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VI. Recherche de la toxicité urinaire

L'urine contient, en dehors des substances qui viennent d'être étudiées, un certain nombre de produits toxiques, mieux connus par leur action physiologique que définis dans leur composition chimique.

Il peut être utile, dans un certain nombre de cas, de • se rendre compte des variations de la toxicité de Turine, et de déterminer ses rapports avec différents états pathologiques. Le procédé qui a prévalu pour cette étude est Tinjection de Turine dans le sang et plus particulièrement dans le sang du lapin : On introduit dans la veine marginale de Toreilie de Fanimal une aiguille creuse et on fait pénétrer lentement Turine dans la circulation ; pour cela le meilleur moyen est d'employer un corps de pompe gradué en centimètres cubes, muni d'un robinet à trois voies, communiquant d'une part avec Taiguilie par un tube de caoutchouc assez long, d'autre part avec le réservoir qui contient l'urine. L'urine utilisée devra être fraîche, neutralisée aussi exactement que possible, filtrée et portée à la température moyenne du corps du lapin, ^S^ environ.

On doit avoir soin de ne pas faire pénétrer dans le sang plus d'un centimètre cube par 5 ou 10 secondes.

Pour tuer un lapin de 1 kilo., ou plus exactement

1 kilo de lapin il est nécessaire d'injecter de 40 à 60 centimètres cubes d'urine normale (Bouchard) ^ 100 centimètres cubes pour d'autres auteurs (Mairet et Bosc).

L'unité toxique, Vurotoxie est la quantité de matière capable de tuer 1 kilogramme d'animal, dans les conditions que nous venons d'indiquer ; on appellera coefficient urotoxique d'un individu le nombre dhirotoxies fabriquées en vingt-quatre heures par un kilogramme de cet individu (Bouchard).

D'une façon générale, lorsque le rein est perméable, la toxicité des urinBs augmente, chaque fois que des substances toxiques fabriquées dans l'organisme sont amenés au filtre rénal par le sang : ces substances ont des origines diverses ; ou bien elles représentent les toxines sécrétées par des microbes pathogènes au cours des infections (choléra, diphthérie, fièvre typhoïde, etc.) ; elles augmentent dans ce cas généralement pendant la crise, surtout dans les maladies se terminant par une défervescence (pneumonie brusque) ; ou bien elles résultent d'une exagération dans les fermentations gastrique et intestinale dont les produits résorbés et non suffisamment détruits ou modifiés par le foie, arrivent dans la circulation générale; la toxicité peut augmenter encore durant certaines maladies générales lorsque l'élaboration de matières assimilées est insuffisante ou durant certains épisodes de ces maladies.

La toxicité urinai re enfin croit lorsque le foie est devenu incapable d'arrêter les poisons que lui amène la veine porte; ce fait se produit chaque fois qu'il y a altération de l'activité fonctionnelle de la cellule hépa-

tique, ou lésions profondes de cette cellule (cirrhose atrophique, cancer massif et nodulaire, tuberculose hépatique, ictère chronique, cirrhose hypertrophique) ; dans les mêmes circonstances, la cellule hépatique est devenue inapte à fixer le sucre fourni par les aliments ; le sucre passe dans les urines ; la glycosurie alimentaire est généralement en rapport avec Thypertoxie urinairo (Roger) : pour apprécier le pouvoir glycogénique du foie, on fait ingérer au malade, à jeun,. 1 50 grammes de sirop de sucre; pendant les cinq ou six heures qui suivent on recueille les urines, et on recherche la glucose ; si elle apparaît, le foie est insufsant.

Quand les fonctions du rein sont troublées pour une raison ou une autre (maladies infectieuses graves, néphrites aiguës ou chroniques) les substances toxiques fabriquées dans l'organisme, en quantité normale ou anormale, ainsi que les poisons sécrétés par les microbes sont éliminés incomplètement; la toxicité urinaire diminue, en même temps que des symptômes graves (urémie, certains phénomènes des maladies infectieuses), indiquent Tintoxication de l'organisme par ces substances.

La recherche de la toxicité urinaire peut permettre de confirmer un diagnostic dans des cas douteux d'urémie, d'affections hépatiques; dans les maladies aiguës, surtout à leur période de déclin, elle peut aider à porter un pronostic.

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