‹ Manuel de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 36 · DU CHEF DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DU CHEF DE L'ÉGLISE

D. Qui est le véritable chef de l'Eglise ?— R. C’est Jésus-Christ.

D. Est-il le chef visible ou invisible ?—R. Il est chef invisible, et gouverne l'Eglise du haut du ciel d’une manière invisible.

D. Jésus Christ n’a-til pas établi de vicaire

me re- en terre pour gouverner l'Eglise en qualité de chef visible ?—R. Il a établi pour cela saint t-il Pierre et ses successeurs.

ent D. $S. Pierre a-t-1l reçu plus de pouvoir de les Jésus-Christ que les autres apôtres ?— R. Oui, )as comme nous l’apprenons par plusieurs passages de l’Ecriture.

Les D. Rapportez-nous:les paroles du Sauveur au n chap. 16 de $. Matthieu.—R. ‘‘ Vous êtes Pierre, le ‘et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise, et les 0- * eg de l'enfer ne prévaudront pas contre ‘< elle.” | 1- D. Que faut-il entendre par cette Pierre “4 n R. S. Pierre même.

. D. Comment cela ?—R. Le Sauveur l'appelle Céphas; or, Céphas signifie en langue syraique une Pierre.

D. Rapportez-nous lasuite des paroles du Sauveur.—kR. ‘Je vous donnerai les clefs du royau- ‘me du ciél ; ce que vous lierez sur la terre se- ‘ ra lié, et tout ce que vous délierez sur la ter- ‘re sera délié dans le ciel.”

D. Le Seigneur n'a-t-il pas dit les mêmes paroles aux autres apôtres ?—R. Il leur a dit les mêmes paroles à tous en commun ; mais il les a

adressées à Pierre en particulier ; ce qui fait voir

qu’il a prétendu Ini donner un pouvoir particulier.

D. Rapportez-nous les paroles du Sauveur au chap. 21 deS. Jean.—R. “ Paissez mes agneaux, “ paissez mes brebis.”

D. Qu’entendent les saints Pères par les agneaux ?—R. Ils entendent les fidèles.

D. Qu’entendent-ils par les brebis ?—R. Ils entendent les pasteurs.

D. Pourquoi cela ?—R. Parce que les pasteurs donnent la nourriture aux fidèles, de même que les brebis nourrissent ;es agneaux.

D. Que concluez-vous de là?—R. Que le Seigneur a chargé St. Pierre du soin de toute l'Eglise, en lui recommandant non-seulement le peuple, mais aussi ur pasteurs.

D. Avez-vous encore d’autres preuves en faveur de la primauté de $S. Pierre? —R. Les gévangélistes nomment partout saint Pierre le premier, ce qui est une marque de la supério- rité de son rang.

D. Rapportez-nous les paroles de S. Matthieu au C. 10.—R. ‘‘ Voici les noms des douze apô- ‘tres, le premier est Simon, nommé Pierre.”

D. Ne pourrait-on pas dire que saint Pierre était le ne âgé de tous, ou qu'il avait été appelé à l’apostolat avant tous les autres, et que c'est pour cela qu'on le trouve partout le pre-

mier ?—R. Non, cela ne peutse dire ; car saint André était plus âgé que saint Pierre, et s’était mis avant lui à la suite de Notre-Seigneur.

D. Citez-nous saint Ambroise sur le chap. 12 de la seconde Epiître aux Corinthiens.—kR. ‘ Ce ‘“ n’est point André qui a reçu la primauté, “ c’est Pierre.”

D. Citez-nous saint Augustin dans son second livre du Baptème.—R. ‘“ Voyez l’apôtre ‘ Pierre, dans qui la prééminence parait avec

“tant d'éclat.”

D. Citez-nous saint Optat, dans le deuxième livre contre Parménien.—R. ‘ Saint Pierre a ‘* été établi chef des apôtres, afin que l’unité ‘ de l'Eglise se conserve.”

D. Pouvez-vous faire voir que saint Pierre ait jamais fait les fonctions de chef de l'Eglise ? —kR. 1l en a fait les fonctions immédiatement après l’Ascension de Notre-Seigneur.

D. Comment cela ?—R. Premièrement 1] assembla les disciples, et présida à lélection qu'on fit d’un nouvel apôtre pour remplacer Judas; et même, selon saint Crsmlème, il aurait pu sans aucun doute faire cette élection à lui seul.

D. Que fit-il encore en qualité de chef et de supérieur ?—R. IL prêcha le premier Jésus- Christ crucifié, et convertit trois mille personnes par son premier sermon.

D. Rapportez nous d’autres marques de sa supériorité.—R. Il déclara qu’il fallait admettre les païéns à être baptisés, en suite d’une révélation qu'il avait eue sur ce sujet.

D. Que fit-il encore comme chef de l'Eglise ? —R. I! prononça dans l’assemblée des apôtres à Jérusalem, qu'il ne fallait pas assujettir les Chrétiens à la circoncision.

D. Que concluez-vous de tout cela ?—R. Qu'il n'y à pas de point mieux établi dans l’Ecriture que la primauté de saint Pierre.

D. Quelle remarque faites-vous ?—R. Qu'il n’y à pas de point plus combattu par les adversaires que la primauté de saint Pierre.

D. Que concluez-vous en dermer lieu ?—kR.

Que les adversaires se font un jeu de l’Ecriture, et n’en prennent ses jui les accommode.

D. La primauté de saint Pierre étant établie, que s’en suit-il de là ? —R. Il s’en suit que les successeurs de saint Pierre doivent avoir le même rang et le même pouvoir.

D. Pourquoi cela ?—R. Parce que la forme du gouvernement que Jésus Christ a établie doit être toujours la même.

D. Quels sont les successeurs de saint Pierre ? —R. Ce sont les évêques de Rome.

D. Pourquoi cela ?—R. Parce que saint Pierre a établi son siége à Rome, où il a fini sa vie.

D. Qu'avez-vous à répondre à ceux qui prétendent que saint Pierre n’a jamais été à Rome ? —R. Il faut leur faire trois questions.

D. Quelle question faut-il leur faire en premier lieu ?—R. Si saint Pierre n’a pas souffert

le martyre à Rome, sous l'empereur Néron,

dites-nous donc en quel endroit du monde saint Pierre est mort. L

D. Que faut-il leur demander en second lieu ? —R. Si saint Pierre n’est pas mort à Rome, de quel endroïtet en queltemps y a-t-on transporté ses reliques ?

D. Quelle est la troisième question qui reste à leur faire ?—R. Les saints Pères qui ont vécu dans les premiers siècles de l'Eglise, n’ont-ils pas mieux su que les Luthériens d'aujourd'hui

dver- À qui a été le premier évêque de Rome ?

D. Rapportez-nous les paroles de saint Augus- ΗR. D tin dans son Epitre à Generosus, où il fait le ritu- dénomPrement des évêques qui ont gouverné

l'Eglise de Rome.—R. ‘ Lin a succédé à Pierre, ‘* et Clément a succédé à Lin.”

iblie, D. Rapportez-nous les paroles de saint Optaf e les dans son 2e. livre, contre Parmenier. —R. ir le “Saint Pierre a été le premier qui a occupé le ‘ siége de Rome ; après, Lin a succédé à Pierre, rme ‘et Clément a succédé à Lin.” blie D. Que disent saint Irenée, au liv. 3, chap. 3, et saint Epiphane, en parlant de la 27e.

re ? hérésie, et généralement tous les Pères quinous ont donné le catalogue des évêques de Rome ? nt —R. Ils marquent tous saint Pierre pour le fini premier évêque de Rome.

D. Que dit saint Léon dans son premier serr'é- mon sur la fête des apôtres ?—R. ‘ Rome est e? “ devenue la capitale du monde chrétien, parce ‘“ que saint Pierre y à établi son siége.” 'e- IV r'£ 2, du Pape ?—L’infaillibilité du Pape est les don LÉ surnaturel que Notre-Seigneur Jésus-Christ a

fait à Pierre et à ses surcesseurs de ne pouvoidi-dire

pas errer en matière de doctrineet de Croyanee

D. L’infaillibilité du Pape a-t-elle son fondement dans l’Ecriture ? —R. Le-Saint Evan gile, en Saint Matthieu, chapitre seizième, nous apprend que le Sauveur voulant récompenser la foi de Simon lui promet en ces ter. mes l’infaillibilité : Tu es Pierre et sur cette “ pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de “ l'enfer ne prévaudront point contre elle.”

D. Comment ces paroles de Jésus-Christ mar-

quent-elles l’infaillibilité de Pierre et de ses ?

successeurs ? — R. Par ces paroles Jésus-Christ promet deux choses à St. Pierre : 10. Qu'il sera e fondement de l'Eglise ; 20. Que les puissan-

-€es de l’enfer ne prévaudront point contre l’E- |

glise. Or l'erreur est une puissance de l’enfer. S1 donc Pierre pouvait errer, l'Eglise ou cesserait de reposer sur lui, ou elle errerait avec Pierre, deux suppositions contraires à la parole du Sauveur, qui est la vérité mème.

D. Pouvez-v:"1s rappeler d’autres paroles de Notre Seigneur Jésus-Christ appuyant l’infail- Hbilité du Pape ? —R. En Saint Luc, chapitre vingt-deuxième, on lit ces paroles du Sauveur à St. Pierre : “ Simon, Simon, Satan a demandé ‘de vous passer tous au crible comme le fro- “ment ; mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta “ foi ne défaille point. Et toi, quand tu seras “ converti, confirme tes frères.”

D. Que conclure de ces paroles de Notre Seigneur ? — R. Que la foi de Pierre ne manquera pas afin qu’il puisse confirmer ses frères ;. c’est

seignen D. L demen #ablit noncé ( que ce Aans ; D:

Je cel de VE ‘hérés les erl et de con tré D.

‘Le P:

cond Macé erret mile SeCT D {hél Mar cas et € est

OUVoi-dire que Pierre est infaillible dans son en- Faneekeignement.

n fon] D. L'infaillibilité du Pape a-telle son fon- Evandiement dans la tradition ?—R. La tradition sleme, Eyablit que de tout temps les Papes ont pro- *COM-Enoncé des décisions en matière de doctrine et es ter que ces décisions ont toujours été regardées Cette Ldans l'Eglise comme infaillibles.

es def D: Pouvez-vous citer quelques faits à l'appui es «le cette assertion ? — R. Dé: les premiers jours imar- Die l'Eglise, le den St. Clément condamne

1e Ses À ‘'hérésie d’'Ebion ; le Pape St. Hygin réprouve

hrist D les erreurs de Tertulien. d'Eusèbe, de Cerdou sera À ot de Valentin : — le Pape St. Corneille fulmine [SSan- E.-ontre l’hérésie de Novatie:.

l'E. Æ D. Pouvez-vous en donner d'autres ?—R. nfer. D'Le Pape St. Damase mit au nombre des erreurs ? ces- LE :ondamnées les doctrines d’Apollinaire et de AVEC À Macédonius et le Pape St. Anastase ler, les arole erreurs d'Origène. Quand Innocent ler fulæine le Pélagianisme, on entend St. Augustin. s de s'écrier : “ Rome a parlé : la cause est finie.” fail- D. Est-ce tout ?—R. Non! L’hérésie mono-

tre thélite est condamnée par deux Papes : saint eur Martin der et saint Agathon. Celle des Iconondé “lastes par les décrétales de saint Grégoire 1 fro- et de saint Adrien ler. L'erreur de Bérenger > ta est successivement frappée par saint Léon IX, l'as Victor II, Nicolas IT et saint Grégoire VIE 13 L'erreur de Roscelin condamnée en 12 pe 7 le e1- “concile de Soissons, trouve des partisans jus- 5 «{u’au: jour où le Pape Urbaïn IT parlant, PE-

glise s'écrie de nouveau: Rome a parlé : la cause est finie.

D. Avez-vous des faits plus récents ?—K. Oui. Léon X condamne quarante-une propositions.

de Luther ; St-Pie V proscrit les soixante-dixneuf propositions de Michel Baïus, père du Jansénisme. Alexandre VIII condamne trentee deux propositions Jansénistes. Pie VI fulmine la constitution civile du clergé. De nos jours. Grégoire XVI proscrit l'erreur libérale par son Encyclique Mirari vos. Pie IX a défini le dogme de l’Immaculée Conception et condamné une foule d'erreurs par le Syllabus. Et chaque fois, à la voix de ses grands Pontifes, l'Eglise s’est écriée : ‘ Rome a parlé : la cause est finie.”

D. L’infaillibilité du Pape a-t-elle son fondement dans les enseignements des Pères et des Docteurs de l'Eglise ?—R. Oui, il serait facile de citer une foule de témoignages attestant que, en tout temps on a cru à linfaillibilité du Souverain Pontife. |

D. Veuillez nous citer les témoignages de quelques-uns de ces Pères de l’Eglise.—R. Je le ferai en les prenant au hazard. Voici ce que dit saint Epiphane : ‘ A Pierre, le Père mani- “ feste son propre Fils, et c’est pour cela qu'il “est appelé Bienheureux. Pierre à son tour “ manifeste le Saint-Esprit, ainsi qu'il convenait “à celui qui était le premier entre les apôtres, “à celui qui était la Pierre inébranlable sur st laquelle l'Eglise de Dieu est fondée et contre ‘€ laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront “ pas. Par ces portes de l'enfer il faut entendre les hérésies et les auteurs des hérésies. En “toutes manières, la foi est fondée solidement

Page 1