‹ Manuel de connaissances utiles aux ecclésiastiques sur divers objets d'artChapitre 32 sur 51 · IV. Dans les paroisses de campagne , la grandeur · texte numérisé non relu

IV. Dans les paroisses de campagne , la grandeur

[l)Ad Orlhod., 9, lia.

(2) Apolo^criq. , cliap. XVI.

(3) H<,mal. V i„ „am.

C4) De Oratione.

(5) Liv. I" des Con.,tUut. apoUol. Isidore, Hv. XV des Etjmologies. Saint Paulin , ad Severum.

(6) EuaUie, Biit. eccliiiaU. , liv. X , chap. IV. (7yy^y. Fetraria, au mot EccUtia, art. III, n' 60.

sur ia construction des églises. 35^

des églises doit être proportionnée à la population. Si la population est de 600 âmes 9 il faut que l'église puisse contenir au moins 4oo âmes» c'est-àdire que les malades 9 les en fans et les personnes qui gardent la maison , forment le tiers de la population. Dans une petite église 9 il faut compter un mètre carré ou trois pieds carrés par personne 9 à cause des autels 9 des bans et des chaises qui prennent un certain espace : ainsi une église doit avoir I9200 pieds carrés pour renfermer de 4 à 5oo personnes; c'est ce que vous «btiendrez, si votre église a 60 pieds de long sur 20 de largeur. ( Voy. ce que nous avons dit page 10.)

V. Les proportions les plus convenables pour une église qui n'a qu'une nef 9 sont ordinairement que la longueur forme trois fois la largeur 9 et qu'elle soit un peu plus haute que large. Ainsi 9 une église qui aurait 60 pieds de long 9 20 pieds de large et 25 pieds de haut 9 serait dans de jolies proportions ; mais au reste tout dépend de la forme qu'on lui donnerait. Nous allons en indiquer plusieurs 9 en faisant apercevoir les avantages et les inconvéniens de chacune.

Notions et observations sur ia forme des églises.

Le plus court moyen à prendre pour avoi» une idée des formes diverses qu't)n peut donner aux

358 jlg^rtji^ et ohservatiani

égliiesi ^t dé Jaler un coup dteil àor la plancbè d^joiiite^qn^ en représente plusieurs , sur lesquelles noiw ferons diversttft observations.

LLa figure I représentle une chapelle (i). Cette fomse n'est distiogmée d'une grande salle que par la terminaisoii circulaire qu'on aperçoit au point A f et encoM cet emplaqement est-il quelquefois t^arré. Ce genre d'église est fort simple , comme l'on voit 9 et ne présente pas plus de diflieultés qu'un bâtiment ordinaire. Le prix de la construction doit être modéré , parce qu'il y faut peu de fenêtres-9 et qu'il n'y a que deux angles obligte jeii pierre de taille dans la partie B C.

Ces églises sont commodes pour la surveillance » parce que d'un coup d'œil on voit tout ce qui s'y passe; les fidèles aperçoivent l'autel de partout et peuvent suivre toutes les cérémonies ; le chœur est large et fournit beaucoup de places pour les hommes et pour les enfans; la table de communion occupe toute la largeur de l'église 5 en sorte qu'on peut s'en approcher avec facilité.

Ces églises ne favoriseut pas le recueillement , parce qu'il y a peu de petits coins où l'on puisse

(I) Le oom de chapelle , vient du mot cappa, chappe , et ce nom a été donné aux églises de nos rois, à cause de rhabitade où ils étaient de transporter avec eux et de con* serrer avec soîd dans leur oratoire !a chappe de St. Martin.

P«»<çe 558.

sur la eonstr action des églises 359

se retirer pour méditer en silence et parler à Dieu seul à seul ; elles sont ordinairement trop éclairées, parce que le jour ne se perd pas; il faudrait pour les orner beaucoup de tableaux et beaucoup d'autels , et précisément on ne sait où placer les autels et les confessionnaux. Si TégUse était nn peu grande , la charpente serait fort chère 9 parée qu'il faudrait des pièces de bois très-longues. Il y a peu de grandes églises dans cette forme ; la plus remarquable est la chapelle de Versailles y qui a 120 pieds de long et 60 de large dans œuvre. La plupart des chapelles de palais épiscopaux et des maisons religieuses sont dans le même genre. Nous en disons autant de la chapelle Sixtine à Rome, dont les deux bouts sont coupés carrément; la cathédrale de Viviers et l'ancienne cathédrale de Die , sont construites en forme de chapelle et ont la même largeur partout.

II. La (igure 2 représente une église semblable à la précédente pour la nef, mais à laquelle on a ajouté quatre ou cinq chapelles de chaque côté , dont Tune servirait de sacristie et l'autre , vis-àvis . de seconde sacristie et de débarras.

Cette forme d'église est assez agréable au coupd'œil, et facilite le recueillement et les diverses dévotions et confréries qu'on voudrait établir, parce qu'il y a la place de plusieurs autels et de plusieurs confessionnaux. Les murs de séparation

36o tloUàniei^jûAservaUofks

de chuqui^ ohapeUe swtiçnaQ^t les murs priiKÛr papjc de l'ëgliae et iSMsUitiSBt.la ccvofectton 4*we Yoftie dans k mi^M^k Mite. pape gitimoÈe ieqx iMQn¥éole9s ': }e {«enpier» c'est ;qu'-iiii irang de ■cfci^ellpt Aant i^écessairement fis-A» vis la ol|aSre^ Jbk voU d9 firédloateur s*y eogooffire et on eotead Wiotoa tiaiptf 1 1 wrf Cet inconvément est cep^daiU peu eeMAUrabie quand l'élise n*e4t pas gi^aiide. l4L ^asjppude difficulté que présente cette; fi»nne d'égUse» e*estfq«e tontes choses égales , d'ailleurs, là eoBStmction coûte beaucoap pins que la pr^ cédente^ i . cause des arcs ep piètre^ taîlle et des piHawi^qpMl les snpportenl.

BL La ^inie 3 représenle la fimne la plus usitée pour les églises de petites paroisses de campagne* On y trouve la place de trois autels ; celui da choenr, qui est le graod autel oii repose le Saint -Sacrement 9 parce qu'on en fait le tour pour les encensemeus^ est touîours détaché du mur dans le diocèse de Lyon. Celui qui est à droite • à rentrée du chœur , est l'autel de la Sainte -Vierge. Celui qui est à gauche est dédié au patron de la paroisse , à moins cfue le grand autel ne lui fut consacré , ce qui est très-rare dans le rit lyonnais.

Cette forme d'église a l'avantage de faire voir en entrant trois autels dout la réunion fait un ensemble agréable quand ils sont bien arrangés;

sur la construction des églises, 36 1

mais le chœur est nécessairement étroit et ren* ferme peu de monde. La table de communion est fort courte 9 parce que les petits autels prennent chacun environ cinq ou six pieds; il n'en resterait donc que huit ou dix pour la table de communion^ si l'église a 20 pieds de largeur : beaucoup de fidèles qui sont sur les côtés ne voient pas le prêtre à l'autel et le curé ne peut pas voir tout ce qui se passe dan^ l'église. La sacristie est naturellement placée derrière l'autel de la Sainte- Vierge 9 au point B, et demande peu de frais ^ parce qu'on n'a que deux murs à construire.

IV. La figure 4 représente une basilique proprement dite (voyez la page 173 J ; elle est divisée en trois parties sur la longueur par deux rangp' de colonnes; le sanctuaire est à l'extrémité de là grande nef et se termine en demi -rond. L'autel est placé à quelque distance de l'apside^ afin qu'on puisse le voir de partout. Cette forme d'église est moins coûteuse qu'on ne croirait d'abord 5 parce que les deux petites nefs étant moins élevées que la grande 5 la charpente de cette dernière n'exige pas de bien longues pièces de bois. Le mur qui la soutient n'a pas besoin d'être fort épais ^ parce que la voûte qu'il supporterait aurait peu de portée et de poussée. Les murs des collatéraux n'ont pas besoin non plus d'être épais 9 parce qu'ils ne sont pas très- élevés. La basilique est

S62 Notions et observations

favorable pour la prédication 5 parce que la vol circule san» obstacle dans les nefs. On y fa aussi les processions avec facilité. Deux petits au tels sont placés à l'extrémité de chaque petite nef comme dans la figure 3. Les fonts baptismaux sor placés à une des extrémités opposées 5 à gauch en entrant. Oh peut déposer les chaises de l'autr c6té 9 à droite. Les confesfsionnaux peuvent êtr rangés sur la longueur de l'église , adossés au murs des petites nefs. (Voy. la planche 1'* bis. Quand il n'y a qu'un confessionnal , on pourrai le mettre à droite en entrant pour faire symétri avec les fonts baptismaux.

Nous avons déjà fait observer 9 page 174 9 q^ les premières églises bâties par les chrétien avaient la forme de basilique 9 et que l'empereu Constantin en avait fait construire plusieurs Rome et ailleurs. Ces basiliques étaient en styl byzantin , c'est-à-dire que les colonnes suppor taient des arcs à plein -cintre. Aujourd'hui 01 les construit différemment ; on fait reposer de plates -bandes sur les colonnes, à la manier des Grecs. Le motif de ce changement est fond< sur ce raisonnement : il ne suHit pas , dit-on qu'un bâtiment soit solide, il faut qu'il le pa^ raisse ; or les colonnes sont trop minces en appa renée pour soutenir un grand poids , ainsi l'œi doit être fatigué et l'esprit doit éprouver quelqu<

sur ta construction des églises. 363

crainte en voyant un vaste édifice reposer tout entier sur des colonnes qui ne sont pas liées entr'elles. Quoi qu'il en soit de ce raisonnement , nous pensons que le style bysàntin est aussi solide qu'un autre, puisqu'il nous a légué les plus anciennes églises que nous ayons; qu'il est plus conforme aux constructions religieuses catholî* ques; qu'en général il en coûte un peu moins pour construire une basilique d'ordre bysàntin que pour la construire en style grec , en lui donnant la même hauteur. Il faut cependant laisser faire à cet égard les ouvriers et les architectes pour ne pas s'exposer à voir un édifice manqué et peu solide , s'ils s'écartaient de leurs principes ou de leur routine.

Il a été construit plusieurs basiliques dans le diocèse en style grec : on peut citer celles de Ferney, de Vaux, de Saint-£ticnne-du-Bois, etc. Les proportions de la basilique sont de donner aux trois nefs réunies une largeur égale à la

moitié de la longueur. Il résulte de là que les prédicateurs y sont mieux entendus par un plus grand nombre de personnes, parce que l'églLsie étant moins longue et plus large ^ il y a plus de monde en face de la chaire.

Le nombre des colonnes dans une basilique n'est pas arbitraire. Il y a des règles sur l'espaee qu'il faut laisser entr'elles et qu'on appelle entre-

364 Notiatu et aburvations

eaionnc oa entreHMiannement : pins elles smt maaivc» , pku cet espace doit être grand ; il est de 3 diamètres de la cokiiuie dans Tordre toscan, âm 3 diamètres 5/4 dans le dorique, de x diamètres i/s daos Tûmiqne , de s diamètres daas le corintliien. ?oyex pages i5o et 142 , le rapport du diamètre des colomies avec leur haoteur.

▼» La figure 5 représente ane basilique à piliers, e'est-â-'dire dont les trois nefi» sont réparées par des arcs qai reposent sur des piliers. 3qu» venons de dire pourquoi on ne faât pas reposer des arcs ior des colonnes. Les piliers cariés - longs présentent plus de snrfiwe , font paraître le bâtiment plus solide et le rendent tel en effet; mais âiiâsi il parait plas lourd. H en résulte d'ailleurs rincon^énient que la ?ue est arrétet^ par ces masses de macoonerie. en sorte que la sutt^ illance daiiA réalise est plus difficile et que beaucoup de personues sont privées de ?oir le pré£re à l'autel.

Le style de ces basiliques s'appelle ionh6.ird oa cartot'ingun , parce que c'est 5<irtout vers le tenïps de Charlema^e et dans les sitvzles soivans que les églises ont été construites de la sorte ; c'est alors , comme nous l'avcos dit page 33 1 9 qu'on se mit à voûter les églises , afin d'éviter qo'on y mit le feu aussi facilement. On construit beaocoap d'églises dans ce style ^ parce qu'elles

sur ta construction des églises. 365

coûtent un peu moins que celles qui sont à colonnes; les nouvelles églises de Champfromier, de Feillens^ de Montmerle^ etc.^ sont dans ce style. Saint-Pierre^ Saint- Jean de Latran, etc., à Rome; Saint- Sulpice^ le Val-de-Grâce ^ l'église des Invalides, etc. , à Paris, sont construites avec des piliers ornés dé pilastres fort riches, dont l'architrave , la frise et la corniche sont placées au-dessu; de l'archivolte des arcs, en sorte qu'il y a mélange de stylé grec et de style lombard. Les architectes modernes blâment ce mélange ; mais en cela ils sont en opposition avec tous les architectes des 16* et 17* siècles dont les noms sont si recommandables , et qui bâtissaient des églises catholiques et non des temples païens. La plupart des anciennes églises gothiques sont en forme de basilique et avec des piliers ; mais ces piliers sont souvent formés avec des colonnes réunies eu faisceaux, ce qui les fait paraître moins lourdes.

VI. La figure 6 représente une basilique dont les petites nefs sont prolongées derrière le chœur par ce qu'on appelle un rond-point. On trouve beaucoup d'églises gothiques construites de cette manière ; mais on en voit peu en style grec , bysantin ou lombard. Ces églises ont le grave inconvénient de placer les hommes très- loin de la chaire, de fournir peu de facilité pour placer les autels, à moins qu'on ne construise des chapelles qui s'ou-

566 NoUofU et observations

vrent dans les petites nefs , ce qui devient trèsdispendieux et nuit à la surveillance et à Teffet deft prédications,

VIL La Hgure 7 représente une église en croix latine 5 c'est-à-dire une église en forme de croix dont une branche est plus longue que les trois autres. La construction qui. coupe l'édifîce sur sa longueur s'appelle taahsepS) lequel a la même largeur et la même hauteur que l'église même ^ et ordinairement la même longueur que le sanctuaire. Le plan de ces églises est intéressant et ^mbolique > puisqu'il représente l'instrument de notre salut ; il est commode pour placer les petits autels et les confessionnaux qu'on met dans les branches latérales de la croix ; il est conunode aussi pour donner des exercices particuliers y pour les congrégations , les catéchismes 9 etc. Mais quand les églises de ce genre sont grandes et élevées, elles sont peu favorables à la prédication y parce que la voix s'engouffre dans les branches transversales de la croix quand on se tourne de ce côté-là ; lorsque 9 comme on doit le faire ^ on s'adresse à l'auditoire qui est dans la ucf^ la voix n'arrive que dilliciicmeut dans le transeps.

Ces églises sont aussi très-coûteuses soit à cause des grands arcs en pierre de taille qui sont à l'entrée de chaque branche de la croix y soit à cause des angles en pierre qui sont au nombre de dix >

sur la construction des églises. 367

A,B,C,D,E,F, G,H,I, K ( voy. lafig. 7), soit à cause de la toiture qui a six ou huit direo tions différentes 9 ce qui complique la charpente. Les belles proportions pour le plan de ces églises sont que la grande branche de la croix soit à peu près double des autres en longueur. On peut donner la forme de croix à une basilique 5 en y ajoutant des transeps. Les grandes basiliques anciennes et modernes sont presque toutes en forme de croix latine, de ce nombre sont les églises de Saint- Pierre de Rome, la cathédrale de Milaii, celles do Reims, d'Amiens, etc. Mais une particularité remarquable dans les églises gothiques bâties en forme de croix, c'est que le point central de l'apside ne correspond pas à la porte du milieu de l'église , il est penché ordinairement vers le côté gauche. On croit que les architectes ont voulu rappeler la pose de J.-C. sur la croix et faire allusion à ces paroles de l'Evangile : Inclinato capite tradidit spiritum. ( Saint Jean , XIX, 5o.)

Vin. La figure 8 représente une croix grecque, c'est-à-dire une église en forme de croix dont les quatre branches sont égales. Cette forme a les mêmes avantages et les mêmes inconvénicns que la croix latine ; les arcliitectes trouvent que le plan en est plus régulier. L'église de Sainte-Sophie à Constantinople , celles de Sainte-Geneviève et de la Sorbonne à Paris, sont en croix grecque.

368 NoUons et observations

IX. La figure g représente nne église rondei forme qu'on adopte bien rarement. La pltur ancienne et la plus béUe que l'on connaisse est le PanthéiMi de Rome^ appelé aussi la Rotonde, et dont nous ayons parlé page i44 » l'église de l'Assomption à Paris est aussi de forme ronde. Cet églises sont peu commodes pour l'exercice du culte , et peu favorables à la prédication quand elles sont un peu grandes, parce que la voix se perd sous la voûte et n'est pas répercutée où ne Test que faiblement par la muraille qui est visà-vis la chaire , à cause de son éloignement. Quand une église est ronde , les murs s'élèvent d'abord perpendiculairement jusqu'au-dessus des fenêtres, et cette partie s'appelle ta tour ou le tambour ; au-dessus de la tour part de tous les côtés une voûte qui se courbe vers le milieu et forme ce qu'on appelle la calotte ou la <7oti- 'poie (i). Quelquefois tous les rayons courbes de la voûte se réunissent parfaitement au centre, plus souvent à quelques pieds du centre la voûte est relevée perpendioulairement et forme une lanterne , au-dessus de laquelle on met une croix ou une statue.

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