I. Notions sur ta métropole de Paris
la métropole dé Paris doit être mise au pre-^
(I) On peat consulter les vues pittoresques^ de plusieurs cathédrales , publiées par Ghappuj y avec un teste des>erîptif et historique par M. de Jolimont ; — le Voyagi^ pittoresque et romantique dans V ancienne France y par MM. l?ïodier, Taylor et de GailleuT. Ces deux ouvrages B« sout pas encore terminés.^
îSa Notions sur Icn églises
micr rang des belles églises, comme étant la plus
ancienne et une des plus remarquables.
Elle avait d'abord été biîtie , en 555 , par Childebcrl ; sur les ruines d'un ancien tcntplo de JiipiEerjelle l'ut dcli'uile,en8;5, par IcsNoimanda. Uaurice de Sully, qui en ùlait évêquc , cnEnprit de la reconstruire en i iGj et s'en fit comme l'architecte (i). 11 y travailla 39 ans; mais après sa mort divers événcmens et le défaut de moyens furent cause que deux siècles s'écoulèrent avant qu'elle fût tet-mioée.
Le caractère principal et le mérite réel de cette basilique consiste dans une grande sévérité de lignes , dans la majestueuse simplicité des formes , daus l'unité de tout l'ensemble, unité rarement conservée dans les basiliques postérieures au
(I) Snidi Augusiio et aei compagnnns envnjL^s en Adglelerre par saint Grégoire-le-Grand , faisaienl les [oactiuns d'apâ(r« el d'architecte . Saint Wilfrïd, archevêque d'ïorck, dtHina le plan de l'église de Rippon. Saint Grégoire de Tuurs parle de plusieurs de ses prédécesseurs qui iStaient arcliilecles et dil qu'un évtique de CbïloD-sar-SaSue , nommé Agricola, avait dirigé la construction de plusieurs édifices et notainineot de sa cathédrale. En 1048 Humbert, archeitqne de Lyon, était architecte ; on pourrait citer beaucoop d'autres évèqnes et surtout beaucoup de religieux qui s'occupaient d'ar* chilecture et ont dirige de grindcs constraciious.
du fnotfen'êfe. 265
11' siècle ; à cause du temps qu'on a, mis à les construire pour la plupart et du cnangemcnt des architectes qui dirigeaient l'ouvrage, («a façade est composée de deux tours symétriquement bâ«ties^ qui, liées à la nef principale dans les deux tiers de leur hauteur, forment avec le centre commun 9 jusqu'au point oii elles s*isolent , une immense parallélogramme qui a quelque analogie avec les grandes constructions romaines. Malgré l'emploi des arcs ogives, elle rappelle dans son ensemble la force et la majesté de l'architecture lombarde, plutôt que l'élégance et la légèreté du gothique. Cette façade est divisée en plusieurs étages par d*élégantes galeries ; elle a 1 28 pieds de largeur sur 204 d'élévation, y compris les tours, et présente selon l'usage trois grandes portes qui sont entourées et ornées de sculptures très- curieuses. Une des galeries était formée par 27 niches qui renfermaient 27 statues représentant nos rois depuis Childebert jusqu'à Philippe-Auguste.
Deux autres portails latéraux terminent les extrémités de la croisée au nord et au midi. Ces portails, d'un style simple, sont chargés d'ornemens et de détails gothiques dont plusieurs sont en fer tellement roulé et entortillé, que l'imagination en est tout étonnée. En général, on reproche à l'extérieur de cette église d'être d'une architecture lourde ; cependant il faut convenir
9S4 Naiimmt sur tes iftisss
qa'dle le paiailrail moins si , comoM autrefois; cm y montaiil par des marches ^ui lui donnaient on élancemenl qu'eUe n'a plus * parce que le terrain adjacent s'est éleyé» comme cela est arrivé à Borne et ailkors;.
Notre-Dame de Paris est à cinq nefii> elle.a Sgo pieds de long et i44 ^ large dans la croisée. La hantear intérieure de la grande nef est de io4 pieds ; il y a sur les petites ne& de vastes tribunes. On remarque» dans les voûtes de cet édifice, beaucoup de hardiesse et de souplesse , de gracieuses courbures en <^ve y des nervures délicatement profilées 9 de la légèreté dans les masses évMécs par des fenêtres presque continues ^ découpées en fleurons et en rosaces ; il y a de la richesse dans la disposition des piliers surmontés de feuillages et d'ornemens symboliques ; la lumière est admirablement ménagée par Te fTet mystérieux des vitraux peints : tout; dans cette basilique 9 parait digne de la majesté suprême ; tout y commande le respect et fournit matière aux plus profondes réflexions. La métropole de Paris est le grand témoin de notre histoire depuis plusieurs siècles. Elle a vu nos révolutions ; c'est le monument vénérable qu'il faut consulter pour bien connaître l'humanité. (Voyez Chappuy et la Description de ta hasilique de Paris, par Gilbert , 182 1 ; voyez aussi le Tableau de Paris, par M. de Sl-Victor.)
du moyeri'âge. sSS
II« Notions sur ta cathédrale d^ Amiens,
La cathédrale d'Amiens fut commencée en 1 220. C'est une œuvre rare de perfection et d'ensemble» Le portail principal ^ sous beaucoup de rapports^, rappelle celui de la métropole de Paris. La façade se développe sur i5o pieds de largeur et se couronne de deux tours inégales dont celle du Nord a 210 pieds de hauteur (1). Trois portiques élégans supportent l'une sur l'autre deux galeries à jour y à arcades ogives 9 d'une grande élégance ^ soutenues sur des colonnes groupées. De l'avis^ de tons les connaisseurs ^ ce n'est cependant pas par ces ornemens extérieurs que se recommande la cathédrale d'Amiens ^ c'est plutôt par la beauté de son intérieur qui est en fo^me de croix latine, de 4^^ pieds de longueur et de 98 de largeur. L'on y voit les lignes architecturale? se développer librement avec les artifices de pers-
(I) L'ioégalllé qae Ton remarque dans la plupart de» tours de cathédrales , vient , dit-on, de ce qu'anciennemeqt les cathédrales métropolitaines, certaines collégiales et l'es abbayes de fondation royale avaient seules le droit d'avoir deux tours d*une égale hauteur. Les cathédrales sufFraganti^s en avaient déux^ mais inégales; Enfin, les autres églises de paroisse n'avaient droit qu*'à un clocher. Les tours de Saint-Sulpice , à Paris , construites dans le dernier siècle , sont inégales.
ad6 Notian&smrteê égUset
pecCnpe ipn nmltipiieiift les loinlaîm» C^eal là snrtoot (pie Ton reconnait l'effet admirable £irodiiik par le style o^vaL U prolon^ les distances et les ùâÈ perdre gradneilenient dans le lointain. Q en est de même des eoJoiinades légères^ rondes et simples, qni partent de la terre conune des flèches eC montent an ciel , laissant courir entr^elles la lumière qni semble encore «i^;randir Tespace. Ici fimary»^ dans La cathédrale de Paris et dans beaacoop d'antres monnmens de la même époque , OD pent remarquer le mélange du style des i3* et i5* siècles arec celui des 14* et i5*. Les piliers commencent à se former en Êdsceaux, deviennent anguleux et plus sveltes. Les arcs ogives sont plus ouverts , les omemens et les découpures en trèfle s'allient avec la rose 7 ks fleurons, les feuillages, <ft déjà Ton voit naître des divisions plus compliquées. Cette observation est d'autant plus remarquable dans la cathédrale d'Amiens que presque partout ailleurs ce passage forme des contrastes frappans dans chaque portion qui correspond aux diverses époques ^ tandis qu*ici les divers styles sont fondus sans transition sensible et conservent k rensemble de la structure une unité réelle, sans monotonie, qui constitue une des perfections les plus remarquables de cet édifice. Les prédicateurs assurent que la cathédrale d'Amiens est
du nioyen-âge. 257
une de celles où Ton se fait entendre avec pin» de facilité (1).