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EXPLORATION PAR LA PONCTION ET PAR LE HARPONNAGE

Les méthodes habituelles d'investigation clinique ne suffisent pas toujours à déceler l'existence de liquides morbides dans les cavités naturelles ou pathologiques, et surtout à faire connaître la nature de ces liquides ; d'autre part, en face de certains états morbides spéciaux, de tumeurs profondes ou superficielles, le médecin est quelquefois dans l'impossibilité de poser un diagnostic précis, parce que les signes cliniques constatés ne lui apprennent rien sur certaines modifications des tissus ou d'un organe, modificatiohs qu'il importerait de connaître. Dans ces cas, pour poser un diagnostic complet et exact, le médecin tient à sa disposition deux procédés : l'exploration parla ponction exploratrice et l'exploration par le harponnage.

A. — Ponction exploratrice.

La ponction exploratrice peut renseigner sur Veadstence ou la nature des liquides pathologiques contenus dans les cavités pleurales, péricardiques, péritonéales, articulaires ou arachnoïdiennes.

La ponction exploratrice renseigne sur l'existence de collections liquides dans des organes peu accessibles (abcès du poumon, abcès ou kystes du foie, etc.), sur la nature de certaines tumeurs, d'une exploration et d'une palpation difficiles (kystes hydatiques, hydronéphrose, kystes de l'ovaire). Seule la ponction exploratrice est capable de renseigner d'une façon absolue sur la nature des liquides pathologiques lorsqu'ils ne se

vident pas à Tintérieur : ces liquides sont-ils séreux, /ibrineux, purulents, sanguins, chyliformes ?

Enfin le liquide recueilli par la ponction peut être soumis à des examens histologiques ou bactériologiques qui permettent d'en reconnaître la nature ; il peut être injecté à des animaux dans le but de reconnaître s'il est le résultat d'une lésion spéciale (tuberculose) : il peut être soumis à l'analyse chimique.

Analyse chimique des liquides recueillis par ponction.

i^ Sérosités. ~ Les sérosités pathologiques possèdent des propriétés physiques et chimiques semblables à celles des transsudations normales, avec quelques différences spéciales que nous indiquerons.

Propriétés chimiques, — Les liquides séreux sont en général faiblement alcalins, très souvent limpides, transparents, à peine jaunâtres et quelquefois légèrement fluorescents ; d'autres fois ils sont épais, visqueux, filants, suivant les proportions de mucine et de paralbumine qu'ils contiennent, et colorés en jaune, en jaune verdâtre, rarement en rouge. Leur saveur est fade et salée ; leur densité, en général plus faible que celle du sérum (1003-1050), dépend des proportions relatives de leurs éléments constituants (de l'albumine par exemple). Us peuvent être troublés par des coagulums de fibrine, par des globules de sang, de pus, des cellules épithéliales, des globules gras (liquide lactescent de l'ascite chyleuse), des paillettes de cholestérine : par le repos, ces derniers corps se séparent et se rassemblent à la surface du liquide.

Constitution des sérosités, — Les éléments des liquides séreux ont deux origines : les uns proviennent du sang et leur présence est à peu près constante ; ce sont : Veau, la séiHne, les globulines, les graisses, les savons, la cholestérine, les matières extractives, les sels minéraux, et des gaz ; les autres sont spéciaux aux transsudations pathologiques et comprennent : la paralbumine et la

métalhuminef la caséine, les albuminates alcalinSy une substance analogue à la myosine dans les tumeurs thyroïdiennes et les kystes ovariques ; la miuiine et les peptones dans les kystes de l'ovaire, le liquide amniotique, dans les liquides intestinaux du choléra, de la dysenterie, et à la suite de purgations par les drastiques, dans rhydrothorax ; la vitelline dans le liquide amniotique, la coUoïdine dans les kystes de Tovaire, les globules gras dans Tascite chyleuse, la bilirubine et les sels biliaires dans Uictère, Vhémoglobine et la méthémoglobine dans les kystes goitreux, Vurée dans Teau amniotique et un grand nombre d'hydropisies, la leucine et la tyrosine à la suite de maladies du foie et dans les exsudais suppures, la glycose dans le diabète, les lactates, succinates^ benzoateSy urates, le créatinine, la xanthine et Vinosite dans les liquides d'échinocoques et dans l'hydrocèle.

Aux transsudations pathologiques indiquées précédemment il convient d'ajouter encore les phlyctènes des vésicatoires et les sérosités du pemphigus.

Le tableau suivant donne la composition, d'ailleurs très variable, de divers liquides de ponction pour i 000 parties.

Eau

Matières solides totales....

Albumines

Fibrine

Matières cxtractives

Sels minéraux

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