‹ Manuel de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 36 · DES PR NE · texte numérisé non relu

DES PR NE

D. Comment prouvez-vous qu’il y a sept sacrements ?—R, Je le prouve par l’Ecriture et par la décision de l'Eglise.

D. Où trouve-t-on dans l’Ecriture qu'il y a sept sacrements ?—R. On trouve dans lEcriture sept signes visibles d’une grâce invisible, comme il est aisé de le prouver de chacun en particulier.

D. Tous les Catholiques reconnaissent-ils sept sacrements ?—R. Oui, tous les Catholiques du monde en reconnaissent sept, ni plus ni moins.

D. Les Grecs schismatiques en reconnaissent ils sept aussi ?—R. Oui, comme Jérémie, patriarche de Constantinople, le déclara en°1576.

D. Que concluez-vous de cette déclaration des Grecs ?—R. Je conclus qu’on a toujours cru constamment dans toute la chrétienté qu'il y a sept sacrements.

D. Comment cela ?—R. Si cette créance était nouvelle, elle ne nous serait pas commune avec les Grecs, qui se sont séparés de nous il y a huit cents ans,

D. Tous les Protestants sont-ils d'accord tou-

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chant le nombre des Sacrements?—R. Non, car dans plusieurs eudroits ils n’en comptent que deux, comme à Strasbourg ; savoir : le baptême et la cène ; en d’autres endroits ils y ajoutent la pénitence.

D. Que dit sur cela l’apologie de la Confession d’Augsbourg, art. 7, du nombre des Sacrements ?—R. Elle dit expréssément que la pénitence est un sacrement proprement dit.

D. Pourquoi donc les Protestants de Stras-

ji sa- bourg ne mettent-ïils pas la pénitence au nomre et À bre des sacrements, puisqu'ils se disent de la Confession d’Augsbourg ? —R. C'est à eux à + à voir ce qu'ils pourront répondre pour ne pgs ner se contredire eux-mêmes.

ible, À II | en D. Les Protestants peuvent-ils prouver aux Anabaptistes que le baptême des enfants est sept bon ?—R. Non, ils ne peuvent pas le leur prous du | ver.

ins. D. Pourquoi cela ?—R. Parce qu'il suit des ent- principes des Protestants que le baptème des "2 enfants ne peut être bon.

> 16. D. Comment cela ?—R. Un des principes des ton Protestants est qu’on ne peut être justifié que eu par un acte de foi: or, les enfants ne peuvent «Y 1 produire aucun acte de foi; donc ils ne peuds vent être jJustifiés.

ait D. Faites-nous voir la même conséquence rec tirée d’ur: autre de leurs principes.—R. Leur Fa première maxime est qu'il ne faut recevoir au- | cun usage dont il ne se trouve point d'exemple U- dans l’Ecriture : or, il ne se trouve aucun ex-

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emple dans l’Ecrniture qu'il y ait jamais eu d'enfant baptisé : done le baptême des enfants ne doit pas passer chez eux pour être bon.

D. De quoi se vantent les Anabaptistes contre les Protestants ? —R. Ils se vantent d’avoir la pure parole de Dieu pour eux.

D. Quel usage font-ils de ce passage de saint Matthieu, chap. 28 : ‘ Allez, enseignez toutes ‘ Iles nations et baptisez-les ” ?—R. Ils prétendent que l'instruction doit précéder le baptëme : or, les enfants, disent-ils, ne sont pas Capables d'instruction.

D. Quel usage font-ils du passage de saint

arc, Chap. 16: “Celui qui croira et qui sera 4% baptisé sera sauvé ” ?—R. Ils prétendent qu’il faut croire avant de recevoir le baptème; or, disent-ils, les enfants ne sont päs en état de croire.

D. Les Protestants ont-ils de quoi répondre à ces passages ?—R. Ils peuvent bien expliquer ces passages d’une autre manière que les Anabaptistes, mais ils ne peuvent s'assurer que leur explication soit meilleure.

D. Que concluez-vous de tout ce qui a été dit?—R. Je conclus qu’un protestant, en sui- vant ses propres principes, a de très-grandes

raisons de douter s’il est bien baptisé.

D. Comment les Catholiques prouvent-ils que le baptème des enfants est bon ?—R. Ils le prouvent par la tradition, c’est-à-dire par l’usa ge constant de l'Eglise. ;

D. Les adversaires ne peuvent-ils pas avoir également recours à la traditioh ?—R. Non,

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ils ne le peuvent, car ils rejettent la tradition pour tout autre article. *

D. Pourquoi mettez-vous la Confirmation au nombre des sacrements?—R. Parce que c’est un signe visible qui confère une grâce invisible.

D. Qu'est-ce que le signe visible dans la Confirmation ?—R. C’est le saint crême et l’imposition des mains de l’évêque.

D. Quelle est la grâce invisible que confère ce sacrement ?—R. C'est une grâce aui fortifie la foi du Chrétien.

D. Où l'Écriture fait-elle mention de la Confirmation ?—R. Dans le huitième chapitre des Actes des Apôtres.

D. Qu'est-ce qu’elle en dit ?—R. Il y est dit que les habitants de Samarie avaient déjà reçu le baptême, mais qu’ils n'avaient pas encore reçu le Saint-Esprit; que saint Pierre et saint Jean allèrent leur imposer les mains, et que par là ils reçurent le Saint-Esprit.

D. Est-ce là la Confirmation ?—R. Ce ne peut Ôôtre autre chose.

D. Pourquoi dites-vous cela ?—R. Parce que l'imposition des mains ne se fait qu’en conférant les ordres, ou en donnant la confirmation ; or, les apôtres ne donnèrent pas l’ordre de la prêtrise à tous les habitants de Samarie ; donc ils donnèrent la confirmation.

D. Ne pourrait-on pas dire que les apôtres imposaient les mains pour communiquer les, dons du Saint-Esprit, mais que les évêques d'aujourd'hui n’ont pas le même pouvoir ?—

R.Si les évèques d'aujourd'hui n’ont pas le pouvoir de communiquer le Saint-Esprit visiblement, ils ont du moins le pouvoir de le comriuniquer d’une manière invisible.

D. Que dites-vous sur cela aux adversaires ?

—R. Vous en appelez sans cesse à l’Ecriture, et vous voulez qu’on s’en tienne à la lettre ; pourquoi donc n’impose-t-on pas chez vous les mains à ceux qui sont baptisés ?

D. Trouve-t-on des vestiges de la confirmation dans les premierstemps du Christianisme ? —kR. Les passages des Pères sont décisifs sur cet article. |

D. Rapportez-nous les paroles de saint Cyrille dans sa troisième Catéchèse.—R. ‘ Tandis qu'il ‘ se fait une onction visible sur le corps, l’âme ‘ setrouve sanctifiée par l’opération intérieure ‘ du Saint-Esprit.”

D. Rapportez-nous les paroles de saint Augustin au second livre,contre les lettres de Petilien, chap. 10.—R. ‘ Le sacrement du Saint-Crême ‘° est un sacrement qui ne cède point en sainteté ‘au baptème même.”

D. Ÿ a-t-il du pain après la consécration de l'Eucharistie ?—R. Non ; le pain se change au corps etau sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ par la vertu du Tout-Puissant et la parole du prêtre.

D. Comment le prouvez-vous ?—R. Le Sauveur n’a pas dit : dans ce pain ou avec ce pain est mon corps, mais il a dit : “ ceci est mon £é corps.”

D. Que concluez-vous de là ?—R. Que ce n’est as du pain.

D. Pourquoi cela ?—R. Parce qu’il est impossible que ce qui est chair soit en même temps pain : or, le Sauveur a déclaré que ce qu’il tenait en main était son corps et sa chair ; par conséquent ce ne pouvait plus être du pain.

D. A-ton cru la transubstantiation dès les premiers temps du christianisme ?—R. On l’a cru en tout temps, comme il est aisé de le faire voir par le témoignage des Pères.

D. Rapportez-nOus les paroles de saint Ambroise au livre # des Sacrements, chap. 4. — R. ‘Avant la consécration ce n’est que du pain ; “ mais dès que les paroles saintes se pronon- ‘ cent, le pain se change au corps de Notre- “ Seigneur.”

D. Rapportez-nous les paroles de saint Grégoire de Nysse, chap. 37 de sa grande Catéchése. —R.‘ Je crois fermement que le pain est changé ‘ au corps de Jésus-Christ.”

D. Mais ne pourrait-on pas objecter contre la doctrine Catholique tous les passages où l’Eu- Charistie est appelée pain, comme dans ia {ère

aux Corinth. chap. 10, v. 16 : ‘ le pain que nous 4 rompons n'est-il pas la participation du corps du Sauveur ? ” chap. 11. v. 20 : ‘ quiconque “ mangera ce pain indignement ? ”—R. Il est parlé de pain, non que ce soit du pain en effet, mais parce que ç’a été du pain.

. D. Dohnoë nus un exemple de cette manière de parler.—R. C'est ainsi qu’il est dit en saint Matthieu, chap. 11 : “ les aveugles voient,

D. MAÉ a = lus

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“ les boiteux marchent ; ” c’est à dire ceux qui étaient aveugles, ceux qui étaient boiteux..

D. N’avez-vous pas d'autre réponse à faire ?— R. L'Eucharistie s'appelle encore pain, parce qu'elle en a la figure.

1)/ Donnez-nous un exemple pareil tiré de l’'Ecriture.—R. L'Ecritaure nomme les trois anges qui apparurent à Abraham, trois hommes, parce qu’ils apparurent sous la figure humaine: ainsi elle appelle pain ce qui a encore les apparences du pain.

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D. Jésus-Christ est-il présent dans l’'Eucharistie hors l'usage ?—R. Il est réellement présent dès que les paroles de la consécration sont prononcées.

D. Comment le prouvez-vous ?—R. Lorsque le Sauveur dit ces paroles: ‘Ceci est mon corps,” il fallait que ces paroles fussent vraies dans le moment même que le Sauveur parlait.

D. Donnez encore plus de jour à ce que vous avez dit.—R. Il n’est pas dit; Ce sera mon corps quand vous le mangerez ; il est dit : C’est mon corps. Get es! marque le temps présent, el non l'avenir. |

D. Si la doctrine protestante était vraie sur cet article que s’en suivrait-il ?—R. Il s’en suivrait que le corps serait présent, non en vertu des paroles de la consécration, mais en vertu de la manducation.

D. Rapportez nous ce que dit saint Ambroise au A. roles de la consécration, dans le 4. livre des Sacrements, chap. 4.—R. Il dit que

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les paroles de la consécration sont aussi efficaces: que celles que Dieu employa pour créer le monde.

D. Que concluez-vous de là ?—R.Que le corps.

de Jésus-Christ se trouve présent immédiatement après les paroles de la consécration, de même que le monde se trouva créé immédiatement après la parole que Dieu prononça pour le tirer du néant.

D. Rapportez-nous les paroles de saint Cyrille dans son Epitre à Colosyrius.—R. Il dit que ‘ c’est être insensé de dire que le pain consacré ‘ n’a plus de vertu quelques jours après la con- ‘ sécration.”

D. N'avez-vous pas d’autres preuves pour prouver la présence permanente de Jésus-Christ dans l’Eucharistie ?—R. On la prouve encore par différents usages de la primitive Eglise.

D. Rapportez-nous-en quelques-uns.—kR. On gardait l’Eucharistie pour les malades dans des vases sacrés ; on la distribuait au temps de la persécution pour un temps considérable ; les évêques s’envoyaient le pain sacré en signe de leur bonne union.

D. Combien de temps Jésus-Christ reste-t-il sous les espèces ?—R. Tant que les espèces durent. |

D. S'il arrivait par accident que les hosties tombassen!: dans le feu ou dans l’eau, qu’en arriverait-il au corps de Notre-Seigneur ?—R.

Le corps de Jésus-Christ n’en souffrirait rien ; il n’y aurait que les espèces qui seraient consumées. : 7)

D: Faut-il adorer Jésus-Christ dans le saint ‘Sacremient de l’autel ?—R. Il ne faut pas y manquér, puisqu'il est véritablement Dieu.

Saint Paul dit que tons les anges l’adorent ; il n’en exige pas moins des hommes.

D. Les Catholiques font-ils bien de se mettre ‘à genoux dans les rues devant le saint Sacrement lorsqu'on le porte aux malades ?—R. Ils font très-bien en cela, car s’il est juste que tout genou fléchisse au nom de Jésus-Christ, à plus forte raison est-il juste que tout genou fléchis- ‘se devant sa personne.

D. Les Catholiques font-ils bien de porter le saint Sacrement avec beaucoup de pompe et de solennité ?—R. Si les Israëlites ont porté larche d’alliance avec beaucoup de pompe, les ‘Catholiques ont encore plus de raison de porter ainsi le saint Sacrement, dont l'arche d'alliance n’était que la figure.

D. La partie adverse ne pourrait-elle pas dire -que le Sauveur n’est pas là pour y recevoir nos honneurs et nos hommages, mais pour nous servir de nourriture ?—R. Le Seigneur ne s’était pas mis dans la crèche pour y être adoré cependant les Mages n’y ont pas manqué; i n'avait pas guéri l’aveugle-né pour recevoir ‘ses adorations, néanmoins celui qui recouvra la vue ne laissa pas de se prosterner devant lui. Partout où est Jésus-Christ, on lui doit les honneurs:souverains. qi |

D. Faites-nous voir le peu de solidité de l’ob:

jection des adversaires.—R. C’est comme s'ils

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disaient le Roi fait un voyage en Alsace, non | pour y recevoir des honneurs mais seulement { pour y voir les places fortes: ainsi il ne faut lui rendre aucun honneur.

D. Rapportez-nous les paroles de saint Augustin sur le 98e psaume.—R. ‘‘ Non-seulement ‘ ce n’est pas un péché d’adorer Jésus-Christ “ dans l’Eucharistie, maïs c’est un péché de ne € l'y pas adorer.”

D. Rapportez-nous les paroles de saint Ambroise au 3. livre du Saint-Esprit, chap. 12— R. “Nous adorons la chair de Jésus-Christ “pendant la célébration des mystères sacrés. ”

D. Les Protestants sont-ils d'accord entre eux touchant les honneurs qu’il faut rendre à Jésus-Christ dans l’Eucharistie ?—R. Non, car Kemnitius et ses partisans exigent qu’on adore Jésus-Christ dans l’Eucharistie; d’autres, cemme Illiricus, le défendent.

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