MANUEL
DEMANDE. Peut-on se sauver également dans:
toutes les religions ?
Réponse. Non, car il n’y en a qu’une qui vienne de Dieu; c’est la religion chrétienne.
D. Mais suffit-il au moins d’être chrétien ?— R. Cela ne suffit pas encore ; il faut l'être comme Jésus-Christ a voulu qu’on le fût; il faut appartenir à son Eglise. |
D. N'y a-t-il pas plusieurs Eglises ?—R. Our, mais il n’y en à qu’une qui soit véritable. “IA “n’y a qu'une foi, nous dit la sainte Ecriture, “ïil n’y a qu'un Seigneur et qu'un baptème (Eph. 1v, 5); ‘‘il n’y a qu’un troupeau et qu’ur pasteur ” (Jean, x, 15). D'ailleurs Dieu ne peut se contredire, et la révélation qu'il a faite aux hommes ne peut avoir qu’un sens véritable.
L'Eglise donc qui dans son enseignement donne le sens véritable de cette révélation est la seule véritable Eglise.
D. Que pensez-vous donc de ceux qui professent ces doctrines nouvelles et contradictoires qu’on appelle le protestantisme ?-—R. Je dis qu'ils s’égarent, et que s’ils veulent encore se sauver, ils doivent chercher la véritable Eglise, et entrer dans son sein, selon cette parole de saint, Paul: “ Eprouvez tout, et atta-
# chez-vous à ce qui est bon.” (I Thess., v.
D. Et s'ils vous répondent qu’ils demeurent ans leur religion parce qu'ils y sont nés ?— R. A ce titre, ils pourraient être tout aussi bien païens, turcs su juifs, ou même n'avoir aucune religion.
D. Qu'est-ce que le protestantisme ?—R. Une religion nouvelle, inventée et propagée par un homme nommé Luther.
D. Pourquoi l’appelez-vous une religion nouvelle ?—R. Parce que, si on considère le protestantisme comme un corps de doctrine, jamais une telle foi, ni une telle morale n'avaient été “connues, enseignées, crues par aucune secte
jusqu’au temps de Luther.
FR En que:le année Luther est-il né ?—R. En
D. Quelle était sa patrie ?—-R. Islèbe, dans ia Seigneurie de Mansfeld.
D. De quelle religion étaient son père et sa mère ?—R. Ils étaient catholiques romains.
D. Et son grand-père avec tous ses ancêtres ? —kR. Ils étaient de même tous catholiques.
D. Quelle était alors la religion de toute l’'Europe ?—R. On y croyait partout comme les catholiques d'aujourd'hui.
D. Combien de temps Luther a-t-il été catholique lui-même ?—R. Jusqu'à l’âge de trente- Cinq ans.
D. De quelle profession était-il ?—Il était religieux.
D. De quel ordre ?—R. Augustin déchaussé.
D. Avait-il aussi fait les vœux ordinaires de: religion ?—R. A l’âge de vingt-trois ans il fiy vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance..
D. Etait-il obligé de garder ces vœux ?—R..
Sans doute, puisqu'il ne les fit qu'après y avoir
müûrement pensé, et avec pleine liberté.
D. Que dit le Prophète ? (Ps. 49.)—R. ‘ Accomplissez les vœux que vous faites au Seigneur.” .
D. Que dit le Seigneur? (Num. c. 30 v. 3.) — R. “ Si quelqu'un fait un vœu au Seigneur, ik ‘“ ne rendra pas vaine sa parole, mais il accomtt plira tout ce qu’il a promis.”
D. Luther at-il gardé ces vœux ?—R. Non; il les a violés tous les trois.
D. Comment donc ?—R. Il apostasia et épousa Catherine de Bore, auparavant religieuse.
D. A-t-on jamais oui dire qu’un tel homme ait été regardé comme inspiré de Dieu ?—R.
Jamais cela ne s’est dé du
D. Qu'est-ce qui porta Luther à combattre l’ancienne doctrine catholique, et à en inven-ter une autre ?—R. L'envie et la jalousie.
D. Comment cela ?—R. Le pape Léon X ayant doré une indulgence, Luther se choqua de ce que la commission de prêcher cette irdulgence fût donnée à l’ordre de Saint-Domi nique.
D. A quoi le porta cette jalousie ?—R. A décrier les indulgences autant qu’il put.
D. Luther eût-il été digne de blâme s’il se fût contenté de reprendre les abus qui se glis-
saient par l’indiscrétion et l’avarice de quelques gens ?—R. Non, sans doute.
D. En quoi donc fit-il mal?—R. En ce qu’il ne se contenta pas de reprendre les abus, mais qu'il voulut aussi proscrire les indulgences.
D. Qu’osa-t-il après cela ?—R. Il fit un écrit:
de 95 articles, qu'il attacha aux portes de l’église de Wittemberg.
D, Que contenaient ces articles ?—R. Bien es choses qui ne s’accordaient nullement avec l'ancienne doctrine de l’Eglise.
D. Qu'arriva-t-il ?—R. Quelques docteurs catholiques réfutèrent avec un peu d’aigreur l'écrit de Luther.
D. Comment leur répondit Luther ? —R.
Avec une hauteur et une insolence indignes d’un chrétien.
D. À quoi s’offrit néanmoins Luther au commencement de ces disputes en 1517 ?—R. Il dit qu’il ne prétendait soutenir rien qui ne fût conforme à l’Ecriture ou aux saint Pères, et approuvé du saint Siége. (Tome 1. ger. edit.
Gen. f[. 12.) |
D. Qu'écritvit-1l à l’évêque Jérôme de Brandebourg ?—R. Qu'il ne voulait décider sur rien, et qu'il soumettait toute sa aoctriræ au jugement de l'Eglise. (/bid, f. 54.)
D. Qu’écrivit-il au pape Léon en 1518 ?—R.
Qu'il écouteraii sa décision comme un oracle sorti de la bouche de Jésus-Christ (/bid. f. 58.)
D. À quoi s’offrit-il à ses'‘supérieurs ?—R. A garder le silence, pourvu qu’on obligeât ses adversaires à le garder de même.
D. Que concluez-vous de là ?—R. Que pour lors Luther ne trouvait aucune erreur dans la doctrine de l'Eglise.
D. Pourquoi cela ?—R. Parce qu'’autrement il n’eût pu s'offrir à garder le silence.
D. Qu'est-ce qui se passa à Ausbourg entre Luther et le Cardinal Cajetan ? (1}—R. Le cardinal exigea que Luther révoquât sa doctrine ; mais Luther refusa de le faire. (Jbid. f. 119.)
D. Que fit néanmoins Luther pour donner quelque couleur à sa désobéissance ?—R. IL en appela aux plus célèbres universités d'Allemagne et à celle de Paris, avec promesse de
se soumettre humblement à l:urs : décisions.
(Ibid. f |:
D, S'en tint-il à cet appel ?—R. Non ; il en appela peu après au pape. (1bid. f. 122.
D. S'en tint-il à ce second appel ?—R. Non ; il appela du pape mal informé au pape mieux informé. (Ibid. f. 205.)
D. En demeura-t-il là ?—R. Non ; il appela encore à un concile général. (/bid. f. 351.)
D. Garda-t-il la résolution qu’il avait prise d'écouter lä décision du concile ?—R. Non ; car à la diète de Worms il déclara nettement qu'il ne pouvait soumettre sa doctrine à l’examen d’un eoncile. (Jbid. f. 448. 450. 452.)
D. Que concluez-vous de là ?—R. J’en conclus, en premier lieu, que Luther devait être
(1) Théologien célèbre envoé par Léon X en Allemagne, pou* essayer de ramener Luther.
extrèmement inconstant, puisqu'il en appela à tant de différents juges, saus vouloir s’en tenir à aucun.
D. Qu'en concluez-vous en second lieu ?—
R. Qu'il se défiait beaucoup de sa propre cause puisqu'il ne voulut jamais qu’on prononçâtsur sa doctrine.
. D. Qu'en concluez-vous en troisième lieu ?
—R Qu'il était infiniment entêté, puisqu'il préféra son propre jugement à celui de tout le monde chrétien. ù
D. Luther ne disait-il pas qu’il était prêt de céder à quiconque le convaincrait par l’Ecriture ?—R. Ce n'était là qu’un tour artificieux pour soutenir plus librement ses erreurs.
D. Comment cela ? —R. Il en appela à lEcriture, bien résolu de l’expliquer à sa mode, et de ne se départir jamais du sens qu'il lui donnerait.
D. Quel était en cela son dessein ? —R. Son dessein était de se parer du beau nom de la parole de Dieu pour autoriser ses imaginations.
D. Comment se fût-il expliqué s’il eût agi de bonne foi?—R. Il eût dit : Je laisse à l’Eglise à juger si ma doctrine est conforme à l'Ecriture ou non.
D. Quel fut le jugement des universités auxquelles Luther en avait appelé ? —R. Elles condamnèrent sa doctrine comme fausse et hérétique. (Jbid. f. 539.)
D. Quelles furent les universités qui en ju-
gèrent ainsi ?—R. Ce furent les universités de
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D. Luther s’en tint-il à leur jugement comme il avait promis ? —R. Au lieu d’y acquiescer il se répandit en invectives et en injures contre ces universités.
D. Comment traita-t-il la Sorbonne (1) ? — R. Il l’appela la mère des erreurs, la fille de l’Antechrist, la fausse porte de l'enfer. (Jbid. f. 548.)
D. Quel fut le jugement du pape, à qui Luther en avait appelé, avec promesse de recevoir ses décisions comme si elles venaient de la bouche de Jésus-Christ ?—R. Le pape fit publier une bulle par laquelle il condafnne 41 articles de la doctrine de Luther.
D. Comment s’expliquait le saint Père dans cette bulle ?—R. Il disait, entre autres choses, qu'il n'avait rien omis pour ramener Luther à son devoir; mais que tous ses soins paternels avaient été inutiles.
D. Quel terme lui marqua-t-on dans la bulle pour revenir de ses erreurs ? —R. On lui mar-
ua soixante jours, au bout desquels ses livres
evaient être brûlés, au cas qu’il persistât dans son égarement.
D. Que fit à cela Luther? —R. Bien loin de se reconnaitre, il écrivit contre la bulle du pape, qu’il appela la bulle de l’Antechrist.
(Ibid. f. 345.
D. Que fit de plus ?—R. Il brüla publi-
(1) Université de Paris. :
quement la bulle du pape avec le livre des Décrétales. (Ibid. f. 353.) | D. Mais Luther n’avait-il pas écrit au pape dans les termes les plus soumis, disant qu’il se jetait à ses pieds ? (Jbid. f. 58.)—R. TI changea bientôt de langage, disant que ce n'était
pas assez d’avoir brûlé la bulle, qu'il fallait |
brüler le pape lui-même. (/bid. f. 253.) D. N’avait-il pas écrit qu’il ne tenait qu’à Sa
Sainteté de l’absoudre ou de le condamner, de |
lui conserver la vie ou de la lui ôter? (Jbid.
f. 58.)—R. Il dit depuis qu'il fallait prendre ! les armes contre le pape, les cardinaux et les ! évèques, et se laver les mains dans leur sang. |
(Ibid. f. 60) D. N’avait-il pas dit auparavant qu’il n’y
avait en terre rien au-dessus du pape et de l’E-
glise romaine pour ce qui regarde le pouvoir spirituel? (/bid. f. 144)—R. Il dit depuis :
Quiconque ne s'oppose pas au règne du pape ne peut être sauvé. (Jbid. f. 353.)
D. Que remarquez-vous dans toute cette conduite de Luther ? —R. Je n’y vois qu’un esprit de vengeance et d’inconstance, et pas la moindre marque de l'esprit de Dieu.
D. Que firent les puissances séculières pour obvier à l’hérésie naissante ?—R. L'empereur Charles-Quint cita Luther à comparaître devant la diète de Worms, et chercha par voie de douceur à le ramener à l’obéissance.
D. Comment répondit Luther à l’ordre de l’empereur ? —R. Il dit qu’à la manière dont
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l'empereur s’y exprirhe, on le prendrait pour un insensé et un démoniaque. (Ibid. f. 460.)
D. Pourquoi ne le mit-on pas en lieu de sûreté pour l'empêcher de susciter des troubles ?—R. On avait accordé à Luther un saufconduit, qu’on ne voulut pas violer.
D. Que fit-on, le terme du sauf-conduit étant expiré ? —R. L'empereur le proscrivit comme un membre retranché du corps de l'Eglise et comme un sectaire.
D. Où se retira Luther pour se soustraire à la justice de l'empereur ? —R. Dans le château de Wartembourg, où il écrivit des livres encore plus pernicieux.
D. Quel fut l'effet de ses livres, où il ne parlait que de liberté évangélique ?—R. Ses livres ne produisirent que trouble et sédition, entre autres la fameuse guerre des paysans.
D. Pour quel sujet les paysans prirent-ils les armes, et quelles étaient leurs prétentions ? — R. Ils "prétendaient que tous les biens devaient être communs parmi les chrétiens.
D. Sur quoi fondaient-ils cette prétention ?
—R, Ils la fondaient sur le second chapitre des Actes des apôtres, où il est dit que les premiers chrétiens possédaient tout en commun.
D. Y'eut-il encore d’autres divisions parmi les protestants? —R. Chaque disciple de Luther croyait avoir autant de droit que son maître d'expliquer l’Ecriture selon son sens particulier.
D. Nommez quelques- uns des meilleurs amis de Luther, qui se séparèrent de lui pour faire
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iele: Viper Prés “2e.
* une nouvelle religion ?—R. Carlostat, Zwingle, Calvin, Muncer, Schwencfield furent du nombre de ceux qui se séparèrent de Luther pour faire chacun une religion à part. | D. Combien compte-t-on de religions différentes qui vinrent à naître du vivant de Luther
, parmi ses partisans?—R. On en compte jus- . qu’à 34, ce qui est une preuve sensible qu’on
ne peut espérer de voir les chrétiens réunis dans une même créance, tant que chacun se donnera liberté d'expliquer lEcriture selon son propre sens, et qu’on ne voudra pas s’en tenir à l'explication de l'Eglise.
D. Que fit Luther pour fournir sa nouvelle Eglise de prêtres, ne pouvant éspérer qu’aucun évêque voulût conférer les ordres à quelqu’un de ses sectateurs ?—R. Il inventa pour cela une doctrine bien étrange, et jusque-là inouie. f.
D. Comment donc ?—R. Il enseigna que tous les chrétiens, hommes et femmes, jeunes êt vieux, jusqu'aux petits enfants, étaient véritablement prêtres, et qu’il ne leur fallait rien, sinon la présentation. (/bid. f. 64. 336. 369.)
D. Sur quoi prétendait-il fonder une pareille doctrine ?—R. Sur ce passage de saint Pierre : Vous êtes le sacerdoce royal.
D. Comment raisonnait-il sur ce passage ?— R. Saint Pierre, dit-il, adrèssait ces paroles à tous les chrétiens ; donc tous les chrétiens sont prêtres.
D. Quel autre raisonnement pourrait-on faire
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| encore Sr ce même passage ?—R. On pourrait : dire également : Saint Pierre adresse ces paroles à tous les chrétiens ; donc tous les chré- . tiens sont véritablement rois.
{ D. Tirez une meilleure conséquence de ce passage.—R. De même que tous les chrétiens {ne sont pas véritablement rois, de même ne sont-ils pas tous de véritables prêtres.
| D. Quelle remarque faites-vous encore ici ? ! —R. Que les Protestants ont grand sujet de | douter du pouvoir spirituel de leurs prétendus |
pasteurs, qui n’est-fondé que sur un si faible | raisonnement.
! D. Que fit Luther après avoir aboli le vrai | sacerdoce parmi les! siens ?—R. Il abolit aussi le vrai sacrifice. !
« D. Qu'allégua-t-il contre le sacrifice de Ia : messe ? —R. Différentes choses qu’il avait apprises du démon, comme il le dit lui-même.
D. Comment s'exprime-t-il sur ce sujet dans son livre de la messe ? (Tom. 6. f. 82.)—R. M'étant une fois éveillé vers minuit, le diable se mit à disputer contre moi sur la messe.
D. Que lui disait le diable ?——R. Ecoute, trèssavant docteur : pendant quinze ans tu disais la messe presque tous les jours; que serait-ce si tout cela n'était qu’autant d’idolâtries ?
1 D. Luther eécouta-t-il le démon ?—R. Il l’éÿ couta si bien, qu'il s’en laissa persuader et
vaincre.
: D. Cependant Luther dit dans le même livre } que le démon est le trompeur et le menteur le
! plus artificieux ?—R. Il le dit en effet: néan- :
moins il aima mieux le croire que ®'écouter!
l'Eglise.
D. Que pensez-vous de tout ceci ?—R. On ne sait ce qu’il faut le plus admirer, ou l’aveu sincère de Luther, ou l’aveuglement de ceux!
qui suivent un tel.maître, qui, comme il dit # lui-même, a été instruit dans l’école de Satan.{ ;