‹ Manuel de diagnostic médical et d'exploration clinique (volume 2)Chapitre 41 sur 94 · ARTHROPODES PARASITES · texte numérisé non relu

ARTHROPODES PARASITES

Sauf le sarcopte de la gale, les arthropodes parasites de rhomme tels que les poux [Pediculus capitis^ Pediculus pubiSf etc.), la puce, etc., ne sont pas à proprement parler pathogènes, ou le sont à un degré minime.

Le sarcopte, cause de la gale, est un acarien à peine visible à Fœil nu; la femelle, deux fois plus grosse que le mâle, présente 0"",25 à 0™",45; elle creuse dans répiderme, pour y déposer ses œufs, un sillon à Fextrémité duquel on peut la trouver en ouvrant la galerie avec une épingle. Le sarcopte présente deux mandibules bifurquées ; les pattes antérieures sont terminées par une ventouse, les postérieures par une soie creuse et traînante.

B. — Parasites végétaux.

Les organismes végétaux pathogènes appartiennent presque tous, dans la classe des Champignons, à la famille des Hypomycètes (moisissures) et des Schizomycètes (bactéries) : quelques-uns ont une morphologie ou des réactions de coloration caractéristiques; leur connaissance olTre non seulement un intérêt scientifique réel, mais souvent encore elle doit aider le médecin à, asseoir un diagnostic sérieux, à éclairer une étiologie incertaine, & instituer une thérapeutique spéciale.

RECBBRGHE DES PARASITES. 15^

1» HYPOMYCÈTES

Achorion Sckœnleinii. — L'achorion Schœnleinii est un champignon parasite qui produit la maladie cutanée contagieuse connue sous le nom de teigne ou de favus; cliniquement cette maladie se caractérise par des croûtes jaunâtres à odeur sui generis^ présentant des enfoncements en forme de cupules ou de godets, et par une modification profonde des poils, dont elle provoque la chute. Le développement primitif des cryptogames parasites se fait dans la partie inférieure du conduit épidermique du poil ; de là ils s'étendent d'une part dans Je poil, de Tautre sous Tépiderme, oii leur puliulation constitue les croûtes.

Après avoir délayé une parcelle de ces croûtes dans une goutte d'eau distillée ou de glycérine, on distingue, en les examinant à un grossissement de trois cents diamètres, les diverses parties du végétal parasitaire, mycélium, réceptacles et spores. Le mycélium est formé de tubes cylindriques vides, de 0^*^,03 de diamètre, flexueux ou ramifiés en forme de fourche, mais sans cloisonnements ou articulations; les réceptacles ou filaments sporophores sont des tubes rarement ramifiés ou articulés, un peu plus larges que les précédents et contenant des granulations arrondies qui sont les spores ; les spores libres sont des corpuscules généralement ovoïdes, isolés ou ajoutés bout à bout sous forme de grains de chapelet.

Trichophyton, — La présence dans Tépiderme ou les glandes de la peau du champignon décrit sous le nom de trichophylon est le point de départ d'une série d'afTections cutanées variables comme aspect et

comine évolution, maïs identiques comme natnre, et dont les dissemblances ne semblent tenir qu'aux différences de siège de la lésion : ce sont V herpès tonsurans, Vherpès etretné, et le sycosi^ parasitaire^ réunis sous le terme plus général de trichophyties.

L'herpès tonsurans ou trichophytie tonsurante esl une affection cutanée siégeant toujours sur les parties couvertes de poils ; elle se caractérise cliniquemenl par des plaques plus ou moins arrondies, squameuses,, sur lesquelles les poils cassés à quelques millimètres de leur hauteur sont secs, décolorés, recouverts d'unegaine pulvérulente ; Taspect général de la plaque rappelle un peu une tonsure.

L'herpès circiné, ou trichophytie circînée, affection cutanée qui se rencontre dans les régions découvertes du corps, face, mains, nuque, esl caractérisée au début par une plaque rouge arrondie, dont le centre se décolore peu à peu, tandis que la rougeur gagne en circonférence; quelquefois sur les parties. rouges apparaissent des squames ou bien des vésicules qui ont la même configuration que la tache et qui ont fait donner à la lésion le nom d'herpès circiné.

Le sycosis parasitaire ou trichophytie sycosique,. acné mentagra, mentagre, atteint les régions de la peau pourvues de poils, ordinairement le menton; il débute par des taches rouges squameuses, sur les*» quelles se forment de petits tubercules rouges, arrondis, qui ont pour point de départ le follicule pileux,, finissent par suppurer et s'ulcérer, et produisent une sécrétion séro-purulente qui agglutine les poils et, en se desséchant, forme une croûte brune épaisse.

D'une marche essentiellement chronique, conta-

gieux» dans leurs différentes formes, Vherpès tonsurans, Fherpès circiné et le sycosis parasitaire coexistent fréquemment chez le même sujet : à un moment donné de leur évolution, ces affections peuvent être confondues avec Teczéma nummulaire, le psoriasis circiné, le pityriasis, le sycosis non parasitaire ou folliculite simple, ou certaines formes de syphilides ; dans les cas obscurs, la recherche du champignon parasite, le trichophyton, est quelquefois le seul élément de diagnostic.

Le trichophyton est formé uniquement de spores^ rondes ou ovales, incolores, d*un diamètre moyen de 0™™,005, dont la disposition se voit à un grossissement de 300 diamètres. La prédominance et la pullulation du parasite dans les poils ou les cheveux, dansles lamelles épidermiques, on dans les follicules pileux, expliquent les différences d'aspect et de lésions de la trichophytie tonsurante, circinée ou sycosique. Si Ton examine au microscope un cheveu malade, on; constate que la racine est aplatie, en partie détruite ;. le poil présente des renflements crevassés, dans lesquels on aperçoit des amas de spores; l'extrémité du cheveu cassé est divisée en pinceau, entre les fibres duquel sont infiltrées des spores de trichophyton.

Microsporon furfur, — Ce champignon est Tagent parasitaire du pityriasis versicolor, affection cutanée observée d'habitude chez les cachectiques, les tuberculeux, et caractérisée par des plaques squameuses, colorées en brun ou en jaune, formant des taches plus ou moins arrondies alternant avec des parties de peau sainç. La présence dans les squames du cryptogameparasite aide à le différencier de quelques affections-

squameuses non parasitaires ou même des éphélides.

Pour rechercher le Microsporon fur fur ^ il suffit de racler la surface d'une tache pityriasique avec un scalpel, et d'examiner avec un grossissement de cinq cents diamètres les squames épidermiques délayées dans un peu d'eau ou de glycérine et colorées h l'éosine ; on trouve entre les lames de la couche cornée de Fépiderme des tubes de mycélium allongés et ramifiés et des amas de spores petites, arrondies.

Microsporon minutissimum, — Le Microsporon minutissimum est un cryptogame microscopique qui a été retrouvé dans des affections cutanées siégeant habituellement dans la région inguino-scrotale ou dans les aisselles, J'érythrasma.

L'érythrasma se présente sous forme de plaques non squameuses plus ou moins arrondies, un peu saillantes au-dessus du reste de la peau et d'une coloration brune ou jaunâtre; on pourrait le confondre avec l'inlertrigo ou l'eczéma sec en plaques ; en tout cas la recherche du parasite permet de trancher les difficultés du diagnostic. En raison de ses petites dimensions le Microsporon minutissimum peut être assez difficile à observer; après avoir fait macérer des fragments de plaques épidermiques dans l'éther et les avoir lavés dans une solution de potasse à 40 p. 400, on les colore en les laissant quelques instants en contact avec une solution d'éosine, puis on les examine dans Teau distillée ou la glycérine ; entre les lames de la couche cornée de l'épiderme on voit des tubes grêles, flexueux, dont les uns sont vides, les autres remplis de spores ; les spores libres sont petites, rondes ou elliptiques ; sauf ses petites dimensions, le

Microsporon minutissimum ressemble assez au Microsporon furfur.

Oïdium albicans, — Ce champignon se développe sur la surface de la muqueuse buccale des enfants atrepsiques ou mal nourris, des individus cachectisés par une longue maladie lelle que la phthisie, ou des maladie atteints de (lèvre grave telle que le typhus abdominal. La condition essentielle de l'implantation de Toîdium dans la cavité buccale est la diminution de Talcalinité ou Tacidité de la muqueuse buccale ; cependant le parasite peut dépasser les premières voies digestives et envahir Tœsophage, Testomac, Tintestin, et même se multiplier dans les vaisseaux, où il est capable de former des embolies.

L'oïdium se développe d'abord sous forme de petites taches blanches qui tranchent sur le fond de la muqueuse rouge et sèche, puis très rapidement ces taches s'étalent, deviennent confluentes, prennent un aspect crémeux et constituent le muguet.

Un fragment de muguet dissocié sous le microscope se compose de deux sortes d'éléments, les filaments et les spores : les filaments mycéliens sont des cylindres allongés, droits ou courbes, simples ou ramifiés, de 50 à 60 (a de longueur sur 3 à 4 {a de largeur, et composés de plusieurs segments placés bout à bout; ces filaments contiennent ordinairement dans leur intérieur quelques corpuscules qui sont les spores ; les spores libres sont sphériques et adhèrent fortement aux cellules épithéliales de la muqueuse.

Aspergillus. — Les champignons du genre Aspergillus sont caractérisés par un réceptacle dressé, renflé au sommet sur un capitule recouvert par les spores ;

io6 PROCÉDÉS D'INVESTIGATION ET D'EXPLORATION.

ce sont ces moisissures que Ton voit sur les substances organiques sous forme d'enduits ou de fins duvets verts, bruns ou noirs : tels sont VAspergillus glaucus, YAspergillus fumigatuSy VAspergillus nigei\

Quelques-uns de ces aspergillus peuvent se développer chez les animaux à sang chaud ; on a observé dans les jardins zoologiques, chez les oiseaux, de véritables épidémies de pneumonies dues à la respiration de poussières d'aspergillus ; la pneumomycose aspergilleuse a été rencontrée quelquefois chez les mammifères ; chez Thomme YAspergillus fumigatus a été trouvé plusieurs fois vivant en saprophyte dans le poumon, et il n'est pas impossible que la respiration d'un air chargé de spores d'aspergillus ne puisse donner lieu à des pneumonies. Enfin on a vu se développer des colonies d'aspergillus sur la cornée, ou dans le conduit auditif externe, dans des cas de suppuration ou de sécrétion abondante de cérumen.

Actinomyces, — L'actinomyces, dont la place parmi les champignons n'est que provisoire et qui semble devoir être classé parmi les algues, est un parasite végétal dont le développement dans l'organisme animal produit des néoplasmes de volume variable, qui finissent par s'abcéder.

Fréquente chez l'animal et en particulier chez le bœuf, l'actinomycose se rencontre quelquefois chez l'homme; la voie d'entrée du parasite dans l'économie se fait par la muqueuse intestinale, les trompes, les amygdales, les dents cariées ; les tumeurs actinomycosiques de la plèvre, du péritoine, des vertèbres, des mâchoires aboutissent rapidement à la suppuration.

«t c'est dans le pus que Ton retrouve le parasite carac téristique.

Le parasite se présente sous forme de petits corps arrondis de la grosseur d'un grain de chènevis, d'une coloration jaune ; ces corpuscules sont légèrement granuleuXy et lorsqu'on les désagrège, on constate qu'ils sont constitués par des filaments radiés terminés par un renflement, et serrés les uns contre les autres; leur -structure en forme de rosettes composées d'éléments terminés en massue, leur aspect qui rappelle celui des glandes composées, leur ont fait donner le nom de champignons radiés ou de glandes actinomycosiques : ces caractères permettent de reconnaître assez facilement les affections dont ils sont les agents pathogènes.

2° SCHIZOMYCÈTES

Il est des schizomycètes qui vivent en passant dans l'organisme sain, sans que leur présence détermine aucun troubles ; d'autres, par leur vie dans l'organisme animal, déterminent des altérations et des troubles variés : ce sont les microbes pathogènes. Affections locales ou infections généralisées, maladies aiguës pu maladies chroniques, le nombre des états morbides attribués à Faction microbienne augmente de jour en jour; les nouveaux éléments que la bactériologie fournit abondamment & l'histoire de la pathologie ne servent pas uniquement à éclairer Tétiologie ou la prophylaxie des maladies : dans les cas obscurs ils doivent guider le clinicien dans son dia^ gnostic.

Sans parler des procédés d'isolement et de culture des microbes dont il ne nous appartient pas de parler ici, un des progrès les plus importants réalisés dans la teclmique de la bactériologie a été la découverte de l'affinité des bactéries pour les couleurs d'aniline; de là sont nées les diverses méthodes de coloration, qui permettent non seulement de découvrir dans un li* quide organique ou un lissu les bactéries qui s'y trouvent, mais quelquefois de les spécifier; c'est dans les liquides frsdchement recueillis, tel que pus, crachats, sang, et étalés sur une lamelle, puis séchés à la flamme, ou dans les produits de raclage des tissus, que se fait cliniquement la recherche des microbes pathogènes. Pour les coupes de tissus, comme pour les liquides qui sont desséchés sur lamelles et comparables à des coupes minces, les procédés de coloration sont à peu près les mêmes et peuvent se résumer dans trois grandes méthodes.

Méthode de Weigert. — La préparation destinée à être colorée est laissée pendant un temps qui varie de quelques instants à quelques heures, suivant qu'il s'agit d'une lamelle ou d'une coupe, dans une solution aqueuse de violet de gentiane ou de violet de mélhyle à 1 ou 2 pour 100 ; puis on la transporte dans Falcool absolu jusqu'à décoloration; à ce moment, les microbes seuls restent colorés parles couleurs d'aniline; la préparation est ensuite éclaircie quelques instants dans l'essence de girofle, et montée dans le baume de Canada.

Méthode de Gram, — La lamelle est placée pendant une ou deux minutes dans une solution anilinée de violet de gentiane, puis elle est transportée pendant

deux minutes dans le liquide suivant, où elle prend une coloration noirâtre :

Iode métallique 1 gr.

lodure de potassium 2 —

Eau 300 —

De là, elle est portée dans Talcool absolu, où elle se décolore au boni de dix à quinze minutes ; après éclaircissement dans Tessence de girolle, elle est montée dans le baume. Les bactéries sont colorées en bleu foncé, tandis que le reste de la préparation est décoloré ; riode a agi en fixant la matière colorante sur les bactéries et en empêchant leur décoloration par Talcool ; la plupart des microbes pathogènes se colorent par ce procédé ; seuls sont décolorés, les microbes de la fièvre typhoïde j de la morve, du choléi'a^ et de la blennorrhagie.

Méthode d'Ehrlich. — Les coupes ou lamelles sont placées vingt-quatre heures dans la solution anilinée de violet de gentiane; au sortir du bain colorant la préparation est placée pendant quelques minutes dans Tacide nitrique au quart, puis lavée, déshydratée par Talcool absolu, éclaircie dans Tessence de girofle et montée dans le baume : par ce procédé tous les microbes se décolorent, sauf ceux de la tuberculose et de la lèpre.

Dans tous les procédés qui viennent d'être indiqués, les microbes seuls sont colorés ; quelquefois cependant il peut être intéressant d'étudier leurs rapports les éléments anatomiques; pour cela, après l'emploi du procédé de Gram ou d'Ehrlich, on soumet la lanaelle pendant quelques instants à Faction du picrocarmin

ou de Téosine, qui colore les cellules eu rose.

Tels sont les principaux procédés de coloration employés pour rechercher les microbes dans les milieux organiques; ils peuvent varier d'ailleurs suivant la nature du microbe que Ton veut mettre en évidence. Dans les préparations colorées, la recherche des microbes doit se faire à Taîde d'un objectif à immersion, avec le condensateur d'Abbe et le miroir réflecteur plan : de cette façon seulement il est possible de bien apprécier la forme, les dimensions des microorganis* mes que Ton veut étudier.

Les espèces pathogènes appartiennent aux groupes des microcoques, des bacilles, des spirobactéries : nous signalerons les plus importantes; le cadre et le but de cet ouvrage ne nous permettent pas de retracer les propriétés biologiques ou les caractères morphologiques de ces différentes espèces ; nous nous contenterons de signaler quelques-uns de leurs traits principaux.

i° Microcoqoes pathogènes. — Les microcoques sont de petites cellules globuleuses, réunies en chapelets (streptocoques) ou sans ordre, ou bien agglomérées en zooglées (staphylocoques).

C'est parmi eux que l'on trouve les staphylocoques du furoncle, de Tostéomyélite, de certains abcès, de certaines néphrites, endocardites ou bronchopneumonies infectieuses; l'aspect seul des cultures permet de distinguer les uns des autres les différents staphylocoques (aureus, citreus ou albus).

Le streptocoque pyogène se présente sous forme de chaînettes et se rencontre dans le pus. . Dans certaines angines pseudo-membraneuses, pieu-

résie on méningites suppurées, broncho-pneumonies endocardites dans la septicémie puerpérale, etc.

L'agent pathogène de Vérysipèle est également un streptocoque, dont les caractères sont identiques à ceux du streptococcus pyogène.

Tous ces microbes se colorent bien par la méthode de Gram et de Weigert.

La sécrétion blennorrhagiqne est produite par un microcoque, le gonocoque de Neisser : les gonocoques sont des cocci de 0 .a,8 à 1 |a, qui se trouvent'par groupes irréguliers dans le protoplasma des cellules de pus ; ils se colorent bien au violet de méthyie sur des lamelles où Ton a étalé et fait sécher une goutte de sécrétion blennorrhagique ; contrairement aux microbes du pus et de Térysipèle, ils sont décolorés par la méthode de Gram, La présence de ces microbes dans le pus de certaines uréthrites ou métrites permet de reconnaître leur origine blennorrhagique.

L'agent pathogène de la pneumonie franche et de certaines de ses complications, pleurésie, méningite, endocardite, néphrite, etc., ainsi que de certaines affections primitives telles qu*otites suppurées, endo-* cardites, méningites, est un microcoque d'aspect spécial, le pneumocoque de Frànckel. Le pneumocoque a une forme légèrement ovalaire, des extrémités effilées qui lui donnent un aspect lancéolé : ces microbes sont le plus souvent groupés deux par deux {diplocoques), et entourés d'une capsule que Ton met bien en évidence en traitant la lamelle par une solution d'acide acétique dilué à 1 p. 100, avant de la soumettre aux. colorants; le pneumocoque ne se décolore pas par le réactif de Gram,

Diagnostic, 3« édit. il

Le diplobacille de Friedlândery microbe ovalaire encapsuléy de forme sensiblement analogue à celle du pneumocoque, en diffère par ses caractères biologiques, et par la propriété qu'il possède de se décolore^' par la méthode de Gram : on le rencontre quelquefois dans les exsudais de la bronchopneumonie, dans certaines exdocardites, etc.

2° Bacilles pathogènes. — Les bacilles sont constitués par de longs bâtonnets droits ou courbés (vibrions).

Chez rindividu sain, le tube intestinal est habité par un grand nombre de bacilles que Ton retrouve dans les selles; plusieurs des bacilles du tube digestif jouent un rôle actif dans les phénomènes de la digestion.

Le nombre des bacilles dont le rôle pathogène est avéré est assez considérable.

Bacille du charbon. — Le Bacillus anthradSj agent virulent de la pustule maligne et de Tinfection charbonneuse, est un bacille de 5 à lOf&delong : plusieurs bâtonnets sont souvent articulés par une extrémité élargie, et entre les articulations on voit une ligne transversale caractéristique. La bactérie charbonneuse est facile à colorer dans le sang étalé sur une lamelle^ par la méthode de Weigertou delà double coloration; la recherche de ce gros bacille caractéristique aide dans certains cas à diagnostiquer la forme intestinale du charbon, ou à différencier ses manifestations cutanées.

Bacille de la morve, — Les bacilles de la morve sont des bâtonnets fins ressemblant aux bacilles de la tuberculose, et présentant souvent des alternatives de zones claires et de zones foncées, les zones claires

étant probablement des spores ; on les colore en mettant la préparation qui les contient pendant quelques heures en contact avec une solution alcaline de bleu de méthylène ; dans les cas obscurs, ou en Tabsen ce de commémoratifs, Texamen bactériologique des pustules farcineuses, qui ressemblent quelquefois à celles de la variole, ainsi que du pus des abcès ou du sang, lève les doutes. Les bacilles de la morve diffèrent de ceux de la tuberculose parce qu'ils ne se colorent pas par la méthode d*£hrlich.

Bacille de la fièvre typhoïde, — C'est un bâtonnet de 2 à 3 f«. de longueur et de 1/2 à 1 f& de largeur, à extrémités nettement arrondies.

On le trouve dans la raie, le foie, les plaques de Peyer, les selles diarrhéiques des typhiques. Il est décoloré par la méthode de Gram ; pour le mettre en évidence sur une lamelle enduite de sang ou du produit du raclage d'un organe, on la plonge une demiheure dans le liquide, de Ziehl (Fuchsine 1 gr. ; acide phénique 5 gr. ; eau 100 gr.) ; puis on le lave dans de Veau acidulée à Tacide acétique; le microbe typhique es t coloré en rouge foncé sur fond rose ; souvent au centre du bacille existe un espace rond ou ovoïde non coloré, contractant avec les extrémités teintées (forme de navette).

Le typhus abdominal peut, dans certains cas, donner lieu à des difficultés de diagnostic que Fexamen bactériologique du sang de la rate peut aider à résoudre. Pour recueillir du sang de la rate, on enfonce en pleine matité splénique un long trocart mince, bien stérilisé, du diamètre environ de Taiguille n« 2 de l'aspirateur Dieulafoy, après avoir préalablement lavé la peau au

savon, à Talcool, à l'éther et au sublimé; en retirant un peu le trocart, on provoque l'aspiration nécessaire pour attirer dans la canule quelques gouttes de sang qui sont suffisantes pour pratiquer un examen bactériologique ou un ensemencement sur un milieu nutritif. Ce procédé ne doit être employé qu'en dernier recours.

Colibacille (Baclerium coli commune), — Dans certaines péritonites aiguës par perforation, ou sans perforation, dans des cas de choléra herniaire, de choléra nostras, dans des cas d'infections hépatiques, dans certains cas d'infections puerpérales, de méningites, de pleurésies, etc., on trouve un bacille pathogène, polymorphe, trois à quatre fois plus long que large, variant de là 5{a, se décolorant par la méthode de Gram, et que l'on distingue du bacille typhique par certains artifices de culture.

Le colibacille semble ne constituer qu'une même espèce avec la bactérie septique de la vessie^ agent habituel des infections unnaires, des néphrites ascendantes, des cystites secondaires ou primitives.

BaciUe de la tuberculose. — L'agent virulent de la tuberculose est un bacille de 3 à 4 pi de long sur 0,5 }& de large, constitué tantôt par un bâtonnet homogène, tantôt par de petits grains arrondis placés bout à bout. Le bacille de Koch se rencontre dans tous les produits de la tuberculose vulgaire, et dans les tuberculoses locales, telles que lupus, ostéite, abcès froids, dans les sécrétions et dans les liquides pathologiques provenant d'organes tuberculeux, tels que crachats, urine, pus, liquide pleurétique. La recherche du bacille tuberculeux dans ces produits morbides, dans le

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but d'asseoir un diagnostic, est d'un usage fréquent en clinique. Le bacille de Koch ne se colore pas par les méthodes ordinaires, et les procédés de coloration inventés pour le mettre en évidence sont très nombreux; nous avons indiqué déjà celui d'Ëhrlich ; il en est un autre d'une exécution rapide, qui sert à déceler les microbes dans les liquides, tels que crachats, pus, étalés sur des lamelles et séchés à la flamme. La lamelle est plongée pendant dix minutes dans une solution bouillante d'eau anilinée, que l'on colore au moment de s'en servir avec quelques gouttes d'une solution alcoolique saturée de fuchsine rubine : au sortir de ce bain, la lamelle est arrosée immédiatement avec quelques gouttes de la solution suivante :

Solution alcoolique saturée

de violet de méthyle BB. 25 grammes.

Eau anilinée 15 —

Acide azotique 10 —

puis elle est lavée et montée dans le baume ; les bacilles sont colorés en rouge, le fond de la préparation en bleu.

BacUle de la diphthMe. — Le bacille de la diphthérie ne se rencontre que dans les fausses membranes ; jamais on ne le trouve dans les organes ou dans le sang, même dans les formes infectieuses ou toxiques, parce que dans ces cas les accidents généraux sont dus aux poisons sécrétés par le microbe. Le bacille de la diphthérie est un bâtonnet immobile, long comme le bacille de la tuberculose, mais plus épais ; il est recliligne ou incurvé aune des extrémités ; et souvent terminé par un léger renflement, il se colore bien

avec le bleu de méthylène ; il ne se décolore pas par le procédé de Gram ; mais si Ton fait agir sur la préparation la solution iodée après la coloration en bleu, Textrémité renflée en massue reste plus vivement colorée.

Bacille de la syphilis. — Lustgarten a décrit dans les productions syphilitiques un bacille ressemblant au bacille tuberculeux, de 3 à7(& de long, et qu'il considère comme Fagent virulent de la syphilis. Sa recherche exige des procédés de coloration compliqués : sa spécificité n*est pas démontrée.

Bacille de la lèpre. — Les bacilles de la lèpre ont de 4 à 6 ^ de long, et ressemblent en tout point aux ba* cille tuberculeux. Comme eux ils se colorent par la méthode d'Ehrlich, mais ils s'en distinguent par ce fait qu'ils se colorent par les méthodes ordinaires, ce qui n'a pas lieu pour le bacille de Koch.

ViMon du choléra. — Dans le genre vibrion on range le bacille du choléra. Les bacilles du choléra ou bacilles en virgule, sont des bâtonnets courts, très mobiles, qui peuvent être disposés à la suite les uns des autres, de façon à constituer de longs filaments en spirale. Pour rechercher le microbe du choléra, après avoir étendu et desséché sur la lamelle une petite parcelle de selles cholériques, on la plonge quelques secondes dans une solution de sublimé, puis on la colore avec la solution d'aniline fuchsine. La recherche du bacille virgule dans des cas suspects permet de faire un diagnostic et d'instituer, s'il y a lieu, des mesures prophylactiques.

13^ Spirobactéries. — Les spirobactéries sont constituées par des filaments en spirale.

Dans le sang des malades atteints de fièvi*e récurrente, on trouve de longs filaments ondulés en spirale, de 16 à 14 fA de long ( Spirille (TObermeier) ; ils se colorent bien par le bleu de méthylène. Us apparaissent dans le sang immédiatement avant les accès et disparaissent avant la crise.

La fièvre intermittente, d'après les recherches de Laveran, est due à Faction d*un liématozoaire. Ce parasile se présente sous quatre types, les corps sphériques, les flagella, les corps en croissant et les corps en rosace. Les corps sphériques ont un diamètre de 1 à 8 (A ; ils contiennent souvent des grains de pigment mobiles, de 20 à 25 (a et accolés aux bords des corps •sphériques ; les corps en croissant ont de 8 fi de long environ, ils contiennent à leur partie moyenne des grains de pigment; les corps en rosace sont des éléments sphériques en train de se segmenter en secteurs. Pour trouver Thématozaire on examine le sang <lu doigt ou de la rate avant Taccès ou au début de l'accès chez un malade qui n'a pas pris récemment de sulfate de quinine; la lamelle portant le sang desséché est placée dans un mélange à parties égales d'alcool absolu et d'éther, puis plongée une demi-minute dans une solution aqueuse d'éosine, lavée, séchée, placée dans une solution aqueuse de bleu de méthylène, lavée, «échée et montée dans le baume (Roux).

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