‹ Manuel de diagnostic médical et d'exploration cliniqueChapitre 26 sur 104 · VII . — Diazoréaction d'Erhlich · texte numérisé non relu

VII . — Diazoréaction d'Erhlich

Ehrlich a indiqué une réaction de coloration de Turine qui serait caractéristique de la fièvre typhoïde, et que l'on obtient en opérant de la façon suivante :

Réactifs :

(1) Acide sulfanilique 5 grammes.

Acide chlorhydrique 50 —

Eau 1000 —

(2) Nitrite de sodium 50 centigrammet.

Eau 100 grammes.

Au moment du besoin et jpour faire la réaction, on mélange 83 centimètres cubes de (1) et de 4 centimètre cube de (2) très exactement mesurés (le mélange jaunit à la longue).

Opération : Dans un tube d'essais, on mélange des volumes rigoureusement égaux du réactif précédent et de Turine à examiner, puis on alcalinise par Tammoniaque et Ton obtient immédiatement Tune des colorations suivantes :

^^^La teinte rouge intense au huitième jour de la flè^

Féaciitmi potilivet :

obtient h partir du sixième î typhoïde et persiste jusvingtième jour, suivant les cas, tout en s'altéiiuant. Elle reparaît au moment de nouvelles poussées thermiques et son intensité est jusqu'à un certain point parallèle à celle de la fièvre.

La réaction est indépendante de la présence de l'iodican urinaire ; elle est négative dans les cas d'embarras gastrique fébrile, mais réussit dans la tuberculose aiguë généralisée.

La réaction d'Erhlich doit être effectuée en suivant très rigoureusement les proportions indiquées ; dans ces conditions elle ne donne jamais de teinte rouge avec l'urine normale, tandis qu'cD Taisant varier les proportions des deux réactifs qui entrent dans la composition du réactif final, on peut obtenir des colorations rouges absolument indépendantes de la réaction de coloration de l'urine typhique.

vm. -

Des rapports nrologtqucs.

R^ Dana ces dernières années, divers biologistes et dînions ont étudié les relations qui peuvent exister entre les proportions des divers principes contenus dans l'émission urinaire moyenne des vingt-quatre heures, à l'état normal et dans certains étals pathologiques; ils ont obtenu des résultats curieux et d'une importance souvent capitale au point de vue du diagnostic de certaines afTections,

Ces relations, dites rapports urologiques, sont aujourd'hui couramment utilisées pour les besoins de la clinique ; ce qui se conçoit facilement, leur délenr

i36 PROCÉDÉS D'INVESTIGATION ET D'EXPLORATION.

nation aboutissant à des expressions arithmétiques d'une valeur beaucoup plus grande et d'une compréhension beaucoup plus facile pour le médecin que ne l'étaient les chifl'res bruts de la simple analyse dos éléments urinaires normaux qui ne permettent que des comparaisons, plus ou moins exactes d'ailleurs dans leurs conclusions, avec les chiffres de l'émission moyenne normale.

Voici la liste des principaux de ces rapports, dont la détermination doit suivre l'exécution matérielle de l'analyse chimique. Dans la pratique, on se borne à calculer ceux qui présentent de l'intérêt, étant donnée la symptomalologie de l'affection, bien que quelquefois ils permettent à eux seuls d'établir un diagnostic rigoureux.

1° Rapport de l'azote de l'urée à l'azote nrinaire total, avec le dosage de l'urée après défécation de l'urine par le sous-acétate de plomb, est compris normalement entre 80 et 90 p. 100 suivant les divers auteurs; a d'abord été resserré parMoreigne entre 85 et 92 p. 100 puis eniin, après défécation par l'acide phosphotungstique, ramené par lui aux limites beaucoup plus étroites de 78 à 80,1 p. 100, chez l'homme sain. C'est l'ancien coefficient d'oxydation ou rapport azoturique^ le coefficient d'utilisation des matières azotées (Pœhl, Robin) qui traduit l'intensité des échanges organiques et de la respiration des tissus et organes, et doit se rapprocher d'autant plus de l'unité que les oxydations des composés azotés de l'économie sont plus complètes, le terme ultime de cette oxydation étant l'urée qui ne se différencie, au point de vue moléculaire, que par deux molécules d'eau du carbonate d'ammonium essentiellement minéral; dans les maladies il peut baisser jusqu'à 60-65 p. 100.

2° Rapport du carbone orinaire à l'azote total, coefficient doxyiation de Bouchard^ normalement égal à 87 p. 100, qui exprime le degré d'oxydation plus ou moins avancé des molécules urinaires résultant de la

désintégration de la molécule d'albumine organisée, dans laquelle le précédent rapport est égal à environ 319 â 329 p. 100. Suivant son inventeur, ce coetflcient serait lo plus important de tous; il augmente dans toutes les maladies où les oxydations se ralentissent : nlTections du foie, auto-intoxications, etc., et alors varie en sens inverse du rapport azoturique ; il augmente surtout dans les cas d'albuminurie (népbrites) et devient énorme dans to diabète sucré.

3° Rapport de l'anhydride phoaphorique total à l'azote total, compris chez l'homme sain entre 17 et 20 p. 100; c'est le Coef/icient de dérnssimilalion nerveuse (Zuelzer) qni rend compte de l'intensité de la désassimilation de la lécithine des tissus nerveux dont la suractivité fait hausser la valeur relative de Ph^O' à l'azote total.

4* Rapport de l'acide glycéro-phosphorique à l'acide ptaosphorique total, égal en moyenne à 2, S p, 100; coefUcient de disassimilation des k'cUhines (Lépine) ; comme celles-ci, bien que disséminées dans toute l'économie, existent pricipalement dans le tissu nerveux, les deux coefficients précédents tendent sensiblement au même rfisultat.

^° Rapport de l'acide arique à l'acide phosphoriqne des phosphates neutres, de valeur moyenne 0,20 àO,3S; coef^ient de précipitabilité de iadde urique (Zemer), traduisant l'aptitude relative de l'acide urique à se précipiter dans l'urine quand il dépasse 0, 35 à 0, 40. Ce coefficient devient considérable dans la diathèse urique en général et la goutte en particulier, par suite d'une excrétion plus forte de l'acide urique; on l'a vu monter jusqu'à 3,29 et Pu^hl a fait remarquer que la faible quantité de phosphate alcalin contenue dans les urines permettait de diagnostiquer une diathèse urique avant l'apposlUon manifeste des symptômes de la goutte.

» 6' Happort de l'acide phosphorique des sels nentrsB kl'acida des sela acides, égal k 3/3, et constituant

138 PROCÉDÉS d'investigation ET D'EXPLORATION.

coefficient d'alcalinité du sang (Pœhl), qui traduit immédiatement les variations de réaction du sang.

70 Rapport de l'acide snlfurique des snlfoconjugiiés arinaires à Tacide sulfuriqae total, égal à 1 p. 10; coefficient de fermentation intestinale (Baumann, Morat), qui varie proportionnellement à l'intensité des fermentations bactériennes des matières albuminoîdes alimentaires dans Tintestîn, comme les phénols qui en proviennent directement et qui servent à la synthèse dans le foie de ces sulfoconjugués.

80 Rapport de l'acide sulfarique total à l'azote total, sensiblement égal à 20 p. 100 ; c'est le coefficient d'excrétion biliaire (Zûlzer), dans lequel intervient à peu près seul le soufre de la taurine résorbée après dédoublement de l'acide taurocholique de la bile dans l'intestin, le soufre résultant de l'oxydation des molécules albuminoîdes restant en proportion sensiblement constante par rapport à l'azote total.

Outre les perturbations physiologiques dont la détermination des rapports urologiques précédents permet de se rendre compte, cette détermination est encore très utile pour constater avec exactitude les efifeta physiologiques et thérapeutiques des divers agents médicamenteux et en particulier des préparations organothérapeuthiques sur les échanges nutritifs.

Page 1