Handbuch der Vrkundenlehre, t. I, p, 59i, n
7. PoetriOf loc. cil, : c Quo stilo uluntur... magistri in scolasticis dictaminibus. * IlHJusmodi non est assiguandum exemplum, quia quasi curreret in inlinitum. »
462 LANGUE DES DOCUMENTS DIPLOMATIQUES. [Liv.ui,Ch.v
Le même auteur dit encore que la noblesse du fitylm Hilarianus le faisait beaucoup employer *. Ce témoignage, Texemple d'une lettre d'archidiacre qu'il en cite, et la réprobation même dont ce style a été Tobjet de la part de certains dictatures^ y semblent bien indiquer que ce lourde force rythmique, s'il a été rarement usité à cause de sa difficulté, a dû cependant sortir parfois du domaine des exercices scolaires, et être employé à la rédaction de certaines parties d'actes véritables. Il a été assez longuement question plus haut de la prose rimée pour qu'il soit inutile de revenir ici sur l'usage du itylm Ysidorianua^.
11 résulte de ce qui vient d'être dit que le rythme, fréquemment employé au moyen âge dans le style des actes écrits en latin, peut devenir dans certains cas un précieux élément de critique. Toute étude de diplomatique ayant pour objet l'examen des actes d'une chancellerie devra désormais entrer dans cette voie , mais jusqu'à présent les actes pontificaux seuls ont été sérieusement étudiés à ce point de vue.
En ce qui les concerne, la connaissance des lois du ctirsus peut servir efficacement à améliorer des textes altérés par les copistes, à restituer des passages tronqués, à déceler des interpolations ou même à discerner des falsifications. Sans doute, le fait qu'un document est correctement rythmé n'est point par lui-même une garantie d'authenticité, puisque les régies du cursus de la chancellerie romaine se sont répandues dans toute la chrétienté depuis leur divulgation par Albert de Morra et Transmond, et ont été dés lors à la portée des faussaires. M. Valois a déjà observé que « dans bon nombre de bulles fausses le rythme ne laisse rien à désirer b. Mais si, par contre, une prétendue lettre pontificale, se donnant comme d'une époque où le rythme était observé, n'en présentait aucun vestige, cela seul suffirait à la faire condamner. Pour la période qui s'étend du pontificat d'Innocent Ul à celui de Nicolas IV, il faudrait même aller plus loin et considérer comme suspecte toute lettre dans laquelle une phrase se terminerait d'une façon défectueuse*.
4. — La latinité des documents diplomatiques du XII* au XVP siècle.
On a vu plus haut comment à une amélioration d'assez courte durée, due aux études grammaticales faites dans les écoles restaurées par Charlemagne, avait bientôt succédé dans la langue et le style des textes diplomatiques une décadence nouvelle. L'ignorance, redevenue fréquente, avait
1- Poetria, loc. cit. : « Quoniam vero iste slilus propter sui nobilitatem apud multos a est in usu, subicitiu* domesticum cxemplum. »
2. Voy. les lextes cités par M. Valois, Élude sur le rytiune, p. 187 : c Impertinentes « usurpamus omatus, dictamina nostra more metrorum seu ritbmorum cursitare si^^ « claudicarc cogentes. » [Libellus de dictamiue, Bibl. nat., ms. lat. 14 557, fol. 124 v*, col. 1.) — a Viciosum est dictamen quod versus et rithmos imitatur. » [IHctamen^ Bibl. liât., ms. laf. 2687, fol. 57 v.)