‹ Manuel de culture physique militaireChapitre 7 sur 32 · ORGANISATION PRATIQUE DES COURS · texte numérisé non relu

ORGANISATION PRATIQUE DES COURS

Les appareils, leur nécessité.

Maintenant que tous ces principes généraux sont posés et indiscutables, j’imagine, passons à l’organisation pratique du cours cle culture physique à la caserne.

Voici nos trois groupes alignés dans la cour :

A) Les hommes forls ;

B) Les moyens ;

C) Les malingres.

A quelle gymnastique allons-nous les soumettre ? Je me hâte tout de suiLe de proclamer que le nom de la méthode me préoccupe peu et que je ne me fais aucun scrupule d’en composer une avec ce qui me semble le meilleur dans les autres.

La gymnastique purement suédoise, ou du moins ce qu’on est convenu d’appeler ainsi en France, c’est-à-dire une sorte de gymnastique thérapeutique, pourrait convenir aux malingres dans les débuts, mais

elle nécessite de la part de l'élève une volonté rare à la caserne. Il vaut mieux s’en passer et commencer tout de suite la méthode dite des poids légers.

Il ne faut pas oublier, du reste, que nous n’avons pas affaire à des malades au sens réel du mot, mais à des jeunes gens reconnus tout de même aptes au service militaire ; j’estime donc qu’un peu d’effort musculaire est nécessaire et qu’il faut y venir le plus vite possible.

Pour les malingres, nous préconisons donc V haltère simple de 2 kilos pièce.

A noter en passant que ce peloton des malingres ne doit être que temporaire et que la plus grande partie de ceux qui le composent doit entrer au peloton B (hom- 'î mes moyens) à la fin du premier trimestre d’incorporation, si l’enseignement a été fructueux.

Aux hommes du peloton B nous donne- 9 rons des haltères de 0 kilos pièce.

Aux hommes du peloton A (celui des jeunes gens pourvus d’une constitution athlé-ï tique), nous mettrons en mains des haltè- ^ res de 4 kilos pièce.

Nos différents groupes étant alignés à

quelques mèlres les uns des autres, un ins- Iructeur-chef, placé bien en vue, démontrera le mouvement et en expliquera sommairement le but. Pour chaque peloton, un instructeur spécial répétera l’exercice et, une fois le mouvement bien compris par tous, à un signal de l’instructeur-chef, tout le monde commencera en même temps, en comptant à liante voix.

A noter que les mouvements doivent être exécutés sans saccades, mais au contraire avec élongation et contraction lente du tissu musculaire.

Le service de deux ans a rendu précieux le temps à la caserne. La leçon de culture PHYSIQUE DOIT ÊTRE QUOTIDIENNE ET NE PAS DURER PLUS D’UNE HEURE.

D’ailleurs, si ce temps a été bien employé, il suffît largement. N’oublions pas que l’entraînement n’est pas l’éreintement et que l’exercice cesse d’être profitable lorsqu’il devient douloureux.

Comment faut-il habiller les soldats pour la leçon ?

Le plus légèrement possible pour que le mouvement ne soit pas gêné et puisse avoir toute son amplitude. Le pantalon de treillis et le buste nu en été ; le même pan-

talon de treillis en hiver et un maillot sur le corps. L habitude cle faire revêtir aux soldats le vêtement de toile, pantalon et bourgeron, par-dessus le vêtement de drap, donne aux hommes un air engoncé, dans lequel ils se sentent un tantinet ridicules et, dans tous les cas, très fortement gênés. Permettons à nos soldats toute l’élégance possible : un peu d’art ne gâte jamais rien et il en résulte toujours plus de goût, plus d application à la leçon, conséquemment plus d’efficacité.

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