Esemple : Densité d'une urine sucrée
Emission 2500 centimètres cubes.
Poids du sucre = (45 X 2 X 2,500) — «0 = 165 grammes».
118 PROCÉDÉS d'investigation ET D'EXPLORATION.
au moment du sevrage ; elle réduit également la liqueur cupro-potassique.
La maltose n'a été signalée qu'une fois dans Turine d'un albuminurique, et sa présence rattachée à une affection primitive du pancréas qui n'aurait plus eu le pouvoir de la transformer en glucose assimilable.
On a décelé ïinosite en petite quantité dans l'urine des albuminuriques ; elle accompagne, précède ou suit la glucose dans le diabète sucré, bien que son apparition dans le diabète soit assez rare et n'ait été signalée que cinq fois, à côté de la glucose, chez 30 diabétiques, et deux fois seulement dans 25 cas d'albuminurie.
Acide éthyldiacétique, acétone j akooL — L'acétone existe dans l'urine des diabétiques, mais aussi dans d'autres maladies (acétonémie) : elle existerait même dans l'urine normale (0,01 en vingt-quatre heures), mais augmenterait notablement dans les affections fébriles, notamment dans les maladies infectieuses, où elle atteindrait plusieurs décigrammes, par exemple .dans la rougeole, la scarlatine et la pneumonie.
Dans le coma diabétique, l'haleine des malades possède souvent une odeur chloroformique que ne présente pas l'urine fraîche, mais qui s'y développe ensuite en quelques heures. L'urine contient alors de l'acétone qui se développe après l'émission. Fraîche, elle donne avec le chlorure ferrique une coloration brun rouge qui ne se produit plus quand l'urine a été portée à l'ébuilition ou abandonnée à elle-même pendant longtemps. L'acide sulfurique pur la colore eh rose clair, puis en jaune orange.
La substance ainsi colorée par le chlorure ferrique passe dans l'éther agité avec l'urine, surtout après
forte acidulation par Tacide sulfurique ; mais le liquide éthéré distillé, aussi bien que le résidu fixe, donnent la même réaction que ne possède plus la sof lulion éthérée après quelques jours.
Suivant Ru pstein, l'acétone des urines diabétiques et Talcool que la distillation fractionnée a permis d'en retirer proviendraient de Tétber éthyldiacétique, que les acides forts décomposent avec production d'alcool, d'acétone et d'acide carbonique ; et Ton a attribué les accidents du coma diabétique à la présence dans l'économie de quantités trop considérables, soit de cet éther, soit de son dérivé l'acétone.
Cette question soulève de sérieuses objections : la coloration brune que donnent les urines à acétone, sous l'influence du chlorure ferrique, est bien différente de la coloration rouge violet que donne l'éther éthyldiacétique ; elle se produit aussi avec des urines de diabète simple au début, et même avec quelques urines non diabétiques, ainsi que pendant la période éruptive des maladies exantbémateuses ; en outre on peut extraire l'acétone d'urines diabétiques en dehors de la période finale comateuse de Taffection, enfin les réactions du sel ferrique el de l'acide sulfurique ne se produisent que dans le diabète accompagné d'amai- ^crissement prononcé, et non chez les diabétiques gras, et ne sont dues à aucun des composés : acétone, éther éthyldiacétique, acide acétique, alcool, peptones, etc.
3<^ Matières alcaptoniques. — Ces matières qui se réduisent peut-être, d'après des travaux récents, à un seul élément, Vacide komogentisique, communiquent à l'urine la propriété de brunir spontanément à l'air, surtout après addition d'un alcali, de réduire même
lâO PROCÉDÉS D'INVESTIGATION ET D'EXPLORATION.
à froid les oxydes métalliques et en particulier la liqueur cupro-potassique ; ces réactions suractiyées par la chaleur, pourraient faire croire à la présence du sucre dans le liquide. On évitera l'erreur en remarquant que, bien que souvent émise en volume plus considérable qu'à rétat physiologique, Furine a une densité qui ne dépasse pas les chiffres normaux, qu'elle n'agit pas sur la lumière polarisée, enOn qu'elle garde son action réductrice même après action de la levure de bière qui fait disparaître toute trace de sucre.
40 Uroroséine. — L'uroroséine est une matière colorante anormale qui existe environ dans 1/10 des urines pathologiques (diabète sucré, chlorose, ostéomalacie, néphrite, fièvre typhoïde, pérityphlite, etc.) et d'une façon très inconstante; elle communique à l'urine la propriété de prendre une coloration rose 2 à 3 minutes après addition d'acide chlorhydrique. La coloration essentiellement passagère disparaît après quelques heures.
Pour la rechercher, on traite 50 ou 100 centimètres cubes d'urine par 5 ou 10 centimètres cubes d'acide sulfurique au 1/4, et on agite avec quelques centimètres cubes d'alcool amylique qui se colore en rougè plus ou moins intense.
Par la nuance de ses teintes, et par son spectre d'absorption (entre D et E), l'uroroséine se rapproche de la fuchsine acide sulfonée, mais s'en différencie complètement par sa faible stabilité.
50 Cylindres orinaires. — Dans les affectiens chroniques et aiguës des reins, on observe dans les sédiments urinaires des éléments cylindriques particuliers, allongés, qui ont leur origine dans le parenchyme
rénal et dans les canaliculesuriniFëres. L'existence de cjilindres, dons une urine, indique toujours un état pathologique, et presque toujours l'existence d'une albuminurie. Dans l'ictire, cependant, on a not^ des cylindres hjralins de l'urine sans albuminurie (Nolhnapel).
Les auteurs distinguent plusieurs Tariétés de cylindres : cylindres épithéliaui, cylindres hyalins, cylindres granuleux, cylindres amyloldes. Les cylindres urinaires se présentent, en règle générale, sous la forme d'un corps allongé, parfois contourné, l'extrémité étant tantdt arrondit», tantôt coupée irrégulièrement; les cylindres peuvent être droits ou contournés; tantôt leurs bords sont unis, tantôt au contraire ils présentent de distance en distance des dilatations variqueuses. On observe parfois dans l'urine de petites masses allongées, formées par de la mucine ou paides molécules albumineuses ; elles sont beaucoup plus étroites que les vrais cylindres, et n'ont pas l'aspect typique de ces a /£i|i ^A
Cylindres ou gaines épilh^iales. — %^ffi«y On trouve parfois dans l'urine des gaines épilhéliales (dg. 37] plus ou moins complètes, formées par une agglomération de cellules polyédri- *■*: ' quesà noyau net, provenant de répithélium des tubes de Bellini et disposées régulièrement les unes à côté des autres. Ces gaines épithéliales peuvent se rencontrer non seulement dans les néphrites, mais encore dans les pyrexies (scarlatine). On ne confondra pas ces gaines épilhé-
liales avec des cellules provenant de la vessie où des voies génitales de la femme ; elles sont formées de cellules unies par une matière homogène ou légèrement granuleuse difficile à voir, mais qui cependant est indéniable, puisqu'elles ne se disjoignent pas les unes des autres.
Cylindres hématiques. — Dans les inflammations aiguës du parenchyme rénal accompagnées d'hémor-
Fig. 38. — A, cyliudre liyalin avec cassure sur les bords; B, cyllodre hyalin ayant entraîné à sa surface des fragments de cellules ; C, cylindre contourné (d'après Cornil et Ranvicr).
rhagies dans la capsule de Malpighi, les globules sanguins, agglutinés dans les canalicules urinifères par un peu de fibrine, forment parfois des éléments cylindriques qui peuvent être entraînés par l'urine. Quand ces petits cylindres ont séjourné pendant un certain temps dans les canalicules, les globules sanguins se décolorent, et il faut une attention spéciale pour ne pas les confondre avec des cylindres hyalins. Cylindres hyalins. — Le plus grand nombre des
ESAMEN DBS URINES. 123
cylindres que Ton observe dans les maladies des reins amenant l'albuminurie sont formés par ane matière homogène (fig. 38], hyaline, colloïde, sans granulations dans son intéi'ieur. Leurs bords sont peu accentués, leurs extrémités sont circulaires ; ils peuvent atteindre jusqu'à I millimètre et être contournés en lire-bouchon ou ramilles suivant les tubes où ils ont piis naissance. Ils se colorent facilement par l'iode ou par le violet d'aniline. Ces cjlindres sont fréquemment couverts de cellules granuleuses ou de corpuscules lymphatiques ; ils peuvent accidentellement contenir des cristaux d'urate de soude, de phosphate tribasiquede soude ou d'acide urique. On les a trouvés dans la période de desquamation de ta scarlatine, dans le choléra, la variole, la lièvre typhoïde et autres maladies infectieuses.
Cylindres f/ranuleux. — Ils se distinguent des précédents par P'k- 'O— CjlinJretgr»leur coloration grise, et parce que j'urine aibumiiKiiK. leur substance, au lieu d'Être homogène, est formée de granulations brillantes et très réfringentes, et de volume variable (flg. 39); ils proviennent de l'exsudation des tubes de Beltini et des alTections chroniques des reins.
Cylindres cireux. — Ces cylindres réfractent fortement la lumière et ont une teinte légèrement jaunâtre ; ils sont d'ordinaire très courts et très larges. On les rencontre généralement daus la dégénérescence arayloldedesreins.
Cylindres amyloïdes. — Très ressemblants aux précédents; en présence d'une solution iodo-iodurée, ils prennent une teinte brun acajou et deviennent d'un bleu violet après Taddition d'acide sulfurique.
Quand on veut procéder avec fruit à la recherche (les diverses variétés de cylindres, il faut, après avoir laissé reposer Turine dans un verre à expériences, décanter le liquide et prendre avec une baguette une goutte du dépôt, la porter sur une lame de verre, la recouvrir d'une lamelle, et l'examiner au microscope h un faible grossissement.
Il est important de les rechercher dans plusieurs préparations avant de conclure à leur absence, surtout d,ans les urines albumineuses.
On a cherché de différents côtés à baser le diagnos* tic des affections rénales sur l'étude des cylindres urinaires. Mais dans l'état actuel de la science, il est assez difficile d'établir à cet égard des règles précises.
Ainsi, on peut rencontrer des cylindres hyalins, sous toutes leurs formes, dans la période de desquamation de la scarlatine, dans le choléra, la variole, la fièvre typhoïde et dans d'autres maladies infectieuses.
De même, on peut rencontrer dans la néphrite aiguës dans le mal de Bright, et dans la dégénérescence amyloîde des reins, toutes les variétés de cylindres, sans qu'il soit possible d'établir un diagnostic différentiel par l'examen de ces derniers. Cependant,, quand on ne rencontre dans les sédiments urinaires , et cela pendant plusieurs jours, que des cylindres épithéliaux, il n'existe très probablement qu'une néphrite desquamative dont le pronostic est généralement favorable. Quand des globules de pus se
mélangent en plus ou moins grand nombre à ces cylindres, on peut craindre une inflammation plus ou moins intense du parenchyme rénal ou des bassinets.
La présence des cylindres hyalins et granuleux se rattache généralement à Texistence d*afîections chroniques des reins; et quand ils se présentent d'une façon persistante dans les urines, leur existence peut être considérée comme un symptôme grave.
L'apparition de granulations graisseuses dans les •cylindres, ou de cellules épithéliales granulo-grais^ seuses dans les urines, se rapporte généralement au deuxième stade de la maladie de Bright.
Dans les périodes plus avancées de cette maladie, les cylindres deviennent plus étroits, et les cellules «épithéliales se ratatinent. Dans la dégénérescence ^amyloïde des reins, on rencontre, outre les cylindres précités, des cylindres cireux ou amyloïdes.
Quant à l'apparition des cylindres hématiques ou des globules sanguins, elle se rattache toujours à l'existence d'une inflammation aiguë du parenchyme •rénal.
5^ Globales du puB. — Le pus de Turine se tasse ^ssez rapidement par le repos ; il se présente au microscope sous forme de vésicules rondes semblables aux cellules de mucus, granuleuses, de grosseur variable, en moyenne deux fois aussi grandes que les globules de sang, à un ou plusieurs noyaux très apparents ■après l'addition d'acide acélique qui dissout les granulations, et associées souvent à des globules sanguins. Quand l'urine renferme une certaine proportion de :globu1es purulents, elle est souvent alcaline, et les éléments cellulaires forment, au fond du verre, une
masse amorphe de consistance viqueuse, que Ton pourrait confondre avec du mucos,
La présence du pus dans Turine est la preuve d'une affection aiguë ou chronique des voies urinaires, ou d'un foyer purulent communiquant avec ces voies. En général le pus s'observe dans les inflammations des bassinets, et dans les catarrhes de la vessie.
Pour distinguer le pus du mucus, dans une urine alcaline, il suffit de traiter Je sédiment suspect par un peu de potasse ou d'ammoniaque ; si l'on a affaire à du pus, il se formera bientôt une masse vitreuse, filante, et même compacte ; si c'est du mucus, le liquide deviendra an contraire plus fluide et se chargera de flocons blanchâtres.
L'urine purulente est presque toujours albumineuse, et Ton peut, jusqu'à un certain point, conclure à la quantité de pus qu'elle renferme, par le dosage de cette albumine, à la condition toutefois que la présence de globules du sang ne vienne pas indiquer celle de l'albumine, du sérum.
Le pus ne contient qu'une proportion relativement faible d'albumine ; de sorte que si une urine renferme peu d'albumine (0, 1 p. 100} et un sédiment purulent considérable, ou beaucoup d'albumine (0,5 p. 100) et peu de pus, il n'y aura pas d*hésitation. Dans le cas contraire, on devra, pour reconnaître l'origine de l'albumine, rechercher avec soin les éléments histologiques, et en particulier les cylindres.
6<> Globales sanguins. — La présence des globules sanguins dans l'urine est toujours la preuve d'un état pathologique. Il est facile de les reconnaître à leur forme arrondie, biconcave ; ils sont généralement plus
pâles que ceux qui se trouvent éliminés dans d'autres conditions. Quand la composition de Turine est normale, les globules peuvent conserver leurs caractères pendant très longtemps; dans le cas contraire» les globules perdent leur matière colorante et se présentent sous forme de disques incolores. Quand l'urine est très concentrée, les globules deviennent irrégu* liers, framboises et ressemblent à une pomme épineuse. Quand Turine est fortement alcaline, les globules sanguins se dissolvent rapidement.
Nous avons déjà, parlé, à propos de la coloration de Turine, des différents caractères cliniques des urines sanguinolentes. Il nous suffira d'ajouter que, dans les cas d'hémorrhagies abondantes, le sang ne vient pas du parenchyme rénal, mais de Tappareil excréteur (inflammation des bassinets et des uretères, ulcérations et cancers de la vessie, calculs).
Quand Turine est éliminée en petite quantité et qu^il n'existe aucun symptôme d'une affection des organes d'excrétion, on peut songer à une altération du parenchyme rénal. Cette supposition se trouve confirmée par la présence de cylindres.
1^ Épithéliams. — On rencontre, dans presque toute urine, des cellules épithéliales provenant de la vessie ou de Turèthre, ou même du vagin chez la femme, et qui sont entraînées au fond du vase par les flocons de mucus normal, avec quelques corpuscules muqueuœ semblables aux globules de pus. A l'état pathologique, ces éléments cellulaires peuvent être éliminés en très grande quantité. Leur forme spéciale permet très souvent de déterminer la partie des organes urinaires dont ils proviennent. L'épithélium des canalicules
128 PROCÉDÉS D'INVESTIGATION ET D'EXPLORATION, urinaires est rond ou cubique, généralement gonflé parle chlorure de sodium, et accompagné d'albumine dans t'urine (lig. 40); dans les cas d'inflammation du rein, ces éléments paraissent isolés ou accolés les uns aux autres; leur noyau apparaît généralement avec un contour très net. L'épithélium des anses de Henle est pavimenteux, celui des tubes au contraire est cylindrique. Quant aux bassinets, ils sont tapissés par un
mélange d'épithéliums pavimenteux et conique; les uretères sont couverts d'un épithélium pavimenteux régulier formé de cellules polygonales à noyau central très nettement dessiné. Quant à la vessie, son épithélium (fig. 41) est beaucoup plus volumineux et présente plusieurs coucUes; la couche supérieure est formée de cellules polygonales aplaties, la couche profonde de cellules cubiques ou arrondies. L'urèthre de la femme est tapissé de cellules analogues; quant ii celui de l'homme, il est formé de cellules analogues A celles de l'épithélium rénal.
A l'état normal on ne rencontre jamais d'éléments
EXAMEN DES URINES. i2d
^pithéliaux des reins dans Turine. La présence de ces éléments indique donc toujours une inflammation du parenchyme rénal.
Dans le cas de dégénérescence graisseuse, les cellules épithéliales renferment une grande proportion de granulations graisseuses.
Quand les reins subissent la dégénérescence amyloïde, on peut s'en convaincre même pendant la vie; il suffit pour cela de traiter les cellules éliminées par l'urine avec un peu d'iodQ, elles prennent alors une teinte brun acajou ; si Ton y ajoute un peu d'acide sulfurique, elles se colorent en brun violet.
8° Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes se reconnaissent par leur forme caractéristique (fig. 42), tète piriforme soudée à une très longue queue terminée en pointe; quand l'urine n'est pas trop acide ni concentrée, -^
ils peuvent conserver leurs P \^ mouvements pendant plus de V ^ ^ \ ^ vingt-quatre heures; quand ^
«lie est alcaline, ces mouve- (^ O ^ •
ments s'arrêtent ; mais on peut ' ""^ â \ -encore reconnaître la forme •"*^ 9 des spermatozoïdes dans une '
urine putréfiée, même au bout Fig. 42. — SpermatozoTdes. de trois mois. Quand, dans le cours d'une spermatorrhée, la quantité de sperme mélangé à l'urine est considérable, ce dernier liquide peut prendre un aspect gras, et peut faire songer au premier abord à une chylurie.
La présence de spermatozoïdes dans l'urine peut se rattacher au coït, à une pollution nocturne ou à des
Diagnostic, 3» édit. ^
habitudes d'onanisme. On observe parfois des spermatozoïdes dans le typhus, et plus rarement dans- Turine de malades qui viennent d'avoir une crise épileplique ou une attaque d*apoplexie.
9° Fragments de tissas. — Les altérations tuberculeuses et cancéreuses de Tappareil urinaire sont parfois accompagnées de Télimination d'éléments cellulaires S de libres élastiques, de produits caséeux et même de Qbres musculaires provenant des partie» environnantes.
On a également signalé la présence de poils développés sur la muqueuse vésicale (Rayet}; ces poiln peuvent provenir également de kystes fœtaux ouverts dans la vessie. Broca a observé dans un cas semblable, non seulement des poils noirs, mais encore des lamelles de tissus cartilagineux.
40° Entozoaires. — Différents helminthes ont été rencontrés dans les urines; nous citerons, à titre de curiosité, les hydatides^ le Distoma hœmatobium qui s'observe dans les pays chauds, la Vilaria sanguinis humani qui a été observée dans la chylurie, le strongle géant, enfin des lombrics qui avaient perforé la muqueuse intestinale et pénétré ensuite dans les voiesurinaires.
11° Infusoires. — On rencontre dans les urines alcalines des infusoires en grand nombre, connus sous sous le nom de Circomonas itrinaritis. On observe fréquemment, dans les mucosités vaginales, le Trichomonas vaginalis et l'oxyure vermiculaire qui peuvent se mêler à l'urine.
1. On pourrait, dans les dépôts, caractériser le bacille de Koch, par le procédé indiqué dans Texamcn des crachats de phibisiqaes.
EXAMEN DES URINES. 43i
12* Champignons. — On a observé, dans ces derniers temps, dans Turine de malades atteints de maladies infectieuses aiguës, des quantités considérables de micrococcus réunis en colonies ou sous forme de chaînettes. Ces champignons disparaissent généralement au moment de la défervescence.
On a rencontré des filaments de leptothrix, du Pénicillium glaucurriy et le mycoderme de la levure dans les urines diabétiques. Enfin on a encore signalé dans Turine la présence de la sarcine.
13® Kyestéine. — Quand on laisse reposer pendant un certain temps Turine des femme enceintes, elle se recouvre d'une pellicule composée de phosphate ammoniaco-magnésien et demucédinées. Cette pellicule, à laquelle Nauche a donné le nom de kyestéine, et qu'il croyait caractéristique de la grossesse, s'observe dans beaucoup d'urines.
14° Cystine. — On ne rencontre la cystine que dans les urines pathologiques, et notamment dans les cas de calculs. La cystinurie peut exister à Tétat de maladie isolée; on croit, mais c'est là une pure hypothèse basée sur la présence du soufre dans la molécule de cystine comme dans celle de la taurine, que la cystinurie est liée à un trouble dans l'excrétion de la bile. pj^. 43. cystine.
La cystine cristallise sous forme de tablettes régulières à six côtés (fig. 43).
L'urine qui contient beaucoup de cystine est généralement claire, et subit rapidement la fermentation
132 PROCÉDÉS D'iKVeSTIGATlO.t ET DBIPLORATION. alcaline, en dégageant de l'hydrogène sulfuré. La cys- Une ne donne pas la réaction de la murexide ; sa solution ammoniacale (l'acide nriqoe est iosoluble) est précipitée par l'acide acétiqnelâ" Lracine et tyruine. — Ces deux substances
Fij. «. — SphSfM de tjnmLnt bériufes de polnles et proienuit de l'urine du» ud eu d'alnptùe ^gaS du Foie.
n'existent pas dans l'urine normale. On les a observées principalement dans l'atropbie jaune aiguë du foie.
mais aussi dans l'empoisonnement par le phosphore, dans la fièvre typhoïde, le typhus grave, la variole, la leucémi'' ' " ' ''' pernicieuse.
La tyrosine cristallise sous forme de fines aiguilles brillantes, isolées ou agglomérées en étoiles (Ûg. 44).
Les cristaux de leucine se présentent sous forme de sphères à striation concentrique que Ton pourrait confondre avec des gouttelettes de graisse (fig. 45), qui s'en distinguent par leur insolubilité dans Téther.
Analyse méthodique des sédiments urinaires. — L'étude des sédiments urinaires présente le plus grand intérêt pour le médecin, comme Ta prouvé Tétnde que nous avons faile des divers corps qui peuvent se déposer à Tétat solide dans F urine. Il est utile d'adopter, dans leur examen microscopique, une marche méthodique que nous résunjons dans le tableau suivant, d'après Huppert.
Analyse méthodique des sédiments urinaires non organisés.
A. — L'orine sMUmenteose est aolde.
a) 8ÉDIXBNT amorphe coytrnvÈ par :
i) Granulations petites, peu cohérentes, à côté desquelles peurent se trouver des cristaux d'acide urique et d'oialale de chaux ; — solubles à chaud ; — l'addition d'une goutte d'acide acétique concentré, sur le bord de la préparation, dissout ces grains, et après quelques heures ou moins, ils sont remplacés par des cristaux rhombiques d'acide urique : sédiment urique,
2) Masses en forme d'haltères :
«. Insolubles dans l'acide acétique fort, solubles dans l'acide chlorhydrique concentré sans séparation ultérieure de cristaux : oxalate de chaux ]
p. Insolubles dans l'acide chlorhydrtque fort; probablement sulfate de chaux qu'on caractérise après décantation et lavage.
3) Granulations sphériques, fortement réfringentes, très brillantes par réflexion, solubles dans l'éthcr (colorées en noir par l'acide osmique) eorpê gras,
4) Masses granuleuses amorphes, jaunes : bilirubine.
b) stoiMETT cristallisé constitué par : \) Cristaux jaune brun, en forme de pierre à aiguiser, isolés ou en
134 PROGfiDÉS D'INVESTIGATION ET D'EXPLORATION.
{groupe, seuls ou à côté d'un sédiment d'urates amorphes et d*oxalate de chaui ; — solubles dans la soude : — l'addition d'acide chlorhydriqae concentré en sépare des tables rbomboTdales jaunes : aeide urique.
â) Petites tables rhomhoîdales jaunes, seules ou accompagnées de masses granuleuses amorphes de même coloration, souvent emprisonnées dans des éléments cellulaires ; — solubles dans la soude ; — la solution traitée par une goutte d'acide azotique concentré donne une auréole diversement colorée, dans laquelle se trouve une lone verte : bilirubine.
3) Octaèdres incolores (jaunes dans les urines ictériques), transparents, fortement réfringents (forme d'enveloppe de lettre), ou prismes quadratiques longs ou courts avec pointements octaédriques, insolubles dans l'acide acétique, solubles dans l'acide chlorhydrique : oxalate de chaux.
A) Cristaux semblables à ces derniers on en forme de grands couvercles de cercueil (dans les urines très faiblement acides), solubles dans l'acide acétique : phosphate ammoniaco-magnétien,
5) Felites tables régulières hexagonales, à angles et côtés égaux, insolubles dans l'acide acétique, solubles dans l'ammoniaque : eysiine.
6) Cristaux incolores en forme de pierre à aiguiser, insolubles dans 'acide acétique, solubles dans l'atoimoniaque et l'acide chlorhydripue :
cette dernière solution donne des tables allongées à six pans : xanthine.
7) Tables grandes et plates, fortement réfringentes, rhombiques allongées, solubles dans l'acide acétique ; corrodées par le carbonate d'ammonium : photphate neutre de magnésie.
8) Prismes isolés ou rangés en amas glandulaires : a. Solubles dans l'ammoniaque : acide hippurique ;
^. Insolubles dans l'ammoniaque et les acides : sulfate de chaux.
9) Prismes terminés en coins, isolés ou en rangs é|)ais couchés les uns sur les autres, dissociés par l'ammoniaque, solubles dans l'acide acétique : pkoêphate neutre de chaux.
10) Aiguilles très fines, groupées en touiïes, insolubles dans l'acide acétique, solubles dans l'ammoniaque et l'acide chlorhydrique : tyrosine.
B. — L'urine sédimenteose est alcattne.
Si l'urine ne devient alcaline qu'après son excrétion, elle peut encore renfermer les éléments constituants des sédiments de l'urine acide, tels que l'acide urique, oxalate calcique, cjsline; si la réaction est alcaline au moment de la miction, ou ne dépose-t-elle de sédiments qu'après être devenue alcaline, ce sédiment peut renfermer les éléments suivants :
a) sÉDiMEîCT amorphe, coxstitué par :
1) Granulations Anes,
«. Solubles dans l'acide acétique sans dégagement de gaz : phosphate» terreux ; p. Solubles avec dégagement de gaz : carbonates terreux.
2) Masses en forme d'haltères, solubles dans l'acide acétique^ avec d^gttgenient de gaz : carbonate de chaux.
3) Boules foncées, volumiDeuses, garnies de petits cristaux hérissés en pointes leur donnant Taspect du fruit du châtaignier, quelquefois accolées, solubles dans Tacide acétique et l'acide chlorhydrique, avec séparation ultérieure de tables rbomboïdides d'acide urique : urate «mmonique.
b) SÉDIMENT cristallin :
1) Gros prismes incolores, en forme de couvercles de cercueil, très facilement solubles dans l'acide acétique : phosphate ammoniacomaffnéaien.
2) Amas d'aiguilles bleues, très fines, enroulées, ou petites tables l)lcues : indigo (qu'on peut confondre avec des poussières de charbon).
V. — Substances médicamenteuses ou autres, éliminées par les urines.
Une foule de substances médicamenteuses ou toxiques sont éliminées par les urines, tantôt sous leur forme primitive, tantôt après avoir subi des transformations préalables dans l'organisme ; on doit insister immédiatement sur ce fait que les corps très solubles passent rapidement dans Turine, et que ceux qui sont susceptibles de modifications, sous Tiniluence vitale, peuvent échapper en partie à cette action et apparaître en nature, lorsque la quantité ingérée devient assez forte pour que Féconomie humaine n'ait pas le temps •de les transformer en totalité. Cette partie de Tétude •des urines se borne à celle des corps dont il importe le plus au médecin de connaître les transformations et de constater la présence dans les urines, bien que tous soient très intéressants pour le physiologiste.
i'* Corps inorganiquefl. — a. Métaux lourds. — La plupart des métaux, Tantimoine, Tarsenic, Tétain, i'or, le cadmium, le plomb, le cuivre, le mercure, l'argent, etc., apparaissent dans les urines lorsqu'ils sont dntroduits à forte dose dans Téconomie, leur voie
d'élimination normale étant la bile et le foie. La recherche précise de ces substances se fait diaprés les procédés indiqués dans les traités spéciaux.
b. Passent facilement dans les urines : les carbonates, borates et silicates alcalins qui les rendent neutres ou alcalines, — les sels de Itthine, d'ammoniaque, le sulfocyanure de potassium, les chlorures, bromures, iodures, et chlorates alcalins, les sulfures dont une partie à Tétai de sulfates, — les sels de ma^ésie ; — ne passent que difficilement, les sels de chaux.
c. Acides minéraux. — A la suite de Tusage de limonades sulfurique, nilrique, phosphorique, ces acides passent dans les urines sous formes de sels alcalins ; une partie reste libre par un usage prolongé de ces boissons acides.
2» Composés organiques. — a. Composés neutres. — Vahool passe en partie seulement dans les urines. Le chloroforme ne se retrouve pas en nature dans Furine. L'iodo forme est excrété à Tétai d'iodure alcalin. — Le chloral en nature n'est éliminé qu'en très faible proportion; la majeure partie est transformée en acide urochloralique lévogyre. — La glycérine ingérée à haule dose passe en partie avec toutes ses propriétés dans Turine, le reste est brûlé dans Téconomie. — La nitroglycérine est transformée par Torganisme en acide carbonique et acide nitrique qui passe dans les urines.
Le sulfonal ou diéthylsulfonedimélhylméthane est éliminé eu nature par les urines dont Textrait éthéré, calciné dans un tube avec de la limaille de fer exempte de soufre, dégage une odeur alliacée ; le résidu froid, additionné d'acide chlorhydrique dégage de
Tacide sulfhydrique qui noircit le papier plombique.
Vantifébnne ou acétanilide passe dans les urines à rétat de sulfate de paramidophényle ; Turine bouillie avec un quart de son volume d'acide cblorhydrique, puis additionnée de quelques centimètres cubes d'une solution de pbénol à 3 pour 100 et de quelques gouttes d'acide cbromique, prend une coloration rouge, qui vire au bleu par addition d'ammoniaque. A haute dose l'antifébrine détermine la cyanose et Tapparition delà méthémoglobine dans le sang, en même temps qu'une violente irritation gastro-intestinale.
Vexalgine^ orthométhylacétanilide, est également éliminée à l'état de dérivé sulfoconjugué du paramidophénol ; l'an^ipyrine ou diméthyloxyquinizine est éliminée en nature; l'urine ou son extrait alcoolique prend alors, par l'addition de quelques gouttes de perchlorure de fer, une belle coloration rouge brun^ stable quand on chauffe, mais qui disparait par l'acide sulfurique.
La thalline ou tétrahydroparachinanisol se retrouve dans les urines, partie sous sa forme primitive, partie à l'état de dérivé sulfoconjugué du chinanisol qui leur communique une couleur plus foncée pouvant aller jusqu'au brun intense. L'urine additionnée de chlorure ferrique devient rouge pourpre, puis vire au brun noir en trois ou quatre heures.
La A;ainne, tétrahydrure deméthyl (ou éthyl)orthoiyquinoline, est éliminée à l'état d'éther sulfurique el communique encore aux urines une coloration brun sombre qui augmente par l'addition de chlorure ferrique, et vire au rouge pourpre sous l'influence de l'acide sulfurique. La coloration est rouge fuchsine sous
Tinfluence du mélange soit d'acide acétique et de chlorure de chaux, soit de chromate de potassium et d'acide chlorhydrique.
L'uréthane ou carhamate d'éthyle est éliminée la majeure parité en nature, le reste à Tétat d'urée ; Turine traitée par le chlorure de calcium ammoniacal et filtrée, pour éliminer les sels calcaires insolubles, abandonne un précipité de carbonate de chauxà Tébullition.
Véthylchloraluréthane ou somnal est décomposée et passe dans les urines à l'étal d'uréthane et d'acide urochloralique; il en est de même de Vural, chloraU uréthane.
La phényluréthane est encore dédoublée et excrétée à l'état de phénolsulfate et d'uréthane libre.
La saccharine de Fahlberg, employée pour sucrer les aliments des diabétiques ou contre-baiancer l'amertume de la quinine et des alcaloïdes, traverse l'économie sans transformation.
Vhypnone ou acétophénone, transformée dans l'organisme en acides carbonique et benzoïque, est éliminée par les urines à l'état d'acide hippurique.
Vacélophénétidine ou phénacétine, autre antipyrétique et analgésique, passe rapidement dans les urines que le chlorure ferrique colore en rouge foncé, et le sulfate de cuivre en vert.
La nitrobenzine est éliminée à l'état d'acide nitrohippurique.
La fiaphtaline est excrétée sous la forme d'acide naphlolglycuronique et d'unsulfoconjugué de la dioxynaphtaline ; elle peut cependant passer non transformée. L'urine additionnée d'acide suifurique concentré,
prend une teinte vert sombre à la surface de séparation des deux liquides; mélangée à sou volume d'acide acétique concentré, elle prend en deux, quatre ou douze heures une coloration jaune brun; les acides clorhydrique et nitrique rendent la coloration rouge, b. Composés acides et salins, — Ingérés à Fétat libre, les acides organiques, oxalique, citrique, tartrique, malique, gallique, passent sous cetle forme dans les urines. Leurs sels alcalins sont éliminés sous forme de carbonates; T usage immodéré ou longtemps continué d'aliments qui renferment de Tacide oxalique fait apparaître ce composé dans les urines, rarement à Tétat libre, mais sous forme d'oxalate de chaux.
Vacide bênzoïqtie et ses sels sont transformés en ■acide hippurique; il en est de même des éthers benzoîques, de Tessence d'amandes amères, de Tacide ^^innamique (baume de Tolu, du Pérou, benjoin, storax).
Vacide salicylique (et ses sels) n'est transformé que partiellement en acide salicylurique ; la majeure partie, éliminée en nature, ne peut être distinguée rsimplement de l'acide salicylurique ; tous deux donnent une coloration violette par l'addition modérée de perchlorure de fer.
Le salol (salicylate de phényle) absorbé en entier, «t probablement dédoublé dans le sang en acide salicylique et phénol, passe dans les urines à Tétat d'acide salycilurique et de phénolsulfates.
Le bétol (salicylate de naphtol p) paraît être dédoublé en majeure partie dans l'intestin alcalin ; le naphtol presque insoluble, est éliminé en presque totalitéavec les selles, tandis que l'acide salicylique passe dans les urines transformé en acide salicylurique.
Ladde pyrogallique (toxique) passe inaltéré dans les urines; Taci de tannique est transformé au préalable en acide gallique ; Tacide succinique apparaît à la suite de Tusage des asperges.
Après ringestion de résine (térébenthine et baumes divers), Turine contient de Tabiétinate alcalin dont Tacide insoluble est précipité par l'addition d'acide nitrique ; on a vu que la solubilité de ce précipité résineux dans Talcool n'est pas toujours un caractère suffisamment différentiel de l'albumine coagulée dans les mêmes conditions.
Le sulfovinate de soude est éliminé en nature ; il en est de même des sulfophénates alcalins, en lesquels se transforme au préalable le phénol. *
Les dérivés phénoliques tels que la résorcine, la pyrocatéchine, le naphlol, etc., se retrouvent dans les urines, sous la forme de dérivés sulfoconjugués analogues à celui de l'acide phénique, et communiquant également à l'urine une coloration foncée.
On a vu précédemment les modifications de coloration qu'éprouve l'urine après l'ingestion de préparations de ho\% de Campéche, de feuilles de sénéf de rhubarbe y de santonine.
c. Bases organiques, — La plupart des alcaloïdes, et en particulier la morphine, la quinine, la cinchonine, la caféine, la théobromine et la strychnine, sont éliminés en forte proportion par les urines.
L'aniline passe dans les urines sous la forme de dérivé sulfoconjugué du paramidophénol (comme l'acétanilide et l'exalgine).
d. Matières colorantes et odorantes. — Beaucoup de matières colorantes et odorantes sont éliminées par
EXAMEN DES URINES. Ui
les urines ; tels sont les pigments de l'indigo, de la garance, de la gomme-gutte, de la rhubarbe, du campêche, des carottes, des mûres, etc., et les principes odorants de la valériane, du safran, de la térébenthine, des baumes, de Tassa fœtida et du castoréum.