‹ Manuel de controverse [microforme] (volume 2)Chapitre 25 sur 36 · DE DORSIFRNSRE DUE A L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DE DORSIFRNSRE DUE A L'ÉGLISE

D. Sommes-nous obligés d’obéir à l'Eglise ?

—Oui, parce que Dieu l’ordonne.

D. Que dit le Sauveur (Matth. 18, v. 16.) ?—R. ‘ Celui qui n’écoute pas l'Eglise qu 1 vous soit ‘comme un païen et un publicain.”

D. Que dit-il aux pasteurs (Luc 10, v. 17.) ?— R. ‘ Celui qui vous écoute m'écoute, et qui ‘‘ vous méprise me méprise.”

D Que dit saint Paul (Hébr. 13, v. 17.)?—

R. ‘ Soyez soumis à vos préposés, ‘car ils veil- ‘ lent comme devant rendre compte de vos

‘ âmes.”

D. La puissance ecclésiastique est-elle en | droit aussi bien que la séculière de nous obliger VE en conscience —R. Oui, parce que l’une et | l'autre sont également établies de Dieu. SE

, D. Que dit l’apôtre (Rom. 13, 0.2.) ?—R. ‘Ceux d

ui résistent aux puissances résistent à l’or- A

re de Dieu, et ceux qui Y résistent s’ PES r

Le ben la damnation.” . no

D. Que dit-il de plus ?—R. ‘“ Soyez soumis, “ non-seulement par crainte, mais aussi par # conscience.

: D. Que suit-il de ces passages ?—R. Qu’onest obligé en conscience de garder les commandements de l'Eglise.

D. Mais les commandements de l'Eglise ne sont que des commandements des hommes.— R. On est obligé de garder les commandements des hommes, quand Dieu l’ordonne.

D. Donnez-en une comparaison.—R. Le commandement d’un père et d’un magistrat n’est qu'un commandement humain ; néanmoins on est obligé de garder l’un et l’autre, parce que Dieu l’a ordonné.

D. Achevez la coiînparaison.—R. De même est-on obligé d’obéir à l’Eglise parce que Dieu l’a ordonné,

D. Le Sauveur ne dit-il pas (Matt. 15, v. 9.): “ C'est en vain qu'ils me servent eux qui enseignent des commandements humains ? ”—R.

Le Sauveur ne parle ici que des commandements qui sont ou contre la loi de Dieu, ou vains et inutiles.

D. À quoi servent les commandements de l'Eglise ?—R. A nous faire mieux observer les commandements de Dieu.

D. Comment cela ?—-R. Dieu nous ordonne de lui rendre le culte qui lui est dû, de jeûner, de nous confesser et de‘communier, et l'Eglise nous en fixe le temps et la manière de le faire.

D. L'Eglise a-t-elle droit d’instituer des jours

de fêtes ?—R. Elle n’en a pas moins que l'Eglise judaïque.

D. Où trouve-t-on dans l'Ancien Testament des fêtes de commandement instituées par la synagogue ?—R. Dans le livre d’Esther, chap.

9, et dans le dernier chapitre du livre de Judith.

D. Comment prouvez-vous encore que l’Eglise peut instituer des fêtes de commandement ? —R. Si elle n’avait pas ce droit, elle n’aurait pu ordonner de chômer le dimanche au lieu du samedi. |

D. L'Eglise peut-elle aussi instituer des jours de jeûne ?—R. Oui, et saint Augustin taxe Aérius d’hérésie pour avoir disputé ce droit à l'Eglise.

D. L'Eglise peut-elle nous défendre l'usage de certaines nourritures ?—R. Oui, comme elle fit dès le temps des apôtres.

D. Quelle nourriture défendit-elle alors ?— R. Le sang et les viandes suffoquées. (Act. 25.)

D. Les Chrétiens d'alors eussent-ils péché en usant de ces nourritures ?—R. Sans doute, parce qu'ils eussent violé le commandement de "Eglise.

. N’eussent-ils pas pu dire que rien de ce qui entre par la bouche ne souillait l’homme ? —R. On leur eût répondu que ce n’était pas la nourriture, mais la désobéissance qui rendait l'homme immnonde. |

D. Que doivent donc répondre les Catholiques, lorsque les Protestants leur font aujour-

hui le même reproche ?—R, Ce n'est pas la nourriture, mais la désohéissance qui rend l’homme immonde. A

CR

D. De quelle nourriture parle le Sauveur lorsqu'il dit (Matth. 15, v. 11.) : ‘* Ce qui entre ‘par la bouche ne rend pas l’homme im- “ monde” ?—R. Il parle de celle qu’on prend sans avoir lavé les mains auparavant, et nullement de celle qu’on pront contre le précepte.

D. Pourquoi l'Eglise nous défend-elle l'usage de la viande en de certains jours ?—R. Pour chatier le corps.

D. La viande est-elle une nourriture qui en elle-même soit immonde ?—R. Non; c’est une créature de Dieu dont on peut user avec action de grâces.

D. Qui est-ce qui enseigna autrefois qu’elle était immonde et une créature du démon ?— R. Les Marcionites et les Manichéens.

D. Comment l’Apôtre nomme-til cette doctrine ?—R. Une doctrine diabolique.

D. Y a-t-il longtemps que les Chrétiens s’abstiennent de la viande deux jours par semaine ? —R. Depuis le commencement du christianisme.

D. D'où le savez-vous ?—R. De saint Epiphane (Cathe.) :

D. Dites-nous ces paroles.—R. Il lui est ordonné par la loi apostolique de jeûner deux jours par semaine. ;

D. À:t-on toujours fait abstinence le vendredi et le samedi par toute l'Eglise ?—R. Non; en quelques endroits cela se pratique le mercredi et le vendredi. |

D. Que dit saint Jérôme ?-R. “Il fauten cela “ se conformer à l’usage de chaque pays”

D. Pourquoi les Grecs le faisaient-ils le mercredi et le vendredi ?—R. Parce que Jésus- Christ fut vendu le merçredi, et qu'il mourut le vendredi.

D. Pourquoi le faisons-nous le vendredi et le samedi ?—R. En l'honneur de la mort et de la sépulture de Jésus-Christ.

D. L’apôtre ne blâme-t:il pas: les Colossiens de ce qu'ils disaient : “ n’y touchez point, n’en ‘ mangez point” ?—R. L'apôtre ne les blâme Açue parce qu’ils le disaient dans l'esprit de l’an- <ienne loi. |

D. L’apôtre ne dit-il pas au même chap. 2, vw. 16. ‘ que personne ne 7ous juge sur le manger “ ou sur le boire, ni sur les fêtes” ?—R. IL ne parle ici que de la loi Judaïque, dont les Chrétiens doivent être affranchis.

D. Ne dit-il pas (2 Cor. 3, v. 17.) “là où ‘est ‘* l'Esprit de Dieu, là se trouve la liberté. ” Pourquoi donc s’assujettir aux lois de l'Eglise ?

—kR. "Soyez libres, dit saint Pierre. (1. chap, 2, v. 16.) mais que la liberté ne vous serve pas de << voile pour couvrir votre malice.”

D. Qui est-ce qui a établi le Carèême ?R. Ce |

“ont les apôtres.

D. Comment le prouvez-vous ?-—R. Premièrement jo la règle de saint Augustin, et en second lieu par le témoignage des Pères.

D. Quelle est la règle de saint Augustin ?

(Ep. 18.)—R. ‘Tout usage reçu dans l'Eglise uni. ** verselle, et dont on ne trouve l’origine chez “aucun évêque, ni chez aucun pape, ni dans au-

“ cun Concile‘ doit être regardé comme d’instrtution apostolique.”

D. Que prouve cette règle ?—R. Que le Carème, qui est reçu dans toute l'Eglise, et dont on ne trouve l’origine chez aucun pape, ni dans

aucun Concile, est d'institution apostolique.

D. Que faut-il répondre aux adversaires qui prétendent que c’est le Concile de Nicée qui a introduit le Carème ?—R. Cela ne se peut, vu que Tertullien et Origène, qui vivaient bien avant ce Concile, font déjà mention du Carême.

D. Savez-vous quelque saint Père qui dise expressément que les apôtres aient institué le Carême ?—R. Saint Jérôme et saint Léon le disent formellement.

D. Citez-nous saint Jérôme. (Epist. ad Marcel.) —kR. ‘ Nous observons un jeûne de quarante ‘ jours, suivant l'institution apostolique.”

D. Et saint Léon. (Sem. 9 de jejun.)—R. “ Ce “ sont les apôtres qui par inspiration du Saint Esprit ont établi le Carême.”

D. Etait-on dès lors pbligé au jeûne ?—R.

Oui, dès lors on y était obligé en conscience.

D. Que dit saint Jérôme (Epist. cit.) ?—R. “ Les “ Montanistes jeùnent trois Carêmes, et nous ‘“ n’en jeûnons qu'un; non qu'il ne soit per- “ mis de jeüner toute l’année ; mais autre cho- « se est de jeüner de son propre choix, etautre

chose de jeûner parce qu’on est obligé.”

D. Que dit saint Augustin ?—R. ‘Il est libre ‘“ de jeùner en d’au‘"es temps, mais c’est pécher que de ne pas jeùner en Carême.” |

D. Pourquoi les apôtres ont-ils institué le Carême R. 1. En l'honneur du jeûne de

Jésus-Christ ; 2. en l’honneur de sa passion, et 3. pour nous mieux préparer à la fête de Pâques.

D. Comment faut-il jeûner ?—R. Il faut, 1.

s'abstenir de gras ; 2. ne prendre qu’un repas par jour, prendre son diner vers midi.

D. N’est-il pas permis de manger le soir selon son appétit ?—R. Non; il faut se contenter d’une petite colla' ion.

D. De quelle nourriture doit-on user à la collation ?—R. D'une nourriture légère, de fruits, ou de quelque autre dessert.

D. Est-il défendu à ceux qui. ont l’estomac faible de prendre le soir un peu de bouillon maigre ?—R. Non, lorsque cela est nécessaire.

D. Est-il permis de déjeüner ou de goûter les jours de jeûne ?—R. Non, il faut s’en abstenir.

D. Peut-on faire collation le matin, et souper selon son appétit ?—R. Cela se peut, lorsqu'on en à une raison légitime. it ,51

D. Tout le monde esiil obligé au jeûne ?— R. Non, différentes personnes en sont exemptes ; savoir :

Les jeunes gens au-dessous de vingt-un ans ;

Les vieillards qui n’en ont plus la force ;

Les femmes enceintes et les nourrices;

Les gens de métier, dont le travail est. trop

rude ; : EAT ES |

Les pauvres qui n’ont pas le quoi faire un repas. |

D. Que doit répondre un Catholique aux adversaires qui se raïllent du jeûne et de l’abstinence ?—R. Il faut leur répondre par ce passage : ‘ Celui qui n’écoute pas l'Eglise doit être ‘‘ regardé comme un païen et un publicain.”

D. Quoi encore ?—R. Il faut leur citer les paroles de saint Augustin. (Epist. 118.)

D. Que dit saint Augustin ?—R. ‘ C'est une ‘* folie impudente de blâmer ce qui se pratique ‘“ dans toute l'Eglise.”

D. Sur qui ce reproche tombe-t-il?—R. Sur Luther, qui a blâmé le jeûne que l’on observait dans toute l'Eglise.

D. Pouvez-vous prouver par quelques exemples de l’Ecriture que les Catholiques font bien de s’abstenir de certaines viandes ?—R. Le prophète Jérémie loue les Réchabites de ce qu’ils s’abstenaient du vin, parce que Jonadab, leur père, le leur avaït défendu.

D. Que concluez-vous de là ?—R. Que les Catholiques ne font pas mal en s’abstenant de la viande, parce que l'Eglise, leur mère, la leur défend. FA

D. Que peut-on dire aux adversaires pour leur faire mieux sentir le tort qu’ils ont de nous blâmer là-dessus ?--=R. Il faut leur demander pourquoi ils chôment le dimanche, pendant qu’ils ne veulent pas s'abstenir du gras les vendredis. ji Kool Sd

D. Ne pourraiïent-ils pas répondre que l’Ecriture ordonne de chômer le dimanche, et qu’elle ne commande nulle part de faire abstinence le

vendredi et le samedi ?—R. L'Ecriture ne parle que du sabbat et nullement du dimanche.

D. Que faut-il là-dessus leur dire de plus ?

—R. Vous chômez le dimanche parce qne c’est l'ancien usage de l'Eglise; gardez donc de même l’abstinence du vendredi et du samedi, suivant l’ancien usage.

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