CLERGÉ RÉGULIER
abbas Sancti Beriini de Sancto AudomarOf abbasSancti Germant Autissio dorensis. Les qualités attribuées aux abbés étaient à peu près les mômes que celles que l*on donnait aux évéques : dominus, venerabilis vir, rêverendus^ paler; en s'adressant à eux on disait, comme aux évéques : Pater" niias vesira.
Les titres des dignités et des offices des abbayes n*apparaissent que rarement dans les documents diplomatiques; l'ensemble des moines formait le convenlus et les religieux étaient désignés par les mots fratres ou monachi. Lorsqu'ils figurent dans les chartes, particulièrement comme lèmoinsy ils ont souvent soin d'indiquer le degré auquel ils sont parvenus dans les ordres sacrés, et surtout de prendre le titre de presbyter lorsqu'ils y ont droit.
Les abbayes de femmes étaient gouvernées par des abbesses (abbatissa). [/expression de ce titre passa par les mêmes phases que pour les abbés. Le monaslère dépendant d'un autre monastère était un prieuré (prioratus) ; mais ce terme n'apparaît pas, en ce sens du moins, avant le XI** siècle*. Auparavant on le désignait par les mots cella, monaiterioluniy ohedientia. Les prieurés furent gouvernés par des prieurs (prior, prior forensis ou conventualis^ par opposition au prior claustralis, dignitaire de l'abbaye où il était vicaire et suppléant de l'abbé).
Les dénominations que nous venons de passer en revue s'appliquent surtout aux anciennes abbayes bénédictines. Parmi les ordres religieux qui se multiplièrent au moyen âge, il y en eut plusieurs dont les dignitaires reçurent des titres particuliers sur lesquels il convient de donner quelques indications.
La première des grandes réformes bénédictines, à laquelle on doit la
fondation de l'abbaye de Cluny et qui en a retenu le nom, ne changea rien
aux titres donnés aux dignitaires de l'ordre des Rénédictins. On a répété
souvent, sur la foi de Pierre du Mont-Cassin', que l'abbé de Cluny avail
pris le titre d'abbé des abbés et d'archiabbé (abbas abbatum, archiabbas);
j ce terme du moins ne se rencontre jamais dans les chartes. Le fondateur
I même de l'abbaye, Bernon (abbé de 910 à 927), s'intitule dans son lesta-
I ment : Ego Berno omnium abbatum extremus abbos'\ et la suscription do
la plupart des actes de ses successeurs est ordinairement conçue dans les
termes suivants : Egofrater N. humilis abbas Clutnacensis; beaucoup plus
tard seulement ils prennent le titre d'abbé général (abbas geneialis or-
dinis Cluniacemisy. On a dit aussi que l'abbé de Cluny était le seul
abbé de l'ordre, que les nombreux monastères soumis A la règle cluni-
i- b après Macillon (/1;i;i. ic.i.^ IV, 4 il), le moi prioralus bO rcncontt'C pour la première fois en ce sens en 1040 dans une charte d'Ârchambaud de Bourbon pour Saint- Salpice de Bourges.