II. A son exemple y les seigneurs de sa cour se dis
(I) DaDS son testament, rapporté parles Bollandistes , il fait des legs à 21 métropoles oa cathédrales , parmi lesquelles on troave Lyon, Besançon, Boqrges, Reims , Toars , Bordeaux , Roaen , Arles , Vienne , Embrun , etc. L'Eglise de Rome n'y était pas oubliée.
àfô Notions sur les églises
plus riches; d'abord elles sont en faisceau! 5 les chapiteaux sont ornés de pampres, de feuilles d'acanthe et de chêne entrelacées. Celles qui sont à droite sont unies^et n'ont pour chapiteau qu'une petite corniche. On attribue cette différence à un incendie qui consuma la nef du côté droite et que les religieux ne purent pas faire réparer aussi splendidement. Les entre-colonnes des deux côtés sont en arcs un peu pointus vers le milieu. Les voûtes sont garnies de nervures qui se croisent ; celles du côté gauche seulement vont aboutir à de beaux pilastres qui régnent le long du mur. Un ambon séparait autrefois la nef du chœur qui est terminé en pentagone.
L'église d'Ambronay a 166 pieds de long dans œuvre et 60 pieds de large. A droite et derrière l'autel f est une piscine dont Tembrasure est ornée de plusieurs colonnes. Les fenêtres du chœur sont à lancettes y c'est-à-dire très-longues et très* étroites, surmontées de trèfles et garnies de vitraux peints bien conservés. La façade de cette église est très • simple , comme celles des églises de cette époque. Cependant il y avait de chaque côté de la porte , dont le dessus est carré , quatre statues d'apôtres qui entêté brisées pendant la révolution. Au-delà des statues, à gauche, on voit une tour carrée qui forme le clocher, au bas duquel était une porte qui est bouchée. L'arc en est à
depuis Chariemagne. 2ti
plein cintre. L'embrasure était garnie de plu-sieurs colonnes dont il ne reste que trois. On y voit encore la place de quatre statues qui n'existent plus^ et qui complétaient le nombre des douze apôtres. Peut-être y avait-il aussi une tour à droite de la façade , et que l'ince/idie dont nous avons parlé a fait disparaître. Quoi qu'il en soit 9 la façade telle qu'elle est fait partie de la coUec-ttion des vues pittoresques du Bugey.
lY . Saint Barnard , étant archevêque de Vienne ^ fit aussi construire un monastère à Romans , qui dépendait du diocèse de Vienne et appartient au* jourd'liui à celui de Valence. Cette église, qui subsiste encore en très-bon état, peut donner une grande idée des constructions du temps. Elle est en forme de croix latine, et a une seule nef; la voûte en est très-élevée, les arcs ont des arêtes et sont en ogive , les murailles sont entourées, vers le milieu de la hauteur, par deux ga«leries étroites , dont l'une est ornée d'une balustrade élégante ; les arcs en sont aussi un peu pointus. La façade était sans ornement , la porte seule était ornée de petites colonnes foi*t minces, entremêlées de statues : le dessus de la porte est à plein cintre» Presque tous les arcs des fenêtres y sont à ogive. A droite de l'église , on voit un reste de cloître dont la voûte est peu élevée , et soutenue par des colonnes courtes et assez çtQ9Sie«« \a%
SIS KmiimmM jBwr 1» ifÊiuÊ
ca tmmtt de tour carrée*
V. Venlentee lesips» pe«ril-£tiem&ne o» peu piosl6l,k«iciigieQitW»ééfcliasâeMMtlii>ibreiit co—Uiike me égliae dont le style iqppeiftieat i P^pcique. Elle » oej^eadaunl lui caractère particulier que les une r^ardeal tonmm ttn défilai» les autres coeune un prodige de Tart» c^esl que la voate est conslroile ea arcs pointus aa milleo» qui vont en s'ëlar^iasant > 4 partir du pilier sur Isqu^ ils reposent» en sorte que le bas est plus étroit que le reste ; ce qui nous porterait 4 croire qipe ce défaut apparent est une preuve de IHiabileté de Parchitecte , c'est que tous les arcs ont la m0me forme , ce qui ne serait pas arrivé si c'était l'effet d'un affaissement accîdenteL Les arcs des petites nefs et ceux qui les séparent de la nqf du milieu sont en ogive 5 aipsi que les fenêtres. La façade est un peu plus ornée que celle d'imbronay ; elle est représentée dans l'atlas du Voyage pittoresque et romantique dans C ancienne France (i). On y voit quelques emblèmes ^ mais notamment celui du poisson dont nous avons dit un mot dans le paragraphe précédent. Gharlcsle-Ghauve fut enterré dans cette église» ce qui lui
(I)€et ouvrage est publié par MM. Taylor et Gailleux. M, Charles Nodier est chargé da texte.
depuis Chariemagnt. 8i3
donne une date cettaine et en fait remonter la construction au 9* siècle.
YI. L'église de Cluny, département de Sàôné^ et- Loire 5 fut construite vers l'an io;^o pàfr saint Hugues qui en était abbé. Urbain II en lit la première déèicace eu 1096 ; Innocent n> en fit une seconde l'an 1 i5i. Cette église était sans contredit la plus grande de la France ^ puisqu'elle avait én^ viron 544 pieds de long , y compris le vedtibt^e et les tours qui étaient de chaque cdté dé la p6lrte. Elle était bâtie en forme de croix archiépi8C0{>ale 9 c'est-à-dire qu'elle avait deux tranceps ou branches de croix transversales. Le premier, qui avait 3 1 pieds de largeur et environ aoo pieds dé long dans œuVre^ était chargé d'une grosse tour au milieu > dans laquelle il y avait 18 cloches qui^ ^ l'époque de la révolution 9 étaient réduites à 8> parfaitement en harmonie. A chaque ciiétréiïrîté de ce premier tranceps , il y avait une aiitl'e tour en forme de clocher > qui i^enfermaient ohacdne 4 cloches.
Le second tranceps avait i5o pieds de long dans œuvre , et un ôlocher au milieu en forme d6 dôtile. Le chœur était pavé en marbres de divèt^sés 6(kileurs. Cinq chapelles entouraient le sanctuaire, dont la voûte était en jaspe ; une coupole placée au milieu était soutenue par des colonnes en marbre et des piliers fort légen , quoi^Ot t^v^^
'ti4 Notions «ur tes églises
d'un poids éuorme. C^tte coupole était oriiéc de peintures bien conservées, faites avec de l'eau d'œuf , selon l'usage du temps.
L'église 9 proprement dite , était à cinq nefs 9 formées par quatre rangs de piliers. La voûte de la grande nef était à plein ùintre, celles des petite^ nefs étaient un peu en ogive« Le tout avait 118 pieds Jle largeur. Le vestibule n'avait que trois nefs dont l0S voûtes étaient en ogive ; il ne fut terminé qu'eu 12128 ; sa longueur dans œuvre était de 102 pieds 9 et sa largeur de 78^ Autrefois le chœur était séparé des nefs par un ambon ; il fut remplacé par un beau grillage en fer que le cardinal de Bouillon fit faire étant abbé de Cluny. Ce chœur était moins grand qu'autrefois ; il y avait cependant environ too stalles. L'église avait 5^5 fenêtres; le style était bisàntin, lombard et sarrazin (1).
VIL En revenant du concile fameux de Clermont et du monastère de Cluny, Urbain II consacra l'église cathédrale de Valence 9 ce qui suppose son
(I) En parlant àe. cette magnifique église, nous disons il y avait , Car elle a été impitoyablement démolie par les Vandales de notre siècle; elle fut dévastée en 1793, %'endue par le gouvernement en 1798 à une compagnie qui revendit successivement les bois , le fer, le plomb et les autres matériaux. Cette œuvre de destruction a duré jusgu'eo lÔII.
depuis Chariemagne. 2i5
«ristence antérieure; et en effets malgré les chan^ gemens arrivés dans cette église 9 dont quelquesuns sont assez récens 9 on y trouve tous les caractères analogues au style bisantin et lombard. EUe est à trois nefs 9 a U forme d'une croix latine 9 les arcs à plein cintre sont soutenus par des piliers carrés , ayant à chaque face des pilastres ronds qui ont des chapiteaux fort simples. Dans la chapelle où repose le Saint-Sacrement , qui est k Tune des extrémités du jtranceps 9 il y a plusieurs fenêtres garnies de petites colonnes 9 qui se retrouvent aussi à Tautrc extrémité ou est l'en^ trée de la sacristie.
S IV
Notions sur tes divers styles appelés Bisantin , Lomiard , Carlovingien, Saxon j Teutoni* jque. Normands Arabes Moresque, Sarrazin, Roman,
On a donné divers noms à l'architecture qui a régné depuis Constantin jusqu'aux croisades. Nous dirons un mot sur l'origine de ces noms et )es çar^ptjères de Tarchitecture (qu'ils désignent^
\otion.i sur te sti/te
Stifte Bi/sanlin.
L'arcliitecturc iysanline doit occuper le premier rang, soit dans l'oidrc du goût, soil daus l'ordre chronologique. Ce nom lui vient de la ville de Bysance , siliioe sur li^ bord du Oospfaorc , à l'entrée du détroit qui unit la Méditerraiiûo h. la Mer Noire, Vers l'an 3aS , Constantin exécuta le projet qu'il avait formé de quitter Rome pour établir le siège de sou empire à B,\sance. Il avait d'abord fait faire do grandes eouBtructions dans cette ville et y avait attiré un grand nombre d'architectes et d'ouvriers dans tous les genres. Ce nombre augmenta encore lorsque le prince y fixa Ba demeure et fit construire plusieurs places environnées de galeries, deux palais, un cirque, des prétoires et surtout un grand nombre d'éelises (i).
Bysancc ainsi renouvelée prit le nom de Constantinople. Elle n'est connue aujourd'hui que 60US ce dernier nom. Les ouvriers et les architectes étant en partie Grecs et en partie Romains, il résulta de leurs travaux un mélange de style auquel on a donné le nom d'architecture
(I) Voy. Flcnrj, Histoire ecclésiastique, livre XI, n° 4S>
hysaruin^ lombard , etc. 217
bysantine. Les savans n'en définissent pas parfaitemeint le caractère ; mais l'église des Saints- Apôtres à Constantinople , celle de Saint-Procope et plusieurs autres bâties par Constantin ^ celle de Sainte-Sophie, reconstruite par Justinien, et celle du Saint-Sépulcre à Jérusalem peuvent être regardées comme le type du style bysantin.
On conçoit facilement qu'après les immenses constructions faites à Bysance , les ouvriers et les architectes qui se dispersèrent en Italie et dans le reste de l'Europe portaient partout les idées qu'ils avaient mises à exécution dans cette ville : aussi) l'église de Sainte - Sophie devint le modèle de plusieurs autres. Elle fut imitée en France dans Tabbaye de Sainte Médard de Soissons, fondée par Clotaire 1 5 vers l'an 56o ; de même qu'à Stavello 9 abbaye impériale , située près de celle de Saint-Hubert dans le^ Pays-Bas (i). L'église octogone de Saint -Vital à Ravennes 5 qui est du 6* siècle , }a ^chapelle de Gharlemagne à Aix , et d'autres églises construites par lui sur les bords du Rhin sont désignées comme bysantines (2). Sainte-
Ci) Gett« remarque est importante ponr prouver que les idées prises à Bysance s'étaient propagées de bonne heure en Ëarope.
(2) Dans le canton.de St.-Tri?ier-snr-Chalaronoe y tout prés de Ghâtillon-les-Dombes , il y a une petite église
ai8 Notions aur te styla
Sophie fut imitée à Venise pour la coastruclion de Saint-Marc vers l'an ry^-j ; à Lyon , pour l'église d'Ainay , vera le même ttmps ; à Pise , vers l'an 1016; à Jérutalem, punr la reconslruclion dn Saint-Sépulcre, l'an io5g; plus tard àFktrence, pour Notre-Dame -des-Fleurs,
Il noua semble que ia plupart des églises d'Italie ont conservé ce style ; peut-^tre même pourrait-on ajouter qu'il a pris naissance dans ce pays et qu'il s'y est maintenu, quoique le non lui soit venu d'ailleurs. L'église de Saint- Paal hors des murs à Rome était eu style bysanfin , quoique construite avant la translation de l'cmpîre. On peut en dire autant de l'ancienne église de Saint-Pierre-du-Vatican , de celle de Saint-Pierre-ani-Liena, de Saint-Clément et de la plupart des égliscsdeBome et d'Italie. La Sicile surtout renferme beaucoup de constructions byaantineg.
Ce qui caractérise le style bysantin , ce sont les arcades appuyiScs sur des colonnes sans architrave, mais avec un archivolte, c'est-à-dire une moulure qui fait le tour de l'arc cl lui sert de bordure. Pans les basiliques bysantines > on voit , sur
dédié« i saint Clirlilophe, dwt la porte eit en «Ijla bjSBiitiD fort i\i%*at.
hysantin s lombard, ete, 219
l'archivolte ^ les ouvertures des tribunes placées au - dessus des petites nefs ; quelquefois c'est une galerie saillante comme on en voit encore à Saint-Jean et à Saint-Nizier de Lyon , à Saint- Barnard de Romans > dans le chœur de la cathédrale de Belley, dans l'église de Brou^ etc. Un second caractère de l'architecture bysantine était de placer assez souvent sur les grande^ églises des dômes ou coupoles ^ c'est-à-dire une construction de forme ronde ou octogone ^ qui s'élevait sur des piliers ou des arcades et fournissait un beau jour au milieu de l'église. U y en a cinq sur Téglise de Sainte-Sophie et sur celle de Saint- Marc et trois sur l'église du Saint-Sépulcre. Le troisième caractère du style bysantin se trouve dans les ornemens des chapiteaux et dans les personnages qui sont représentés en bas-reliefs ou autrement. Les chapiteaux bysantins sont sculptés avec élégance 9 ornés de feuilles et de fleurs de diverses espèces; les branches de chêne et d'olivier y sont mêlées aux feuilles d'acanthe^ Les personnages en général sont mieux dessinés que ceux du style lombard , quoique moins bien que ceux de Borne et de la Grèce. Les personnages sont orientaux ^ c'est-à-dire que la ligure et le buste sont un peu longs et qu'ils sont couverts de grands manj^Ux ouverts devant ^ qui laissent apercevoir de j^iches étoffes ; on en voit de ce genre sur \^ f^qade 4^%
^20 Pfotion$ sur te styie
églises <|e Chartres, de Saint-Denis, de D^otre»- Pâme de Poitiers, etc. {%)
Quoique le style grec paraisse dans le bysantin « cependant le caractère principal de l'architecture romaine y domine , savoir, les formes ]:x)iides et le plein -cintre. A Sainte-Sophie, le dessus des portes et des fenêtres est rond ; les entre - colonnes sont partie en plates r bandes , partie en arcades ^1 ^epose^jt si;r des colonnes sans architraye.
4lbt, II,
Style lomhard et parlovingien.
Nous ayons yu (page 204) que Thépdoric , roi de« Ostrogoths, régnait dans la partie de l'Italie que nous appelons Lombardie, ai^ çonimencement du & siècle , et qu'il favorisa les arts. Beaucoup d'ouvriers et d'architectes se rendirent auprès de lui. I^es édifices aaciens furent restaurés 9 quelques édifices très-beau:^ furent érigés à Vé-r rone,àRaven]Qes, etc,i; naais beaucoup d'autres
(I) Pour se faire une ïâés des chaogemens arrivés en France dans la sculpture , il faut parcourir l'ouvrage du P. Montfaucon intitulé : les Monunpens dis Vkhtoir0 4ç France f etc, fin 9 vol. inrfol%
• .If.
vt/santin, iomhatd, eic, îi2>
tvitevX conslruUs sans goût et sans proportion y soit parce que les vainqueurs voulaient y mettre leur cachet, s(Mt parce qu'ils employaient les dé^ bris d'anciens monumens qui tombaient en rui-nés. Les Lombards, devenus à leur tour vainqueurs des Ostrogoths en Italie, vers 568, firent aussi beaucoup de constructions et réunirent beaucoup d'ouvriers pendant leur règne d'environ 200 ans. Ces^ ouvriers se répandirent de là en France et ailleurs , commie le font aujourd'hui les Italiens plâtriers et peintres^décorateurs qui viennent presque tous de la^ même contrée appelée encore Lombardie, circonstance qui mérite d'être observée.
Mais ce fut surtout du temps de Charlemagne que ces ouvriers vinrent en grand nombre dans les Gaules et contribuèrent à l'érection d'une foule d'églises , de monastères et d'autres monumens dont le style dut naturellement prendre le nom des Lombards qui les construisaient. Ce style varia selon les lieux , les artistes et les ressources de ceux qui fournissaient l'argent ; il varia aussi à cause du mélange des artistes bysantins qu'employa Charlemagne à Aix-la-Chapelle , à Paderborn et sur les bords du Rhin.
Quelque temps avant cet empereur, les monumens étaient devenus plus lourds et plus massifs ; les piliers carrés avaient été substitués aux
saa Notions siir le style
colonnes qu'employait le style bysantin 9 les co* lonnes elles-mêmes devinrent, ou beaucoup plu» courtes, à raison de leur grosseur ,011 beaucoup plus allongées , fort minces et groupées. Le toit des anciennes basili^es était cacbé par un lambris en bois, Pusage des voûtes s'établit et c'est pour en soutenir le poids , qu'on employa des piliers et de grosses colonnes. Cette nouvelle manière de construire s'appela ^ti//e iomhard. Du vivant de Gharlemagne et quelques années après lui, on vit encore de belles constructions bysantines ; mais à mesure qu'on avançait dans le 9*, le lo* et le 1 1* siècle, le style lombard prévalait , les formes redevenaient plus massives, la sculpture surtout perdit infiniment. Il ne faut pas être surpris des j ugemens divers qui sont portés sur le style lombard dont les uns vantent l'élégance , tandis que les autres en critiquent la pesanteur et le mauvais goût. Tout dépend de l'époque où les constructions ont été faites et des autres circonstances que nous avons indiquées. Il ne faut pas être surpris non plus de voir des architectes donner le nom de style bysantin à une église et d'autres dire qu'elle est en style lombard : les élémens de ces architectures étaient les mêmes , les époques étaient rapprochées , les ouvriers grecs et lombards étaient mélangés ; cependant il nous semble qu'en général le style lombard vaut moins
éysantin, lotnéard, ete, ûsS
que le style bysantin dont les colonnes conser-* valent de justes proportions (i).
Dans le style lombard , au contraire , les arcades et les voûtes sont soutenues par de gros piliers carrés ou rondâ^ en forme de colonnes trèscourtes 9 dont les chapiteaux sont pleins de figures fantastiques et grimacières (2); les bas-reliefs
(1) On attribue aux Lombards les cathédrales de Va<«> lence , d'Arles , de Saint - Paul - Trois - Châteaux, de Sisteron, de Tulle, de Saint-Diez, de Besançon, etc.; les églises de Saint-Victor à Marseille, de Saint-Barnard à Romans, de Cruas en Vivarais, de Saint -Jean et de Saint- Michel à Pavie, celle de Saint -Jean à Parme et celle de Saint-Jules à Pergame; les chapelles d'Altenœteng en Bavière , celle du château de Nuremberg , celle des Bénédictins à Ratisbonne. Les Bénédictins étant venus d'Italie en France dans le 7^ siècle, ils suivirent le style lombard dans les constructions de leurs églises qui , en général , sont lourdes : aussi on appelle encore clochers bénédictins ceux qui sont carrés et très-massifi^ ; on attribue aussi aux Bénédictins l'usage des petites colonnes qu'on voit souvent autour du chœur de pla« sieurs églises, entre lesquelles sont de petites fenêtres longues , bien évasées en dedans. On les trouve souvent dans les églises construites chez eux ou par eux.
(2) On croit que ces figures grimacières étaient destinées à représenter les dieux du paganisme qu'on voulait par ^ là rendre ridicules et méprisables. On les mettait sur les chapiteaux des colonnes pour leur faire supporter
224 Notions sur îe style
sont sans goût 5 sans proportion et sans perspective 5 les fenêtres sont longues et étroites , les voûtes peu élevées; mais nous devons toujours faire observer que le caractère principal de Tarchitecture romaine dominait dans ces constructions lombardes comme dans les bysantines^ c'està-dire le plein-cintre.
, Tout ce que nous avons dit des styles lombard et bysantin , s'applique an style carlovingien ; s'il y a quelque différence., on ne peut l'attribuer qu'à la bonne impulsion que donnait le génie de
Charlemagne et aux richesses' dont H pouvait disposer : aussi l'église d'^Aix-la-Chapelle sera
toujours regardée comme un monument magnifique sous le rapport de l'architecture et des ornemens qu'il renferme.
Art. III.
Style Teutonique, Saxon et Normand.
Ces styles nous sont peu connus, parce que c'est en Allemagne , en Angleterre , dans la Belgique , la Hollande et le nord de la France qu'ils ont été employés; mais nous avons lieu de croire que c'est le style bysantin et lombard sous d'autres noms.
le poids des édifices religieaz , ou en dehors pour rece- Toir et rejeter Teaa de la pluie.
iysantin, lombard, etc, 225
les Lombards n'étaient pas concentrés en Italie , Us s'étendaient du côté de la Bavière et en France; Nous venons de citer beaucoup d'églises bâties par eux dans ces contrées. D'un autre côté, Charlemagne ayant fait construire plusieurs églises en Allemagne , et les seigneurs de sa cour ayant suivi son exemple , l'architecture devint indigène dans ce pays et prit le nom de teuton ique, d'allemande et de saxone. Les rapports de la Saxe avec l'Angleterre étaient fréquens, puisque ce royaume était sous la domination des Saxons. L'architecture de ces premiers siècles en Angleterre a dû prendre le nom des ouvriers et du peuple vainqueur, c'est-à-dire des Saxons d'abord et ensuite desNorniands qui, en 1066, en firent la conquête sous la conduite de Guillaume-le-«- Conquérant.
On ne cite aucun irait caractéristique et^ bien déterminé de l'architecture saxone ; les uns disent qu'elle est très^ lourde, très -massive et procurant peu' dé jour aux édifices oCî> elle était employée ; d'autires en vailtent l'élégance et la légèreté. Quant à Farchîtectùre normande , on^ peut juger de son' caractère par la grande quantité d'anciennes* églises qui> existent encore dans* cette province.' ît parait que c'est toujours» Vaiv^ chit'ecture romaine et l'arcade k plein -cintre qui» y dominent. Dans la Sicile , on- aççcUe aij-r
asfi Notions sur te itylt
chitccUirc normande celle que nous appeloi
sarrazinc.
Siyie Jraie , l^auresque et Sarrazin.
Le style arabe , mauresque et sarrazin est à peu de chose près le même que ceux dont nous venons de parler dans les articles précédcns : on remarque cependant deux dîtrérenccs caractéristiques ; la première c'est que les arcs ne sont pas entièrement à plein -cintre, mais forment «ne petite pointe vers le milieu. Celte pointe est quelquefois remplacée par un lobe, c'est-à-dire une petite figure ronde qui a la forme d'un oméga ou d'une feuille de trèfle. Au lieu d'un lobe il y en a quelquefois trois qu'on appelle alors trilobé ou trèfle. On remarque souvent ces lobes dans les fenêtres , et de temps en temps au-dessus des portes. Il en existe un bien formé sur la porte de la cathédrale de Belley, qui est du côté de l'évêcUé. La seconde diflërence plus caractéristique tient à l'usage où sont les mahométans de n'admettre dans leurs mosquées aucune espèce de figure d'hommes ou d'animaux, en sorte qu'ils ne prennent leurs ornemens que dans les diverses manières de varier et de multiplier les feuilles et les ileurs. C'est do là sans doute qu'est venu l'usage d'appeler ara-
éysantin, lombard 9 etc, 927
besques les peintures de ce genre ^ où sont imités les dessins des belles étofTes d'Orient.
Il y a vraisemblablement beaucoup d'églises et de monumcns en Espagne ou l'on a suivi le style mauresque ; mais le plus fameux qui subsiste encore est la cathédrale de Cordoue^ qui était une mosquée bâtie par Abdérame, vers l'an 7669 et qu'on appelle encore la mosqueta.
Cette cathédrale a, d'après l'ouvrage de Durand, environ 53o pieds de long dans œuvre , en y comprenant la cour d'entrée qui diminue la longueur de l'édifice d'environ \Zo pieds. On compte dans l'intérieur, du nord au midi , 19 galeries ou nels formées par 17 rangs de colonnes en marbrOé Ces nefs ont chacune 16 pieds de large et donnent une largeur de 35o pieds, et un ensemble de 85o colonnes qui , jointes avec celles dont la cour est entourée , en porte le nombre à près de mille. Leur diamètre est d'environ un pied et demi et leur hauteur d'environ 1 5 pieds ; elles sont d'ordre composite. Des arceaux fort élevés vont d'une colonne à l'autre ; ces arceaux ont une petite pointe vers le milieu , ce qu'il est important d'observer (1). Chaque rang de colonnes forme dans
(I) On remarque la même chose dans le superbe palais de TAlhambra, situé à Grenade, construit vers le même temps.
23B Noiianê sur te style
la couverture extérieure un petit toil et chaque toit est séparé par un canal en plomb pour conduire les eaux. On a construit au milieu de cette église une grande chapelle fort belle et fort riche,, qui a mis dans la nécessité d'abattre beaucoup de colonnes : cependant il en reste encore assez pour qu'on n'aperçoive pas la chapelle au moment ou l'on entre dans la cathédrale ; il semble même alors qu'on est dans une forêt. Les arcs portés sur des colonnes sont une imitation du style bysantin, dit M. Quatremëre de Quincy, et l'ensemble* du plan a beaucoup de rapport avec lesbasiliques.. Les Arabes et les Sarrazîus étant venus> de l'Orient , où se trouvait une si grande quantité de basiliques, ils ont du certainement imiter le style bysantin , car il ne paraît pas qu'on puisse leur attribuer i)eaucoup d'inventions malgré toute l'application qu'ils ont donnée aux sciences et aux arts pendant leur séjour dans la majeure partie de l'Espagne dont ils ne furent entièrement chassés qu'en 1492.
Art. V.
Style Roman,
Les styles divers dont nous venons de parler étant peu différens entre eux et tenant tous originairement à l'architecture romaine plus ou moins
€ysantinj lombard, etc. aagr
altérée , quelques architectes 9 dans cea derniers*' temps, ont pensé qu'il serait utile de leur donner un nom commun, qui serait applicable à tous les monumens construits dans le moyen-âge jusqu'aux^ croisades^ Le nom de tangue romane ayant été appliqué depuis long- temps à la langue latine dé-' générée (1) , on a cru pouvoir appeler arcbiteg» TURB ROMANE Celle qui s'éloigne des règles tracées* par les Grecs et les ftomainsv On donne ce nom y par conséquent , à tous le» édifices qui ont été construits depuis Constantin jusqu'aux croisades > et qui ont conservé le plein-cintre entre les co«* lonnes, sur les portes et les fenêtres, ou qui n'ont qu'un commencement de style ogival peu prononcé. Ce nom établit une séparation marquée* entre ce style et le style gothique dont nous- allonB^'
(I) Qaand les Francs se furent fixés dans les Gaulésy on 3' parlait le celtique ou gaulois, le latin pur et le* latin dégénéré qui se composait d'un mélange de celtique, dé latin et de mots français ; on appelait ce dialecte' langue romance ou romane. Cette langue s'écrÎTdit , ttr on a quelques monumens où elle est employée. Charte^ magne recommandait aux évé'qnes de faire leurs instructions en langue romane y afin qpe le peuple les compritmieux. Beaucoup d'histoires de chevalerie», vraies ou fausses, étant écrites en cette langue , on a conservé lenom de romains aux écrits faits à plaisir qui racontent des aventures ou des intrigues.-
aSo Notions sur F architecture
parler (i). Nous nous servirons quelquefois de cette dénomination d'architecture romane > à cause de la difliculté qu'il y a d'assigner à quel autre style conviennent certaines églises 9 et certaines portions d'églises où les styles sont mélangés. Cependant le style bysantin , lombard et sarrazin est si bien prononcé dans certains cas ^ qu'il nous parait utile de conserver ces dénominations.
On met au rang des églises romanes toutes celles que nous avons nommées en parlant des styles lombard^ sarrazin et bysantin. Les principales qu'on y met encore 9 sont les cathédrales d'Àngoulême , de Nantes, d'Angers, de Bclley, de Bordeaux, de Bayeux, d'Evreux, de Spire, de Mayence , de Worms, etc. ; les églises de Saint- Germain- des- Prés à Paris, de la Sainte-Trinité à Angers, de Saint- Hilaire et de Notre-Dame à Poitiers, de Sainte-Croix à Bordeaux, de Tournus diocèse d'Autun , de Saint-Nicolas de Caen , etc. La métropole d'Arles est une des plus distinguées dans ce genre ; il en existe plusieurs descriptions intéressantes. Le B. Allemand , cardinal et ar-
(I) M. de CaumoDt, professeur d'architerture à Caen, parait t^tre un des premiers qui a employé celle dcnomÎDatioB. M. de Caumont est auteur d'un Cours d'anti- ^uttés monumentales qui nous a été fort utile.
gothique ou ogivale, etc. 23 1
chevêque d'Arles , dans le i5' siècle y M. de Gon* zié , archevêque de la même église quelques années avant , tous les deux originaires de notre diocèse , ont fait faire de grandes réparations dan» cette métropole.
SECTION IX
isolions sur f architecture gothique ou ogivale, et sur les églises construites depuis les croi" sades jusqii au i6' siècle, époque du renou» veiiement des arts.
Dès le commencement du ii' siècle, au moment où les croisades furent publiées (i) , il se fit
(I) Les voyages à la Terre-Sainte , deptkis Saintc-Hélèoe, avaient toujours été très-fréquens ; on y allait de tous les coins de l'Europe et de TAsie. Mais les Sarrazins s'étant rendus maîtres de Jérusalem l'an 1009 , exerçaient toutes sortes de vexations contre les pèlerins. Un ermite , appelé Pierre ^ porta hautement SQS plaintes contr'eux au pape Urbain II, et peignit d'une manière si touchante la triste situation des chrétiens dans la Palestine , que le pape Tenvoya de province en province pour exciter les seigneurs à cesser les guerres qu'ils se faisaient entr'eux et à tourner leurs armes contre le» infidèles. La résolution en fut prise par le concile teoa à Clermont en novembre 1095.
2*52' Notions SUT V architecture
un remuement extraordinaire dans la société. liCs^ seigneurs qui passaient leur vie à guerroyer entr'eux, se croisèrent pour la plupart et allèrent à \dL Terre-Sainte pour en faire la conquête sur les Sarrazins , qui l'avaient eux-mêmes conquise sur les chrétiens peu auparavant. Cette expédition ne fut pas heureuse,, mais elle changea le cours des idées et la disposition des esprits : les sciences et les arts prirent un essor qui est toujours allé en croissant et qui a changé la face de l'Europe.
L'architcctare religieuse se sentit de cette impulsion et produisit , pendant l'espace de quatre siècles > des monumens qui étonnent encore par feur élévation , leur légèreté et leur solidité. C'est alors que se propagea l'architecture gothique ou ogivale qui , après avoir excité le mépris et la pitié des incrédules du 18"^ siècle, vient enfin de fixer l'attention et l'admiration de tous les savans du jour. Les^ccléskstiques ne pouvant pas demeurer étrangers à des connaissances qui ont une liaison si étroite avec la' religion , nous allons donner quelques notions sur l'architecture gothique ou ogivale, sur les églises construites en France , en Angleterre , en Allemagne , en Espagne et en Italie à l'époque désignée. Nous y ajouterons quelques mots sur la peinture qui décorait ces églises , et sur les confréries de maçons et de pontistes qui
gothique ou ogivale, eic* 2S2r
se formèrent dans le même temps et à la même occasion.
SI-
Notions sur i' architecture gothique ou ogivale*
On entend par architecture gothique y dans fe* langage ordinaire et familier , celle qui est an^ eîenne ^ qui est chargée d'ornemens singuliers et bizarres 9 qui est de mauvais goût. Cette dénomination vagUe est même fréquente sous la plimie des historiens 9 des voyageurs et des géographes , qui la donnent sans distinction à tous les monu-^ mens qui s'éloignent des règles tracées par les Grecs et par les Romains; mais les architectes , et surtout les architectes modernes, mettent une différence eiitre les constructions faites avant le 12* siècle et celles qui Font suivi. Nous avons rappelé dans la section précédente 9 § V5 les nom» divers qu'ils donnent à l'architecture qui admettait l'arc à plein cintre. Ils appellent architecture gothique ou ogivale celle qui admet les arcs pointus et allongés vers le milieu ; cet arc est aussi* appelé arc à tiers point, On demande , i*" quelle est l'origine de l'architecture gothique; 2* comment elle s'est propagée en France et dans le* reste de l'Europe ; 3* quel en est le véritable caractère ?
aS<j Notions sur f architecture
Abt. I".
Quelle est i'oritjinc de. C architecture gothique?
La réponse à celte i]aestion paraît facile au premier coup d'iiil, cl les Goths ayant séionrné long-tenipscn Italie, fil Espagne et dans la France raériilionnlc (i) , il vsi naturel de penser qu'ils sont les iiiveuleurs de. l'arc lu te dure qui porte leur nom. Mais on opposa ;i ce sentiment des observattqas qui paraissent solides : la première , c'est que ai les Gothg avaient été les inventeurs d'une ar-- <^îtecture , ils en auraient laissé des traces dans leur patrie ou dans les pays qu'ils avaient conquis et occupés; or on ne trouve aucune construction gothique faite par eux ni en Suède > ni en Italie, ni en Espagne. La seconde observation , c'est que
(I) Lel Goths, lei Visigr>t1>a et les Ostrogoths étaieot originaires de la Sui'de m^ridinnale , oii il j a encore deux provinces appelées Gulliie et Oslroj^olhie. Ce peuple éIsU d'ahnrd entré dans l'empire romain vers l'an 250, mais il fut repnuasé. Les Viiignths ealrirent en Italie al en France vers 417 et s'établirent en Espagne, d'oii ils furent chassés par lei Sarrjzins en 712. Les Ostragnths formirent un ruyaume en Italie , sous la condaile de Tliéodotic, en 492; ils en furent chassés par les Lombards en 553. Il est à prupos de faire a
gothique ou ogivale, etc. 25Sr
du temps des croisades où l'architecture gothique s'est répandue en Europe ^ les Goths avaient été chassés de partout 5 et n'existaient plus en corp» de nation depuis plusieurs siècles. Mais alors^ diton 9 pourquoi a-t-on attaché le nom des Goths à ce genre d'architecture ? Il faut convenir de bonne foi que nous n'en savons pas la raison ; nous savons seulement qu'on appelle gothique un genre d'écriture fort compliqué , et qui n'a été en usage que bien long-temps après la dispersion des Goths. Peut-être au moment de la renaissance des arts a-t-on appelé gothique ^ par mépris 9 tout ce qui n'était pas conforme au style grec et romain qu'on voulait faire prévaloir.
Mais si l'architecture gothique ne vient pas des Goths 9 à quels peuples l'attribuer? Les savans sont partagés sur ce point : les uns l'attribuent aux peuples du Nord, appuyés sur ce raisonnement » que les grandes forêts sont une image du style gothique et ont du en fournir le type y soit parce que les sapins s'élèvent en jointe comme les ogives 9 soit parce que lef' branches des arbres voisins s'entrelacent et forment une espèce de voûte avec des nervures , comme on en voit souvent dans le style gothique 9 soit encore parce que les neiges fréquentes et abondantes qui tombent dans les pays froids 9 mettent dans la nécessité de donner une pente rapide aux toits et de rendre le&
«M Notions sur CarchUeciv^
âp|>artemens intérieurs très-élevésr dans le milreCty tandis qu'ils sont trës»bas' sur les côtés ^ ce qui se rapporte facilement au style ogival. 1\ ne manque à ces observations que des preuves de faits qui constatent que les plus anciens monnmens gothiques sont dans le nord de l'Eurc^e ; or cette preuve n'exisfe pas^ ou plutôt il etiste des preuves du contraire.
Il parait que e'ést en Orient , dans la Perse » dans rSgypte y dans la Syrie 5 que se trouvent les constructions ogivales les plus anciennes et les plus nombreuses. On assure que le palais de Sa-* j^or> roi de Perse » et généralement tous les bâti-< mens publics de Bagdad , de Damas et des contrées environnantes 9 sont en ogive ; or, Sapor III , qui est le dernier de ce nom, vivait en 383. L'église du monastère situé sur le mont Sina'i , est en style ogival, et ce monastère a été construit par Justinien,d'^aprèsAdrichome. Le Nilomèlre, en Egypte, bâtiment carré destiné à mesurer la hauteur des eaux du Nil , a un arc en ogive sur chacun de ses côtés, et ce bâtiment 0st de l'an 800 et 85o. Il y a en Egypte plusieurs mosquées où règne l'ogive , et notamment dans celle d'Ëbntouloun , construite dans le 9* siècle ; mais le fait le plus remarquable à cet égard, est celui de là mosquée d'Omar, qui était le second successeur de Mahomet vers l'an 634 9 qui fut construite sur les ruines du temple de Jérusalem, et qui est louVe eiw oçln^.
gothique ou ogivale , ete, ^5y
Nous avons déjà fait observer que l'église du ^ainl* Sépulcre 9 construite en ioSq^ avait un mélange de style byzantin et de style ogival. Lord Aberdeen affirme que si Ton tirait une ligne , partant du Pont-Euxin 9 passant par Gonstantinople , et se terminant en Egypte , on trouverait dans plusieurs régions à l'est de fréquens exemples d'architecture ogivale, notamment dans l' Asie- Mineure, l'Arabie , la Perse , sur les bords de la mer Caspienne , et jusqu'aux déserts de la Tartarie. M. Le Normand , qui a exploré l'Egypte il y a peu de temps avec M* Ghampollion , partage la même opinion (1). De ces faits et de quelques autres que nous supprimons , on pourrait conclure que le style gothique ou ogival nous vient de l'Orient.
AaT> IL
Comment te styte ogival a-^t'it passé en Europe?
On peut présumer que le style ogival a passé en Europe par le^ Sarrazins , par les pèlerins de Je* rusaiem et par les croisés.