Voy. Valois, Ibid., p
45fi LANGUE DES W)OrJMENTS WPLOMATIQUES. [Li
possible de se rendre compte de ce qu'était eiactemenl le a stj cliancellerie romaine. El tout d'abord on est conduit k une observation. Le a style Léonin u que le pape Urbain 11 et son s'étaient proposé de faire revivre, était, comme on l'a dit plus prose métrique, c'est-â-dirc fondée sur )a considération de la si l'on parcourt la Forma dklandi de Grégoire Vill, le Diclamen inond el d'autres ëcrits analogues, on y retrouve en effet tout de la prosodie classique. 11 y est constamment question en par la combinaison dans la phrase des dactyles et des spondées expressions ne sauraient faire longtemps illusion, et lorsqu'on trer au fond dos choses, on s'aperçoit bien vite que ces prétei métriques, ces spondées et ces dactyles, sont désormais, en i uns des mots de deux syllabes dont la quantité est indifférente des mots de trois syllabes dont la pénultième est brève, c'estsont accentués sur ranlépémiltiëmc, — les mots de trois syl la pénultième est longue (et conséquenmient accentuée) com un spondée et demi. Il résulte de cela, que ce n'est plus sur 1( dont le sentiment était perdu, que sont fondées les r^mbinai: nées ù donner au style de l'harmonie, mais uniquement su Comme la poésie de la même époque et sous les mêmes inf prose savante, de métrique qu'elle était encore h la cour por ¥• siècle, est devenue rythmique.
Laissant donc de côté la terminologie trompeuse des théo moyen âge, il convient d'exposer les règles de ce rythme prosa langage qui réponde mieux à la réalité des faits. Ces l'égle les traités de Grégoire VIU et de Transmond, concernent le c ment, le milieu et la lin des phrases et accessoirement des m phrase.
1° Commencement de la phrate. — Toute phrase doit de commencer par un mot paroxyton de deux ou de trois syllabe peut faire suivre à volonté, soit d'un dissyllabe, soit d'un trisyll roxyton. Grégoire VIII en donne les exemples suivants : Déut à, Magisler mtUliim, — Fidem tiiam tutpéclam. Toutefois le tris paroxyton est toléré au début de la phrase, à condition d'éti paroxytons : Dôminus él magliter ttàster Ihésui Christut. Après notable, un membre de phrase doit commencer plutôt par un que par un proparoxyton.
i" Cor/is fie la phrase. — Les proparoxytons et les paroxyton alterner dans une juste mesure; mais on doit surtout y éviter lation des proparoxjlons, quia nimis sunt velocet, dit Grégoire trisyllabes proparoxytons se suivant sans intervalle semblent dêj tandis qu'on peut placer à la suite les uns des autres jusqu'à ci tons ; après quoi, il est bon cependant d'insérer un proparoxyt
Z" Fin de ta phrase. — Les règles les plus rigoureuses régi! des phrases et des principaux membres de phrase. Grégoire 1 it deux manières de les terminer :
g 3] LE RYTHME DES DOCUMENTS PONTIFICAUX. 457
A. ('vju v'wj'u)*» c'est-à-dire un proparoxyton suivi, soit de deux dissyllabes» soit d*un tétrasyllabe paroxyton, soit encore d'un monosyllabe et d'un trisyllabe paroxyton : gdudia pervertirez — dgere nimis dûre^ — sufficiant dd voldtum. Cette combinaison a reçu le nom de cunus velox.
B. ('v^ ^'^)^ c est-à-dire un paroxUon (d*un nombre quelconque de syllabes) suivi d'un trisyllabe paroxyton, ou encore d'un monosyllabe et d'un dissyllabe : audiri compéllunlj — confidénter audébo^ — prudénter et cdute. Cette combinaison constitue le cursus planus.
A ces deux combinaisons, seules indiquées par Grégoire YUI, Transmond en a ajouté une troisième :
C. ('tj ^'kjv^), un paroxyton suivi d'un tétrasyllabe proparoxyton, ce dernier pouvant être remplacé par un monosyllabe suivi d'un trisyllabe proparoxyton : operdri justitiam^ — dirigéntur in éxitm. Cette troisième combinaison a été nommée cursus tardus, ecclesiasticus ou durus,
D. Enfm, plusieurs dictatures postérieurs ont admis aussi comme terminaison un polysyllabe paroxyton : eorum cimposltiônif — vincuto ixcommunicàtiônis»
De ces divers types de terminaisons, les théoriciens ont généralement donné la préférence au premier, au cursus velox^ en le recommandant pour la fm des phrases ou des périodes ; ils y ont également admis le cursus planiu; mais ils se trouvent assez généralement d'accord pour réserver le cursus tardus à la fin des membres de phrase.
Si maintenant on passe de la théorie à la pratique, si l'on recherche dans les textes de quelle manière les rédacteurs des lettres pontificales ont tenu compte des principes établis par les dictatures, on ne tarde pas à constater qu'ils se sont généralement affranchis des règles relatives au commencement et au milieu des propositions, mais qu'ils se sont au contraire appliqués soigneusement à observer le cursus pour la fin des phrases et même des divers membres t|ui les composaient. Il faut, bien entendu, faire des exceptions pour les parties des lettres qui y étaient naturellement rebelles : l'adresse et le salut, les citations, les énumérations de biens et la date.
Dès le pontificat d'Urbain II (1088), la recherche ,du rythme est sensible dans les bulles, et il ne cesse de faire des progrés pendant tout le cours du xu« siècle. Le cursus est alors généralement appliqué à la fin des phrases et tend de plus en plus à l'être à la fin de chacun de leurs membres. On y plie peu à peu, par des arrangements ou des substitutions de mots, les formules traditionnelles. Toutefois, il faut remarquer qu'il est mieux observé dans les petites bulles ou lettres que dans les bulles solennelles, qui contiennent fréquemment encore des terminaisons incorrectes.
Le passage d'Albert de Morra à la chancellerie et son avènement au pontificat (1188) marquent un nouveau progrès, qui s'accentue encore
1. Dans ces indications, ' désigne l'accent tonique, v l'accent se:ondaire qui affecte nécessaireoient une sur doux des syllabes protoniques, u les syllabes atones.