CIRCULATOIRE
Â. — Symptômes de cardiopathies aig^uës primitives, ou secondaires à des états infectieux.
Endocardite aiguë. — Symptômes généraux des maladies infectieuses, plus ou moins marqués; quelquefois état typhique ou septico-pyohémique.
Diagnostic, 4^ édit. 2.5
Symptômes fonctionnels et subjectifs : dyspnée, oppression, palpitations. Symptômes objectifs : pouls accéléré, ir régulier, apparition de souffles systoliques ou diastoliques à un ou plusieurs orifices, surtout dans le cœur gauche; quelquefois «mbolies dans la peau, les viscères, et consécutivement infarctus et hémorragies, ou abcès métasta tiques.
Péricardite aiguë. — Symptômes généraux analogues à ceux de Tendocardite.
Symptômes subjectifs et fonctionnels : dyspnée, palpitations, douleurs préaortiques ou précordiales localisées ou irradiées (points douloureux du phrénique). Symptômes objectifs : le malade est pâle et cyanose; dilatation des veines du cou, pouls accéléré, irrégulier ; les phénomènes stéthoscopiques sont résumés dans le tableau suivant :
Lenteur dans le retrait de la pointe.
A la palpation, frémissement ordinairement non isochrone avec la systole ou la diastole.
A l'auscultation, frottement superficiel sans isochro- Péricardite sèche. . ^ uisme régulier avec les temps et les bruits du
cœur, sans propagation, sans correspondance nécessaire avec les orifices du cœur, et subissant une exagération par la pression du stéthoscope et l'inclinaison du tronc en avant
Voussure précordiale.
Matité plus ou moins considérable, triangulaire, à base inférieure.
Péricardite avec } Atténuation ou disparition des tons normaux du épanchement. \ cœur et des bruits de frottement.
En cas d'épanchemeut moyen, réapparition des bruits cardiaques lorsque le malade se penche en avant.
Quelquefois le souffle extracardiaque pourrait en imposer pour un frottement péricardique : le bruit de souffle extracardiaque, déterminé par le mouvement de Tair dans une languette pulmonaire, sous l'influence de la contraction cardiaque, est voilé, doux, post-systolique, s'entendant à gauche du sternum, de durée variable,
irrégulier, s'exagérant dans le décubitus, cessant dans la situation penchée en avant.
Endo-péricardite aigaô. — Combinaison variable des symptômes stéthoscopiques de l'endocardite et de la péricardite aiguë.
Myûcardite aiguë. — Elle se diagnostique par exclu* sion de l'endocardite ou de la péricardite, lorsque, dans le cours d'un état infectieux, apparaissent du coUapsus, un pouls petit et irrégulier, des bruits du cœur faibles et sourds, et consécutivement des troubles respiratoires. Elle ne doit pas être confondue avec des troubles circulatoires d'origine toxique, bulbaire ou pulmonaire dans les infections.
B. — Affections chroniques du cœur et des grros vaisseaux.
1<> Symptômes de la dilatation du cœur, secondaire à une cause mécanique ou une affection quelconque préexistante du cœur.
Dilatation du cœur droit. — Ischémie pulmonaire ; dyspnée, stase dansle système veineux général, cyanose, congestion passive des viscères (urines rares), hydropisies viscérales, œdème sous-cutané.
Dilatation du cœur gauche. — Palpitations, petitesse, irrégularité et inégalité du pouls, ischémie artérielle, pâleur, congestion passive du poumon, infarctus pulmonaires, dyspnée.
Dilatation totale du cœur. — Choc cardiaque plus étendu, diffus et faible : augmentation de la matité cardiaque en rapport avec le siège de la dilatation ; bruits du cœur faibles, mal frappés, traînants, irréguliers.
Quand la dilatation cardiaque persiste quelque temps, elle amène des troubles profonds dans la nutrition des tissus et finalement l'état de cachexie Cardiaque
Les symptômes de dilatation cardiaque et ô!asystolie, à tous leurs degrés, peuvent être accompagnés des symptômes des affections cardiaques primitives préexistantes.
2° Affections cardiaques ou cardio-vasculaires sans
lésions valvulaires.
Hypertrophie du cœur. — Battement des vaisseaux, pouls fort, vibrant, voussure précordiale; abaissement et déviation de la pointe du cœur vers la gauche (hypertrophie du ventricule gauche), battements épigastriques (hypertrophie du ventricule droit) ; choc violent, perceptible dans toute l'étendue de la région précordiale, soulèvement de la paroi thoracique; à la percussion, accroissement de la matité cardiaque au delà de la ligne mamillaire (hypertrophie du cœur gauche), ou dans le sens transversal, à droite du sternum (hypertrophie du cœur droit) ; à l'auscultation, éclat du premier bruit; accentuation du deuxième bruit aortique (hypertrophie du cœur gauche), ou du deuxième bruit pulmonaire (hypertrophie du cœur droit) ; quelquefois rythme à trois temps, bruit de galop (addition d'un bruit additionnel présystolique).
Maladie de Basedow, goitre exophtalmique. — Accélération du pouls, battements artériels, palpitations y impulsion violente du cœur qui est quelquefois hypertrophié ; augmentation de volume du corps thyroïde et exophtalmie, avec opthalmoplégie externe et élargissement de la fente palpébrale ; troubles vasomoteurs et nerveux, tremblement rapide à petites oscillations ; agitation, délire, irritabilité, excitation cérébrale et intellectuelle, troubles parétiques, sensation de chaleur avec élévation de température ; polyurie, peau humide, sueurs, etc. Début souvent rapide après une frayeur, chez des sujets jeunes ou des femmes.
Dans les formes frustes, les troubles cardiaques peuvent exister seuls avec les symptômes nerveux.
Tachycardie essentielle paroxystique. — (Névrose bulbaire). Tachycardie à début brusque (200 à 300 pulsations); pouls petit; tension vasculaire diminuée,* oligurie, albuminurie ou glycosurie ; polyurie à la fin de la crise ; durée de la crise : quelques heures ou quelques jours. La tachycardie essentielle doit être distinguée des tachycardies symptomatiques d'affections aiguës du cœur, d'anémie post-hémorragique, de lésions bulbaires (polioencéphalite), ou de la maladie de Basedow.
Myocardite chronique. — Palpitations, accès d'asthme cardiaque, dyspnée d'effort, constriction rétro-sternale, accès d'angine de poitrine, tendances lipothymiques ; faiblesse des contractions cardiaques, bruits faibles, sourds; pouls petit, accéléré ou ralenti, quelquefois irrégulier. De plus, on peut constater certains signes d'une affection cardiaque primitive (hypertrophie, affection valvulaire). Terminaison par dilatation du cœur et asystolie.
Péricardite chronique, symphyse cardiaque. — Signes de dégénérescence du cœur; dépression systolique et soulèvement diastolique au niveau de la pointe du cœur, avec collapsus diastolique des veines du cou.
Hydropéricarde. — Augmentation considérable de la matité précordiale (forme triangulaire à base inférieure) ; affaiblissement ou disparition du choc et des tons normaux du cœur. La distinction entre l'hydropéricarde et la péricardite à épanchement se fonde sur la connaissance de la maladie fondamentale qui l'a produit (mal de Bright) et sur l'absence de symptômes fébriles.
Hydropneumopéricarde. — Son tympanique à la percussion, de la région précordiale, avec disparition totale ou partielle de la sonorité lorsque le malade se penche en avant; choc du cœur ; bruits du cœur affaiblis ou à caractère métallique ; bruit hydro-aérique spécial dû au mouvement du cœur dans un mélangede liquide et de gaz .
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APPAHEIL CIRCULATOIRE.
hypertrophie du ventricule droit. A l'auscuUalion, souffle diaslolique, et prrisyslolique à la pointe ; premier bruit souvent intense ; quelquefois le souffle présystolique est remplacé par un bruit additionel présystolique [dû à la contraction de l'oreillette hypertrophiée) ; accentuation du deuxième Ion de l'artère pulmonaire, quelquefois bruil de dédoublement diastolique à la base (dissociation dans le bruit de claquement des sigmoides pulmonaires et aorliques).
Les syraptômes généraux du rétrécissement mitral pur peuvent affecter le type chlorotique, pseudo-tuberculeux, asthmatique ou dynpeptique.
InsnffisaiiCB aortiqne. — Choc de la pointe renforcé, déplacé vers la gauche et en bas; battement visible des artères de moyen et de petit calibre ; pouls bondissant ;
pouls capillaire. A la percussion, hypertrophie considérable du ventricule gauche. A l'auscultation, souffle sortique, dout le maiimam s'entend à droite de la partie supérieure du sternum; double souffle crural. Rétrécissement aortiqae.— Choc renforcé de la pointe, déplacé vers la gniic he ; pouls petit, parfois
ralenti. A la percussion, hypertrophie du ventricule gauche. A l'auscultation, souffle aortique systolique à propagation vers la droite.
Insuffisance de la valmile tricuspide (symptomatique d'une dilatation du cœur droit, ou consécutive à une affection gastro -hépatique aiguë). — Souffle systolique à maximum à la partie inférieure du sternum ; atténuation du deuxième bruit de Tartère pulmonaire, pouls veineux jugulaire, battements hépatiques.
Rétrécissement de rorifice pulmonaire (très rare, souvent congénital et accompagné ordinairement de persistance du trou de Botal). — Frémissement cataire systolique à^gauche du sternum, souffle systolique à propagation à gauche et en haut du sternum ; pouls normal; cyanose habituelle {maladie bleue) ; terminaison par phtisie pulmonaire ou troubles profonds de Thématose.
Les lésions valvulaires peuvent se combiner de façon variable : les signes physiques des lésions combinées résultent de la réunion des symptômes propres à chaque maladie valvulaire ; cependant, en général, une des lésions valvulaires domine dans l'ensemble du tableau morbide.
Insuffisance mitrale avec rétrécissement. — Souffle systolique et présystolique à la pointe, pouls petit; accentuation du deuxième ton de Tartère pulmonaire; atténuation du deuxième ton aortique.
Insuffisance aortique avec rétrécissement. — Souffle systolique et diastolique au niveau du point d'auscultation des bruits de l'aorte.
, ^ "4o~A#gc/»ô?is de l* aorte,
Âortit^ chronigue. — Matité anormale en dehors du bord droit du sternum (dilatation aortique), souffle systolique râpeux (souffle de frottement) à prolongation dans les vaisseaux du cou de l'aorte descendante ; deuxième ton aortique intense, éclatant, métallique; douleurs rétro-sternales, quelquefois accès d'angine de poitrine (ischémie cardiaque par artérite des coro-
naires). Combinaison fréquente avec Tartérite chronique progressive; rigidité, flexuosité des artères accessibles; troubles de circulation cérébrale, claudication intermittente, etc. ; pouls ample, brusque ; quelquefois inégalité des deux pouls, artérite oblitérante des sous-clavières, ventricule gauche hypertrophié ; coïncidence fréquente de néphrite interstitielle (artério-sclérose) ; cachexie progressive, hypertrophie générale, marasme.
Anévrysme de l'aorte thoracique. — Aorte ascendante (région antéro-externe) . — Foyer de battements en dehors du bord droit du sternum ; au même niveau, claquement systolique (dilatation de la poche), et claquement diastolique (propagation du deuxième bruit aortique). Un des claquements peut être remplacé par un souffle : souffle systolique (frottement du sang contre les rugosités de la poche) ou souffle diastolique (insufÛsance aortique). Retard du pouls, dans toutes les artères, sur le choc du cœur. Les phénomènes de compression trachéo-bronchique ou nerveuse sont exceptionnels ; compression habituelle de la veine cave supérieure et de Toreillette droite. Perforation de la paroi thoracique par la tumeur, à droite du sternum, sous forme de tumeur hémisphérique, rénitente, animée de pulsations et d'expansion.
Crosse de l'aorte (partie convexe). — Début habituel par des phénomènes de compression ; compression trachéo-bronchique, œsophagienne et nerveuse : altération de la voix (compression du récurrent), dysphonie ou aphonie; paralysie unilatérale ou spasme unilatéral de la glotte ; phénomènes puplllaires (compression du sympathique), résultant de l'excitation ou de la paralysie du nerf; accès de dyspnée asthmatiforme ou d'angine de poitrine ; névralgies cervico-brachiales ; stase veineuse brachio-céphalique, œdème uni ou bilatéral du cou et des membres supérieurs.
Foyers de battements derrière la poignée du sternum, ou à droite d'elle, ou dans la fosse jugulafre ;
pulsations et claquements doubles, systolique et diastolique; Tu n des claquements ou tous les deux peuvent être remplacés par un souffle (comme dans Tanévrysme de la région antéro-externe de la crosse). A moins que Tanévrysme n'occupe Torifice du tronc brachio-céphalique droit, le pouls est plus tardif à gauche qu'à droite ; le volume du pouls est variable.
Anévrysme du tronc brachio-céphalique. — Foyer de battements et de claquements doubles derrière le tiers interne de la clavicule ; retard du pouls radial droit sur le gauche ; douleurs névralgiques dans le bras droit, compression des veines brachio-céphaliques droite ou gauche ou de celles des deux côtés ; pas de symptômes dans le récurrent gauche.
Anévrysme de Vaorte descendante. — Proéminence ordinairement à gauche de la colonne vertébrale ou vers l'angle inférieur de l'omoplate gauche ; battements simples, claquements doubles ; souffles rares ; retard du pouls crural sur le pouls radial; névralgies intercostales, douleurs rachidiennes avec irradiations; cœur souvent refoulé en avant et à droite ; lacis veineux du thorax développé.
Au point de vue du diagnostic, il faut distinguer avec soin les symptômes de compression, communs aux anévrysmes et aux tumeurs du médiastin, des symptômes propres des anévrysmes (expansion, battements simples ou doubles, claquements), qui, au début, sont quelquefois difficiles à saisir ou passent inaperçus.
Résumé des caractères du pouls dans les différentes
affections cardiaques.