Église de Santa Auastasia au mont Palatini
556 TITKES ET QUALITÉS DES PERSONNES, fliv. m, Ch. i,
iUustrusimix la qualité d*émmence^ qui est de règle aujourd'hui pour les désigner, ne leur fut spécialement attribuée que par Urbain YllI en 1650.
Le titre le plus élevé de la hiérarchie ecclésiastique fut» jusqu'au milieu du Yiii' siècle, celui d'évéque {episcopus). Bien que ceux dont le siège était dans une ancienne métropole romaine eussent dès lors la prééminence sur les autres évèques de la province, ils ne prenaient pas d*autre titre. Attribué d*abord comme titre honorifique à certains évèques (Cantorbéry, Mayence), le terme archiepitcoput ne devint qu*au cours du ix*" siècle le titre ordinaire des mélit>poIitains', et jusqu'au milieu du X* siècle il n'est pas rare de voir certains d'entre eux ne prendre encore que celui d'évéque'. Le titre d'archevêque fut par contre donné à quelques évèques qui avaient reçu le pallium, notamment au fils de Charlemagne Drogon, qui fut évéque de Metz de 826 à 855'.
Jusqu*au milieu du xnr siècle le titre d'archevêque a souvent pour synonyme dans les actes : arckipontifex^ summus aniuteSj archipraesu!^ protopraesulj archimandrUa (xi* s.U celui d'évéque : prae$ul, antistes.
i . U est facile de s en assurer en relevant les souscriptions qui accompagnent les constitutions de conciles, comme Tont fait les auteurs du Soureau Traité de dipl. (t. T. p. 451, n. i). Le titre d'archevêque y apparaît en 859 au concile de Savonnières dans les souscriptions de Reiny de Lyon et de Raoul de Bourges. En 860, au concile de Touzy, douze métropolitains ne prennent que le titre d'évéque. En 866, au concile de Soissons, tous les métropolitains sauf Ilincmar s^intitulent archevêques. Ilincmar et sept autres métropolitains prennent le titre d'ardievéque en 871, au concile de Touzy. En 876, au concile de Ponthion, le titre d'archevêque est porté par quatiT métropolitains, celui d'évéque par les autres. En 878, au concile de Troyes, le titre d'archevêque est seul en usage et par la suite ce n'est qu'exceptionnellement qu'un métropolitain s'intitule episcopus. L'examen des originaux conservés est caractéristique à cet égard. D'après Vorig. d'une constitution du concile de Pitres de 864, revêtue des souscriptions autographes des prélats du concile, six métix>poIitains, Wenilon de Sens, Uincmar de Reims, Raoul de Bourges, Rainelme de Mayence, Frothier de Bordeaux et Rottland d'Arles portent le simple liU*e d'évéque (Fac-sim. Mutée des arch. d/p., n" 9). Dans un privil. concédé deux ans plus tard (866) par le concile de Soissons à l'abbaye de Solignac (orig. aux arch. de la Haute-Vienne, n* provis. 8975), trois métropolitains, Wenilon archev. de Rouen, Reiny de Lyon et Hérard de Tours, prennent le titiv d'ai^ chevéque ; trois autres, Vulfad de Bourges, Ilincmar de Reims et Frothier de Bordeaux, ne portent encore que celui d'évéque.
2. Uardouin, arclicv. de Toui*s, souscrit ainsi une donation à l'abb. de Saint-Julien, de mars 967 : « S. Arduini episcopi i. [Fac-sim. à l'usage de fÉe. des Chartes, n*2SQ')
5. Ce titre lui est donné dans les actes royaux (voy. Sickkl, Acta Karol., L 340, 3^i 369) et dans d'autres documents. Voy. Ch. Abcl, Étude sur le pallium et le titre d'archevêque jadis porté» par les évèques de Metz {Mém, de la Soc. iCarchéoL de fa Moselle, t. ÏX (1867), p. 55). Les Bénédictins (.Vour. Traité, t. IV, p. 620) citent quelques autres évèques auxquels ce titre aurait été attribué dans les mêmes conditions : Bon iface avant son élévation au siège de Uayence, Crodegang de Meti, Bernon de Chàlons en 879, Théodulphe d'Orléans et saint Ilugues de Grenoble. En ce qui touche ce deniicr, il faut observer que la souscription de l'abbé de la Chaise-Dieu à la fondation de la Grande Chartreuse (.Vowr. Traité, t. V, p. 518) parait le seul texte qui lui attribue le titre d'arche vé<iue. Dans tous les documents des cartul. de Grenoble où il ligure, daus toutes les chartes rédigées en son nom, il ne porte jamais que le titre d'évoqué. (Yoj. Cartul. de l église de Grenoble, publ. par J. Marion.)