AUSCULTATION
extrémité d*un petit entonnoir ; nous ne ferons à ces instruments qu'un seul reproche, c'est que la transmission des sons se fait plus difficilement dans un tube* flexible que dans un tube en bois. L'avantage des stéthoscopes creux est de renforcer par résonance les phénomènes sonores.
Qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre de ces instruments, il faut éviter avec soin de presser d'une façon exagérée sur les organes que l'on explore, ou de frotter à l'aide des doigts sur les différentes parties de l'instrument. On pourrait ainsi donner naissance à des bruits accessoires qui rendraient l'usage de l'instrument fort infidèle.
On emploie le stéthoscope chaque fois que l'oreille ne peut être appliquée au point que l'on veut ausculter : par exemple dans la région sus-claviculaire, au niveau de la région carotidienne ou de l'artère crurale ; on s'en sert quand on veut entendre d'une façon plus nette et plus pure des bruits qui se passent en un point très limité : tels sont certains bruits cardiaques, les battements du cœur du fœtus ; enfin on l'emploie dans certaines conditions spéciales, lorsque des raisons de décence, la malpropreté, etc., s'opposent à l'auscultation directe.
L'étude des bruits perçus à l'auscultation ne se prête pas à une description générale, parce que ces bruits, assez restreints du reste, varient avec les organes : dans la seconde partie de cet ouvrage nous apprendrons à les rechercher dans chaque cas particulier.
11 est certains bruits assez intenses pour être perçus sans qu'il soit nécessaire d'appliquer l'oreille à la surface du corps : tels sont le cornage laryngé, les ràlcs trachéaux, les râles ronflants ou sibilants, le glouglou stomacal, le bruit de succussion hippocratique, le clapotement stomacal, etc. : le médecin doit s'habituer à les entendre et à les interpréter.
3<^ La phonendoscopie est un procédé d'exploration résultant d'une combinaison de l'auscultation et de la
34 PROCÉDÉS D'INVKSTIGATION ET U'EXPLOBATION.
percussion modillée. L'auscuUation est pratiquée au moyen d'un sliHhoscope amplilicalcur : ta percussion
est réalisée par une série de Troltcnients superliciels, qui déterminent dans les organes sous-Jacents des vibrations variables avec le viscère examiné ; on peut déli-
THERMOMÉTRIE. 25
miter un organe en délimitant la zone de propagation des vibrations communiquées par les frottements en question.
Le phonendoscope se compose essentiellement d'une cupule métallique servant de chambre de résonance; elle est fermée d*un côté par une plaque percée do deux orifices, où s'emboîtent deux tubes de caoutchouc munis d'embouts qui sont destinés à être introduits dans les oreilles ; de l'autre côté, par une lame flexible maintenue par un ressort à boudin, et surmontée d'une deuxième lame qui est percée d'un orifice où vient se visser une petite tige cylindrique munie d'un boulon aplati. Quand on veut utiliser le phonendoscope, on applique ce bouton sur la peau, au niveau de l'organe à examiner, on introduit les embouts dans les oreilles, ou maintient légèrement la cupule métallique entre deux doigts de la main gauche, tandis qu'un doigt de la main droite exerce de légers frottements sur la peau circonvoisine ; on entend alors des vibrations internes qui s'éteignent quand le doigt dépasse la limite de l'organe; on marque sur la peau, au crayon, les points limites.
Le phonendoscope est utilisé surtout pour rechercher les limites du foie, de la rate, du cœur, des reins, ou de l'estomac rempli de liquide.