‹ Manuel de connaissances utiles aux ecclésiastiques sur divers objets d'artChapitre 16 sur 51 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

De V architecture en générât

L'architecture est l'art de construire et de distribuer les bâtimeus de la manière la plus solide , la plus commode et la plus agréable pour remplir l'objet auqupl ils sont destinés. L'architecture est née avec le besoin de se mettre à l'abri des intempéries de l'air, c'est-à-dire qu'elle est née avec le genre humain. Les habitations n'étaient d'abord qae des huttes pratiquées dans la terre ou dans les cavernes , comme on en trouve chez les sauvages et même dans les pajs de montagnes 9 en France , en Angleterre (1) et ailleurs. C'étaient des cabanes formées par des arbres rapprochés dont les branches formaient un abri qui était fortidé par des branches nouvelles ou par du chaume et des roseaux. Quand les arbres manquaient , on y substituait des pieux garnis avec des branches d'arbres ou du chaume : les côtés étaient formés avec un mélange de terre , de paille ou de bois ; mélange qu'on appelle torciiis^ et qui est toujours

(I) Les voyageurs assurent qa*on est souvent étonné, et même effrayé, en Angleterre, de voir sortir de huttes semblables* des hommes et des femmes à demi-nus , qpii rettemblent à des spectres.

94 t)e C architecture en gêner aL

en usage dans quelques ^Ues de la Peràe ^ de la Turquie ^ du Pérou ^ de FAbyssiaie 9 etc. Dans plusieurs de nos provinces > les maisons de la campagne sont encore construites de la même manière»

Les premiers patriarches se logeaient sous des tentes formées avec des peaux d'animaux ou avec des tissus plus ou moins parfaits , comme le faisaienli le» Scythe» et comme le font encore les bahitans de l'Arabie ^ de la Numidie et de la Xartârie.

A mesure que les peuples se civilisaient et que les arts.se perfectionnaient, on construisait des habitations plus solides; outillait du nécessaire à l'utile 5 de l'utile au commode , à l'agréable 9 au somptueux. Il n'est pas indifférent pour nous de faire observer que > dans tous les pays , les monumens les plus anciens , les plus magnifiques et les mieux conservés sont des temples et des tombeaux, conune si la Providence avait voulu que les pierres elles-mêmes nous rappelassent continuellement les dieux pensées qui sont les plus propres à nous rc^ndre vertueux , le souvenir de la Divinité et la fragilité de la vie qui ne nous est prêtée pendant quelques années que pour nous faciliter le moyen d'en acquérir une meilleure.

Les arbres rapprochés qui servaient d'appui aux eabanes, ou les pieux qu'on plantait en terre pour

^/utwche peur w f^^ô

Be C architecture en général. gS

adaccr les arbres» ont donné l'idée des colonnes pèi^'opinion des architectes. On peut dire du is mie les colonnes ont toujours occupé un distingué dans rarchitecture ; elles jouent e f" si grand rôle y que ce sont les colonnes , proportions et la manière dont elles sont xiéiSB- et placées qui distinguent les diverses es d'architecture.

E'entre pas dans notre plan de faire connaître les mots employés par les artistes dans ce % de science ; il faut les chercher dans les %ges qui sont consacrés à cet usago. Nous ins cependant utile de faire connaître quelexpressions sans lesquelles nous ne serions îompi'is et dont le sens n'est pas même tou?* k facile à trouver dans les livres d'architecture. oup-cl'œil sur la planche ci-jointe contribuera icoup à remplir notre objet.

I figure I représente une colonne. La partie •f s'appelle le piédestal; la partie B, C, est la une elle-même ; la partie C,D, est Tentableit. Le piédestal se compose, comme on sait, le if ose j d'un dé et d'une corniche. La colonne i:i8Bi une 6ase, un fût et un chapiteau qui xiine le haut. L'entablement qui repose sur la onne et qui va d'une colonne à l'autre se fonne Yarehitrave, de la frise et de la cornicha, espace qui se trouve d'une colonne à l'autre

gO Dô,C cLTchitecture en général.

s'appelle entre^coionne ; cet espace est occupé par une ligne droite ^ comme dans la figure i , ou par un arc à plein cintre , figure 2 , ou par un arc allongé vers le milieu , figure 5 et 4« L'arc ainsi allongé s'appelle arc en ogive, nom qui revient souvent quand on parle des églises gothiques. Ou appelle arc surbaissé celui dont le rayon perpendiculaire A 5 B ^ figure 5 , est plus court que les rayons horizontaux AyC^ A. D.Get arc est surtout employé dans la construction des ponts *. on s'en sert aussi quelquefois dans la construction des églises. Le couronnement du tombeau des princesses , à Brou , est en arc surbaissé 5 ainsi que l'arc de la façade sous lequel est la porte d'entrée.

Dans l'arc à plein cintre , le rayon perpendiculaire A^ B. , figure 2 ^ a la même longueur que les rayons horizontaux A ^ G, A ^ D. Dans l'arc en ogive, figure 3 et 4? le rayon perpendiculaire A, B, est plus long que les rayons horizontaux A, G, A, D.

Le pilier est une maçonnerie sans ornement , destinée à soutenir des plates-bandes, des arcades ou des voûtes.

Le pilastre est un ornement qui a les mêmes

proportions qu'une colonne qui fait saillie sur un

pilier, un mur, ou une charpente. (Voy. la planche

2 bis, les pilastres K , placés de chaque cOté de la

porte,)

Notions sur C architecture égyptienne, 97

On appelle colonnes groupées ou en faisceaux celles qui sont réunies pour former un pilier : on en voit beaucoup dans les églises gothiques^

Le fronton est une corniche disposée en forme de triangle. ( Voy. dans la même planche 2 Us le triangle A 9 B , A. ) Quelquefois 9 au lieu de terminer en angle la partie B 9 on met un arc. L'espace qui est dans l'intérieur du fronton s'appelle tympan (i).

U sera utile de se rappeler le sens de ces expressions en lisant les notices que nous allons donner sur les diverses espèces d'architecture.

SECTION IL Notions sur t architecture égyptienne.

I. L'architecture la plus ancienne que nous oonnaissions^ soit par les auteurs qui en ont parlé» soit par les monumens qui nous en restent 9 est celle des Egyptiens. Moïse 9 qui vivait 1700 ans

(I) On trouvera une explicatîoa plus complète d§s termes techDÎqaes employés en architectnre dans le Dictionnaire làttorique de V architecture par M« Quatre mère de Qcûncy , dans le Manuel d'architecture , dans le Vignole de poche , et dans V Abrégé de géotnétrie pratûj/>ue appliquée au dessia linéaire ^ dont nous avons parlé page 2*«

98 Notions sur V architecture égyptienne.

avant Jésus7Chrîst , nous présente déjà l'Egypte comme un pays policé où les arts étaient en honneur. Du temps d'Abraham , c^est-à-dire plus de 2^000 ans avant Jésus-Christ , l'Egypte avait ur roi appelé Pharaon ^ qui était entouré de courtisans qui lui vantèrent la beauté de Sara et l'enlevèrent pour lui ; mais ce roi avait la crainte de Dieu et renvoya Sara comblée de présens (1). Une cour nombreuse suppose des bâtimens spacieux. Abimelech, roi des Philistins qui étaient voisins de l'Egypte, habitait une ville appelée Gérare (2). Du temps de Joseph , on voit que Putiphar dont il était esclave , le At intendant de sa maison qui devait être considérable , s'il faut en juger par les expressions de Joseph. Ce patriarche, devenu libre et ministre de Pharaon , épousa une femme nommée Aseneth , fille d'un autre Putiphar , désigné comme prêtre d'Héliopolis , c'est-à-dire d'un tempie qui était dans la ville d'Héliopolis (3). Pharaon avait de grands-officiers à son service (4). Joseph arrivé au pouvoir suprême, fit construire de vastes

(1) Genèse, chap. XII.

(2) Id. , chap. XX.

(3) Cette ville s'appelait en égyptien On. Voy. l'ouvrage de M. Greppo, Ile partie, chap. VIII, dont nous parlerons plus bas, pag. 100, note (I).

(4) Genise, chap. XL.

Notions stfr V architecture égyptienne. 99

bâtimens pour recueillir des grains. Du temps de Moïse, les Hébreux captifs étaient employés à faire des briques pour des constructions qui devaient être considérables (1) , puisqu'on employait un si grand nombre d'ouvriers pour préparer les matériaux (2).

II. Les historiens profanes donnent également one grande idée de l'habileté des Egyptiens dans les arts : Hérodote , le plus ancien historien grec que nous ayons (3) , et appelé le père de l'histoire , entre sur cela dans des détails si étonnans qu'ils ont paru exagérés 9 et lui ont fait donner le nom de père du mensonge , au lieu de celui de père de l'histoire (4). Mais les récits des voyageurs modernes, et particulièrement ceux des savans qui ont accompagné Bonaparte en Egypte ( 1798), ont rendu à Hérodote sa première réputation.

(1) Dans TExode, cbap. l^^y v. II , il est dit qae le$ Hébreux construisirent deux villes : Phithom et Ramesses.

(2) M. Rondelet, dans son Traité théorique et pratique de Vart de bâtir, tom. l*^, pag. 220, dit que les briques employées pour les pyramides étaient composées d'un mélange de terre et de paille; or, c'est ainsi qu'on les faisait faire aux Hébreux , d'après l'Exode , cbap. V, v. 7.

(3) Il vivait 484 ans avant J.-G. , et 1300 ans après Moïse.

(4) y oy ^'Histoire ancienne de Rollin , lotn. 1*^.

loo Notions sur t architecture égyptienne,

an moins sur ce qui a rapport aux monumens. M. Champollîon le jeune , en parvenant à lire les hiéroglyphes (i) dont les monumens de l'Egypte Bont couverts 9 a jeté un nouveau jour sur l'histoire de ce pays célèbre lié à la religion y par la mention qu'en font si souvent les livres saints , par la captivité des Hébreux , par la traduction de la fiible f appelée traduction des Septante (â) , par l'école célèbre d'Alexandrie , et par les anachorètes

(I)Les hiéroglyphes sout des caractères qu'employaient les Egyptiens, ou sur des papiers appelés papjrus, ou ién'înettant des insdriptiôns sar des moownens. Depuis ptùlsieilrs siëclés/pent-ètre même depuis l'ère chrétienne, 6h -avait perdu la clé de i:e genre d'écriture. Vainement lés Isavabs du sièôle dernier ont fait des recherches laborieuses pour lire les hiéroglyphes , leurs peines furent perdues. C'est principalement à M. Ghampollion qu'on doit cette découverte. Ceux qui désirent en connaître les d'étails feront bien de lire l'ouvrage de ]VL Greppo , 'î^rànd-vicaire de notre diocèse , intitulé : JSssai sur le système hiérog/jphique appliqué à l* Ecriture- Sainte • Ce ouvragé est justement estimé, à raison de la clarté qui 'y règne et de l'intérêt que l'auteur a su attacher à iln stijet fort sec par lui-même. On l'a traduit en plusieurs lakigues.

(2) Cette traduction de l'hébreu en grec fut faite en ÎSgypte par ordre de Ptolomée Philadelphe , dont le règne commença vers l'an 283 avant l'ère chrétienne» Voy» le dictibonaice de Bergieri article Septante,

Notions sur C architecture égi/p tienne. loi

qui ji pendant plusieurs siècles 5 peuplèrent les déserts de la Thébaîde.

III. Les monumens égyptiens sont en général massifs^ et construits avec des matériaux d'un poids et d'une dimension si énormes qu'on a de la pcinç à concevoir conm^ient les forces humaines pouvaient suffîre à les reniuçr, à les transporter et à les élever à ^e si grandes hauteurs. Les Egyptiens einployaient beaucoup de colonnes dans leurs bâtimens ; mais on ne voit pas qu'ils s<^ soient assu« jettis à des règles de proportion entre la grosseur et la longueur ; elles étaient rondes ou polygones. Les çl^apiteaux de ces colonnes sont très- diversifiés : on en voit plusieurs qui sont ornés de palmei» , ce qui leur doi^ne quelque ressemblance avec \gs chapiteaux d'ordre corinthien. Les entrecolonnçs et le dessus des portes et des fenêtres sont en ligne droite ^ et cela se conçoit aisément 9 les bsitimens étant terminés ei^ terrasses et n'ayant point de voûte. On ne remarque pas de fronton 9 parce que cet ornement est destiné à masquer d'une manière agréable la pente des couverts (1).

il) Il oe pleut jamais en Egypte, et on n'a pas besoin de donner une pente aux couvertures des maisons. Ce sont les inoq4ations annuelles et régulières du Nil ^i. arrosent et fertUiseot les terres. /'^c

102 Notions SUT V architecture égyptienne.

Les monumeus de l'Egypte consistent en temples, palais, pyramides, obélisques et colosses. Nons dirons un mot sur chacun de ces objets (i).

IV. Les Egyptiens ont toujours été regardés comme le peuple le plus religieux de l'antiquité (2) » Cette réputation est justifiée par la quantité de temples dont les restes sont dispersés sur la surface de ce pays< Un des mieux conservés est celui de Karnac, situé sur le territoire de l'ancienne Thèbes : on y trouve des restes de peinture qui ont peutôtre 3,000 ans et qui conservent leur fraîcheur ; 52 colonnes sont encore debout , et les débris des autres annoncent qu'elles y étaient en grand nombre... Le temple de Denderah était le plus grand et le plus remarquable par la multiplicité des ornemens; c'est aussi celui dont on a le plus parlé, à raison du zodiaque qu'on y a découvert , et dont quelques incrédules ont voulu tirer des conséquences anti-religieuses (3). Hérodote parle d'une

(1) On trouve des ddtaUs fort étendus et fort carieax sur tous ces- monumeus dans le grand ouvrage de l'Egypte dont les gravures sont magnifiques. U Univers pittoresque présente un abrégé de ce travail.

(2) On pourrait m^me dire le plus superstitieux. Tout le monde connaît les vers de Jnvénal : O sanctas génies! (jiabu9 hœc nascuntur in hortis lYumina.,, ( Sat. XV«-'. )

(3) Voyez dms l'ouvrage de M. Greppo ce qui regarde ce zodiaque f seconde partie » cW^, y.»

Notions sur t^ architecture égyptienne. loS

chapelle monolithe^ c'est-à-dire formée d'une seule pierre > qui faisait partie du temple de La-* tone 5 à Buto ; elle avait 4^ coudées dans toutes ses dimensions, longueur, largeur et hauteur; sa couverture était aus^si d'une seule pierre et avait 4 coudées d'épaisseur (i).

Pour se faire une idée de la construction et de la somptuosité de ces temples, il faut lire les des* criptions qu'en donnent Strabon, Diodore de Si-

cile et saint Clément d'Alexandrie (2).

V. Les temples égyptiens étaient ordinairement entourés de vastes bâtimens dans lesquels habitaient les prêtres (5) : quelquefois ils étaient attenans aux palais des rois. C'est ce que l'on remarque spécialement à Luxor, où les restes d'un magnifique palais se confondent avec .ceux du temple. On croit que ce palais fut bâti par Sésostris, Contemporain de Moïse : deux obélisques étaient placés à l'entrée , l'un desquels , comme nous le

(1) Cette couverture devait peser I8>000 qujntaui; d'après les calculs de Roudelet, tom. l^^, pag. 74.

(2) Voyez la dissertation de D. Calmet sur les templps des auciens , placée avant le III* livre des Rois.

(3) Les prêtres qui étaient réunis dans ces bâtimens cultivaient les sciences! et conservaient les traditions historiques ; c'est d'eux qu'Hérodote tenait ce qu'il dit sur i'£gypte.

ia4 Notions sntr farchiiecture égyptienne^

dirons , vient d'être transporté à Paris. Le palais,' le plus magnifîqae de TEf^ypte^ est celui que Ifiistoire nous fait conuaitrc sous Le nom de Lahyrinthe de Thèùes. On croit que c'était la réunion de douze palais destinés aux représentans des douze noines ou provinces dont se composait alors l'Egypte. Hérodote qui avait vu ce palais, en fait une description magnifique : ou peut en voir le détail dans RoUiu , Histoire ancienne, tom. I"^ liv. 1", et dans beaucoup d'autres au* teurs.

YI. Les monumens les plus étonnans de l'Egypte, et qu'op pourrait appeler indigènes ^ sont les pyramides. On s'accorde' assez généralement à les regarder comme destinées à servir de sépulture aux rois et aux grands personnages du royaume^. Il y en a un nombre considérable aux environ» de l'ancienne Memphîs, non loin de la ville du Caire. Plusieurs de ces pyramides étaient en briques ^ particulièrement aux environs du boijrg de Sakara. La plus grande a 4^4 pieds de hauteur perpendiculaire, c'est-à-dire qu'elle est beaucoup plus élevée que les tours de Notre-Dame de Paris, et même que la flèche de Strasbourg. Sa longueur, vers la base , est de 734 pieds. Outre les pyramides, on trouve une foule de niches et de caveaux taillés dans le roc où sont placées des momies, c'està' dire des corps d'Egyptiens embaumés et très^

tiotions sur f architecture égyptienne, i o5

bien conservés ^ quoique plusieurs datent de 5^500 aps et au-delà (i).

VU. Les- obélisques sont aussi des monumens originaires de l'Egypte (2). C'est de là que sont venus la plupart de ceux qui sont jdispersds en diverses contrée^ de l'Europe. Au rapport de Pline, Auguste lit transporter à Roine un obélisque de ia5 pieds de hauteur, sans y comprendre la base, et le fit placer dans le grand cirque. Le même empereur en fit transporter un second qni avait 9 pieds de moins, et qu'il Ht placer dans le Champde-BIars pour servir de gnonxon. Un troisième avait été placé daQS le cirque de Néron ; c'est celui-ci que 8ixte-Quint lU transférer au milieu de la place de Saint-Pierre où on le voit encore. Il pèse 6,7 4^ quintaux; il fallut 4o cabestans pour le soulever^ 1 40 chevaux et 800 hommes (5) .

(1) L'usage d'embaamcr les corps existart déjà du temps âe Joseph 1 puisqu'il est dit que ce patriarche fit em- Jbaumer le corps de sqd père Jacob. (Gen., ehap. L, ▼. 2.)

(2) On enteud par obélisque un moDument d*une seule pierre très-allongée , qui est ordinairement à quatre faces qui s'élèvent d'abord en diminuant peu à peu et qdi se terminent ensuite brusquement en forme de pyramide.

(3) Ceux qui voudraient de plus grands détails sur Tes oiïélisques les trouTcront dans le Dictionnaire ^archi" tecture de M. Quatremère de Quîney, el dans le Traité théoritfue tt pratique à€ Roodétetf COBt# 1^^«

io6 Notions sur tarcMteetttre égyptiennes

On vient de transporter à Paris un obélisque destiné à être mis sur une des places de la capitale pour rappeler le souvenir de l'expédition d'Egypte. €e monument avait été placé, il y a «environ 5,4oo ^^^9 à l'entrée du palais^ de Luxor ;. il pèse 494^7 quintaux. Sa hauteur totale est de 7t) pieds 5 pouces 5 lignes. On croit qu'il avait été érigé par Sésostris, et que les inscriptions hiéroglyphiques" renferment l'histoire de ses conquêtes»

VIII. Les obélisques étaient tout à la fois^ monumens et destinés à orn^r des monumens d'une plus> grande étendue et d'une plus haute importance ,. tels qu€ les temples et les palais. On peut en dire autant des statues colossales monolithes d'hommes et d'animaux qu'on trouve dispersées et en trèsgrand nom^bre. Nous ne parlerons que de troi^ : la première est un spbinx (1) qui a 140 pieds de longueur. On avait ménagé un escalier entre les î ambes de devant , qui conduisait à un temple ou peut-être à un tombeau pratiqué dans sa tête ; il est près de la grande pyramide. On trouve deux

(I) Le sphinx est lareptéseirtatioD d'un animal composé de membres d'aiUres animaux ; il esi couché sur le ventre et tient la télé haute : en Egypte assez ordinairemeat on donne* au spliinx une tête de femme et uu^ corps d'animal à quatre pieds. Les chenets de cbemiaéeant souvent cette £oxme-là..

Notions sur i* architecture égyptienne, 107

autres colosses dans les environs de Thèbes 9 qui sont assis 9 et ont cependant plus de 4o pieds de hauteur. Il y en a un qu'on appelle la statue de Memnon^ et qui a été mutilé par un tremblement de terre, l'an 27 avant l'ère chrétienne. Plusieurs auteurs et plusieurs inscriptions assurent que ce colosse faisait entendre des sons harmonieux au moment du lever du soleil. M. Champollion le jeune , en rapportant ce fait qu'il donne comme certain (1), l'explique le mieux qu'il peut d'une manière naturelle. L'établissement du christianisme en Egypte a fait disparaître ce prestige comme beaucoup d'autres.

X. Toutes ces notions sur l'architecture égyptienne nous ont paru de quelque utilité ^ à cause de leurs rapports avec certains endroits de l'Ecriture-Sainte et avec le. temple de Jérusalem dont nous parlerons bientôt. Elles prouvent du moins ce que faisaient les Egyptiens pour l'honneur de leurs divinités y et doivent stimuler le zèle des ecclésiastiques et des ftdèles , et les engager à faire des sacrifices proportionnés à leurs facultés pour les temples consacrés au vrai Dieu,

(I) Voy. VUnivers pittoresque f Egypte, pag* 76-

io8^ Notions swr Canrchiteeiurtf

SECTION III

Notions SUT V architecture des Babyloniens ^ des Tyriens et des Hébreux, avec une courte description du Tabernacle.

I. La ville de Babylone était fameuse par sa Taste* étendue^ par la hauteur et Tépaisseur de ses mu* raiUes^ par la somptuosité de ses palais et de ses^ jardins ^ et par la magnificence du temple de Bel (i). Mais tous ces monumens ayant été dé-^ tniits- de fond en comble y selon la prédiction de» prophètes (2)9 iinous est impossible d'indiquer le caractère d'architecture qu'on y avait suivi et le rapport qu'elle avait avec celle des Egyptiens et des autres peuples. H nous suffira de faire observer qu'on trouve encore près du lieu oii fut Babylone un vaste amas de briques-, débris d'une tour immense et carrée qu'on regarde comme ayant appartenu à la tour de Babel. Les briques* dont il est question sont unies avec un mortier qui est un mélange de terre et de bitume , conune

(1) On peut voir cette description dans VHistoire ancienne de EU)lIin , tom. II.

(2) Isaïe , chap. XIII , v. 14 et 21 , et cliap. HLVIL — Jéréinie, chap.. XXV et L^ — Apocal. , chap. ÎIV, XVI

et XVIL *

des Baéff Ioniens , des Tyriens, etc. to^

rétaient celle» qu'employèrent le& enfans de Noé qui avaient ccMiiinencé eette vaste entreprise (i) ; ee rapprœhement de ce qui est dit dans les divines Ecrîturesr avec ce qui existe maintenant présente nn objet d'utilité.

II. Diaprés le rapport d'Hérodâte et de beaucoup d'autres auteurs , il y avait aussi de magnifiquestemples et de superbes palais dans la ville de Tyr ;. mais tous ces monumens ont été détruits par SslIt manasar, et plus tard par Alexandre -le-^rand f en sorte que nous ignorons le plan et le» règle» d'âH^chitecture qu'on avait suivis en les construisant» Nous savons seulement que Salomon employa beaiico<up d'ouvrier» venus de Tyr et de Phénicie y pour couper les bois et tailler les pierre» dont on se servit pour la coiistruction du tenqple magnifique qu'il fit élever à Jérusalem (à) . C'était aussi de Tyr que venaient les ouvriers qui firent la plupai^ des objet» de bronze , d'or et d'argent qui faisaient l'ornement et la richesse de ce temple : x^ qui prouve que l'architectuve était cultivée avec ^n dans laPhénicie.

m. Il ne no7a» reste aucun monument érigé par le» Hébreux ; mai» nous trouvon» dan» rEeritu]?e

(1) Geo., chap. XI, t. 3.^ '

(2) III» livre de» Rois , chap. V- — !!• des Piaralîpo»- ■lènes ^ chap» II,.

110 Notions sur l'architecture

la description détaillée du tabernacle y du palais de Saloinon et du temple de Jérusalem. Nous dirons ici quelques mots sur le tabernacle 9 et nous renverrons à la section suivante la description du temple de Jérusalem. Les Hébreux ^ ayant séjourné long-temps en Egypte ^ avaient dû y puiser le goût des arts et les règles de l'architecture ; mais c'était peut-être pour affaiblir parmi eux le souvenir des superstitions de l'Egypte et empêcher les elFets pernicieux qui auraient pu en résulter^ que Dieu lui-même lit connaître à Moïse la ma- ^ nière dont il voulait que le tabernacle fût construit.

Il envoya son Esprit 9 dit l'Ecriture y à Beseléel et à Ooliab pour exécuter avec facilité tout ce qui devait servir au culte divin (i).

Le tabernacle était un temple portatif construit dans le désert de Sinaï 9 en forme de tente ^dans lequel les Israélites faisaient leurs actes publics de religion et offraient leurs sacrifices. C'est le premier édifice consacré au vrai Dieu dont il soit fait mention dans l'Ecriture. Jusques là Noé^Abraham, Isaac 9 Jacob et les autres patriarches 9 avaient offert des sacrifices dans des lieux écartés et sur de hautes montagnes , mais non dans des temples. Le tabernacle était composé de boiseries qui pouvaient se démonter facilement et se transporter

(J) Exode, chap. XXXI, t- 3.

des Baéytoniehs, des T^priens, ttt. m

d'un liea dans un autre. Le parvis ou la cour d'entrée avait loo coudées de long et 5o de large ; il était fermé par une enceinte de rideaux soutenus par des colonnes de bois revêtues d'argent : leurs chapiteaux étaient aussi d'argent et la base était d'airain. C'était dans le parvis qu'était un grand vase appelé Mer d'airain y et l'autel des ho* locaustes sur lequel on brûlait les victimes. C'était encore dans le parvis qu'on trouvait le tabernacle proprement dit; il avait 5o coudées de long sur lo de large et autant de hauteur ; il se divisait en deux parties sur la longueur : la première partie était de ao coudées et s'appelait le Saint; là étaient l'autel des parfums, la -table des pains de proposition et le chandelier d'or à sept brabches» Celte première partie était séparée par un voile de la seconde qu'on appelait le Saint des Saints, qui n'avait que lo coudées en longueur et largeur^ et dans laquelle était l'arche d'alliance*

Le tabernacle fut dressé le premier jour du premier mois de la seconde année après la sortie d'Egypte 5 l'an iSqS avant J.-C. Il tint lieu de temple aux Israélites depuis cette époque jusqu'à ce que Salomon eût fait la dédicace de celui qu'il avait fait construire à Jérusalem l'an 1012 avant

IIS Description

SECTION IV

Notice historique et description du Temple

de Jérusalem.

Le temple de Jérusalem fut construit sur le m£me plan que le tabernacle j mais avec de plus grandes dimensions et avec une profusion dfor, d'argent 9 de pierreries, de riches étoffes, de marbre, de bois de cèdre et autre» matériaux précieux, qui paraîtraient incroyables si nousn'avions pas pour garans les divines Ecritures et Phistorien Josephe qui, lui-même, cite des auteurs plus anciens que lui. D'ailleurs la somptuosité des temples de l'Egypte et de Babylone , la magnificence des fêtes religieuses qu'on y célébrait, font assez connaître l'esprit de ces premier» siècles vdans tout ce qui avait rapport à la religion (i).

i^HM

(I) On tronrera une belle description da temple de Jérpaalem dans Villalpand, Commentaire laiin sur Ezé^ cinelf eo 3 toI. in-fol.; on y voit des planches très-belles ; dans le P. Lamy, De TahernçLculo fosderis ^ de sancta eivitate Jérusalem, et de Templo ejus ^ ouvrage fort estimé et dont les planches sont magnifiques ; dans le Commentaire de D. Galmet on son Grand Dictionnaire éfà' /a Bible ^ daa» 1» BibU de Roadet , appelée Bible de

du Temple de Jémsa tem, 1 1 5

I. Le temple bâti à Jérusalem par le roi Salomoo n'était pas seulement un des plus beaux et des plu» ricbes (i) monunîens d'arcbitecture religieuse de l'antiquité , il ayait surtout le précieux avantage d'être consacré au culte du vrai Dieu et à la pra« tique de toutes les vertus (2)9 tandis que le» temples des autres nations étaient consacrés au culte du soleU, de la lune 9 du feu^ de Saturne , de Jupiter^ et autres divinités dont le nom fait rougir la pudeur»

Le temple de Jérusalem se composait ^ de la maison du Seigneur ou du temple proprement dit , du parvis des Prêtres ^ c'est-à-dire d'une grande cour entourée de portiques et de bâtimens destiné^ aux prêtres et aux objets relatif au cuke divin , du parvis des Israélites , oii tous les Juifs pou*'

f^ence; dans V Histoire uni'verselîe y traduite de l'anglais f tom. II; daos V Histoire des Juifs ^ par Prideaux.

(I] Voyez les îmmeDses préparatifs en or, argent, airain , etc. , qae le rot Darid avait fah pour cela , I Paralipom. , chap.XXII,T. 14, et ce qaeSalomOD j ajouta,. II Paralipom., chap» XXIX, ▼. 2.

(2) Une chose digne de la plas grande attention, c'iest: qae la ville de Jérasalem est appelée sainte, non-seulement dans les divines Ecritures, mais c'^est sous ce nom que la désignent encore les Arabes. C'est aussi sous ce nom qu'elle est désignée dans Hérodote. Voj. VHistoir^ des Juifs , par PrUleaux, tom. I", pag, IQl»

1 1 4 Description

valent entrer : il était aussi entouré de colonnades et d'habitations^ ainsi que le parvis des Gentils où toutes les nations avaient accès.

Ce temple fut achevé en sept ans, et consacré par Salomon l'an 1012 avant J.>C. Après avoir subsisté 4ot> ans , il fut détruit l'an G06 avant J.-C« par Nabuchodonosor, roi de Babylone , qui en enleva tous les vases et tous les trésors, et fit esclaves un grand nombre de Juifs , parmi lesquels était le prophète Daniel encore jeune. Le temple fut reconstruit 70 ans après par Zorobabel ; mais il ne le fut qu'en partie et moins richement, ce qui excitait les regrets des anciens qui avaient vu le premier temple (1). Hérode dit le Grand le fit achever avec magnificence et entourer de fortifications vers l'an 18 avant J.-C. (1). Il est nécessaire de se rappeler ces divers changemens pour comprendre et concilier quelques textes de l'Ecriture-Sainte, de l'histoire de Josephe et autres (2).

(I) Esdras III, v. 12.

(1) Od mit 46 ans à le réparer, d'après le passage de S. Jean , chap. II , v. 20.

(2) C'est aux changemeDS qui ont dû avoir lieu et au compte qui en est rendu par les anciens auteurs , qu'il faut attribuer la diversité qui règne dans les plans qui ont été tracés de cet édifice, par Villalpand, D. Calmet, le P. Lamy, Prideaux , Leroy, VHistoire universelle tra-

duite de l'anglais, etc. On s'accorde à dire que Yillulpand

du Temple de Jérusalem. 1 15

n. Le temple proprement dit était on édifice couvert, haut en dedans de 5o coudées, long de 60 et large de 20, c'est-à-dire qu'il avait dans œuvre 5 1 pieds 5 pouces de hauteur, ^02 pieds 6 pouces de longueur, et 34 pieds 2 ponces de largeur (1).

La longueur du temple qui était dirigée du levant au couchant était partagée.en deux parties, comme le tahemacle , savoir, le sanctuaire et le lieu saint; il y avait en outre un vestibule avant le lieu saint. Le sanctuaire où était placée l'arche d'alliance occupait l'extrémité occidentale ; c'était le lieu le plus sacré , et s'appelait le saint des saints, n avait 20 coudées en carré , le double par conséquent de celui du tabernacle. Le grandprêtre seul pouvait y entrer une fois l'année avec

a fait an plan où il s'est laLssé entraîner par son goût pour l'architectare et son désir que toutes les richesses de cet art fussent consacrée à la maison de Dieo. Il noos semble que D. Galmet s'est attaché littéralementP an texte du III« liTre des Rois, dul^^ des Paralipomènes , et surtout à la description d'£zéchi«I. Prideaux ajonte à ces élémeos les notions données par Josephe et par les traditions juives y ce qui niet plus d'harmonie entre son plan et ce que nous lirions dans r£vangile.

(I^ On suppose dans ce calcul et dans tous ceoi qni suiveot que la coudée a 20 pouces «t demi»

ii8 Description

Le vestibule du temple était en avant du lieu saint, comme nous l'avons dit : c'était un carré long dont la largeur du levant au couchant avait de 10 à 1 1 coudées ; sa longueur du midi au nord était de 20 coudées (1) ; la porte par laquelle on y entrait était de 14 coudées de largeur. Il y avait de chaque côté de la porte une colonne de bronze qui avait 4 coudées de diamètre et 55 coudées de hauteur. Lès chapiteaux dont elles étaient surmontées en avaient 5 ; ils étaient ronds et ornés de branches entrelacées en forme de réseaux 9 entre lesquelles étaient placées des grenades : audessus on voyait une fleur qui ressemblait à un lis et qui avait une coudée de hauteur^ le tout en bronze et d'un travail exquis.

Autour du temple , en dehors 5 il y avait trois rangs de chambres de 5 coudées d'élévation chacune^ ce qui donnait une hauteur totale de i5 coudées. Ces chambres étaient adossées au temple ; il y en avait 55 à chaque étage ; on y montait par deux escaliers qui étaient aux extrémités du vestibule ; elles étaient couvertes par une plate-

(I) Prideaux , Histoire des Juifs , tom. II , d'après les traditioDS des Juifs , place de chaque côté du vestibule an bâtiment de 20 coudées chacun , qu'il appelle Pinnaculumf et c'est sur un de ces bâtimensi selon lui , que J. -G* fut transporté par le démon. (Voy. S. Mattb», chap» IV»)

du Tempit de Jérusaltm. 1 19

forme, selon l'usage du pays (1). Les fenêtrefl du temple prenaient jour sur cette toiture y comme il arrive à la plupart de nos églises dont les fenêtres prennent jour sur les toits des chapelles ou des basses nefis dont elles sont entourées. Le temple était aussi couvert par une plate-forme qui était hérissée de pointesdefer, pour empêcher que les oiseaux ne vinssent se reposer sur la maison de Dieu : tant était grand le respect qu'on avait pour elle !

m. Les bâtimens dont nous venons de parler étaient dans une grande cour qu'on appelait le parvis des prêtres , ^ui avait cent coudées en carré (a). L'autel des holocaustes était placé dans

^ (I) En Egypte y à Babylooe, dans la Jodee, et eo général dans la Syrie , les maisons étaient terminées en terrasse , ce qoi facilite l'iutelligence de plusieurs passages de TEcriture où. il est parlé du solarium ( Josuéi cbap. II. — II» liv. des Roîs , cbap. XXI ) ; de prêcher l'Evangile sur les toits ( S. Matth., cliap. XIV, S. Luc , cbap. XII); de l'introduction d'un paralytique par le couvert de la maison dans laquelle se trouvait J.* G. (S. Luc , chap. V.) Ce couvert était une terrasse sur laquelle on montait par un escalier qui était en dehors.

(2) Quelques auteurs voyant que les dimensions du temple étaient le double de celles du tabernacle, pensent cpie le parvis des prêtres devait aussi être double, et lui donnent 200 coudées de longueur et 100 de largeur. Ce carré long serait plus analogue aux diverses fonctions qui étaient remplies dans cette enceinte.

iso Description

ce parvis en face et à une certaine distance de la porte du vestibule. Cet autel était carré ; il avait 12. coudées en long et en large vers le haut, son élévation était de 6 coudées : on y montait par un plan incliné. Un feu perpétuel était entretenu sur cet autel , et on y consumait les victimes ou portion de victimes qui , d'après la loi , ne devaient pas servir de nourriture. On offrait tous les jours quatre agneaux en holocauste , deux le matin et deux le soir, et c'est ce qu'on appelait le sacrifice perpétuel. Les jours de sabbat et les fêtes solennelles on multipliait les victimes en raison de la solennité, sans compter les sacrifices des particuliers (i). Les victimes étaient égorgées au bas ^e l'autel où était une rigole qui se prolongeait :6ons le pavé , et qui conduisait le sang dans le torrent de Cédron. Les laïcs qui offraient des sacrifices pouvaient venir jusqu'au pied de l'autel ; ils mettaient en pièces les animaux immolés et les faisaient cuire.

(I) « Nous sommes choqués de ces sacrifices saoglans, dit M. Fleury {Mceurs des Israélites , n° 20 ) ; mais il en était de même chez les autres Dations , et les Israélites avaient pris toutes sortes de précautions pour faire les sacrifices avec toute la propreté et la bienséance possibles , etc. » Voyez la suite de ce passage ; voyez aussi les Soirées de Saint-Pétersbourg , tom. II , \qts la fin , trois chapitres sur les sacrifices.

dm Totale de Jérmsaitm. isi

Les lévites qui chantaient on faisaient de la mnsiqiae étaient |4acés entre le vestibule et Tautel des hcdocaiistes ; c'était là aussi qae les prêtres fusaient des prières publiques (i) , sortout dans les temps de calamités. C'était aussi dans le parvis des prêtres que s^ trourait la mer d^airain , c^està-dire un grand vase dont la coupe avait lo coudées de diamètre : il reposait sur is lMeu&d''airaîn. L'eao qa*fl contenait coulait par plusieurs robinets dans des réservoirs où elle servait aux prêtres pour se laTer ou pour laver les entrailles des victimes. Outre la mer d'airain , il y avait encore lo grands vases d'airain portés sur des roues qui étaient employés an même usage.

Le parvis des prêtres avait trob portes, savoir, à l'orient, au septentrion et au midi ; elles aboutissaient vis-à-vî» Tautel des holocaustes. Autour de ce parvis 9 il y avait des galeries couvertes et desbâtimens qui ser\'aient au Ic^ment des prêtres et à d'autres usages relatifs au culte divin; on y renfermait les vases d'or et d'argent, dont le nombre était si grand qu'an retour de la captivité

(I) C'est ce qoi explique le sens de ces paroles d*Esé> cklel : Iniar vettibulum et altare plorabuai saccrdates , chap. Vm, T. 16.

C'est U encore qoe fat massacré Zacharie , fils de Baracbie , doot parle J.-C* en & Jean , chap» l , v% 14

122 Description

de Bahylonc on en rapporta 5/(00. (I. Paralip. , chap. r% V. 11.) On y renfermait encore les liabits Huci'és des prêtres, les offrandes destinées à la sul>sislance des sacrificateurs et des lévites , d(;s veuves et des orphelins ^ et les dépôts des particiilierM , car c'était l'usage de mettre des dépôts dans le temple. (I"des Machab.^chap. III 9 v. 10.) IV. Le parvis des Israélites environnait celui des prêtres; il était carré 9 et chacun de ses côtés avait 5oo coudées de longueur ; c'était une vaste cour où tous les Juifs avaient droit d'entrer pour prier et présenter les victimes qu'ils voulaient offrir en sacrifice ; il y avait des portiques soutenus par des •colonnes : celui qui était ix l'orient s'appelait encore le })ortique de Salomon du temps de J. - C. et des apôtres (1) , c'était peut-être un reste du leinple liati par Salomon : celui qui était au midi s'aj)p.;lail le portique du roi 9 parce que c'était là

(I) p4.'nrbiit r|UO J.-G. se promenait aoiis ce porti(ju(r, uij jour d'tiivcr, leA Juifs reutoiirùrciit pour lui deinunrJcr A'il fullait payer le tribut à Cénùv. ( S. Jean , chap. X , V. 23.'/ (Vi'Hi 1ù que le peuple f e réunit autour de S. Pierre et d(* S. Jean , après qu'ils curent guéri , au nom de J.-(>., j'c.Hiropié qui leur demandait l'aumône. (Aci. ihê Apôi.» rUap. U\ , V. II. ) C'cit là cocorc que le peuple fc réunit autour de S. Pierre, après qu'Ananic et Saphire eurent été frappée ie mort subite. ( Act. des Apôt. , chap. V, r, 12. j

du Temple de Jérusalem. n5

qu'était son ti^ne très-richement orné. Ce portique avait été construit à grands frais sur une ter-, rasse supportée par des voûtes qui reposaient les unes sur les autres pour combler en partie un ravin qui séparait la montagne de Moriah, oii était le temple 9 de celle de Sion , où était le palais de Salomon ; un pont de communication était aussi établi sur ce ravin qui avait de 5 à 4oo coudées de profondeur (1). Il y avait sous ces portiques des troncs où chacun mettait son offrande, et c'est là que le Sauveur fit apprécier à ses disciples le denier de la veuve. (S. Luc, chap. XXI, v. a. )

(I) Voy. le P. Lami) Introduction à F Ecriture-Sainte , cbap. X, ou mieux encore , son ouvrage intitulé : De Tabernaculo fœderiSf etc. , déjà cité : on y trouve des détails inlére^saos sur ce ravin et sur le pont qui unissait les deux montagnes , liv. IV| chap. III, sect. Y, et liv. V, chap. IV, sect. I et II. Il faut voir les gravures qui sont très - belles. On a reproduit une partie de cts gravures dans la Bible de Rondet, appelée aussi Bible de Vence. li'bistoriev'l^osephe fait mention de ces constructions

dans plusieurs endroits de ses Antiquités judaïques , et de son ouvrage de la Guerre contre les Juifs, Il reste peu de vestiges de ces immenses travaux, parce qu'ils ont été ruinés plusieurs fois* Il parait même que la vallée a été comblée par les décombres > ce qui ne peut pas étonner quand on voit des monomens de l'ancienne Rome et de plusieurs autres Wlles ensevelis squs les nouvelles constructioDS*

1^4 Description

Outre les portiques^ il y avait aussi dans le parvis d'Israël des magasins 5 des cuisines 9 des salles ^ et notamment une grande pièce dans laquelle s'assembliait le conseil nommé Sanhédrin : c'est dans une de ces salles 9 ou sous les portiques , que J.-C. parut au milieu des docteurs 9 à l'âge de 12 ans, et se fit admirer par sa profonde sagesse. On y trouvait aussi des logemens pour les lévites 9 les musiciens 9 les portiers 9 les gardes 9 etc. Il 3^ en avait même pour les personnes qui voulaient passer quelques jours dans la retraite (1) 9 et pour celles qui voulaient vivre entièrement retirées du monde (2). Une parti^ du parvis était destinée aux femmes (3) .

(1) 11 est dit dans les Actes des Apôtres, chap. XXI, T. 27, que S. Paal resta sept jours dans le temple, pour offrir des sacrifices, arec quatre autres Juifs qui se préparaient à faire le vœu des Nazaréens.

(2) Nous en trouvons une preuve dans la présence de la veuve Anne dont parle S. Luc , chap. II, v. 36. Une pieuse tradition nous apprend que la sainte Vierge y avait demeuré pendant les premières années de sa ne.

(3) M. Prideaux, dans le plan qu'il a tracé du temple d'après les traditions des Juifs, représente un parvis pour les femmes , qui correspondait à la porte orientale du parvis des prêtres, porte que l'historien Josephe appelle GORINTHIENIVE : c'est Celle que les Actes des Apôtres, chap. III, V. 10, appellent Belle (speciosa) , et

ccl/e où Jésus fat présenté par \ft saVule Vl«r%e a^u vieil-

du Temp le de Jémsatem . 1 2 5

Ce parvis avait des portes qui correspondaient à celles du parvis des prêtres.

V. La dernière enceinte du temple s'appelait le parvis des Gentils, parce que toutes les nations pouvaient y entrer. Elle était entourée de galeries et de bâtimens comme les autres. Les changeurs et les marchands de colombes et d'autres objets pour les sacrifices étaient logés dans ce parvis : c'est de là que J.-C. les fit sortir indigné du bruit qu'ils faisaient et des injustices qu'ils commettaient. C'est dans ce parvis que la femme surprise en adultère lui fut amenée (1). C'est là aussi que J.-C. rencontra et guérit l'aveugle-né 9 et qu'il l'envoya à la fontaine de Siloé qui était peu éloignée (a).

Les Romains avaient un fort appelé Antonia, qui était contigu au parvis des Gentils , d'oii ils surveillaient tout ce qui se passait dans le temple. C'est de là que vient le nom de capitaine du temple donné à un officier romain , en S. Luc y

lard Siméon. (S. Lac, chap. 11, ▼• 22.) On voyait de là l'autel des holocaastes et la porte du vestibule du temple. On pouvait aussi facilement entendre le chant des psaumes. Toutes les parties des parois du temple avaient des vestibules en dedans assez grands.

CI) S. Jean, chap. VIIL

(2) S. Jean , chap. IX.

1 26 Description

chap. XXII, V. 52 > et Actes des Apôt. , chap. IV^ V. 1. Saint Paul fut conduit dans ce fort lorsque les Juifs le frappaient et voulaient le faire mourir. Du haut de l'escalier de ce fort, il raconta la manière dont il s'était converti. ( Actes des Apôtres, chap. XXI et XXII.) D'autres fortifications entouraieat le temple ; mais il n'entre pas dans notre objet d'en parler davantage ; il nous suffit de rappeler une circonstance où les apôtres faisaient remarquer à J. C. la solidité des bâtimens du temple, et l'assurance que J.-C. leur donna que bientôt il n'en resterait par pierre sur pierre (i) , prophétie qui s'accomplit 28 ans après lorsque Tite fit le siège de Jérusalem , l'an 70 de l'ère chrétienne (2). Mais cette prophétie s'accomplit d'une' manière plus littérale encore , l'an 565, lorsque Julien l'apostat voulut faire rebâtir le temple et que l'entreprise échoua d'une manière miraculeuse (5).

(1) S. Matth., chap. XXI, V. I. — S. Marc, chap. XIII, V. I. — S. Luc, chap. XIX; v. 44, et chap. XXI 1 v. 6.

(2) L'emplacement du temple est parfaiiemeat connu. liCs Turcs y ont bâti une mosquée.

(3) Ce miracle est un des plus importans et des mienx constatés. Gomme il est essentiel que les ecclésiastiques en connaissent bien toutes les circonstancf-.s , nous leur consclUODS de les lire dans V Histoire de l'Eglise de té-

du Temple de Jérusalem, \ 27

YI. Il est souvent parlé des synagogues dans les livres saints ; c'est po^irquoi il est essentiel de s'en former une juste idée. Les synagogues sont des espèces de temples ^ ou plutôt de vastes salles où les Juifs se réunissent pour lire les divines Ecritures, recevoir des instructions, vaquer à la prière et au chant des psaumes. Il est dit de J.-C. , dans plusieurs endroits de l'Ëvangile, qu'il entrait dans les synagogues pour instruire les Jui£s qui le suivaient en foule (1). Un jour étant venu à Nazareth, qui était regardée comme sa patrie, parce qu'il y avait été élevé , il expliquait les divines Ecritures de manière à exciter l'admiration de ses compatriotes , en sorte quHls se demandaient où il avait pris tant de connaissances, puisqu'il n'était que le fils d'un artisan (2). S. Paul annonçait aussi l'Evangile dans les synagogues (3).

Quand les Juifs sont dans ces lieux de réunion , on y allume des lampes ; il en est qui sont attachées à un chandelier à sept branches, semblable à

rauIt-Bercastel y ou dans V Histoire du Bas-Empire, par M. Lebeau.

(1) S. Matth. , chap. IV, t. 23; IX, v. 35. — S. Marc , I, V. 21.— S. Luc, VI, V. 6; XIII, v. 10.

(2) S. Mauh., XIII, V. 54. — S. Marc, VI, v. L — S. Luc , rv, V. 16.

(3) Act. des Apôt., IX , v. 20 ; XIII, v. 5 et 14; XIV, V. I ; XVII , V. 10 ; XVIII , v. 4.

1 28 Description du Temple de Jêrvsalem.

celui ({ui était dans le temple ; la Bible est placée respectueusement sur une table. Après qu'il en a été lu et expliqué quelques chapitres, on la met dans une armoire qui fait partie de l'ameublement des synagogues. Les femmes peuvent assister à ces pieuses réunions , mais elles sont séparées des hommes ; elles y sont même placées de manière à n^être pas vues. L'exclusion des synagogues était une espèce d'exconununication prononcée contre ceux qui étaient coupables de grands crimes et de contraventions à la loi de Moïse. Il est dit dans S. Jean 9 chap. IX ^ v. 32 , que les Juifs étaient convenus entr'eux de chasser de la synagogue tous ceux qui croiraient en J.-C. Il ne pouvait y avoir qu'un seul temple consacré au vrai Dieu, où des sacrifices lui étaient offerts ( 1 ) ; mais il pouvait y avoir des synagogues partout où il y avait des Juifs. On en comptait 4B0 à Jérusalem , sans doute parce que c'était dans cette ville que les Juifs se réunissaient en trèsgrand nombre les jours de fêtes solennelles.

(I) Vers le temps d'AIeiandre-le-Grand, 336 ans avant J.'C. , les Samaritains construisirent un temple semblable à celui de Jérusalem , 'sur le mont Garizim. C'est à l'occasion de ce temple que la Samaritaine demandait à Notre - Seigneur s'il fallait prier sur cette montagne ou â Jérusalem. ( S. Jean , cbap, lY, v. 20. )

Notions et observations, etc. 129

SECTION V

Notions et observations sur V architecture

grecque.

L'architecture des Grecs n'est pas la plus an* cienne que nous connaissions 9 puisqu'elle avait été précédée par celle des Egyptiens , des Babyloniens 9 des Phéniciens et des Hébreux ; mais c'est la plus connue , la plus parfaite 9 la plus élégante : c'est aussi celle qui donne les règles les plus sûres et les plus précises.

I. Chez les Grecs 9 comme chez les Egyptiens , les entre-colonnes sont en ligne droite 9 ainsi que le dessus des portes et des fenêtres 9 oe qui fait croire à quelques savans (1) que l'architecture grecque tire son origine de l'Egypte qui a toujours été regardée comme le berceau des arts. Cette conjecture est d'ailleurs appuyée sur l'autorité d^érodote (2) qui le dit assez positivement. Nous savons en outre que Cécrops9 le fondateur d'Athènes, venait de l'Egypte ; que Solon 9 Périclès9 Hérodote et beaucoup d'autres Grecs étaient allés y puiser les sciences dans lesquelles il faut comprendre

(1) Norden, pi. 132; Prococ. , tom. I, pi. 44, 45, etc.; Mém. de TAcad. des belles-lettres , tom. XXX, p. 393.

(2) Hérod., liv. H, chap. IV.

i3o Notions et oiservations

l'architecture. Il est vrai qu'elle fut elle-même perfectionnée par les Grecs , que c'est eux qui ont donné des noms aux divers ordres dont elle se compose ^ et en ont dicté les règles. C'est particulièrement sous Périclès, 4^^ ^i^s avant J.-C. , qu'elle prit son essor et fut poussée à un tel degré de perfection qu'elle est regardée comme le dernier terme du bon goût ; telle est du moins l'idée qu'en donnent les architectes modernes qui vont jusqu'à dire qu'on tenterait vainement de faire mieux (i).^

II. Le caractère distinctif de l'architecture grecque est la grâce dans les formes 9 et la simplicité dans les ornemens. Les Grecs n'admettaient que trois ordres d'architecture , distingués principalement par les dimensions , les chapiteaux et les ornemens des colonnes qui les composent 9 savoir, l'ordre dorique, l'ordre ioniqtie et l'ordre coHnUiicn, Le dorique est le plus simple et le plus solide des trois : la hauteur des colonnes est de huit fois le diamètre y y compris le chapiteau

(I) Il nous semble c[ue les arcliitectes modernes portent un peu trop loin leur enthousiasme pour Tarchiteeture grecque. Palladio, Michel -Ange et beaucoup d'autres ont cru pouvoir et devoir s'affranchir de certaines règles de cette architecture, quand il s'agissait surtout de la construction des églises.

sur V architecture grecque, 1 3 1

et la base 5 mais non le piédestal (i). Le chapiteau de cet ordre ne se compose que de quelques moulures; l'entablement a peu d'orncmens.

L'ordre ionique est fort gracieux ; la hauteur des colonnes est de neuf diamètres. Le chapiteau est orné de quatre volutes 9 la frise reçoit des ornemcns en fleurs et bas-reliefs.

L'ordre corinthien est le plus riche et le plus noble ; les colonnes qui le distinguent ont une hauteur de dix fois le diamètre. Le chapiteau est orné de feuilles d'acanthe dont les dentelures produisent un superbe effet. Il est difficile de se faire une idée juste de la distinction de ces trois ordres 9 sans avoir sous les yeux des modèles ou dessinés ou en bas-relief. On en trouvera dans tous les ouvrages d'architecture (2).

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