Exemple : Densité d'une urine sucrée
Émission 2500 centimètres cubes.
Poids du sucre = (45 X 2 X 2,500) — 60 = 165 grammes.
La lévulose a été signalée, mais rarement, à côté de la glucose dans Turine des diabétiques ; elle est caractérisée par les mômes réactions.
La lactose a été trouvée dans Turine de la femme au moment du sevrage et aux alentours de raccouchement ; elle réduit également la liqueur cupro-potassique.
La maltose n'a été signalée qu'une fois dans Turine d'un albuminurique, et sa présence rattachée à ime affection primitive du pancréas qui n'aurait plus eu le pouvoir de la transformer en glucose assimilable.
On a décelé Vinosite en petite quantité dans l'urine de ccirlains albuminuriques ; elle accompagne, précède ou suit la glucose dans le diabète sucré, bien que son apparition dans le diabète soit très rare et n'ait été signalée que cinq fois, à côté de la glucose, chez 30 diabétiques, et deux fois seulement dans 25 cas d'albuminurie.
Acide étfiTjldiacé tique, acétone , alcool. — L'acétone existe dans l'urine des diabétiques, mais aussi dans d'autres maladies {acétonurie) : elle existerait môme dans l'urine normale (0,01 en vingt-quatre heures), mais augmenterait notablement dans les affections fébriles, notamment dans les maladies infectieuses, où elle atteindrait plusieurs décigrammes, par exemple dans la rougeole, la scarlatine et la pneumonie.
Dans le coma diabétique, l'haleine des malades possède souvent une odeur chloroformique que ne présente pas l'urine fraîche, mais qui s'y développe ensuite en quelques heures. L'urine contient alors de l'acétone qui se développe après l'émission. Fraîche, elle donne avec le chlorure ferrique une coloration brun rouge qui ne se produit plus quand l'urine a été portée à l'ébuUition ou abandonnée à elle-même pendant longtemps. L'acide sulfurique pur la colore en rose clair, puis en jaune orange.
La substance ainsi colorée par le chlorure ferrique passe dans l'éther agité avec l'urine, surtout après forte acidulation par l'acide sulfurique ; mais le
liquide éthéré distillé, aussi bien que le résidu fixe, donnent la même réaction, que ne possède plus la solution éthérée après quelques jours.
Suivant Rupstein, Facétone des urines diabétiques et l'alcool que la distillation fractionnée a permis d'en retirer proviendraient de Téther éthyldiacétique, que les acides forts décomposent avec production d'alcool, d'acétone et d'acide carbonique ; et Ton a attribué les accidents du coma diabétique à la présence dans l'économie de quantités trop considérables, soit de cet éther, soit de son dérivé, l'acétone.
dette question soulève de sérieuses objections : la coloration brune que donnent les urines à acétone, sous l'influence du chlorure ferrique, est bien différente de la coloration rouge violet que donne l'éther éthyldiacétique ; elle se produit aussi avec des urines de diabète simple au début, et même avec quelques urines non diabétiques, ainsi que pendant la période éruptive des maladies exanthémateuses ; en outre, on peut extraire l'acétone d'urines diabétiques en dehors de la période finale comateuse de l'affection ; enfin les réactions du sel ferrique et de l'acide sulfurique ne se produisent que dans le diabète accompagné d'amaigrissement prononcé, et non chez les diabétiques gras, et ne sont dues à aucun des composés : acétone, éther éthyldiacétique, acide acétique, alcool, peptones, etc.
3» Matiôres alcaptoniqnes. — Ces matières qui se réduisent peut-être, d'après des travaux récents, à un seul élément, Vacide homogentisique, communiquent à l'urine la propriété de brunir spontanément à l'air, surtout après addition d'un alcali, de réduire même à froid les oxydes métalliques et en particulier la liqueur cupro-potassique ; ces réactions, suractivées par la chaleur, pourraient faire croire à la présence du sucre dans le liquide. On évitera l'erreur en remarquant que, bien que souvent émise en volume plus considérsible qu'à l'état physiologique, Turine a une densité qui ne dépasse pas les chiffres normaux, qu'elle n'agit
pas sur la lumière polarisée, enfin qu'elle garde son activité réductrice même après action de la levure de bière qui fait disparaître toute trace de sucre.
40 Uroroséine. — L*uroroséine est une matière colorante anormale qui existe environ dans 1/iO des urines pathologiques (diabète sucré, chlorose, ostéomalacie, néphrite, fièvre typhoïde, pérityphlite, etc.) et d'une façon très inconstante ; elle communique à Turine la propriété de prendre une coloration rose deux à trois minutes après addition d'acide chlorhydrique. La coloration, essentiellement passagère, disparait après quelques heures.
Pour la rechercher, on traite 50 ou 100 centimètres cubes d'urine par 5 ou 10 centimètres cubes d'acide sulfurique au quart, et on agite avec quelques centimètres cubes d'alcool amylique qui se colore en rouge plus ou moins intense.
Par la nuance de ses teintes, et par son spectre d'absorption (entre D et E), Turoroséine se rapproche de la fuchsine acide sulfonée, mais s'en différencie complètement par sa faible stabilité.
5<> Cylindres urinaires. — Dans les afTections chroniques et aiguës des reins, on observe dans les sédiments urinaires des éléments cylindriques particuliers, allongés, qui ont leur origine dans le parenchyme rénal et dans les canalicules urinifères. L'existence de cylindres, dans une urine, indique toujours un état pathologique, et presque toujours l'existence d'une albuminurie. Dans l'ictère, cependant, on a noté des cylindres hyalins de l'urine sans albuminurie (Nothr nagel).
Les auteurs distinguent plusieurs variétés de cylindres : cylindres épithéliaux, cylindres hyalins, cylindres granuleux, cylindres amyloïdes. Les cylindres urinaires se présentent, en règle générale, sous la forme d'un corps allongé, parfois contourné, l'extrémité étant tantôt arrondie, tantôt coupée irrégulièrement ; les cylindres peuvent être droits ou contournés;
Fig. 33. — Cylindres épiUiéiiaux.
tantôt leurs bords sont unis, tantôt au contraire ils présentent de distance en distance des dilatations variqueuses. On observe parfois dans l'urine de petites masses allongées , formées par de la mucine ou par des molécules albumineuses ; elles sont beaucoup plus étroites que les vrais cylindres, et n'ont pas l'aspect typique de ces derniers.
Cylindres ou gaines épithéliales . — On trouve parfois dans l'urine des gaines épithéliales (Qg. 32) plus ou moins complètes, formées par une agglomération de cellules polyédriques à noyau net, provenant de Tépithélium des tubes de Bellini et disposées régulièrement les unes à côté des autres. Ces gaines épithéliales peuvent se rencontrer non seU" lement dans les néphrites, mais encore dans les pyrexies (scarlatine). On ne confondra pas ces gaines épithéliales avec des cellules provenant de la vessie ou des voies génitales' de la femme; elles sont formées d« cellules unies par une matière homogène ou légère-.
Fig. 34. — Cylindres hématiques.
— Cylindre* hyaLins.
m PROCÉDÉS d'investigation et D-EÏPL0H4TI0N.
ment granulense dirflcile à voir, mais qui cependant est indéniable, puisqu'elles ne se disjoignent pas les unes
des autres.
CytindreÊ hématiques. — Dans les inflam mations aiguës du parenchyme rénal accompagnées dlié- ' morragies dans la capsule de Ualpighi, les globules sanguins, agglutinés dans les canalicules urinifëresparun peu de fibrine, forment parfois des éléments cylindriques qui peU' vent être entraînés par l'urine (fig. 33). Quand ces petits cylindres ont séjourné pendant nn certain temps dans les canalicules, les globules sanguins se décolorent, et ii faat une attention spéciale pour ne pas les confondre avec des cylindres hyalins.
Cylindres hyatint.
— Le plus grand nombre des cylindres que l'on observe dans lesmaladies des reins amenant l'albuminurie sont formés par une matière homogène (Og. di), hyaline, colloïde, sans granulations dans son intérieur. Leurs bords sont peu accen-
Rg. 36.
EXAMEN DES URINIiS.
tués, leurs estrémitiSs sont circulaires ; ils peuvent atteindre jusqu'à 1 millimètre et être contournés eo tire-bouchon ou ramifiés suivant les tubes où ils ont pria naissance. Ils se colorent facilement par l'iode ou par le violet d'aniline. Ces cylindres sont fréquemment couverts de cellules granuleuses ou de corpuscules lympliatiques; ils peuvent accidentellement contenir des crislaux d'urate de soude, da phosphate
d'acide
'. On les 1
tribasique de soude trouvés dans la période de desquamation de la scarlatine, dans le choléra, la variole, la fièvre typhoïde et autres maladies infectieuses.
Cylindres yranuievx. — Ils se distinguent des précédents par leur coloration grise, et parce que leur substance , au lieud'ètre homogène, est formée de granulations brillantes et très refringentea, et de volume variable (Dg. 30); ils proviennent de l'exsudation des tubes de Belllnj et des alTectioDs chroniques des reins.
Vylindres cireux. — Ces cylindres réfractent fortement la lumière et ont une teinte légèrement jaunfttre; ils sont d'ordinaire très courts et très larges. On les rencontre généralement dans la dégénérescence amyloide des reins (6g. 37),
' Cylindres amyloides. — Très ressemblants aux précédents; en présence d'une solution iodo-iodurée, ils prennent une teinte brun acajou et deviennent d'un.'
^u violet après l'addition d'acide sulfurique.
ind ou veut, procéder avec fruit, à la recherche Diagnostic, i'- êdit, 8
il4 PROCÉDÉS D'INVESTIGATION ET D'EXPLORATION.
des diverses variétés de cylindres, il faut, après avoir centrifugé ou laissé reposer Turine dans un verre à expériences, décanter le liquide et prendre avec une baguette unç goutte du dépôt, la porter sur une lame de verre, la recouvrir d'une lamelle, et Fexaminer au microscope à un faible grossissement.
11 est important de les rechercher dans plusieurs préparations avant de conclure à leur absence, surtout
dans les urines albumineuses.
On a cherché de difiérents côtés à baser le diagnostic des affections rénales sur rétude des cylindres urinaires. Mais dans Fétat actuel de la science, il est assez difficile d'établir i cet égard des règles précises.
Ainsi, on peut rencontrer des cylindres hyalins, sous toutes leurs formes, dans la période de desquamation de la scarlatine, dans le choléra, la variole, la fièvre typhoïde et dans d'autres maladies infectieuses.
De même, on peut rencontrer dans la néphrite aiguë, dans le mal de Bright, et dans la dégénérescence amyloïde des reins, toutes les variétés de cylindres, sans qu*il soit possible d'établir un diagnostic différentiel par l'examen de ces derniers. Cependant, quand on ne rencontre dans les sédiments urinaires, et cela pendant plusieurs jours, que des cylindres épithéliaux, il n'existe très pro]3ablement qu'une néphrite desquamative dont le pronostic est généralement favorable. Quand des globules de pus se mélangent en plus ou moins grand nombre à ces cy-
Fig. 38. — Cylindres cireax.
EXAMEN DBS URINES. 115
lindrès, on peut craindre une inflammation plus ou moins intense du parenchyme rénal ou des bassinets.
La présence des cylindres hyalins et granuleux se rattache généralement à Texistence d'affections chroniques des reins; et quand ils se présentent d'une façon persistante dans les urines, leur existence peut être considérée comme un symptôme grave.
L'apparition de granulations graisseuses dans les cylindres, ou de cellules épithéliales granule -graisseuses dans les urines, se rapporte généralement au deuxième stade de la maladie de Bright.
Dans les périodes plus avancées de cette maladie, les cylindres deviennent plus étroits, et les cellules épithéliales se ratatinent. Dans la dégénérescence amyloîde des reins, on rencontre, outre les cylindres précités, des cylindres cireux ou amyloïdes.
Quant à Tapparition des cylindres hématiques ou des globules sanguins, elle se rattache toujours à l'existence d'une inflammation aiguë du parenchyme rénal.
Q^ Globales du pus. — Le pus de l'urine coagulé en flocons blancs et denses se tasse assez rapidement par le repos; il se présente au microscope sous forme de vésicules rondes semblables aux cellules de mucus, granuleuses, de grosseur variable, en moyenne deux fois aussi grandes que les globules de sang, à un ou plusieurs noyaux très apparents après l'addition d'acide acétique qui dissout les granulations (fig. 36), et associées souvent à des globules sanguins. Quand l'urine renferme une certaine proportion de globules purulents, elle est souvent alcaline, et les éléments cellulaires forment, en fond du verre, une masse amorphe et blanchâtre, de consistance visqueuse, que l'on pourrait confondre avec du mucus.
La présence du pus dans l'urine est la preuve d'une affection aiguë ou chronique des voies urinaires, ou d'un foyer purulent communiquant avec ces voies. En général, le pus s'observe dans les inflammations des bassinets, et dans les catarrhes de la vessie.
Pour distinguer le pus du mucus, dans une urine
alcaline, il suffît de traiter le sédiment suspect par un peu de potasse ou d'ammoniaque ; si Ton a affaire à du pus, il se formera bientôt une masse vitreuse, filante, et même compacte ; si c'est du mucus, le liquide deviendra, au contraire, plus fluide et se chargera de flocons blanchâtres.
L'urine purulente est presque toujours' albumineuse, et Ton peut, jusqu'à un certain point, conclure à la quantité de pus qu'elle renferme, par le dosage de cette albumine, à la condition toutefois que la présence de globules du sang ne vienne pas indiquer celle de l'albumine du sérum.
Le pus ne contient qu'une proportion relativement faible d'albumine ; de sorte que si une urine renferme peu d'albumine (0, 1 p. 400) et un sédiment purulent considérable, ou beaucoup d'albumine (0, 5 p. 100) et peu de pus, il n'y aura pas d'hésitation. Dans le cas contraire, on devra, pour reconnaître l'origine de l'albumine, rechercher avec soin les éléments histolo-
giques, et en particulier les cylindres.
7° Globules sanguins. — La présence des globules sanguins dans l'urine est toujours la preuve d'un état pathologique. Il est facile de les reconnaître à leur forme arrondie, biconcave; ils sont généralement plus pâles que ceux qui se trouvent éliminés dans d'autres conditions (fîg. 38).
Quand la composition de l'urine est normale, les globules peuvent conserver leurs caractères pendant très longtemps ; dans le cas
F'ig. 39. — Globules rouges dans Turine acide.
contraire, les globules perdent leur matière colorante et se présentent sous forme de disques incolores. Quand Turine est très concentrée, les globules deviennent irréguliers, framboises et ressemblent à une pomme épineuse. Quand Furine est fortement alcaline, les globules sanguins se dissolvent rapidement.
Nous avons déjà parlé, à propos de la coloration de Turine, des différents caractères cliniques des urines sanguinolentes. 11 nous sufûra d'ajouter que, dans les cas d'hémorragies abondantes, le sang ne vient pas du parenchyme rénal, mais de l'appareil excréteur (inflammation des bassinets et des urètres, ulcérations et cancers de la vessie, calculs).
Quand l\irine est éliminée en petite quantité et qu'il n'existe. aucun symptôme d'une affection des organes d'excrétion, on peut songer à une altération du parenchyme rénal. Cette supposition se trouve confirmée par la présence de cylindres.
8° Épithéliums. — On rencontre, dans presque toute urine, des cellules épithéliales provenant de la vessie ou de l'urètre, ou même du vagin chez la femme (fig. 39 à 41), et qui sont entraînées au fond du vase par les flocons de mucus normal , avec quelques corpuscules muqueux semblables aux globules de pus. A l'état pathologique, ces éléments cellulaires peuvent être éliminés en très grande quantité.
Leur forme spéciale permet très souvent
de détermimer la partie des organes urinaires donf ''proviennent. L'épithélium des canalicules urina
Fig. 40. — - Ëpilliélium du rein.
rond ou cubique, généralement gonflé par le chlorure de sodium, et accompagné d'albumine dans l'urine (Bg. 39) ; dans les cas d'in- (lammatioD du rein, ces éléments paraissent isolés ou accolés les uns aux autres; leur noyau apparaît généralement avec un contour très net.
L'épithélium des an* ses de Henle est pa> vimenteux, celui des tubesau contraire est cylindrique . Quant aux bassinets, ils sont tapissés par un coivèsicBi. mélange d'épithé-
liums pavimenteux t conique ; les uretères sont couverts d'un épitbéliam pavimenleui régulier r^rmé de cellules polygonales à noyau central très nettement dessiné.
Quant à la veafiie, son épithélium (Hg. 40] est beaucoup plus Tolumineux et présente plusieurs couches :
la couche supérieure est tormée de cellules polygonales aplaties, la couche profonde de cellules cubiques ou arrondies- L'urètre de la femme est tapissé de cellules analogues; quant à celui de l'homme, il est
F g *! hp h I ui
EXAMEN DES URIHBS.
formé de cellules analoguesàcelleaderépithélium rénal.
A l'état normal on ne rencontre jamais d'éléments épithéliaux des reins dans l'urine. La présence de ces éléments indique donc toujours une inllammation du parenchyme rénal.
Dans le cas de dégénérescence graisseuse, les cellules épitbèliales renferment une grande proportion de granulations graisseuses.
Quand les reins subissent la dégénérescence amyloide, on peut s'en convaincre même pendant la vie ; il suffit pour cela de traiter les cellules éliminées par l'urine avec un peu d'iode, elles prennent alors une teinte brun acajou; si l'on y ajoute un peu d'acide sulfurique, elles se colorent en brun violet.
9° Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes se reconnaissent par leur forme caractéristique (fig. 43), tête piriforme soudée h une trËs longue queue terminée en pointe quand l'urine n'est pas trop acide ni concentrée, ils peuvent conserver leurs mouvements pendant plus de vingtquatre heures; quand elle est alcaline, ces mouvements s'arrêtent; mais on peut encore reconnaître
la forme des Spcr- Pg 43 — Spcnnsloioldei duii InriM matOIOldes dans une {spermiliirrhéel
urine putréfiée,
même au bout de trois mois. Quand, dans le cours d'une ■permatorrbée, la quantité de sperme mélangé à l'urine est considérable, ce dernier liquide peut prendre un aspect gras, et peut faire songer au premier abord à une cbylurie.
.' Là présence de spermatozoïdes dans Turine peut se rattacher au coït, à une pollution nocturne ou à des habitudes d'onanisme. On observe parfois des spermatozoïdes dans le typhus, et plus rarement dans Turine de malades qui viennent d'avoir une crise épileptique ou une attaque d'apoplexie.
iQo Fragments de tissus. — Les altérations tuberculeuses et cancéreuses de l'appareil urinaire sont parfois accompagnées de l'élimination d'éléments cellidaires*, de fibres élastiques, de produits caséeux et même de fibres musculaires provenant des parties environnantes.
On a également signalé la présence de poils développés sur la muqueuse vésicale (Rayet) ; ces poils peuvent provenir également de kystes l'œtaux ouverts dans la vessie. Broca a observé, dans un cas semblable, non seulement des poils noirs, mais encore des lamelles de tissus cartilagineux.
llo Entozoaires. — DifTérenls helmintes ont été rencontrés dans les urines ; nous citerons, à titre de curiosité, les hydatides, le Distoma hœmatobium qui s'observe dans les pays chauds, la Filaria sanguinis humani qui a été observée dans la chylurie, le strongle géant, enfin des lombrics qui avaient perforé la muqueuse intestinale et pénétré ensuite dans les voies urinaires.
12» Infusoires. — On rencontre dans les urines alcalines des infusoires en grand nombre, connus sous le nom de Circomonas urinarius. On observe fréquemment, dans les mucosités vaginales, le Trichomonas vaginalis et l'oxyure vermiculaire qui peuvent se mêler à l'uriae.
i3* Champignons. — On a observé, dans ces derniers temps, dans l'urine de malades atteints de maladies infectieuses aiguës, des quantités considérables de micrococcus réunis en colonies ou sous forme de
1 . On pourrait, dans les dépôts, caractériser le bacille de Kocli, par le pi-océdô indiqué dans rexamcn des crachats de phtisiques.
chainettes. Ces champignons disparaissent généralement au moment de la défervescence.
On a rencontré des filaments de leptothrix, du Pénicillium glaucum^ et le mycoderme de la levure dans les urines diabétiques. Enfin on a encore signalé dans Furine la présence de la sarcine.
14^^ Kyestéine. — Quand on laisse reposer pendant un certain temps Turine des femmes enceintes, elle se recouvre d'une pellicule composée de phosphate ammoniaco-magnésien et de mucédinées. Cette pellicule, à laquelle Nauche a donné le nom de kyestéine, et qu'il croyait caractéristique de la grossesse, s'observe dan» beaucoup d'urines.
15® Gystine. — On ne rencontre la cystine que dans les urines pathologiques, et notamment dans les cas de calculs. Le cystinurie peut exister à l'état de maladie isolée ; on croit, mais c'est là une pure hypothèse basée sur la présence du soufre dans la molécule de cystine comme dans celle de la taurine, que la cystinurie est liée à un trouble dans l'excrétion de la bile.
La cystine cristallise sous forme de tablettes régulières à six côtés (ûg. 43).
L'urine qui contient beaucoup de cystine est généralement claire, et subit rapidement la fermentation alcaline, en dégageant de l'hydrogène sulfuré. La cystine ne donne pas la réaction de la murexide ; sa solution ammoniacale (l'acide urique est insoluble) est précipitée par l'acide acétique.
Fig. 44. — Cyslino dans l'urine.
iQo Leacine et tyrosine. — Ces deux substances n'existent pas dans Farine normale. On les a observées
principalement dans l'atrophie jaune aiguë du foie» mais aussi dans Tempoisonnement par le phosphore, dans la fièvre typhoïde, le typhus grave, la variole, la leucémie et l'anémie pernicieuse.
La tyrosine cristallise sous forme de fines aiguilles brillantes, isolées ou ag-
Fig. 43. - Leucino (boules) et tyrosine glomérées en étoileS (aiguilles radiées). (fig. 44).
Les cristaux de leacine se présentent sous forme de sphères à striation concentrique que Ton pourrait confondre avec des gouttelettes de graisse et qui s'en distinguent par leur insolubilité dans Féther.
Analyse méthodique des sédiments urinaires. — L'étude des sédiments urinaires présente le plus grand intérêt pour le médecin, comme l'a prouvé Fétude que nous avons faite des divers corps qui peuvent se déposer à l'état solide dans l'urine. Il est utile d'adopter, dons leur examen microscopique, une marche méthodique que nous résumons dans le tableau suivant, d'après Huppcrt.
Analyse méthodique des sédiments urinaires non organisés.
A. — L'urine sédimenteuse est acide, a. siouiExr amorphe oonstitub par :
i. Granulations petites, peu cohérentes, à côté desquelles peuvent sa trouver des cristaux d'acide nriqne et d'oxalate de chaux ; — solubles à
cbaad; — l'addition d'une goutte d'acide acétique concentré, sur le bord de la préparation, dissont ces grains, et après quelques heures ou moins, ils sont remplacés par des cristaux rhombiques d'acide urique : iédiment urique,