pour faciliter l'accès de l'artère. Ludson mit ce conseil en pratique. L'opération fut faite deux fois, sans succès, dans la guerre d'Amérique.

Artère intercostale.

L'artère intercostale peut être liée :

1° D'après l'ancienne méthode de Grérard, qui comprend la côte, la veine et le nerf dans la ligature ;

2° D'après la méthode de Bell, qui lie l'artère seule après l'avoir recherchée dans l'espace intercostal. A cet effet, on se place derrière le malade, on élargit la blessure, on divise les muscles, on engage immédiatement contre le bord de la côte un

jcrochet mousse qu'il suffit ensuite de retirer pour amener l'artère isolée.

L'opération fut pratiquée huit fois (une fois d'après le procédé de Gérard) dans la guerre d'Amérique et donna deux succès.

Artère axillaire.

Position : le malade est couché sur le dos, a plat, le bras dans l'élévation, l'avant bras replié et placé sous la tête ou étendu dans le sens de l'axe du corps. Incision de 3 pouces de longueur commençant à la convexité de la tête humérale et s'étendant le long du bord interne du biceps, en n'intéressant que la peau et l'aponévrose. On récline en dehors et au bas la veine axillaire, on découvre le plexus brachial, on cherche l'artère entre les nerfs médian et cutané interne, on la retire au dehors, on l'isole et on la lie. Cette opération est pratiquée assez souvent avec succès ; elle est plus sûre que la suivante.

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