I CHAPITRE III
^B lOTIOHS ET ODSEBVATIOna SLB H Cd^STBtlCTION
^1 ~ BiriBlTions DES ÉGLISES, des sacbisties ^H CLdCHEia,
Il noas en routera sans dotite , après avoir jctt; un coup d'œiL mf-ine trt's-i'apiJe sur tant du beaux monutnena religieux dispersés dans l'univers à diverses époques , de rentrer dans notre plan et de noua replier sur nos pauvres et petites église» de campagne; nous nous consolerons en nous rappelant que ce ne sont pas les pierres qui honorent Dieu , mais Ifs scnllnicns du cœur et de la foi. Dieu n'a pas besoin de nos temples , et s'il permet qu'on lui en consacre, c'est afm que nous y toy nos séparés desafTairesdu monde, que nous y loyoHs plus recueillis et plus occupés des senlimens d'amour, de confiance et de reconnaissance qu'il exige de nous. Les grandes et belles églises n'ajoutent rien À la grandeur du Maître que nous y adorons, mais elles servent à fixer notre attention et à nous donner une plus grande idée des devoirs que nous avons à remplir envers la divinité.
Les sacrifices que l'on fait pour construire une belle église sont en même temps une preuve de la foi, et nu aliment ^ui sert ù l'entretenir. Cardons-
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nous 5 par conséquent, de nous laisser entrainer par le faux raisonnement des incrédules de nos jours qui^ sous prétexte que Dieu est infiniment au - dessus des iionneurs que nous pouvons lui rendre et des sacrifices que nous faisons pour l'amour de lui, s'accoutument à n'en faire aiafcun, et trouvent qu'on fait toujours trop pour les églises et pour les ornemens qui les décorent , sans faire attention que les objets sensibles peuvent nous aider à nous élever de la créature au Créateur^ que tous les peuples ont eu cette persuasion , et que c'est pour cela que dans tous les temps et tous les pa3's on a élevé de magnifiques temple» à la gloire de l'Eternel. Sans doute on demandera peu à ceux qui ont peu reçu, mais on demandera beaucoup à ceux que la Providence a pourvu» abondamment. Si donc votre paroisse est riche , faites en sorte que votre église soit belle et bien ornée ; si votre paroisse est pauvre , tenez - la propre, bien rangée et bien fréquentée, c'est tout ce que le bon Dieu demande de vous , parce que c'est tout ce qui dépend de vous. Souvenons-nous que le denier de la veuve mérita plus d'éloges aux yeux de J.-C. que les dons plus considérables de ceux qui étaient plus riches, mais qui ne prenaient pas sur leur nécessaire.
Nous allons parler successivement de la cons^ truction des églises, des sacristies et des clochers.
3S4 tfotidns et oéservatUmê
Nous ajouterons quelques notions sur le prix approximatif de ces divers édifices.
SECTION I'*
lUptions. sur (à construction des églises.
Quand on veut construirt une église , il faut faire attention au choix de l'emplacement ^ à la forme qu'on veut lui donner» au prix qu'on peut y mettre.
Notions sur C emplacement des églises.
I. D'après les lois canoniques et même les lois civiles , mais surtout d'après toutes les convenances , on ne doit construire aucune église sans avoir consulté le premier pasteur du diocèse , puisque c'est lui qui en autorise la bénédiction , et que lui seul peut donner le pouvoir d'y faire des fonctions religieuses ; il doit en connaître la destination, l'emplacement, les dimensions, afin de pouvoir juger si elle est nécessaire, si elle est suffisante pour la population qui doit s'y rendre , si elle est dans une position convenable et si le plan est adapté aux cérémonies du culte catholique.
JL Toutes les églises devraient être» autant qu'il
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est possible^ isolées et séparées de toute habitation profane , éloignées du bruit ^ et par conséquent des grandes routes et des places marchandes. L'isolement est surtout recommandé pour les églises paroissiales qui doivent être placées de manière à ce qu'on puisse faire la procession tout autour. Il est à désirer que les églises soient sur un sol un peu élevé et qu'on y monte par quelques marches 5 afin qu'elles soient plus saines et produisent un plus bel effet. Il est reconnu que les églises qui sont sur le penchant d'un coteau sont toujours humides ; cela vient, dit-on, de ce que les eaux qui sont ordinairement renfermées dans les coteaux ou monticules tendent à descendre et sont arrêtées par les fondemen» de l'église et pompées par le ciment qui fait alors fonction de tube communicant et de tube capillaire. Nous donnons cette raison sans la garantir, mais cependant comme n'étant pas destituée de vraisemblance; au reste le fait parait toujours certain et mérite attention qu£uid on ne pourrait pas en indiquer la cause. Le remède serait de mettre l'église sur le plateau , et si on ne le peut pas, de l'entourer d'un mur et d'un fossé profond, garni de terre glaize bien battue et même d'unr|javé incliné qui repousserait l'eau et la ferait couler sur les côtés. III. D'après un ancien et respectable usage 5 les églises doivent être placées du couchant aa
3S6 Notions et oiser valions
levant , c'esl-à-dire que la porte d'cnlrée doit Être aa couchant et le grand autel au levant, en sorte quelGHfidÈlea en priant soient tournés vers ce point cardinal. Sairt Justin, martyr (i), Tertullien (a). Origène (5), saint Grégoire de Nice (4), et plusieurs autres ptrcs el docteurs de TligUse (5) , nous apprennent en elTel que c'était dans cette direction que les premiers fidèles se plaçaient ponr faire leufR prières. Aussi, prtisquc toutes \cs grandes *t belles églises anciennes sont tournées du couchant au levant. Cependant l'ancienne église de Tyr, bâtie par saint Paulin vers l'an 520, était tournée dans un sens opposé (6) , et la basilique de Saint -Pierre de Kome est aussi tournée du levant au coucliant. Il faut convenir, en effet, qu'il n'y a aucune loi ecclésiaslique , aucun canon qui prescrive la direction qu'on doit donner aux 'églises [y).