MÉTHODES D'EXAMEN
2o Si le premier aspect du malade ne fournit point d'indication suffisante, le médecin commence Texamen clinique suivant les indications du livre II: il s'enquiert rapidement des antécédents héréditaires ou personnels ; il interroge le malade sur le début de la maladie actuelle, et sur les symptômes qui Tont suivi ; il considère alors s'il a sous les yeux soit une affection spéciale d'un organe ou d'un appareil, soit un état morbide général pyrétique ou apyrétique.
3<> En l'absence de renseignements sufQsants, le médecin passe à l'examen de l'état actuel du malade en lui posant des questions dans le genre de celles-ci : « Où avez-vousraal en ce moment? »... « De quoi vous plaignez-vous le plus? » ou bien « Pourquoi avez-vous cessé votre travail, pourquoi ôtes-vous venu à l'hôpital...? » C'est d'après les réponses du malade que le médecin dirigera son examen.
4^ Si, au début de l'examen, l'étudiant ne trouve pas d'indication suffisante pour diriger cet examen, il explore successivement tous les appareils, toutes les fonctions de Torganisme (Voy. livre II) : ainsi il constate tous les symptômes objectifs qui peuvent servira la solution du problème.
En général, d'après les renseignements acquis, d'après l'aspect du malade ou l'observation de quelques symptômes, le médecin reconnaît bientôt dans quel sens il doit plus spécialement diriger son étude et s'il doit rechercher une maladie infectieuse, une maladie générale chronique non pyrétique, une maladie de l'appareil respiratoire, de l'appareil circulatoire, de l'appareil digestif ou de la cavité abdominale, de l'appareil urinaire, ou du système nerveux.
Parfois on rapporte les symptômes soit à un appareil, soit à un organe, puis on s'aperçoit quMls dépendent d'un autre organe ou d*un autre appareil, ou qu'ils sont la manifestation d'un état morbide général : parmi d'autres symptômes peu apparents du début de l'ataxie locomotrice, les crises gastralgiques, par exemple, fixent seules l'attention du malade et du médecin; des bronchites chroniques accompagnées de troubles respiratoires sont quelquefois les seuls signes apparents d'une affection organique du cœur qui, d'abord, n'avait pas attiré l'attention.
Ajoutons qu'au point de vue de Tétiologie, le médecin étant tenu de résoudre des questions qui varient avec chaque classe de maladies, il sera souvent obligé, l'examen clinique terminé, de revenir sur les anamnestiques et de se renseigner plus exactement sur certains points particuliers relatifs aux antécédents héréditaires ou personnels du malade.
Dans des méthodes spéciales d'examen que nous décrivons plus loin, nous plaçons, pour la facilité de l'exposition, les anamnestiques avant l'examen objectif du malade : libre au médecin d'intervertir cet ordre.
Possédant bien l'histoire du malade et de sa maladie actuelle, le médecin coordonne les différentes données du problème, en discute la valeur et s'efforce de constituer avec ces données un type clinique capable d'être rapproché d'un des types morbides que décrit la pathologie.
Mais quelquefois, malgré les interrogatoires les plus précis et les recherches les plus minutieuses, il est impossible de découvrir chez un individu se disant malade ou ayant des signes généraux de maladie tels
que fièvre, diminution des forces, aucun symptôme objectif caractéristique d'une lésion ou d'une affection quelconque; ou bien, ni par leur association, ni par leurs caractères, les symptômes ne répondent à un type morbide défini : dans ces cas, Tétude des conditions qui ont précédé et accompagné l'apparition de la maladie, des interrogatoires, des examens souvent réitérés, et enfin une observation attentive de révolution de la maladie, mettent presque toujours à même de poser tôt ou tard un diagnostic complet et certain.