FORMULAIRES ET MANUELS
§ 1. FoRMULAniBs AMTâfiiEiTRs AU XI* siî^cLB. — 1. Foiinules angcvines. — 2. Formules d'Auvergne. — 3. Formulaire de Marculf ; supplément ; additamenla. — 4. Remaniement carolingien du formulaire de Marculf. — 5. Formules de Tours (anciennes rormules de Sirmond); tuidUamenta; appendice. — G. Formules de Bourges; appendice. — 7. Formules de Sens. A. Chartes sénonaises; appendice. B. Formules séoonaises postérieures; addilamentum ; addenda. — 8. Recueil de Pithou. — Formules saliques de Bignon. — 40. Formules saliques de Merkel; appendice, formules parisiennes. — 11. Formules saliques de Lindenbruch; additamenta. — 12. Formules impériales de la chancellerie de Louis le Pieux (anciennes formules de Cai*pentier); additatnentum, — 13. Formules aisatiques. A. Fonnuies de Miirbach. B. Formules de Strasbourg. — 14. Formules de Reichenau. — 15. Formules de Saint-Gall. I. Formules diverses. II. Collection de Salomon III; additamenta. — 16. Formules de Saizbourg. — 17. Collection de Passau. — 18. Formules d'un m3. de Saint-Emmeran. — 19. Collection de Sayigny; additamenta. —20. Collection de Saint-Denis. — 21. Formules d'un ms. de Laon. — 22. Petites collections diverscs- — 23. Formules isolées. — 24. Formules visigotluqucs. — 25. Liber diurnus Bornanorum pontificum.
§ 2. FoRiinLAiRKs ET MANUELS DEPUIS LB xi« SIÈCLE. — Caractères des ouvrages de cette période. — Albéric du Mont-Cassin, Hugues de Bologne. — Propagation de la doctrine en Allemagne et en France. — L'enseignement du dictamen dans la région de la Loire ; Bernard Sylvestris et les < sommes b d*Orléans et de Tours. — Les recueils épistolaires. — Formulaires du notariat et des chancelleries.
Les diplômes et les chartes étant, ainsi qu*on Ta déjà dit, des écrits authentiques destinés à régler des intérêts et à consigner des droits, les idées qui y sont exprimées et les catégories de faits qui y sont relatées sont nécessairement en nombre limité et se reproduisent assez fréquemment dans les documents du même genre. De plus, comme il est important que Ton discerne facilement dans un acte les dispositions essentielles, idées et faits y sont classés dans un ordre combiné de manière à en rendre Inintelligence facile. Enfm, Texpression et la disposition devant concourir ^ ce qu'il n'y ait ni équivoques, ni méprises, ni malentendus, et à ce qu'on n*ait point à revenir sur les choses exprimées, il en est résulté une recherche particulière d'expressions ou même de phrases entières toutes faites qui en constituent les formules.
Dès les premiers siècles du moyen âge, l'art de la composition et du
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laires les modèles des actes qu*ils avaient à rédiger, ou bien copiaient
des actes antérieurs, ou encore s'appliquaient à imiter ceux des chan- >j
celleries importantes. ' •
R résuUe de tout cela qu'en dépit des différences du droit, des cou- ' -^
tûmes et des usages, en dépit de nombreuses modifications dues aux ' /{
circonstances particulières, aux influences locales, au temps, ou môme ^^
au caprice et à la fantaisie, il y a dans les chartes de toutes les époques ' ^^
et de tous les pays suffisamment de caractères communs pour qu'il soit possible d'en faire une étude méthodique.
On conçoit facilement et sans qu'il soit besoin d'insister, de quelle . >}^
utilité peuvent être pour la critique diplomatique les traités qui indiquent les règles à suivre pour la rédaclion des lettres et des actes ou même les simples recueils de formules destinées à servir de modèles. Sans parler des documents fort nombreux qui ne nous sont parvenus que sous cette forme et que nous ne connaissons que par les recueils*, les formules sont fréquemment aux textes diplomatiques ce que sont aux œuvres narratives les sources primitives dont elles dérivent; et il est souvent aussi important, pour l'interprétation et la critique d'une charte, de déterminer si le rédacteur a utilisé une formule, et, lorsque cette formule s'est conservée, de la comparer avec la charte, que, pour la critique des œuvres historiques, de déterminer les sources utilisées par un chroniqueur et de les comparer avec son œuvre*.
Mais, pour tirer des manuels et des formulaires du moyen âge toute l'utilité qu'on est en droit d'en attendre, il faudrait, non seulement que l'on dressât le catalogue de tous ceux qui nous sont parvenus, mais aussi que l'étude critique de chacun d'eux fût faite. U faudrait notamment être renseigné, sinon sur l'auteur de chacun de ces recueils, du moins sur la date, le lieu approximatifs et les circonstances de sa composition ; il faudrait surtout connaître l'influence qu'il a exercée, déterminer s'il a servi aux rédacteurs d'actes, s'il a été ou est devenu le formulaire officiel d'une chancellerie, jusqu'à quelle époque il a été employé, ou bien s'il a été composé seulement en vue d'exercices scolaires et si les modèles quil contient sont de pure fantaisie.
Malheureusement il s'en faut de beaucoup que l'on puisse encore répondre à ces questions pour tous les recueils de ce genre que nous a laissés le moyen âge. Les formulaires antérieurs au xi® siècle, sur lesquels l'intérêt qu'ils présentent pour l'histoire du droit et des institutions avait depuis longtemps attiré l'attention, sont maintenant connus et publiés, mais il n'en est pas de même des recueils plus nombreux et plus variés, et non moins utiles pour l'étude des chartes, qui appartiennent à la seconde partie du moyen âge; quelques-uns seulement ont été publiés, mais l'étude critique du plus grand nombre est à peine commencée.
i. Yoy. plus liaut, p. 36.
S.* J'emprunte ici en partie les expressions mêmes dont s'est sei*vi M. Bresslau [Handbuch der Urkundenlehre, p. 608).
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