‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 280 sur 554 · Formulaires et manuels depuis le XI« siècle · texte numérisé non relu

Formulaires et manuels depuis le XI« siècle

Les plus récentes des compilations dont nous nous sommes occupés jusqu'ici ne sont guère postérieures au ix® siècle, et les manuscrits euxmêmes qui nous les ont conservées sont tous, comme on l'a pu voir, des IX* et x« siècles. Ce fut au cours de ce dernier siècle, en effet, que, sauf des cas exceptionnels, l'usage de ces formulaires fut peu à peu abandonné ; leur infiuence même ne se prolongea guère au delà des premières années du XI", et il faut aller jusqu'à l'extrême fin de ce même siècle pour retrouver de nouveaux manuels à l'usage des rédacteurs de chartes. Ces ouvrages sont complètement différents de ceux de l'époque antérieure. Nous avons remarqué déjà que ceux-ci consistent essentiellement en recueils de modèles proposés à l'imitation des scribes ; ceux-là au contraire sont généralement des traités didactiques, des manuels de rhétorique épistolaire, comprenant, lorsque le sujet y est complètement embrassé, des préceptes de style et de grammaire, l'exposé du cursus, la théorie de la ponctuation, la division des lettres en parties, et l'énoncé des règles auxquelles chacune d'elles était assujettie. Les modèles de lettres et d'actes, parfois intercalés

des Liber diumtts^ dans Silzungêberichle d. bayer, Akad.; Phîl. hist. Classe, 1890 t. I. — H. Hartmann, Die Entstehungszeit des Liber diurnus, dans Miilheil. d Instituts f. œsterr. Geschicktsforschung, t. XllI (1802). Réponse aux objections de BI. l'abbé Diichesne.

êg i, 2] r/ENSEIGNEMENT DU DICTAMEN, 489

dans le texte, souvent aussi réunis en recueils séparôs, sont généralement devenus l'accessoire et le complément de l'exposition théorique de l'art de la composition ou diciamen. Gomme on Ta vu plus haut, celle transformation est en relation étroite avec le renouvellement de l'enseignement en Italie et en France. Les traités de cette espèce, dont les plus anciens connus sont, en Italie, de la fin du xi"", et, en France, de la seconde moitié du XII* siècle, se multiplièrent au xni® et au xiv«. Il n'est pas encore possible, dans l'état actuel de nos connaissances, de dresser un catalogue chronologique de ces œuvres, encore moins de les classer et d'indiquer leur filiation. Il s'en faut de beaucoup, en effet, qu'elles soient toutes publiées ou même suffisamment étudiées, et l'on n'en a pas encore signalé tous les manuscrits dispersés dans les bibliothèques de l'Europe *.

Le plus ancien auteuj* de traités de ce genre qui soit connu est un moine, Albéric, qui enseignait au Mont-Cassin, vers 1075. Il a laissé un Breviarium de dictamine^^ court manuel destiné à compléter son enseignement oral, et un autre écrit intitulé Flores rhetorici ou Radii dictaminum*. Son disciple, Hugues de Bologne, écrivit au début du xn<^ siècle des Rationes dictandi prosaice^. Vers le même temps, un maître anonyme, qui vivait aussi à Bologne ou peut-être à Faenza, composa un traité à peu près sous le même titre, Rationes dictandi ^^ souvent attribué à Albéric du Mont-Cassin. On y trouve pour la première fois la division de la lettre en cinq parties, telle que l'ont conservée la plupart des dicta-

* Pesc&ek, Ueber Formelbûcher aus dem Uitielalier^ dans Arch, f, sâcks Gesch. (1843), p. 154. — L. Rockinger, Veber Formelbûcher^ vom xii. bis zum xvi. Jahrhundert ah rechtsgeschichtliche Quellen^ Munich, 1855, in-8 ; Vcber Briefsteller und Formelbûcher in DeuUchland wàhrend des Mittelallers, Munich, 1861, in-4; Ueber die Ars dictandi und die Summae dictarainum in Italien^ dans Siizungêberichie der mûnchener Akademie, 1861, t. I; et Briefsteller und Formelbûcher des xi. bin xiy. Jahrhunderls^ forme le t. IX des Quellen und ErÔrterungen zur bayertsçhen und deutschen Geschichte, Munich, 1865-1864, in-8. Ce dernier ouwage, de plus de liOO p., contient des extraits accompagnés de notices des principaux manuels dont les ross. se trouvent dans les bibliothèques de rAllemagne. — W. Wattenbach, Ueber Briefsteller des Miltelalters^ dans Archiv. f. oesterr. Geschichte^ t XIV, Vienne, 1855 in-8, pp. 29-107. — H. Baerwald, Zur Characteristik und Kritik mitlelalterliclier Formelbûcher, Vienne, 1858, in-8. — Ch.-V. Langlois, Formulaires de lettres du xii«, du xui* et du xiv* siècle, dans Notices et extraits des mss., t. XXXIV, I'* partie (1891). Sous ce titre, l'auteur a^ commencé la publication d'une série de monographies des anciens formulaires. Il vient en outre d'être couronné par l'Acad. des inscriptions pour une « Étude sur les ouvrages composés en France et en Angleterre qui sont généralement connus sous le nom d'Artes dictaminis » dont la publication est prochaine. — H. Oesterley, Wegweiser durch die Literatur der Urkundensammlungen (v. plus haut p. 41), t, I, ii. Formelbûcher. Bibliographie incomplète et confuse mais qui n'en rend pas moins des services. Pour les travaux de Thdrot et de Valois, voy. ci-dessus, pp. 442 et 454.

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