‹ Manuel de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 21 sur 36 · IC KS & & 4 LE · texte numérisé non relu

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D. Qu'est-ce qui donne le prix aux bonnes œuvres ? —R. Cest la grâce sanctifiante.

D. La grâce sanctifiante est-elle en nous ou hors de nous ?—R. Elle est dans nous et non hors de nous.

D. Est-ce Dieu qui nous la donne, ou est-ce nous qui nous la donnons ?—R. C’est un don de Dieu que nous recevons de sa libéralité.

D. Comment l’apôtre s’exprime-t-il en parlant de la grâce sanctifiante au chap. 5 de l’Epiître aux Romains, v. 3 ?—R. “ L'amour de Dieu est ‘ répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit € œui nous est donné.”

D. Quels sont les effets de la grâce sanctifiante ?—R. Elle fait que nous sommes les amis et les enfants de Dieu.

D. A quisommes-nous redevables d’une grâce si précieuse ? —R. Nous en sommes uniquement redevables aux mérites de Jésus-Christ. |

D. Quelle remarque faites-vous, touchant ë l'efficacité des mérites de Jésus-Christ ?—R. Jésus-Christ ne s’est pas contenté de mériter le ciel, il nous a encore mérité une grâce qui nous met en état de mériter de plus grands de:grés de gloire.

D. Le Sauveur ne dit-il pas au chap. 17 de saint Luc, v.10 : ‘Quand vous aurez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : nous sommes “ des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que ‘t nous devions” ; comment pouvons-nous donc | ncapyaés pouvoir mériter quelque chose ?—R.

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Dieu ; mais nous ne sommes pas inutiles envers. nous-mêmes.

D. Pourquoi dites vous que nous sommes des:

serviteurs inutiles envers Dieu ?—R. C’est que, quand nous ne ferions aucune bonne action, Dieu n’en serait pas moins heureux pour cela.

D. Pourquoi dites-vous que nous ne sommes pas inutiles envers nous-mêmes ?—R. C’est parce que les bonnes œuvres nous servent à obtenir la récompense que Dieu a bien voulu nous promettre.

D. Dieu pouvait-1l nous ordonner de faire des bonnes œuvres, sans nous promettre aucune récompense ?—R. Il le pouvait sans doute.

D. Comment s'exprime le concile de Trente sur ce sujet, dans la 6e. session, chap. 16 ?—R. ‘t La bonté de Dieu envers les hommes est si “ grande, qu'il veut que ses propres dons de- ‘ viennent leurs mérites.”

D. Avons-nous sujet de nous confier beaucoup en nos bonnes œuvres ?—R. ‘ À Dieu ne plaise, dit le concile de Trente, qu’un chrétien se confie, ou se glorifie en soi-même, et ‘€ non pas dans le Seigneur.”

D. Pourquoi les Protestants nous reprochentils le trop de confiance en nos bonnes œuvres ?— R. C’est à tort qu'ils font ces reproches ; mais

les Catholiques se plaignent avec raison de la mauvaise foi des Lee at

D. L'homme peut-il satisfaire pour ses péchés ?—R,. Il n’y a pas d'homme au monde qui puisse satisfaire pour un seul péché mortel.

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D. Qui a satisfait pour nos péchés ?—R. C’est uniquement Jésus-Christ qui a satisfait pour la coulpe de nos péchés.

D. Pouvons-nous nous appliquer les satisfactions de Jésus-Christ ?—R. Nous le pouvons sans doute avec la grâce de Dieu.

D. Comment les satisfactions de Jésus-Christ nous sont-elles appliquées ?—R. En deux manières.

D. Dites nous comment.—R. Où avec une pleine rémission des peines temporelles, ou en réservant quelque peine temporelle à souffrir.

‘D. Quand est-ce que les satisfactions de dJésus-Christnous sont appliquées si parfaitement, qu'il ne nous reste aucune peine temporelle à souffrir ?—R. C'est au baptême.

D. Quand est-ce que les satisfactions de Jésus- Christ nous sont appliquées de telle manière, qu’il nous reste à souffrir quelque peine temporelle ?—R. Communément au sacrement de pénitence.

D. Est-ce que toute la peine n’est pas toujours remise avec la coulpe ?—R. Non, car il arrive souvent que Dieu en remettant le péché, change la peine éternelle que le pécheur a méritée, en peine temporelle.

D. Rapportez-nous sur cela un exemple tiré du douzième chapitre du deuxième livre des Rois. —R. Le prophète Natan dit à David touché du regret de son péché : ‘ Dieu vous a par- ‘* donné votre péché, cependant ce fils qui vous ‘°est né mourra.”

D. Rapportez-nous encore‘un autre éxemple

du vingt-quatrième chapitre du même livre.—

. Luc, ch. 11, v.4.

R. Le prophéte Gad laissa à David le choix entre la guerre, la famine et la peste, quoique son péché lui fût déjà pardonné.

D. Le pécheur pénitent peut-il acquitter les peines temporelles dont il reste redevable à la justice de Dieu ?—Il le peut avec la grâce de Dieu, et l’Ecriture sainte l’exhorte à le faire.

D. la oa tan les paroles du prophète Daniel, Chap. #4, v. 24—R. ‘ Rachetez vos pé- ‘* chés par des aumônes.”

D. Rapportez-nous les paroles du Sauveur, S.

R. ‘ Donnez de vos biens aux ‘pauvres, et tout sera sans tache pour vous.”

D. Qu'est-ce que l’indulgence ?—R. C'est la rémission des peines temporelles.

D. Les péchés ne se remettent-ils pas par l’indulgence ?—Les péchés se remettent par le sacrement de pénitence, et non par l’indulgence.

D. L'Eglise a-t-elle le pouvoir de remettre les peines temporelles ?—R. L'Eglise a :e pouvoir d’ôter tous les liens qui empêchent l'entrée du ciel ; or, est-il que la peine temporelle est aussi un lien qui empêche pour un temps l'entrée du ciel, donc l'Eglise a Le pouvoir de remettre aussi la peine temporelle.

. Y a-t-il longtemps que les induigences sont en usage dans l'Eglise ?—R. Elles y sont en usage depuis le commencement du christianisme.

D. Comment cela ?—R. L’apôtre remit à l’incestueux de Corinthe la peine qui lui avait été imposée, et c'était là une indulgence.

D. Rapportez-nous les paroles de lapôtre dans la 2e. aux Corinthiens, chap. 2, v. 10.— R. .:‘ Si je lui ai fait grâce, c’a été pour l’amour de vous en la personne de Jésus-Christ.”

D. Rapportez-nous ce que dit S. Cyprien dans la quatorzième épitre du troisième livre, et ce qui est dit dans le onzième chap. du concile de Nicée.—R. Il est dit que les évêques accordaient souvent aux pénitents la rémission des peines canoniques, à la prière des saints martyrs.

D. Que concluez-vous de là ?—R. Je conclus que les évêques leur remettaient en même temps les peines temporelles dont ils étaient redevables à la justice de Dieu.

D. Pourquoi cela, et quelle connexion y at-il de l’un à l’autre.—R. Si les évêques avaient remis les peines canoniques sans remettre les peines temporelles devant Dieu, ce n'aurait pas été un avantage pour les pénitents.

D. Est-ce un article de foi, que les peines temporelles se remettent devant Dieu par lin dulgence ?—R. Non, ce n’est pas un article de foi, mais c’est la commune opinion des théologiens, très-bien établie dans l’Ecriture.

D. Que sommes-nous obligé de croire touchant les indulgences ?—R. Deux articles qui ont été décidés par le concile de Trente.

D. Quel est le premier ?—R. Que Dieu a laissé à son Eglise le pouvoir d'accorder des indulgences.

D. Quel est le second ?—R. Que l’usag» des indulgences est salutaire au peuple chrérien.

D. Ÿ a-t-il rien dans cette doctrine du concile

Ne éme faire de la peine aux protestants ?— . Non, il n’y a rien qui puisse leur en faire raisonnablement.

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