‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 258 sur 554 · Voy. plus loin, livre IV, ch. v · texte numérisé non relu

Voy. plus loin, livre IV, ch. v

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450 LANGl'E DES DOCUMENTS DIPLOMATIQUES. [Liv. iu.Cii.t

des phrases dans lesquelles des rîmes viennent frapper l'oreille à la lin de chaque membre; on en a cité plus haut des exemples'. Mais s'il n'y s rien d'i^lonnant à voir la prose Hmée s'introduire dans le style diplomatique, à une époque où elle était fort en vogue dans les œuvres littéraires, il faut néanmoins se tenir en garde contre l'illusion que peuvent prodinre des rencontres fortuites. Comme le remarque trùs justement M. Bresslau', dans une langue comme le latin, oii les mêmes cas ont naturellcnieni les mêmes terminaisons, une série de plusieurs substantifs acconaipagnêB d'adjectifs, remplissant la même fonction dans la phrase, et conséquemment placés au même cas, amène naturellement une succession de rimes qu'on ne saurait considérer comme cherchées. Il en est ainsi d'une foule de formules et d'énumérntions que l'on rencontre dans les chartes*. On ne doit donc considérer comme intentionnellement rimes que les morceaux où l'effort se trabit par l'emploi de synonymes substitués aux mots usuels qui n'auraient pas donné la rime, ou par un arrangement artificiel des mots, destiné à ramener la rime à la place voulue. On pourrait citer -quelques documents qui réunissent ces conditions, et un plus grand nombre oà il semble que si la rime n'a pas été nécessairement intentionuelle, le rédacteur, loin de l'éviter, a dû y prendre plaisir. Mais il semble bien cependant que le nombre des chartes où la prose rimêe tient une place a toujours été plus considérable en Allemagne qu'en France'.

On peut faire des observations analogues à propros de l'allitération. Ici encore, lorsqu'on lit des textes avec la préoccupation d'y être attentif, on est aisément frappé de la répétition des consonnes initiales, et l'on est porté à y voir un artifice alors que ce peut être un effet du hasard.

Naturellement, il ne saurait en être de même des vers, métriques ou rimes, que l'on trouve assez fréquemment dans les chartes et qui s'y reconnaissent facilement, bien qu'ils ne soient jamais séparés et s'y trouvent mêlés à de la prose, qui accompagne les parties versifiées ou alterne avec elles. On a souvent cité l'annonce des signes de validation en quatre hexamètres qui termine le texte d'un diplôme du roi Raoul de 92o, en faveur de i'abbaye de Saint-Amand'. Celte fantaisie d'un notaire parait avoir été unique dans la chancellerie royale, mais il n'est pas rare de rencontrer, surtout au xi* siècle et jusque vers le milieu du xW, des documents dont certaines parties ont été versifiées. Plusieurs préambules des chartes de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille sont en quelque sorte de petits poèmes. II en est ainsi, par exemple, d'une série de vingt-sept

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