I I II I
(1) Ainsi, pour savoir si Qoe colonne d'ordre dorique est faite selon les règles, il faut avec on fil prendre sa circonférence au - dessus de la base , plier ce fil en trois pour avoir le diamètre , et voir si , depuis le piédestal jusqu'à reotablement * il y a huit fois la longueur du diamètre. Si on tenait à prendre les fnesures d'une manière plus précise » il faudrait consulter la table 28% pag. 72 y où nous avons établi le rapport de la circonférence avec le diamètre.
(2) Voyez VHistoire ancienne de Rollin, tom. XI » le Manuel d* architecture , le Fignole de poclie , ou le Traité d'arithmétique pratique, cité plus haut; pag. 2; nouft
i5a Notions et observations
III. L'architecture grecque eâtsouvent employée au-dessus des autels pour encadrer les tableaux ou les statues. On remploie aussi pour les tabernacles^ les expositions du Saint- Sacrement et les fonds de baptême.
Il y d peu d'églbes construites dans le style grec pur. On cite à Paris Téglise de Sainte-Geneviève , l'Assomption et la Magdeleine ; Téglise de Saint- Ylncent à Mâcon est aussi en style grec. Dans le diocèse de Belley y l'église de Ferney est en style ionique. Il semble que cette architecture n'a pas assez de gravité 5 et qu'elle convient beaucoup plus aux bourses^ aux théâtres et aux maisons particulières.
IV. Il nous reste des monumens anciens et des débris de plusieurs antres en style grec. Les plus connus sont, 1* les Propylées de l'Acropolis d'Athènes ( c'est-à-dire les avant-portes ou le vestibule de la citadelle d'Athènes) exécutés par les ordres de Périclès vers l'an 4^7 avant J.-C. Ce vestibule coûta, dit-on, 2,012 talens, c'est-à-dire environ 1 1 millions de francs. Les colonnes étaient
renverrons souvent à ce dernier ouvrage, parce qu'il coûte peu et qu'on le trouve aisément. Mais si on veut avoir une idée plus parfaite des ordres d'arcbitecture et de reâ*et qu'ils produisent , il faut voir des planches d'un plus grand format dans des cours d'architecture.
sur l'architecture grecque, i35
en marbre 9 d'ordre dorique 9 et en ^and nombre. Ce monument existe 9 et quoique fort dégradé , il étonne encore les voyageurs. On en trouve la description et le dessin dans le Voyage £ A nacharsis, dans VUnivers pittoresque , etc.
a*" Le Parthénon ou temple de Minerve »» à Athènes 9 se trouve aussi dans la citadelle. C'est un parallélogramme qui s'étend de l'orient à l'oocident ; il a 22 1 pieds de long et 94 pieds de large 9 en y comprenant un portique dont la Cella ou le temple proprement dit est entouré. Ce portique est formé par des colonnes d'ordre dorique 9 en marbre blanc 9 qui ont 52 pieds de hauteur. Il y a dans ce temple deux rangs de colonnes 9 aussi en marbre blanc 9 qui le divisent en trois ne£9. On n'y voit point de fenêtres 9 le jour entre par la porte (1). Ce temple subsistait encore en 1676 ; les chrétiens l'avaient converti en église 9 les mahométans devenus maîtres en Arent une mosquée : en 1677 (2) une bombe lancée par le
(1) La plupart des temples grecs étaient éclairés de cette manière , et par des lampes qaî étaient allumées dans le fond. Ces temples étaient ordinairement trèspetits parce que le peuple n'y entrait pas*
(2) On peut ^l||^ les dessins de ce temple dans les Voyages d'Anacharsù^ L'église de la Magdeleine) à Paris, est bâtie sur le modèle du Parthénon ; mais daas de plus
iS4 Notions et observations
général Morosini 9 pendant qu'il faisait le siège de cette ville 9 mit le feu à la poudre que les Tivcs y avaient renfermée 9 ce qui en ruina la plus grande partie.
Z" On voit dans la même citadelle de magnifiques restes de plusieurs autres temples : le mieux 'conservé est dédié à Minerve-PoUiade, c'est-à-dire protectrice ; il est d'ordre ionique. Le temple . de Thésée est assez bien conservé. Dans la dernière expédition de Morée 9 les Français ont découvert le temple fameux de Jupiter-Olympien ; il a les mêmes dimensions et le même style que le Parthénoh.
4° Un des temples les plus célèbres de l'antiquité était celui de Diane à Ephèse : c'était aussi le plus grand. On en trouve une belle description dans V Histoire ancienne de Rollin9 tom. XI. Il fut brûlé l'an 556 avant J.-C. 9 rebâti bientôt après et .brûlé de nouveau l'an 265 de l'ère chrétienne. Il est fait mention de ce temple dans les Actes des Apôtres ( chap. XIX ) 9 à l'occasion d'une émeute qui fut excitée contre saint Paul par un orfèvre
grandes dimensions. La galerie couverte qui règne autour de cette église est un contre-sens qui est en opposition ^vec la discipline de' la religidSbatholique » dont les églises sont un rendez -\ous de prières et non de conversations.
sitr i* architecture grecque, i35
uommé Démétrius^ qui gagnait beaucoup d'argent en faisant de petits nniodèles de ce temple ^ et qui craignait de voir ses profits diminuer si le nombre des conversions opérées par l'apôtre devenait plusconsidérable.
5** Les plus beaux restes de temples grecs qui existent sont ceux de Palmyre et de Balbeck^ ou Héliopolis (i). On croit que ces temples étaient dédiés au soleil. L'enceinte de celui de Palmyre était moins étendue que celle du temple de Jérusalem : elle avait de 7 à 800 pieds eu carré ; elle était entourée de colonnes en marbre d'ordre corinthien. La Cella était placée au milieu et n'avait que 90 pieds de longueur sur 4^ de largeur dans œuvre : elle était éclairée par 4 fenêtres. Il y avait un petit temple près du grand dont on ne connaît pas la destination (2).
(1) Ces deax villes sont dans la Syrie 1 non loin da mont Liban. Palmyre lire sou nom , à ce qu'on assure^ des palmiers qui croissent en abondance sur son territoire. — Balbeck, eu syriaque, signifie ville de Baal, c'est-à-dire du soleil , eu sorte que les Grecs, en l'appelant Héliopolis, n'avaient fait que traduire son nom en leur langue, comme cela leur arrive souvent. Cette observation peut devenir utile dans l'interprétation des
livres saints.
(2) Le plan de ces temples et de beaucoup d'autres se tr«»ave dans un ouvrage ; intitulé : Recueil et parallèle:
i36 Notions et oiservations
Le temple de Balbeck est mieux conservé et du même ordre d'architecture. Ils furent découverts 9 le premier en 1691 , l'autre en 1751. Leur belle conservation est due sans doute à l'état d'isolement où les villes de Palmyre et de Balbeck étaient placées (i). Des voyageurs français viennent encore de découvrir des restes magnifiques de temples anciens dans l'Asie mineure. On en trouve aussi beaucoup dans les autres villes de la Grèce 9 dans la Sicile 5 à Pompeî , Herculanum 9 etc. — — ^~^^— — — > ■ — ^— ^ ■ ^— ^^-^1^— — ^1»
des édifices de tout genre , anciens et modernes y etc. , par Durand , professeur à TËcole polytechnique. On trouve les profils dans VHistoire universelle f traduite de l'anglais, tom. II. — Les mines de Palmyre sont souvent représentées dans des planches d'optique et produisent un très»bel effet.
(I) On ignore l'époque où ces temples ont été construits ; mais les richesses de Ieuï*s décorations font supposer qu'ils ne sont pas anciens. Celui de Paknyre a pu être construit par la reine Zénobie qui aimait beaucoup les arts, et qui fut détrônée par l'empereur Anrélien l'an 273 de notre ère. On attribue la construction du temple de Balbeck à Antonin-le-Pieux qui vivait l'an 138. Quelques auteurs pensent que la ville et le temple de Palmyre ont été bâtis par le roi Salomon. Il est dit , en effet , au Ill^liv. des Rois , chap. IX, et au II' des Paralipomènes , chap. VIII , que Salomon construisit dans le désert une ville appelée Palmyre. Les restes de Palmyre sont dans le désert de Syrie; peu loin de Jérusalem. *
sur l'architecture grecque. i57
y. En jetant les yeux sur les débris de l'ancienne magnificence du paganisme ^ l'esprit se porte naturellement à penser que cette religion n'avait aucune racine dans les anciennes traditions du inonde ^ ni dans la raison , ni surtout dans les consciences , et que c'est à cause de cela qu'elle a péri même avant les monumens si solides f si riches , si étonnans qui avaient été élevés pour en conserver le souvenir. Le temple de Jérusalem , au qpntraire > est détruit ; mais les faits historiques et religieux auxquels il se liait perpétuent le souvenir des vérités éternelles qui l'avaient fait construire. Il en est 9 et il en sera toujours de même , de la religion sainte à laquelle nous avons le bonheur d'appartenir; le ciel et la terre passeront , mais la parole de J.-C. subsistera éternellement. Une seconde réflexion ^ suggérée par le souvenir et les richesses des temples consacrés aux idoles > est un sentiment de tristesse et d'étonnement de voir^ pendant plusieurs siècles, les hommes les plus distingués par leur talent et leur génie favoriser et illustrer un culte aussi déshonorant pour la divinité. Si les philosophes du temps ne croyaient pas aux mystères absurdes et honteux du paganisme , ils étaient évidemment inexcusables, selon la pensée de l'apôtre saint Paul (i), d'avoir tenu
(I) AUX RoDi. ^ chap. I.
iS8 Notions et observations
la vérité captive , et alors l'énergie des apôtres et les succès qu'ils ont obtenus font voir la différence de l'esprit qui les conduisait.
SECTION Vï.
Notions et observations sur V architecture
romaine.
Plusieurs auteurs distingués pensent que l'ar^ chîtecture romaine n'est que l'architecture grecque transportée sur un autre sol : ce sentiment est vrai , en ce sens que l'architecture grecque est plus ancienne et qu'elle a fourni aux Romains les règles de cet art , les ouvriers qui les mettaient à exécution , les modèles qu'on pouvait suivre ^ souvent même les matériaux qu'on employait ; mais le peuple romain avait un caractère trop prononcé 9 renfermait trop de têtes fortes et avait fait trop de constructions , depuis la fondation de Rome jusqu'à Constantin , pour n'avoir pas imprimé un cachet particulier à son architecture. Nous allons donner, i° une petite notice historique de l'architecture romaine avant l'ère chrétienne ; 2" quelques notions sur l'architecture romaine , depuis le règne d'Auguste jusqu'à Constantin ; 3* le caractère spécial do l'architecture romaine ; 4** les observations et les conséquences qu'on peut tirer relativement à la religion.
sur V architecture romaine. iSg
Notice historique s\ir V architecture romaine avant l'ère chrétienne.
La ville de Rome fut fondée vers l'an ^53 avant rère chrétienne (i). Nous connaissons peu ce qui se passa les premières années sous le rapport religieux, mais nous savons que 58 ans après sa fondation il existait des temples, et que Numa Pompilius établit des vestales pour entretenir le feu sacré dans celui de la déesse Vesta (2). Tarquin l'Ancien, vers 619, attira des ouvriers de l'Etrurie ( la Toscane ) , fît construire des aqueducs (5) , des égoûts ou cloaques , des écoles , tm
(1) C'était vers le temps où vivaient les prophètes Isaïe et Michée, où naquit Tobie , où régnaient Acbaz et Ezéchîas, où Atbènes était florissante; elle avait cessé d'être gouvernée par des rois on magistrats à vie et s'en donna qai étaient pour dix ans, qu'on appelait archontes.
(2) Voy. VUistoire romaine de Rollin , t. I*S ou VUistoire universelle i traduite de l'anglais, tom. VIII. D'après celle-ci , on comptait 37 temples dédiés à diverses divinités , quand les Guulois entrèrent dans Rome, 390 avant J.-C.
(3) Les aqtieducs sont des canaux destinés à conduire les eaux dans les villes et autres lieux. Pour conserver
i4<» Notions et observations
cirque (i) et des temples. Tarquin-le-Snperbe ^ vers 554 9 iit achever ces ouvrages et notamment le temple de Jupiter-Capitolin qui fut détruit et reconstruit deux fois sur le même plan ^ à diverses époques , mais avec des matériaux plus précieux (2). C'était dans ce temple que les triom-
)e niveau et faciliter récoulement , il fallait quelquefois percer des mootagoes , faire des constructions qui s'élevaient à de grandes hauteurs , en superposant des arcades les unes sur les autres ; il fallait même que l'eau traversât des rivières. Rien n'étonnait et n'arrêtait les Romains dans ce genre de travail. Un des plus beaux monumens qu'ib aient laissé en France est le pont du Gard. On trouve des restes d'aqueduc près de Lyon ; il y en a même à Vieux « près de Belley.
(1) Le cirque est une longue enceinte carrée, qui est entourée de sièges , et où l'on se dispute le prix de la course à pied , à cheval ou en char. Celui de Tarqain avait 2,187 pieds de long et 900 de large; c'est le plus grand de tous ceux qui ont été construits à Rome à diverses époques. Outre les courses, il B*y donnait aussi d'autres spectacles et surtout des luttes corps à corps. S. Paul fait allusion à ce qui se passait dans les cirques , dans la I" aui Corinthiens, chap. IX, v. 24, et II« à Timothée , chap. IV, v. 7.
(2) D'après Denys d'Halicarnasse qui en donne la dimension, il était dans le genre de ceux de la Grèce, c'est-à-dire petit, carré long et entouré de portiques.
sur l'architecture romaine, i^\
phateurs venaient rendre honunage à la divinité des victoires qu'ils avaient remportées.
Tandis que la Grèce s'illustrait sous le rapport des arts et des sciences > Rome u'él/iit occupée que de guerres ou de travaux rustiques qui y nourissaient des vertus austères. Les plus grands généraux ne craignaient pas de se remettre à la charrue après avoir triomplié des ennemis de la patrie.
Vers 390 y le goût des sciences s'introduit à Rome , les gnomons ou cadrans solaires lui arrivent de la Grèce (1)5 Fabius Pictor orne de peintures le temple de la santé.
Vers 265 , il est fait mention Ae la représentation de comédies 9 d'un combat de gladiateurs > ce qui suppose l'existence d'un théâtre, d'une enceinte préparée pour cela. Une colonne rostrale (2) est érigée pour perpétuer le souvenir d'une victoire remportée sur les Cart^ginois.
Vers 186, Scipion fait placer au flqpHole un tableau qui rappelle sa victoire sur Antiochus. Le goût des arts et du luxe asiatique furent le fruit
(1) C'était alors une pierre creusée eo section de cercle. On en voit une à Aix-les -Bains en Savoie. Les ca« drans solaires étaient connus en Judée 737 ans avant J.-C. ( IV- liv. des Rois , XX , 10. )
(2) On appelle ainsi les colonnes auiquelles sont attachés les éperon» des valsseaox pris sur Veun^mÂ*
i4a Notions et ohservations
de -cette victoire et le commencement de la décadence des vertus morales des Romains.
Vers l'an 102, Scaurus fait construire un théâtre où il y avait place pour environ 805000 hommes. Au retour de la Grèce ^ Pompée en fit construire un en pierres (1) qui contenait 409O00 personnes. Il était orné de statues et de tableaux enlevés à Athènes^ à Corinthe et à Syracuse. Dans l'enceinte de ce théâtre se trouvait le temple de Vénus (s).
Vers l'an 64 9 Lucullus se rend célèbre par le luxe de ses bâtîmens et de sa bonne chère. On est étonné et presqu'effrayé des énormes dépenses qu'il faisait, ainsi que d'autres particuliers. C'est vers cette époque que l'architecture grecque s'introduisit à Rome ; jusque-là il, paraît que les Romains ne connaissaient et ne suivaient que l'ordre toscan, qui est le même que le dorique, avec celte différence=seulement que dans l'ordre toscan les
colonnes mb sont élevées que de 7 diamètres au
(1) Il parait que jusqu'alors ces bâtimens étaient eu terre ou en bois.
(2) 11 est important d'observer que, dans les théâtres, les amphithéâtres , les thermes , les vastes palais , il y avait toujours un temple, et que tons les jeux publics étaient consacres à quelque divinité ; ce qui prouve tout à la fois combien l'esprit religieux était enraciné dans Jes cœnTS et combien il était dégradé par les passions.
sur V architecture romaine. i45
lieu de 8 qu'exige le dorique. En adoptant l'ordre ionique et le corinthien , les Romains formèrent un S"' ordre, appelé composite, parce que le chapiteau se composait de volutes comme l'ionique y et de feuilles d'acanthe comme le corinthien. '
Ici commence le règne d'Auguste ( l'an 3i avant J.-C.) qui 9 après avoir vaincu Antoine, rendit les Athéniens tributaires de l'empire; mais le joug qu'ils reçurent par le droit de la guerre , ils l'imposèrent à Rome par l'esprit , le génie et le goût des sciences et des arts, et notamment par les règles de l'architecture qui furent adoptées, soit parce qu'il était dilHcile de faire nrtieux, soit parce que les architectes, les sculpteurs, les peintres et autres ouvriers qu'on employait venaient de la Grèce qui , étant sur son déclin , ne pouvait plus leur fournir d'ouvrage , tandis que Rome , au comble de la prospérité, ne cherchait qu'à mettre à profit les richesses que ses conquêtes lui avaient procurées. Aussi, que de nionumens furent élevés à cette époque et dans les trois siècles qui suivirent ! Auguste disait : J'ai trouvé Rome iâtie en terre 3 je Vai laissée i/âtie en marhre (i). Bientôt
(I) L' ouvrage de Vitruve sur Tarchi lecture, le seul qai nous soit resté parmi ceux qu'avaient écrit les anciens^ étdit dédié à Aaguste. Gel oii\t^%(^ («lI «nXAt\\&
i44 Notions et observations
après liii^ non-seulement Rome^ mais l'Italie et * tout reflipire^ fdrent couverts de temples , d'aqueducs* de voies ou grandes routes (i) 9 de vastes jiMdLais, dé cirques f de théâtres , d'amphithéâtres, de thermes ou maisons de hains^ d'arcs de triomphé'^, de colonnes triomphales , d'ohélisques 9 de mausolées, etc. Chaque empereur voulait attacher son nom à quelqu'un de ces édifices et souvent à plusieurs : nous dirons rapidement quelques mots de ceux qui peuvent intéresser la religion.
Sn.
Notions sur V architecture romaine ^ depuis le règne et Auguste jusqu' à Constantin.
L'an 25 avant l'ère chrétienne et sous Auguste , fut construit le Panthéon , destiné à honorer tous les dieux de toutes les nations , comme l'indique
parmi les architectes et a été plusieurs fois commenté par les plus habiles rl'entr'eux.
(I) Les voies romaines ou grandes routes , construites par les Romains, étaient d'une solidité qui les « fait triompher des ravages du temps , surtout en Italie où elles portent les mêmes noms depuis plus de 2,000 ans. On plaçait des pierres indicatoires tous les 1,000 pas , ce gui fait qu'on les appelle pierres milliaires. On eu trouve plasieurs en France.
sur C architecture romaine^ i45
nom. C'est Agrippa , gendre d'Auguste 9 qui en
'À fil les frais. Ce temple faisait partie d'un vaste bâ-
IVtiaiant appelé Thermes d* Agripfa. Le Panthéon
«0t regardé encore aujourd'luii oominc lamerveiUe
àci Rome , malgré tmit ce qui en a été eulevé ou
diangé. Il est rond^ ce qui fait qu'on l'appelle
ta Rotonde. Son diamètre (1) dans œuvre est de
144 pieds. Le pape Grégoire IV ^ en 610 ^ Ta
' consacré au culte de tous les saints. L'église de
TAssomption , à Paris, est construite sur le même
plan. Il y avait aussi une église à Avignon , qui
était à l'instar du Panthéon.
Vers l'an 12 avant J.-C, les Lyonnais , aidés par leurs voisins , élevèrent un temple à Auguste, dans l'emplacement d'Ainay. Quelques personnes pensent que c'est ce temple qui forme l'église actuelle d'Ainay; mais le style de cette église ne remonte pas jusqu'à Auguste (2). On peut croire qu'elle a été bâtie avec les restes d'anciennes
(1) Le Bramante , quia fait le premier plan de l'église de Saint-Pierre de Rome , disait en montrant le Panthéon f Je veux le placer en l'air sur ma nouvelle église. Et «n cfiet le dôme seul de Saint * Pierre a les mêmes dimensions que le Panthéon.
(2) On lit dans le P. de Golenia {Antiquités de VEglite de Lyon ) , que cette église fut reconstruite dans le I0«. jîède , et consacrée par Le pape Paschal II eu 1208.
ilfi Notions et observations
constructions romaines et celles du temple d'Auguste , qui n'était qu'un autel orné de dieux belles colonnes monolithes, s'il faut en juger par le revers d'une médaille de Tibère où il est représenté. Ces deux colonnes ont été coupées en deux , et' en forment quatre qui existent encore dans cette église.
C'est sous l'empire d'Auguste que J.-C. vint au monde. C'est alors qu'on voit fleurir tous les arts, toutes les sciences, et en même temps tous les vices et toutes les erreurs. Ce prince ne s'en tint pas à construire de superbes édifices ; il créa des académies dans plusieurs villes , et notamment à Lyon , à Autun , à Narbonne , à Toulouse , etc. , ce qui explique pourquoi on trouve des monumens romains dans ces villes et dans beaucoup d'autres en France.
Le Sauveur du monde mourut sous l'emi^ire de Tibère , successeur d'Auguste. Le nouvel empereur ne fît aucune construction remarquable. Caligula , son successeur, fît construire un grand cirque à Rome , dont on voit des restes ; un Athénée à Lj^on , pics du temple érigé à l'honneur d'Auguste : il y institua un concours et des prix pour les poètes et les orateurs qui s'étaient distingués, (i).
(I) Oa croit que c'est cet Athénée , converti plus tard
sur V architecture romaine, 147
Vers l'an y5 y après le siège de Jérusalem 9 Yespasien fit construire le temple de la Paix et l'arc de triomiphe de Tite. Ce dernier monument était destiné à perpétuer le souvenir de la prise de Jérusalem par Tite 5 son fils. Où y voit encore la représentation du chandelier à 7 branches et de la table des pains de proposition. D'après l'historien Josèphe qui était présent 9 ces deux objets ornaient la marche triomphale de Tite.
La construction la plus étonnante faite par les ordres de Vespasien^ et achevée par Tite, fut l'amphithéâtre (i) appelé Cotysée^ qui existe
en monastère , qni a donné à ce quartier le nom ^Ainay. On trouve à Ljon beaucoup de restes d'antiquités romaines qui ont donné leur nom au quartier dit des Antùfuaillet i où l'on assure qu'était le palais des empereurs. C'est là quC) d*:«'rès une ancienne tradition > on montre la prison de saint Pothin.
(I) On appelle amphithéâtre on bâtiment spacieux, ordinairement ovale , dont le milieu, appelé arène, parce qu'on y mettait du sable, est entouré de gradins» ou rangs de sièges , élevés les uns au - dessus des autres. Le milieu ou l'arène était destiné â diverses espèces de jeux f à des spectacles , aux combats des bêtes féroces entr'elles, ou des gladiateurs qui luttaient tantôt les uns contre les autres, tantôt contre des lions, des tigres et d'autres animaux. Ces spectacles sanglans , où des hommes payés mettaient leur gloire à lafir adco\l»tiicu\.\^^ax%
■48 ffotiotu et ciiervaUonê
encore, du mcnns en grande partie. L'architecte
Fontana assure que cent neuf mille personnes pouvaient y voir à l'aise et assises les iiipcclucles qui s'y doiinatent. C'esl là q'i'un grand nombre do martyrs furent livrés aux bûtes féroces ijui les diivoraient , et c'esl aussi par respect pour le sang dca martyrs que Benoit \IV, api-ès avoir restaura ce inonumcnt) y plaça les stations de la passion suxquijUes il attacha des indulgences (i).
Vers l'an 108 fut élevée la colonne Trajana , le plus beau et le premier monument qui ait tilc'
licfs de Rame et de plusieurs gr^odes Tillea. ( Vny. les Confissiont de saint Augiulin, liï. VI, cbap. VIII.) Eu france, il y avait dea amphiihéâtrei 1 Reims, à Btirdeaux, à Orange, àNlmes, à Arlei, i Fréjus, à Sainics, i Auiun , 1 Lyon , elc. Celui de Klmes , après le Colysii: , était UQ des plus grands; celni de Vcrone en Italie ost un des plus eiilier*. Il n'en est aucun qui D*ait é\é roiiK par le sang di^s Rianyrs qu'on y faisait dévorer par iei bjtes féroces, et c'est lOos ce rapport qji'ils intéressent
(I) Benoit Joseph Labre, dans les dernières annfea de sa lie, demeurait nnit et jour dans cet antique tno' namcnt , toujours occnpé dea tourmens dei martyrs et des grands mj'stères de la foi. N'élail-il pas plus sage, plus prévoyant et Totme plus hnmaiD qae ceui qui vepiieat le repatire du spectacle des gladiatenn?
sur C architecture romaine. i49
eotistruit dans €e genre. On y a représenté en bas-^relîefs les guerres de Trajan.
L'empereur Adrien ^ vers l'an 117 et suivans^ protège les arts : il était architecte et même sculpteur habile. On a dit de son nom qu'il était comme la pariétaire 9 qu'on le trouvait sur tous les vieux murs. Pendant son règne , il fit rétablir les édifices d'Athènes, fit reconstruire la ville de Je-' rusalem et substitua un temple de Jupiter à l'an^ cicn temple des Jui&. Il fit construire, à Nime» un palais , un amphithéâtre et le pont du Gard ; de beaux restes de ces trois monumens subsistent encore (1). Adrien fit construire pour lui un im* mense palais dont les dépendances avaient plus de 5 lieues de tour. On lui attribue aussi la cons« truction d'un pont sur le Tibre et du môle qui devait être son tombeau et qui est aujourd'hui le château Saint -Ange. Sa prévention contre les chrétiens s'étant dissipée quand il les connut mieux, il fit construire un grand nombre d'églises pour eux qu'on appela Adrianées {^).
(1) Oo Toit aussi dans cette TÎlle la Maison - Carrée, qui est regardée comme un chef-d*ceavre de goût, mais dont OD ne connaît pas l'ancienne destination ni môme Tautenr.
(2) V(»j. Lampride dans la rU d'Alexandre Sévère, Fleury, HLtoire ecclésiastique, liv. XI^ n° 36, et le Dictionnaire de Feller, art. Quadrat^
i5o Nùtioas et ohsefvaiîont
Marc-Âurèle, aumommé Antomu, fait la guerre aux Qiiades en Germanie, vers l'an i74> Son armée souffrait beaucoup, à cause de la siJcheresse : une légiuu , compose de soldats chrétiens , se met en prières et obtient une pluie abondante. Ce fait est rapporté par plusieurs auteurs chrétiens et paicns ; il C3t rappelé dans une lettre de Marc- Aurtle lui-même et par un ba&- relief de la colonne Antonine (i).
Les empereurs suivans &nt encore construire des amphithéâtres, des cirques, des thermes, des aqueducs ) des palais, des arcs de triomphe, qui tous annoncent le goût de l'architecture , mais qui tous s'éloignent plus ou moins de la noble simplicité et de l'élégance gracieuse du style grec et dessinent le caractère distinclif de l'architecture
Caractère» partîeutisra de C architecture
Les caractères de l'architecture romaine sont , 1° les grandes dimensions des monumens que les Romains ont entrepris : on ne voit rien dans les
(') Voyes le Dictionnaire de Bargier, irtide Légiai fulmioMte, el Colonia, la RtUgioa ckrHiemu autorisé. par le lémoigaage dei autturt païtat.
sur C architecture romaine. i5i
beaux jours de la Grèce ^ui «oit comparable aux palais d'Augure , d'Adrien et de Dioclétieii; au Getysée^ au grand cloaque» au grand cirque ^ aux voies romaines , aux aquedui^^ etc« a*" Chez ies Romains ^ comme chez les Grecs, les colonnes jouaient un très-grand rôle, maX^ les Grecs ne reconnaissaient que trois ordres ; les Romains en admettaient cinq . et ils ajoutèrent aux colonnes des piédestaux , ce qui les rend plus lourdes et p4us massives. 5** Les Romans chargeaient leurs constructions d'ornemens et de bas -reliefs avec une espèce de profusion, et c'est pour cela sans doute qu'ils s'étaient al;lachés de préférence au style eoriiithie« et qu'Ms te ventèrent le cou].posite, ces deux ordres étant plus propres à satisfaire lei:Mr penchant pour le luxe des seu^tures : le Panthéon et les restes des Thermes de Dioclétien en fournissent encore la preuve. Les temples grecs , au contraire , étaient presque tous d'ordre dorique , le plus simple de tous et le moins chargé d'ornemens ; c'était le style des Propylées d'Athènes , du Parthénon , des temples de Thésée , de Jupiter- Olympien , etc. n n'y a que le temple de Minerve- PoUiade qui soit en style ionique. 4* ^^^ temples des Grecs étaient des carrés longs qui ne présentaient que des lignes droites (i) : leurs frontons for-
<l) Il suffit de jeter les ycuï sur Poavn^e de Daraad.^
i52 Notions et oisewatîons^
maîent toujours un triangk dont l'angle supérieur était très- obtus ; leurs entre -colonnes , le dessus des portes et fenêtres étaient eu ligne droite^ comme nous l'avon» fait observer. A mesure qu'on ' s'éloigne du sièck d'Auguste , on voit que les Romains se rapprochaient des formes courbes (i) : le Panthéohr était rond^ ainsi que les temples de Janus> de Vesta, de Bacchus^ de Minerve-Médica^ etC'. Le Colysée était ovale 5 le dessus des portes^ et des fenêtres de cet édifice était cintré : on observe la même chose dans beaucoup d'autres bâtîmens. Leurs frontons étaient quelquefois roiids 5 leurs portiques étaient souvent en arcade , et c'est de là que les arcs de triomiphe ont pris teur nom.
Etait-ce uniquement par goût et pour établir une variété que les Romains agissaient ainsi ? La ligne droite est-elle toixjours la plus naturelle (2) ,
déjà cité , pour eo être cod vaincu. Voy. pag. 1 , 2 et 4 de son ouvrage.
(1) Les villes d'Herculanum et de Pompeï forent ensevelies sous les cendres du Vésuve , Tan de J.-C. 79. Aussi toutes les constructions j étaient encore en style grec.
(2) On dît que l'architecture doit être une imitation de la belle nature; mais dans la belle nature il y a pea de lignes droites, ce qui nous porterait à croire qix'il jr
SUT i* architecture romaine. iSS
ta pins gracieuse > la plus commode dans les bâtimens? Cette construction en arc était- elle plu» solide et plus propre à résister aux tremblemens de terre , si fréquens en Italie (i) ? Etait-elle plus facile y parce qu'il fallait employer des matériaux moins considérables pour faire des arcs que pour des plates-bandes? Pouvait-on par là donner plus de hauteur aux vastes enceintes? La grande quantité de ponts et d'aqueducs que les Romains ont construits^ l'usage plus fréquent des voûtes parmi eux, les auraient-ils disposés à s'éloigner de la ligne droite ? Peut-être chacune de ces raisons avait son poids dans le changement fait à l'architecture grecque.
Quoi qu'il en soit des motifs qui ont déterminé à choisir le genre de construction à cintre 5 nous avons cru devoir le faire observer, parce que c'est celui qui est le plus généralement employé dans l'architecture religieuse : cet usage s'est conservé pendant les onze premiers siècles du christianisme 5 et les plus grands architectes moderaes-
a un peu d'exagération dans l'enthonsiasme des architectes modernes pour le style grec.
(I) Ce qa'il y a de certain , c'est qu'il est reçu en Italie qu'au moment des tremblemens de terre il faut se réfugier sons un arc de porte ou de magasin , comme le Uéttoù roo a le moins à craindre d'être écrasé.
i54 NottùHê et oiservations
ont cru devoir »'y conformer, même à l'époque du renouvellement de» arts , comme nous le ver* rons dans les sections suivantes.