‹ Manuel de culture physique militaireChapitre 8 sur 32 · UNE GYMNASTIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

UNE GYMNASTIQUE FRANÇAISE

Si, rompant avec des idées par trop exclusives à notre sens et qui tendent à se répandre en France, nous préconisons l’haltère léger, c’est que l’expérience, la nôtre et celle d’un nombre énorme d’autres sujets, nous a enseigné qu’il n’était pas de progrès musculaire possible sans effort.

Pendant un demi-siècle nous n’avons pratiqué que la gymnastique des efforts pure. C’était une erreur physiologique.

Nous sommes en train de tomber dans l’erreur contraire et de perdre un nouveau demi-siècle à implanter dans notre enseignement, dans notre armée, une gymnastique bonne pour de tout petits enfants ou pour des convalescents. Il faut, à tout prix, éviter ces exagérations, auxquelles noué porte naturellement notre caractère national, si nous voulons faire œuvre bienfaisante.

Dans les assises internationales de gymnastique, on voit souvent des gymnastes suédois remporter les premiers prix aux

mouvements avec appareils. Nous ferat-on croire qu’ils ont été formés à cette virtuosité par cette culture édulcorée qu’on appelle chez nous la « gymnastique suédoise » ?

Et le pire défaut, d'ailleurs, des leçons de gymnastique suédoise, à la française, c est de manquer d’entrain, de ne pas intéresser l’élève et de transformer celle demi-heure d’activité physiologique et musculaire en une suite monotone de gestes ennuyeux. Bonne pour une élite qui rappliquerait avec conscience, elle ne convient point ù des soldats trop portés à considérer comme des corvées les travaux du métier militaire.

Faisant allusion à cette question, l’honorable Dr Lachaud, député de la Corrèze et auteur du remarquable rapport du projet de loi sur l’obligation de l’éducation physique et la préparation militaire, s’exprime ainsi :

«Je pourrais me lancer dans toute une dissertation longue et peut-être ennuyeuse sur la conception que j’ai de la méthode qu’il convient plus particulièrement d’employer pour élever notre race française.

Je ne le ferai pas, estimant que ce rapport ne comporte pas cette discussion.

» Je me permets de désirer que l’on fasse plus de cas, dans la constitution du programme, de toutes les ressources que l’on peut puiser dans les différentes méthodes vraiment françaises dont se sont inspirés ceux qui ont toujours fait de l’éducation physique. Puisons dans notre richesse ce qui nous est nécessaire ; n’allons pas emprunter aux autres des procédés qui ne conviennent ni à notre constitution, ni à notre caractère, et encore moins à noire tempérament. »

Voilà qui est parlé net et clair, en paroles marquées du plus pur bon sens.

Nous donnerons donc des haltères légers à nos soldats, les obligeant ainsi à un effort continu, seul gage de l’efficacité de la culture physique. Cet appareil est commode, robuste et la dépense nécessaire d’acquisition modeste.

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