‹ Manuel de controverse [microforme]Chapitre 24 sur 37 · IV · texte numérisé non relu

IV

D. Y'atil du re après la consécration de

« lEucharistié?—R. Non; le pain se change au corps et au sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ par la vertu du Tout-Puissent et la parole du prêtre.

D. Comment le prouvez-vous?-R. Le Sauveur n'a pas dit: dans ce pain ou avec ce pain est mon corps; mais il a dit: ‘ceci est mon “ corps.”

D. Que concluez-vous de là ?-R, Que ce n’est plus du pain.

D. Pourquoi cela ?=-R. Parce qu’il est impossible que ce qui est chair soit en même ternps pain: or, le Sauveur a déclaré que cé qu'il tenait en main était son corps et sa chair; par £onséquent ce ne port plus être du pain.

D. A-t-on cru la transubstantiation dès les premiers temps du christianisme ?—R. On l’a Cru en tout temps, comme il est aisé de le-faire voir par lé témoignage des Pères.

D. Rapportez-nous les paroles de saint Ambroise au livre 4 des Sacrements, chap. 4.-R. ‘* Avant là consécration ce n’est que du pain ; ‘ mais dès que les paroles saintes se pronoñcent, ‘© le pain se change au corps de Notre-Seigneur.”

D. Rapportez-nous les patoles de saint Grégoire de Nysse, chap. 37 de sa grande Catéchése. +R. “ Je crois fermement que le pain est ‘changé au corps de Jésus-Christ.”

: D. Mais ne pourrait-on pas objecter contré la doctrine Catholique tous les passages où l'Eu-

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aux Corinth. chap. 10, v. 16 : ‘ le pain que nous 4 rompons n'est-il pas la participation du Corps « du Sauveur?” chap. 11, v. 20: ‘ quiconque il fnangera ce pain indignement ?”—R. IL est parlé de pain, non que ce soit du pain en effet, mais pure que ça été du pain.

D. Donnez-nous un exémple de cette manière de parler —R. C'est ainsi qu'il est dit en saint Matthieu, chap. 11: ‘les aveugles voient, les “hoiteux marchent ;” c'est-b-dire ceux qui étaient aveugles, ceux qui étaient boiteux.

D. N’avez-vous pas d'autre réponse à faire 1 R. L'Eucharistie s'appelle encore pain, parce

D. Donnez-nous un exemple pareil tiré de lEcriture.—R. L'Ecriture nomme les trois anges qui apparurent à Abraliam, trois hommes, parce que apparurent sous la figure humainé ; ainsi e | rences du pain.

D. Jésus-Christ est-il présent dans l’Eucharistie hors l’usage ?—R. Il est réellement présent dès que les paroles de là consécration sont prononcées.

D. Comment le ptouvez-vous ?--R. Lorsque le Sauvéut dit ces paroles: “ Ceci est mon cérps,” il fallait que ces paroles fussent vraies ‘daus le moinent mème que le Sauveur parlait.

D. Donnez encore plus de jour à ce que vous

lé appelle pain ce qui a encore les appa-

avez dit.—R. Il n’est pas dit ; Ce. sera mon corps

quand vous le mangerez ; il est dit: C’est mon

Corps. Cet est marque le temps présent, et non l'avenir.

D. Si la doctrine protestante était vraie sur cet article que s’en suivrait-il?—R. Il s’en suivrait que le corps serait présent, non en vertu des paroles de la consécration, mais en vertu de la manducation.

D. Rapportez-nous ce que dit saint Ambroise au sujet des paroles de la consécration, dans le 4e livre des Sacrements, chap. 4—R. Il dit que

les paroles de la consécration sont aussi efficaces que celles que Dieu employa pour créer le monde. :

D. Que concluez-vous de là ?—R. Que le corps de Jésus-Christ se trouve présent immédiatement après les paroles de la consécration, de même que le monde se trouva créé immédiatement après la parole que Dieu prononça pour le tirer du néant.

D. Rapportez-nous les paroles de saint Cyrille dans son Epître à Colosyrius.—R. “ Il dit que & c’est être insensé de dire que le pain consacré n’a. plus de vertu quelques jours après la con- ‘ sécration.” |

D. N'avez-vous pas d'autres preuves pour prouver la présence permanente de Jésus-Christ dans l’Eucharistie ?—R. On la prouve encore par différents usages de la primitive Eglise.

D. Rapporiez-nous-en quelques-uns.—R. On

‘gardait l'Éucharistie pour les malades dans des

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persécution pour un temps considérable ; les évêques s’envoyaient le pain sacré en signe de leur bonne union.

D. Combien de temps Jésus-Christ reste-t-il sous les espèces ?—R. “Tant que les espèces durent.

D. S'il arrivait par accident que les hosties tombassent dans le feu ou dans l’eau, qu’en arriverait-il au corps de Notre-Seigneur ?—R. Le corps de Jésus-Christ n’en soufirirait rien; il n'y aurait que les espèces qui seraient Consumées.

D. Faut-il adorer Jésus-Christ dans le saint Sacrement de l'autel ?—R. Il ne faut pas Y manquer, puisqu'il est véritablement Dieu.

Saint Paul dit que tous les anges l'adorent; il n’en exige pas moins des hommes.

D. Les Catholiques font ils bien de se mettre à genoux dans les rues devant le saint Sacrement lorsqu'on le porte aux malades?—R. Ils font très-bien en cela, car s’il est juste que tout genou fléchisse au nom de J ésus-Christ, à plus forte raison est-il juste que tout genou fléchisse devant sa personne.

D. Les Catholiques font-ils bien de porter le saint Sacrement avec beaucoup de pompe et de solennité ?—R. Hi les Israëlites ont porté l'arche d'alliance avec beaucoup de pompe, les Catholiques ont encore plus de raison de porter ainsi le saint Sacrement, dont l'arche d’alliance n'était que la figure.

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D. La partie adverse ne pourrait-elle pas dire que le Sauveur n’est pas là pour y recevoir nos honneurs et nos hommages, mais pour nous servir de nourriture ?—R. Le Seigneur ne s'était pas mis dans la crèche pour y être adoré cependant les Mages n’y ont pas manqué ; il n'avait pas guéri l’aveugle-né pour.recevoir ses adorations, néanmoins celui qui recouvra la vue ne laissa pas de se prosterner devant lui. Partout où est Jésus-Christ, on lui doit les honpeurs souverains.

D. Faites-nous voir le peu de solidité de l’ob-

jection des adversaires.—R. C'est comme s'ils

disaient le Roi fait un voyage en Alsace, non pour y recevoir des honneurs mais seulement pour y voir les places fortes : ainsi il ne faut ui rendre aucun honneur.

D. Rapportez-nous les paroles de saint Augustin sur le 98e psaume.—R. ‘ Non seulement ‘’ ce n'est pas un péché d’adorer Jésus-Christ

# dans l'Eucharistie, mais c’est un péché de ne

# l’y pas adorer.” D. Rapportez-nous les paroles de saint Am-

broise au 3. livre du Saint-Esprit, chap. 12.

R. “Nous adorons la chair de Jésus-Christ ‘ pendant la célébration des mystères sacrés.”

D. Les Protestants sont-ils d'accord entre eux touchant les honneurs qu'il faut rendre à Jésus-Christ dans l'Eucharistie?—R. Non, car Kemnitius et ses partisans exigent qu’on adore Jésus-Christ dans l'Eucharistie; d’autres, comme Illiricus, le défendent. |

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