‹ Manuel de diagnostic médical et d'exploration clinique (volume 2)Chapitre 15 sur 94 · CHAPITRE V DYNAMOMÊTRIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V DYNAMOMÊTRIE

La dynamométrie sert à déterminer la force musculaire d'un malade, à constater si elle est suffisante, ou bien s'il existe entre les groupes de muscles symétriques des deux côtés du corps des différences dignes d'être notées.

Pour connaître d'une façon approximative la force musculaire d'un malade, le médecin peut, pour le membre supérieur, demander au malade de lui serrer la main ou les mains aussi énergiquement que possible : il juge ainsi du degré de force par la pression exercée; ou bien il commande de maintenir un membre en flexion ou en extension, pendant que lui-même cherche à vaincre la résistance du malade et à ramener le membre dans la situation opposée; il apprécie ainsi la force dans un groupe de muscles par la résistance apportée par ces muscles. Ces recherches n'ont guère de valeur que lorsqu'il s*agit de constater une différence entre la force des deux côtés du corps.

Mais quand on désire explorer exactement la force

DYNAMOMÉTRIE.

musculaire, il faut recourir à des instruments connus sous le nom de dynamomètres ; on se sert généralement , dans les cliniques, des dynamomètres de Mathieu ou de Collin, formés, Fun et Tautre, d'un ressort elliptique à Fune des extrémités du petit diamètre duquel est solidement fixé le sommet d'un cadran demi-circulaire, de façon que le grand diamètre du cadran soit parallèle au diamètre de Fellipse formée par le res*

Fig. 2. — Dynamomètre de Hatiiieu.

sort. L'aiguille placée au centre du cadran porte une roue dentée avec laquelle est engrenée une crémaillère droite. Celle-ci est de telle longueur que le ressort étant au repos, elle puisse venir buter contre celle de ses branches restée libre. On comprend que, lors de la tension, la branche sur laquelle butte la crémaillère, se rapprochant de Fautre, pousse cette crémaillère, qui à son tour fait tourner la roue dentée qu'elle engrène et, par conséquent, FaiguiUe. Dans le dynamomètre de Collin, le cadran a deux aiguilles^ dont Fune est folie ; de plus, au lieu de la crémaillère droite qui commande l'aiguille de Fappareii

de Mathieu, on y voit une seconde roue dentée mise en mouvement par une tige qui lui est fixée et est articulée avec le ressort. Les pressions s'exercent suivant le petit diamètre et les tractions suivant le grand diamètre de Tellipse ; dans les deux cas, TelTort tend à rapprocher les branches.

L'homme en bonne santé, entre 25 et 30 ans, a une force de pression égale à 50 kilogrammes, et une force de préhension égale à 132. 11 conserve ces mêmes degrés de force jusqu'à l'âge de 50 ans, âge où celle-ci commence à diminuer. Les forces musculaires de la femme peuvent être évaluées aux deux tiers de celles d'un homme de 25 à 30 ans.

Le dynamomètre est utile pour mesurer et suivre le retour des forces dans le traitement des paralysies 11 sert aussi pour apprécier l'étal d'aifaiblissement du pouvoir contractile des muscles sans paralysie à proprement parler (amyosthénie), état qu'on observe dans les aiTections aiguës et dans une série de maladies chroniques.

M. Féré a imaginé le glossodynamomètre pour se rendre compte de la puissance musculaire de la langue.

Pour étudier la puissance de la tonicité musculaire d'un sujet, on peut lui faire tenir, le bras étant étendu, l'extrémité d'un porte-plume, en lui recommandant de le maintenir immobile ; d'après le moment de l'apparition de petites oscillations à l'extrémité libre de la plume, d'après l'amplitude de ces oscillations, on appréciera le degré de tonicité. On peut aussi, pour la recherche de la tonicité, se servir d'un petit instrument appelé dynamographe; il se compose d'un dynamomètre auquel est fixé un levier

coudé qui met en mouvement une lige en acier. Cette tige communique avec le bout du ressort elliptique et soulève un levier qui supporte un crayon. Ce crayon trace sur une plaque mobile, recouverte de papier, des lignes dont la hauteur et la régularité sont déterminées par la fermeté et la consistance de la pression exercée sur le dynamomètre. Le dynamographe retrace schématiquement et la force et la tonicité musculaires du sujet; chez un individu en pleine santé, le crayon trace une ligne droite ; s'il y a paralysie des muscles du bras, incoordination motrice, amyosthénie par neurasthénie, la ligne sera irrégulière.

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