L'OsU*evant, archidiaconé du diocèse d'AiTas
540 TITRES ET QUALITÉS DES PERSONNES. [Liv. m. Cm. i.
A côté du clergé séculier, il y avait le clergé régulier. On ne trouve guère dans ks chartes de véritables titres que pour les dignitaires.
A la tête du monastère était l'abbé {abbat). Ce titre, de mémo que celui d'évéque, fut parfois remplacé par des équivalents, tels que praesul, antittet, praeiet et surtout minuter ; ce dernier tenue se rencoii I i-e encore assez fréquemment dans des chartes du xm' siècle; les autres avaient disparu dès le XII' siècle.
Comme les èvéques, les abbés ajoutaient souvent à leur litre des expressions d'humilité ; acii peccator (dès l'époque mérovingienne), humilû. indignu», nomine non mertto, etc., ou encore une formule telle que Dei gralia, mùeralione, lUtpensalione divina. Parfois, dans les documenis de l'époque mérovingienne, le titre d'abbé n'est accompagné d'aucune spécification, mais le plus souvent on y joint le nom du monastère longuement exprimé : lieu et pays où il est situé, noms des saints sous l'invocation desquels il est placé et spécification que leurs reliques y sont conservées*. Ct: mode de désignation se conserva jusqu'au déclin de l'époque carolingienne et même au delà, bien que depuis le k' siècle on rencontre souvent aussi des formules plus brèves*.
Le titre d'abbé fut assez souvent porté, au ii' et au i* siècle, par des laïques : les comtes de Flandre furent abbés de Saint-Bertin, les comtes de Vermandois, abbés de Saint-Quentin, les comtes de Poitiers, abbés de Saint-Hilaire, les comtes de Paris, abbés de Saint-Martin de Tours, etc. Il n'est pas rare de rencontrer des chartes dans la suscription desquelles ils portent leurs deux titres^ Dans ce cas le personnage ecclésiastique qui avait le gouvernement eiïectif du monastère parait avoir porté le titre de rector; on en trouve de fréquentes mentions dans les documents de cette époque.
Au II* siècle et au commencement du iu°, la formule la plus orc pour spécifier le titre d'abbé fut abbas monatterii, coenobii, loci ou tiae tatis. Depuis le xii" siècle, on supprima habituellement le non raun et au nom propre de l'abbaye on ajouta, lorsqu'il y avait li nom de la ville où elle se trouvait : abbas Sancli Vulmari in Bc
1. I Venerabelis vir Chillanlus, abba de baselîca peculiarii palronis iioslri • Diuiiisii niBrUiyris, ubi ipse prcciosus domnus in corpure requiîscil ». (Oipl. c péric II. du 29 fi-vricr 716. Ai-ch.nal. K3, n' 17. Tirdif, Carloat da roit. ii> 46 la fonnjle invariable dans les <lipl. royaux int-roviugiens.
% I E([0 Hunto abbas hi^ us Silhiciisis cœnobii. quod csl consU'uctuin in honore « Pctri principis apoBlolorum, nbi bealus Bertiiius corpoi-c quieseil.... > (Charle i Cartul. de St-Bertin publ. par B. Gdïeurp, p. 87.) — En S53, l'abbé Adalard s'i d'une façon plus brève : t Ego in Dei nomine Adalanlus abbas monaslerii Si {Ibid.. p. 93.] Hais ses successeurs reprennent souvciil la Tonnulc développée.
3. Araoul le Vieux, cnmlc de Flandi'e, s'intitule en 964 ; f Araulfus marcluo ab « ex monasterio cenobii Silhiu, quod est silum in page Tai-vanensi, conslrucl t hoNorc santlc Dei ^nitricis seinperque virginis Harie el aposlolomin l'etrj et ( in quo corpora confcssorum Audomarus alquc Berlinus requiescunl, ubi ctiai I i^cmi Icinpore prenominatns abbas auctore Dea praecssc vidctur. {CarltU. d, Berlin publ. par Uvkiubd, p. \M.)