‹ Manuel de diplomatique. Diplomes et chartes. - Chronologie technique. - Éléments critiques et parties constitutives de la teneur des chartes. - Les chancelleries. - Les actes privésChapitre 281 sur 554 · Publ. par Rockinger, Ibid, p · texte numérisé non relu

Publ. par Rockinger, Ibid, p

4. Publ. Ibid., p. 9, avec l'attribution à Albéric du Mont-Cassin.

490 FORMI-LVIRES ET MANUELS. Ux, iv, Ch. i

tores postérieurs : salutalio^ benivolentie caplatiOy narralio^ petitioj cmclmio, D autres maîtres, à Home, à Bologne, en Lombardie, composèrent en grand nombre, pendant tout le moyen âge, des traités analogues ^

D'Italie, la doctrine se propagea dans toute TEurope. Rockinger a recueilli quelques œuvres des principaux dictatores de TAIIemagne : Ludolf de llildeslieim, Conrad de Mure, Tanonyme de Baumgartenberg, Bernold de Kaisei*sheim, etc. En France, ce fut sur les bords de la Loire, dans les célèbres écoles d'Orléans, ainsi qu'à Tours et à Meung-sur-Loire, que l'enseignement du dictamen, étroitement apparenté à celui de la grammaire et du droit, semble s'être développé de préférence. Le plus ancien traité connu est un Ars diclaminis, mêlé de prose et de vers, encore inédit, composé par Bernard de Chartres, dit Sylveslris, qui vivait vers le milieu du xu' siècle'. Il en fut fait, au xh« et au xm^ siècle, un grand nombre d'abrégés destinés à l'enseignement, sous le titre de Summae Aurélianen$es ou Turonenses*, Parmi les dictatures français ou qui se rattachent à l'école française, il suffira de citer, à côté de la multitude des anonymes, les noms de M^ Guillaume, Pons le Provençal, Jean de Limoges, moine de Clairvaux, et Jean de Garlande.

Quand tous ces traités seront mieux connus, lorsqu'ils auront été publiés, classés et critiqués, ils seront sans nul doute de précieux instruments au service de la critique diplomatique.

Le goût particulier du moyen âge pour le genre épistolaire, auquel on doit ces œuvres didactiques, a donné naissance, non seulement à ces manuels de composition, de grammaire et de style, mais aussi à des recueils de morceaux choisis, destinés à servir d'exemples et de modèles. Ces recueils épistolaires, ces epistolaria, variaient beaucoup dans leur composition. Tandis que les uns étaient de purs formulaires, dont les modèles étaient dépourvus de toute particularité, de tout caractère personnel, il y en avait d'autres qui se composaient au contraire de lettres célèbres et auxquels nous devons la conservation de bon nombre de correspondances importantes. Mais souvent aussi, et quelquefois à côté de documents authentiques, on y joignait des lettres fictives, des compositions scolaires où l'on s'exerçait, comme de nos jours encore, à faire parler plus ou moins

1. Parmi eux signalons un a maître » d'origine française, Uenricus Francigena, qui écrivit à Pavic, entre 1119 et 11 24, un traité intitulé : Summa dictandi qitae dicilur aurea gemma. Voy. B. Stehle, Ueber eîn H'ddetheimer Formelbuch (Diss. Strasbourg). Sigmaringen, 1818, in-8, et Fittixg, dans ZciUchrifl der Savigny-Stiftung f, Rechttgesch. Rom. Abth., t. Vil, ?• part. (1886), p. 60.

2. Il en existe notamment un ms. de la seconde moitié du wi^ siècle pix)venant de Stavelot, à la Bibl. royale de Bruxelles, n" 2079. 11 a été, mal à propos, attribué à Bérard de Naples ou même à saint Bernard. Voy. ^Vattrmiach, Ein Briefsteller des xn. Jahrhunderiê, dans Atiteiger f. Kunde der dculschcn Vorzeit, t. XVI (1869), pp. 189-194.

3. Sur les Summae diciaminis composées à Orléans, voy. Delisle, Les écofes rf'Oi^ léansj dans Annuaire-Bulle fin de la Soc. de VhisLde France, t. Vil (1869). Rockinger {Briefsleller, pp. 103-114) a publié, d'après un ms. de Munich du xiii* s., une Summa diciaminis composée à Orléans. Une Summa de privilegiis ordinandis, provenant de Meung-sur-Loire, a élé signalée par B. Stehle, Ueber ein Hildesheimer Formelbuck.

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habilement, un empereur, un pape ou d'autres personnages. I^orsque le rédacteur était habile, qu'il connaissait les usages des chancelleries ou qu'il imitait de bons modèles, il pouvait arriver à donner à ces fictions une vraisemblance suOisante pour mettre la critique eu défaut. Si beaucoup de recueils, ceux, par exemple, d'Ulrich de BambergS de Bérard de Naples', sont des sources de documents historiques d'une authenticité incontestable, il en est d'autres, comme l'i^î/r^a gemma Willelmi^^ la collection de l'abbaye de ReinhardsbrunnS celle de l'abbaye de Tegernsee^, où se mêlent les pièces vraies et les productions artificielles. C'est affaire à la critique de les distinguer, mais on conçoit combien d'erreurs l'emploi de ces inventions littéraires comme documents historiques est susceptible de causer, si l'on en méconnaît le véritable caractère. Il n'en est pas moins vrai que, comme l'écrivait M. Delisle dès 1877, a dans le vaste domaine encore peu exploré des recueils épistolaires, il reste de véritables découvertes à faire pour l'histoire et la littérature du xiii® et du \w^ siècle » ; mais, pour employer avec toute sécurité les documents de cette provenance, il est de toute nécessité qu'au préalable les collections qui les contiennent soient l'objet d'études critiques approfondies.

Les manuels et les recueils dont il vient d'être question avaient pour objet d'enseigner le dictamen dans son acception la plus large, c'est-à-dire la rhétorique épistolaire, Tart du style et de la composition appliqué à tous les écrits qui pouvaient affecter la forme épistolaire. Mais, à côté de ces œuvres générales, on composa aussi des traités plus spéciaux, des manuels à l'usage exclusif des clercs des différentes chancelleries, des foinmulaires destinés h servir de guide aux praticiens.

De ce nombre sont des manuels de fart du notariat, dont on rencontre en Italie, à Bologne, les plus anciens spécimens. Dès le xu'^ siècle, l'un des plus illustres maîtres de Bologne, Irnerius, avait composé un Formula" rium tabelUonum qui est perdu'; mais Ranieri, de Pérouse, qui, dans les premières années du xiii^ siècle, enseignait à Bologne l'art du notariat, nous a laissé une Summa artis nolariae^ destinée u l'instruction des étudiants et résumant des manuels plus anciens''.

1. Vdalrici Babeiibergemis codex episfolaris, dans Jaff£, Bibl. rer. gertn.^ t. Y* Celte volumineuse coUectionf formée en 1125, comprend a la fois des lettres et des actes de tous genres recueillis dans les arch. de Bamberg, de Ratisbonne et de Brème.

2. Notaire apostolique pendant la seconde moitié du xm* siècle. Voy. L. Delisls, Notice 9ur cinq msi. de la Bibl, nat. et sur un ms. de la bihliolh de Bordeaux contenant deê recueiU épistolaires de Béra'-d de Naples, dans les Notices et extraits des mss.^ t. XX VU, 2* part. (1879), et F. Kaltknbrunner, Die Briefsammlung des Berardus de fieapoli als historische Quelle, dans Mitlhcil. d. Instit. f. oesterr. Geschichtsforscimng, t. Vil (1886), pp. 21 118 et 555-055.

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