Tiuuj. ÉlwU lur le ryllimt. p. Kl
2. Reprod. de l'orig. Fac-siiu. liiliogr. de l'Éc. des Charles, n> 134.
3. On a r«il ressortir les lenninsisons nthiniques en les imprimant en italique; les mentions [y], (r). [t], qui les accompagnent, indiquent respecliventeol remploi du cunat teliix, plaiitu ou tonfiu.
i. Si court que soil ce morceau, il est Tacilc d'f rcmaïqucr plusieura iaterrersioni, dues certainement à la rectieivbe du rithnte, et l'on peut observer que le déplaceineal de quelques mois sursriit i le détruire complêlenicnl. Pour en doimer la preuve inani- Teste, qu'on me perineue le « monstre > tuivint : < Cum ■ nobis quod Juslum rt
• lionestum est pclilur, tani equititis vigor quain ralionis ordo eiigit ul id per soUici- ( tudincm oriicii noslri ad dcbitum efTecIum perducalur. Eapropler, dilecli filii in
• Dumino. grato asseiisu vesiris justis roncurrenlcs postulat ionibus, vobis presenlium c aucloritarc indulgcmus ut ea que illicite aliénais esse in veslre ecdesie dam[viuin ■ constileril, vobis auclorilale nostra legiliroe revocare liceal. Nulli ergo omnin» < bominum concessionis nostre paginam banc îiifringere Tel ei temerario lusu contraire « ticeal. Si quîs lulcin boc presuropserit alleiuptarc. iiidignationem omaipotenlis Dei 1 cl bcatorum l'elri et l'auli iiicurral. ■
T). Élu'U êiir U rylAmr, p. 200.
g 3] LE RYTHME DES DOCUMENTS PONTIFICAUX. 459
hasard : «... ingressu claustri vel cfu^i interdicto, — ... ad Sedem « aposloUcam référant, — ... certum temptis comprehendat, — ... ad « exprohranlium opprobria. — Quis igitur de celero marcehit otio. » Les notaires de Boniface VIH persévèrent dans la même voie, les fautes vont se multipliant : « ... a jure intimamus. — ... per legatos vel delegatos « ipiius. » I^ loi cependant n'est pas abrogée : moins exactement observée, elle n*en continue pas moins à exercer sur la rédaction des bulles une influence décisive. On rencontre fort souvent, à cette époque, des lettres que ne renierait point un notaire d'Innocent III. En un mot, le xiV" siècle ressemble beaucoup à la seconde moitié du xu*". »
« Peu à peu, par suite de ce relâchement, les nuances qui distinguaient encore le style des privilèges s'effacent, et le même rythme dégénéré s'applique à tous les actes de la chancellerie. »
« Ce mouvement s'accentue durant le xv siècle; on en arrive parfois à un complet oubli du cursus. J'ai pu relever, dans une bulle de Sixte IV, les terminaisons suivantes : a impendamus efficaces, — ... tenoris sub^ asequeniis, — ... exécution demandarentur , — ... prefali tenerentur. »
« Au xvi« siècle, le désordre est à son comble. Si l'on trouve encore assez souvent des actes rédigés suivant les vieilles règles, c'est qu'on respecte religieusement les formules. Mais qu'une difficulté se présente, qu'un effort soit nécessaire pour conserver le rythme, c'est alors qu'apparaît la négligence des rédacteurs. »
« Telle est la persistance des anciennes formules, qu'il ne faudrait point s'étonner si, encore au xvu' siècle, on remarquait dans le rythme de certaines bulles une régulante relative. 11 va sans dire que la rencontre serait fortuite et que depuis longtemps la renaissance des lettres antiques a fait tomber dans le discrédit les doctrines épistolaires du moyen âge. »
Si, comme tout porte à le croire, la prose rythmique du moyen âge a eu son origine à Rome et dans la chancellerie pontificale, celle-ci, toutefois, n'en a pas gardé le secret. Exposées en quelque sorte ofliciellement par Grégoire VIII, par son disciple Transmond et plus tard par Richard de Poffi*, les régies du cursus romain, qui répondaient au goût du temps, ne tardèrent pas à être fort prisées des contemporains et à se répandre dans toute la chrétienté.
L'art de combiner dans les phrases les mots diversement accentués, de manière à donner au style la cadence des lettres émanées de la chancellerie apostolique, fit bientôt partie de l'art épistolaire enseigné dans les écoles, et ses règles prirent place dans les nombreux traités intitulés : Diclamen, Ars dictandi, Summa ou Practica dictaminis, si répandus au moyen âge. En France, notamment, dès la première moitié du \in^ siècle, un maître Orléanais du nom de Guy connaît le rythme et en parle à
1- Archiviste {tcriniarius) delà cour romaine en 1255. Summa dictaminis secundum curiam Romanam. (Bibl. nat., ms. laf. 4166.)
«iO UlSait: DES IHXIUHENTS MPLOHATIQIKS. Li^.ih.Ch.
propos di^ Ictlrcs pontificales', et il en est traité at pro/èsio par Laurent de Home', Ponce le Provençal», maître Guillaume', Jean lAnglois' et beaucoup d'autnts'.
ont ce genre de style jouit en France fut, semblc-t-il. coamoins dans l'enseignement. Les écoles d'Orléans paraissent ïtre distinguées par une pratique spéciale, dont il est mal- Yier aujourd'hui les particularités ; mais un Bolonais, qui u temps di> leur plus grande célébrité, c'est-à-dire pendant arlie du iiii' siècle, déclare vouloir ramener au style des :our romaine et de la cour impériale, les écrivains qui se r par les fausses et supc l'ail lieuses doctrines des Orléanais^. EUX que, veis la même époque, un Florentin attribuait l'inactylcs et des spondées accenluès, en exposant le système ans d'après 1g style français ou Orléanais, expressions qui paraissent avoir été synonymes", ne, la doctrine n'a pas été moins répandue, el, pour n'en ilques témoignages, elle est exposée dans la Summa dictaidolfe de Hildesheim', recommandée par un manuel du t 1", destiné à la chancellerie impériale, la Summa curiae a observé que le formulaire proprement dit montre une esque constante du c«r»«iiri?/oj:'"; enfin, dans les Prorerbia,
'aminiâ... compotila Pariniu ptr magiilrurn Lanrenlium de cititalt
tll'i (pour AquiUgentû'!) dyocetit, juzla ityhan curie Romane et coh-
morum. (Bibl. nat,. ms. lai. U10*. fol. 103 v, et 18553, fol. 1 et suiï.J.
loniinr't. Iinité composé, v. lîMI, A l'usaice des écoliers d'Orléans, où
ïgics du cunut Romane eccleiie vel curie (Bibl. nal., ms. tal. 18505).
n. cil., p. 143, el Thuhot, Uitt. det doctrine» grammalicale», p. 38.
igiitri Guillermi de mediii tytlabii. (Bibl. nal-, ms. ttl. 16t>7l,
Thcrot, ouvr. cit., p. 43.)
littri Johanni* Anglici de arte proiayea, metrica et rithmica, traité
à la Du du iiii* s., pulil. en partie par RoainiiEK, Briffiteller, p. (S3
ncnl les traités cilés par U. VtLois, Elude tur le rythme, p. IM. }, Lii'Tc de» XII tables : t Divisi autecn lîbrum isliiin per tabulas, oslici, qui per falsam el supcrslitiosam Auretianensium doetrioam aric abulebâniur, laiiquam naufragnntes ad [eas| recunvnt, et forn PaL'uni. curie Romane et imperialis ouïe sliluin in prosaico dictamine ri. > (l'réfoce, citée par Uklisle, Lei Ecelei d'Orléaat. app. TI.) deê doctrine» grammalicaleê, p. 3Ô,
iscs cnim ordinani dicliones per yinaginarios dactilos et spondeos... nduin suclorilatem curie proccdcmus.... Régule secundum stilum '^le de ullimis et penullimis secunduni Gallicos. i {tUmdelabmm, cité '. fi'f.p. 483 et 484.). tf. Ibid., p. 414, n- 1, et L. Delisli, mtm. ciU
Uiefiteller, p. 370 et suiv.
icoiumaiide l'emploi du rvrtui debtlui et ordinalv* (dti par Bitsur.
■kundenlefire, l. I, p. DUl, n. 4).
g 3] « STYLES » DIVERS. 461
ajoutés au formulaire de Bauragartenberg, et destinés à prendre place dans les actes, on a constaté que les terminaisons sont également conformes aux règles du curstis^.
Le « style » employé à la chancellerie pontificale n'est pas le seul du reste que connaissent et recommandent les théoriciens du moyen âge. Jean TÂnglois, qui l'appelle, comme on l'a déjà dit, siylus Gregorianus, cite en outre le stylus TuUianuSf fondé non plus sur la cadence, mais sur les figures de mots et sur les figures de pensées ' ; le styltu Hilarianus, dans lequel chaque phrase, assujettie à un rythme invariable, doit être divisée en membres de huit syllabes, dont le dernier mot est proparoxyton et terminée par un tétrasyllabc paroxyton^; et enfin le stylus Ysidorianus qui n'est autre chose que la prose rimée dont on a ci-dessus donné des exemples*.
Nul doute que de la théorie, ces divers « styles » n'aient passé dans la pratique ailleurs que dans la chancellerie pontificale. Le cursus qu'employait celle-ci parait être celui qui a joui au moyen âge de la plus grande faveur. Jean l'Anglois dit qu'il était observé par les notaires des cardinaux, des archevêques, des évêques, et par certaines autres cours', et il n'est pas rare en effet d'en voir les règles appliquées plus ou moins rigoureusement dans les actes ecclésiastiques, et non pas seulement dans ceux de l'Italie. M. Bresslau, enfin, a remarqué et montré par des exemples que, dans les dernières années de Frédéric 11, la chancellerie impériale avait montré, à l'exemple des dictatures les plus accrédités, une préférence marquée pour le cursus velox^.
Du Stylus Tvllianusj Jean l'Anglois dit qu'il était employé dans les exercices scolaires par les maîtres de dictamen, et il ajoute qu'il n'en citera pas d'exemples, parce qu'ils devraient être infinis''. On peut, en effet, ranger dans cette catégorie tous les actes si nombreux, dont la prose, pour n'être point rythmée, montre cependant la recherche du nombre oratoire et des ornements littéraires.
i. Biu Baumgarlenberger Formel buch, publ. par U. Uaerwald dans Fontes rerttm Austriac, t. XXV (1806), cf. Bbesslaf, Ibid,
2. C'est ainsi que H. Valois, à Topinion duquel je me ran^e, interprète la phrase suivante de Jean l'ilnglois : c In stilo TuUiano non est observanda pcdum cadentia,
< setdictionum et sententiarum coloratio. » {Poetria, dans Rocunger, Briefateller^ p. 501.)
3. Ibid.y cf. dans Valois, Étude sur le rythme, p. 186, l'exemple donné par Jean i'Anglois, dont le texte est mieux établi que dans Rockinger et où le rythme est rendu sensible à l'œil par la disposition typographique.
4. Poetria, dans Rockinger, Briefsteller^ p. 502 : a In stilo Ysidoriano, quo utitur « ïsidorus in libro Soliloquiorum, distinguuntur clausule similem habeutes ûnem,
< secundum Iconinilatem vel consonantiam ; et videntur clausule pares in sillabis, ■ quamvis non sint. Iste stilus valde motivus est ad pietatem et ad letitiam et ad « intelligentiam. » Cf. plus haut, p. 450 et suiv.
5. Ihid., p. 501 : « Stilo Gregoriano utuntur notarii domini pape, cardinalium, « archiepiscoporura, episcoporum, et quedam alie curie. »