Masses granuleuses amorphes, jaunes : bilirubine
b. sÉDUfBifT cristallisé constitd& pab :
1. Cristaux jaune brun, en forme de pierre à aiguiser, isolés ou en groupe, seuls ou à côté d'un sédiment d'urates amorphes et d'oxalate de chaux ; -< solubles dans la soude ; — l'addition d'acide chlorhydrique concentré en sépare deâ tables rhomboTdales jaunes : acide urique.
2. Petites tables rhomboîdales jaunes, seules ou accompagnées de masses granuleuses amorphes de même coloration, souvent emprisonnées dans des éléments cellulaires ; — solubles dans la soude; — la solution traitée par une goutte d'acide azotique jconcentré donne une auréole dirersement colorée, dans laquelle se trouve une zone verte : bilirubine.
3. Octaèdres incolores (jaunes dans les urines ictériques), transparents, fortement réfringents (forme d'enveloppe de lettre), ou prismes quadratiques longs ou courts avec pointements octaédriques, insolubles dans l'acide acétique, solubles dans l'acide chlorhydrique : oxalate de chaux.
4. Cristaux semblables à ces derniers ou en forme de grands couvercles de cercueil (dans les urines très faiblement acides), solubles dans l'acide acétique : phosphate ammoniaco-magnésien.
5. Petites tables régulières hexagonales, à angles et côtés égaux, insolubles dans l'acide acétique, solubles dans l'ammoniaque : cystine.
6. Cristaux incolores en forme de pierre à aiguiser, insolubles dans Tadde acétique, solubles dans l'ammoniaque et l'acide chlorhydrique ; celte dernière solution donne des tables allongées à six pans : xanthine.
7. Tables grandes et plates, fortement réfringentes, rhombiqnes allongées, -solubles dans l'acide acétique ; corrodées par le carbonate d'ammonium : phosphate neutre de magnésie.
8. Prismes isolés ou rangés en amas glandulaires ; a. Solubles dans l'ammoniaque : aci^e hippurique.
p. Insoluble dans l'ammoniaque et les acides : sulfate de chaux,
9. Prismes terminés en coins, isolés ou en rangs épais couchés les uns sur les autres, dissociés par l'ammoniaque, solubles dans l'acide acétique : phosphate neutre de chaux,
10. Aiguilles très fine% groupées en touCfes, insolubles dans l'acide acétiquoi solubles daiis l'ammoniaque et l'acide chlorhydrique : tyrosine.
B. — L*urine sédimentease est alcaline.
Si rurino ne devient alcaline qa'après son excrétion, elle peut oieore renfermer les éléments constituants dos sédiments de l'urine acide, tels que acide urique, oxalato calcique, cystine ; li la réaction est alcaline an moment de la miction, ou l'urine ne dépose-t-elle de sédiments qa*i^rès être devenue alcaline, ce sédiment peut renfermer les éléments suivants :
a. sfeoiMEiNT amorphe^ constitué par :
i. Granulations fines.
a. Solubles dans l'acide acétique sans dégagement de gaz : phosphoU» terreux ;
p. Solubles avec dégagement -de gaz : carbonates terreux.
"i. Masses en forme d'haltères, solubles dans l'acide acétique avec dégagement de gaz : carbonate de chaux.
3. fioules foncées, volumineuses, garnies de petits cristaux hérissés, en pointes leur donnant l'aspect du fruit du châtaignier, quelquefois accolées, solubles dans l'acide acétique et l'acide chlorhydrique, avec séparation ultérieure de tables rhomboïdales d'acide urique : urate ammonigue,
b. SÉDIMENT crtstallin :
1. Gros prismes incolores, en forme de couverdes de cercueil, très facilement solubles dans l'acide acétique : phosphate ommontoeomagnésien.
2. Amas d'aiguilles bleues, très fines, enroulées, ou petites tables bleues ; indigo (qu'on peut confondre avec des poussières de charbon).
V. — Substances luéclicamenteuses ou autres, éliminées par les urines.
Une foule de substances médicamenteuses ou toxiques sont éliminées par les urines, tantôt sous leur forme primitive, tantôt après avoir subi des tranformations préalables dans Torganisme ; on doit insister immédiatement sur ce fait que les corps très solubles passent rapidement dans Turine, et que ceux qui sont susceptibles de modifications, sous Tinlluence vitale, peuvent échapper en partie à cette action et apparaître ' en nature, lorsque la quantité ingérée devient assez forte pour que l'économie humaine n'ait pas le temps de les transformer en totalité. Cette partie de l'étude des urines se borne à celle des corps dont il importo de
plus au médeciD de coonciitre les traustoriuRtions et de constater la présence dans les urines, bien que tous soient très intéressants pour le physiologiste.
I ' Corps inorganique B. ~ a. Métaux lourds. — La plupart des métaux, rantimoinc. l'arsenic, l'étain, l'or, le cadmium, le plomb, le cuivre, le mercure, l'argent, etc., apparaissent dans les urines lorsqu'ils sont introduits à forte dose dans l'économie, leur voie d'élimination normale étant la bile et le Toie. La recherche précise de ces substances se tait d'après les procédés indiqués dans les traités spéciaux.
6, Passent facilement dans les urines : les carbonates, borates et silicates. alcalins qui tes rendent neutres ou alcalines, — les sels de lithine, d'ammoniaque, le flulfocyanure de potassium, les chlorures, bromures, iodures, et chlorates alcalins, les sulfures dont une partie à l'état de sulfates, — les sels de magnésie ; — ne passent que difficilement, les sels de chaux.
c. Acides minéj-aux. — A la suite de l'usage de limonades sulfurique, nitrique, phosphorique, ces acides passent dans les urines sous formes de sels alcalins; une partie reste libre par un usage prolongé de ces boissons acides.
2* Composés organiques. — a. Composés neutres. — L'alcool passe en partie seulement dans les urines. Le chloroforme ne se retrouve pas en nature dans l'urine. L'iodoforme est excrété à l'état d'ioduro alcalin, — Le chloral en nature n'est éliminé qu'en très faible proportion ; la majeure partie est transformée en acide urochl oral i que lévogyre et réducteur. — La nlycirine ingérée a haute dose passe en partie avec toutes ses propriétés dans l'urine; le reste est brûlé dans l'économie. — La nUroglycérine est transformée par l'organisme en acide carbonique et acide nitrique qui passe dans les urines.
Le mlfonal ou diéthylsuironediméthyl méthane est éliminé en nature par les urines dont l'extrait éthéré, calciné dans un tube avec de la limaille de fer exenui''>
de soufre, dégage une odeur alliacée; le réôidu froid, additionné d'acide chlorhydrique, dégage de Tacide sulfhydrique qui noircit le papier plombique.
Vantifébrine ou acétanilide passe dans les urines à rétat de sulfate de paramidophényle; L'urine bouillie avec un quart de son volume d'acide chlorhydrique, puis additionnée de quelques centimètres cubes d'une solution de phénol à 3 pour 100 et de quelques gouttes d'acide chromique, prend une coloration rouge, qui vire au bleu par addition d'ammoniaque. A haute dose, l'antifébrino détermine la cyanose et l'apparition de la méthémoglobine dans le sang, en même temps qu'une violente irritation gastro-intestinale.
Vexalgine, orthométhylacétanilide, est également éliminée à l'état de dérivé sulfoconjugué du paramidophénol ; — Yantipyrine ou diméthyloxyquinizine est éliminée en nature ; l'urine ou son extrait alcoolique prend alors, par l'addition de quelques gouttes de perchlorure de fer, une belle coloration rouge brun, stable quand on chauffe, mais qui disparaît par l'acide sulfurique.
La thalline ou tétrahydroparachinanisol se retrouve dans les urines, partie sous sa forme primitive, partie à l'état de dérivé sulfoconjugué du chinanisol qui leur communique une couleur plus foncée pouvant aller jusqu'au brun intense. L'urine additionnée de chlorure ferrique devient rouge pourpre, puis vire au brun noir en trois ou quatre heures.
La Âamnô, té trahydrure de méthyl(ouéthyl) orthozyquinoléine, est éliminée à l'état d'éther sulfurique et communique encore aux urines une coloration brun sombre qui augmente par l'addition de chlorure ferrique, et vire au rouge pourpre sous l'influence de l'acide sulfurique. La coloration est rouge fuchsine sous l'influence du mélange oxydant, soit d'acide acétique et de chlorure de chaux, soit de chromate de potassium et d'acide chlorhydrique.
Vuréthane ou carbamate d'éthyle est éliminée la
majeure partie en nature, le reste a Tétai d'urée : l'urine traitée par le chlorure de calcium ammoniacal et fillrâe, pour éliminer les sels calcaires insolubles, abandonne un précipité de carbonate de chaux à l'ébul-
VéthylckloTaluréthane ou somnal est décomposée et passe dans les urines à l'état d'urëthane et d'acide urochloralique ; il en est de même de Vural, cbloralnréthane,
La pliényluréthane est encore dédoublée et excrétée à l'état de phénolsuirate et d'uréthane libre.
La saccharine Je Fahiberg, employée pour sucrer les aliments des diabétiques ou contre -balancer l'amertume de la quinine et des alcaloïdes, traverse l'économie sans transformation.
Vhypnone ouacétophénone, transformée dans l'organisme en acides carbonique et benzoîque, est éliminée par les urines à l'état d'acide hippurique.
L'acétopliénêtÉdine ou phénacëtlne, autre antipyrétique et analgésique, passe rapidement dans les urines que le chlorure ferrique colore en rouge foncé, et le sulfate de cuivre en vert.
La nitrobeaiine est éliminée à l'état d'acide nitrohippurique.
La naphtaline est excrétée sous la [orme d'acide naphtolglycuronique et d'un sulfoconjugué de la dioxyaaphtaline ; elle peut cependant passer non transformée. L'urine additionnée d'acide sulfurique concentré, prend une teinte vert sombre à la surface de séparation des deux liquides ; mélangée à son volume d'acide acétique concentré, elle prend en deux, quatre ou douze heures, une coloration jaune brun ; les acides chlorhydrique et nitrique rendent la coloration
b. Composés acides et salins. — Ingérés à l'état libre, les acides organiques, oxalique, citrique, tartrique, malique, gallique, passent en minime proportion sous celte forme dans les urines. Leurs sels alcalins «
éliminés sous forme de carbonates; Tusage immodéré ou longtemps continué d'aliments qui renferment de l'acide oxalique fait apparaître ce composé dans les urines, rarement à l'état libre, mais sous forme d'oxalate de chaux.
V acide benzoïque et ses sels sont transformés en acide hippurique : il en est de môme des éthers benzoïques, de l'essence d'amandes amères, de l'acide cinnamique (baume de Tolu, du Pérou, benjoin, storax).
Vacide salicylique (et ses sels) n'est transformé que partiellement en acide salicylurique ; la majeure partie, éliminée en nature, ne peut être distinguée sim* plement de l'acide salicylurique ; ' tous deux donnent une coloration violette par l'addition modérée de perchlorure de fer.
Le salol (salicylate de phényle) absorbé en entier, et probablement dédoublé dans le sang en acide salicylique et phénol, passe dans les urines à l'état d'acide salicylurique et de phénolsulfates.
Le bétol ^salicylate de naphtol ^) paraît être dédoublé' en majeure partie dans l'intestin alcalin; le naphtol presque insoluble, est éliminé en presque totalité avec les selles, tandis que l'acide salicylique passe dans les urines transformé en acide salicylurique. .
Vacide pyrogallique (toxique) passe inaltéré dans les urines ; l'acide tannique est transformé au préalable en acide gallique; Vacide succinique apparaît à la suite de l'usage des asperges (asparagine).
Après l'ingestion de résine (térébenthine et baumes divers), l'urine contient de l'abiétinate alcalin dont l'acide insoluble est précipité par l'addition d'acide nitrique; on a vu que la solubilité de ce précipité résineux dans l'alcool n'est pas toujours un caractère, suffisamment différentiel de l'albumine coagulée, dans les mêmes conditions.
Le sulfovinate de soude est éliminé en nature; il en est de même des sulfophénates alcalins, en lesquels 9Q. transforme au préalable lejphénoL i >
r EXAMEN DES UaiNES, 129
Los dérives phénoUqua, tels que la réaorcine, la pyrocatëchine,lenaphtol, etc., aère trouvent dans les urines, sous la forme de dérivéa sulfo conjugué s analogues à celui de l'acide phénique, et communiquent également à l'urine une coloration [oncée.
On' a vu précédemment les modifications de coloration qu'éprouve l'urine après l'ingestion de préparalions de bois de campéche, de feuilles de séné, de rhubarbe, de sanlonine'.
c. Bases organiiiues. — La plupart des alcaloïdes, et en particulier la morphine, la quinine, la. cinchonine, la caféine, la théobromine et la strychnine, sont éliminés en forte proportion par les urines.
L'aniline passe dans les urines sous la forme de dérivé sulfoconjugué du paramidophénol (comme l'acélanilide et l'exalginej.
d. MalUres aoiorantes et odoi'antes. — Beaucoup de matières coloraDtes et odorantes sont éliminées par les urines ; tels sont les pigments de l'indigo, de la garance, de la gomme-gutte, de la rhubarhe, du campéche, des carottes, des mûres, etc., et les principes odorants de la valériane, du safran, de la térébenthine, des baumes, de l'asa foitida et du castoréum.
leucomaïoes,
■■ L'urine contient, indépendamment dos substances qui viennent d'être étudiées, un certain nombre de produits toxiques, mieux connus par leur action physiologique que déliais dans leur composition chimique.
La présence des leucomaines ou alcaloïdes physiologiques d'origine animale dans les urines normales est aujourd'hui démontrée; mais, en réalité, l'urine de l'homme sain doit sa toxicité, non seulement ans alcaloïdes dont il s'agit, mais aussi et pour une notai'"
proportion à ses matières colorantes (produisent des congestions et hémorragies du foie, des reins, des poumons, de la pie-mère, et du myosis), ainsi qu'aux sels potassiques. A ces alcalis d'origine physiologique viennent s'en ajouter d'autres, plus spécialement nommés toxines, dans les urines des individus atteints d'affections diverses, telles que rougeole, diphtérie, phtisie, et surtout de maladies infectieuses (pneumonie infectieuse, fièvre typhoïde, ictère grave, etc.); dans ce dernier cas, la présence de quantités notables de toxines paraît devoir être attribuée aux microbes infectieux qui se développent anormalement dans le sang et les divers tissus ou organes.
Il résulte des recherches de von Jaksh et particulièrement de Griffiths que les poisons excrétés dans diverses affections aiguës sont différents, mais constants pour chaque maladie ; ainsi le dernier auteur a réussi à extraire et à caractériser quinze alcaloïdes dififérents des urines de scarlatine, diphtérie, oreillon, rougeole, coqueluche, pneumonie, érysipèle, fièvre puerpérale, eczéma, grippe, cancer, etc.
Ces alcaloïdes sont éminemment oxydables; aussi disparaissent-ils de l'économie animale, ou brûlés dans le torrent circulatoire ou dans le foie, ou éliminés par les urines ; mais de la rupture de l'équilibre entre la production dans le sang et l'oxydation ou l'élimination par les urines de ces toxines, il doit survenir une véritable intoxication à laquelle peuvent, sans doute, être rattachés ces cas mortels où les lésions du rein diminuent son action éliminatrice ; c'est, en effet, à cette cause que l'on doit attribuer les accidents de l'urémie, de la fièvre puerpérale, du coma diabétique, etc.
Chez l'individu sain, les urines ne renferment pas la même proportion d'alcaloïdes et, par suite, ne possèdent pas le même pouvoir toxique aux divers moments de la journée. Le maximum paraît avoir lieu huit heures environ après le réveil; à ce moment, l'urine renferme
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cinq fois plus de leucomaînes qu'aux autres heures.
Notons encore que Turine de jour étant narcotique et celle de la nuit convulsivante, les deux variétés sont antagonistes en valeur absolue ; qu'il y a parallélisme entre la toxicité du contenu intestinal (toxines de la putréfaction bactérienne) et celle des urines, d'où résulte une diminution plus ou moins grande de la dernière après antisepsie intestinale sous l'influence du naphtol, du calomel, des purgatifs, de la diète lactée, etc. L'adulte excréterait, en une moyenne de temps de cinquante-deux heures, assez de poison urinaire pour s'intoxiquer lui-même, suivant Bouchard. La toxicité de l'urine humaine, en somme des plus variables suivant les conditions physiologiques les plus diverses, diffère également suivant l'espèce animale utilisée pour sa détermination; ainsi tandis que le kilogramme de cobaye est tué par 45 centimètres cubes d'urine normale, il en faut de 60 à 66 centimètres cubes pour tuer un kilogramme de chien, de 40 à 60 centimètres cubes pour un kilogramme de lapin(Bouchard),100 centimètres cubes suivant d'autres auteurs (Maire t et Bosc).
L'unité toxique, urotoxiCf est exprimée par le volume de liquide urinaire, prélevé sur le mélange de vingtquatre heures, capable de tuer un kilogramme d'animal (ordinairement lapin),etlapuissance toxique d'une urine, coefficient urotoxique de Bouchard, est représentée par le nombre d'urotoxies que fabrique en vingt-quatre heures un kilogramme de l'individu qui fournit l'urine, ou encore» par le poids en kilogrammes de matière vivante, lapin ou cobaye, tuée par le produit de la sécrétion moyenne, en vingt-quatre heures, de un kilogramme de l'individu en observation. — Ainsi pour le cobaye, l'urotoxie est de 45 centimètres cubes d'urine normale humaine, et le coefficient urotoxique, pour un adulte de poids moyen de 65 kilogrammes excrétant ,1500 centimètres d'urine en vingt-quatre heures, est de
Tz — 7-, kilogrammes de cobaye.
Détermination du coefficient orotoziqae G : ^
La formule précédente devient, en généralisant,
C = rr , dans laquelle V est le volume de rémission
urinaire des vingt-quatre heures, P le poids du sujet et 71 rurotoxie, la seule de ces trois valeurs qu'il soit nécessaire de déterminer expérimentalement. Pour cela, on filtre l'urine fraîche sur du coton stérilisé, on la porte à 30° environ, puis on l'injecte à l'aide d'une canule de Pravaz, soit dans la veine marginale de l'oreille, soit dans la veine fémorale d'un lapin, au taux de 20 centimètres cubes par minute, à l'aide d'un appareil de déplacement gradué facile à régler ou d'une seringue en verre, et cela jusqu'à ce que mort s'ensuive.
C'est ainsi que l'on trouve que, pour le lapin, le coeffîcent urotoxique de l'homme est de 0'«8,465 en bonne santé, mais varie de 0, 1 à 2,00 à l'état pathologique.
Les résultats ainsi obtenus sont entachés d'une erreur due à la non-isotonie de l'urine qui n'est pas équimolé» culaire avec le sérum du sang dans lequel on Tinjecte, d'où superposition, à la toxicité chimique urinaire vraie, d'une part de toxicité d'origine osmotiqùe. On a proposé divers moyens pour éviter cette cause d'erreur, parmi lesquels la dilution de l'urine jusqu'au degré isotonique de l'animal en expérience (point de congélation du sérum de lapin = — 0° b9) est loin d'être le meilleur, l'urée de l'urine se comportant vis-à-vis de globule sanguin, au point de vue osmotiqùe, comme si elle n'existait pas ; et cependant sa solution aqueuse à 10 p. 1000 abaisse le point de congélation de l'eau à -00,286.
L'extraction des leucomaïnes et toxines et leur déter* mination constituent une œuvre de laboratoire longue et délicate, dont la description ne peut trouver place ici.
D'une façon générale, lorsque le rein est perméable, la toxicité des urines augmente, chaque fois que des substances toxiques fabriquées dans l'organisme sont
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amenées au filtre rénal par le sang. Ces substances ont des origines diverses : ou bien elles représentent les toxines sécrétées par des microbes pathogènes au cours des infections (choléra, diphtérie, lièvre typhoïde, etc.); elles augmentent dans ce cas généralement pendant la crise, surtout dans les maladies se terminant par une défervescence (pneumonie brusque) ; ou bien elles résultent d'une exagération dans les fermentations gastrique et intestinale dont les produits résorbés, et non suffisamment détruits ou modifiés par le foie, arrivent dans la circulation générale. La toxicité peut augmenter encore durant certaines maladies générales lorsque l'élaboration de matières assimilées est insuffisante ou durant certains épisodes de ces maladies.
La toxicité urinaire croit enfin lorsque le foie est devenu incapable d'arrêter les poisons que lui amène la veine porte : ce fait se produit chaque fois qu'il y a altération de l'activité fonctionnelle de la cellule hépatique, où lésions profondes de cette cellule (cirrhose atrophique, cancer massif et nodulaire, tuberculose hépatique, iclère chronique, cirrhose hypertrophique); dans les mômes circonstances, la cellule hépatique est devenue inapte à fixer et transformer en glycogène le sucre fourni par les aliments ; le sucre passe alors dans les urines. La glycosurie alimentaire est généralement en rq,pport avec l'hypertoxie urinaire (Roger).
Pour apprécier le pouvoir glycogénique du foie, on fait ingérer au malade, à jeun, 150 grammes de sirop de sucre ; pendant les cinq ou six heures qui suivent, on recueille les urines une fois chaque heure, et on y recherche la glucose; si elle apparaît, le foie est insuffisant.
Cette recherche est entachée d'une caus.e d'erreur, la glycolyse générale dans le sang et les tissus, dont il est impossible d'apprécier l'activité.
Quand les fonctions du rein sont troublées par des lésions primitives (néphrites aiguës ou chroniqi'
secondaires (maladies infectieuses graves), les subs* tances toxiques fabriquées dans rorganisme en quantité normale ou anormale, ainsi que les poisons spécifiques sécrétés par les microbes, sont éliminés incomplètement ; la toxicité urinaire diminue en môme temps que des symptômes graves (urémie, certains phénomènes des maladies infectieuses) indiquent V auto-intoxication de Torganisme par ces substances accumulées dans Téconomie.
La recherche de la toxicité urinaire peut permettre de confirmer un diagnostic dans des cas douteux d'urémie, d'affections hépatiques; dans les maladies aiguës, surtout à leur période de déclin, elle peut aider à porter un pronostic.